Editorial sur la politique monétaire de la Fed, comment on en est arrivé , à quoi faut il s’attendre. A lire, synthèse indispensable

Depuis Mars 2009 les marchés financiers montent. Et  depuis au moins 2017, on a la certitude qu’ils font bulle.

Le facteur déclenchant de la hausse a été le changement de méthodes comptables de mars 2009, (FASB 157) qui a permis aux banques d’apparaître solvables, en marquant les inventaires selon leurs besoins le « mark to fantasy ».

Puis il y a eu les baisses de taux, les guidances  et les créations de liquidités.

Cela   a crée un effet d’entonnoir, le « search for yield »,  car les détenteurs  de capitaux  et les spéculateurs se sont précipité pour acheter tout ce qui offrait un rendement ; le leverage, c’est à dire le recours à l’endettement  s’est envolé. On a grimpé dans l’échelle du risque.

La politique fiscale de déficit spending de Trump a boosté, stimulé  la croissance et temporairement bonifié les profits; les déficits gonflent toujours les profits par simple équation du GDP.  Ils créent une demande sans que l’on ait besoin de verser des salaires.

Pendant ce temps,  les taux  d’intérêt nuls ou bas ont permis  aux entreprises de faire de l’ingénierie financière:  elles ont racheté leurs actions en s’endettant, inflatant ainsi facialement et artificiellement leur profitabilité. Et donc les cours de Bourse.

A un moment donné la balance des risques économiques et financiers s’est modifiée. il est apparu qu’il devenait  dangereux de continuer ces politiques monétaires et que le risque pour la stabilité financière méritait d’ être pris en compte. Les marchés, eux n’évaluaient pas correctement les risques.  On commençait à faire bulle. Avec pour conséquence une  production considérable de crédit douteux. Les crédits douteux nous vous le rappelons provoquent les faillites quand la conjoncture ralentit.

On a commencé à parler de normalisation. Le dollar a monté car beaucoup d’agents économiques qui s ‘étaient endettés en dollars ont eu peur d’en manquer. Ils en ont racheté.  Les pays  tiers endettés ont craqué et les capitaux les ont quitté. Les flux de capitaux  se sont précipités pour chercher refuge aux USA.  Ceci a produit la dernière  vague de hausse de la Bourse. Celle ci  s’est terminée au second semestre de 2018.

Une forte chute des marchés, une chute exceptionnelle par sa rapidité et son ampleur s ‘en est suivie car on s’est aperçu que le cavalier seul de la Bourse américaine  était fini et que les anticipations s’inversaient: moins de croissance, moins de progression des  bénéfices, moins de rachats d’actions, plus de risques et moins de liquidités.

La fin d’année 2018 a été horrible et cela a forcé les autorités monétaires à faire volte face; elles ont réintroduit, re-validé le fameux « Put », elles ont suggéré qu’elles étaient attentives à la déconfiture boursière et qu’elle seraient là pour maintenir des conditions financières ordonnées sinon très aisées, « easy ». Les autorités ont en quelque sorte annoncé que la normalisation monétaire n’était plus en auto pilote, c’est dire déterminée et sur une trajectoire bien définie. Elles ont ainsi réussi à enrayer la débâcle boursière.

On ne s ‘attend plus au maximum qu’à deux hausses de taux en 2019 et on espère que la Fed va confirmer qu’elle sera souple dans la réduction de la taille de son bilan, c’est à dire qu’elle va ralentir les ponctions sur la liquidité domestique et mondiale pusque le mond est serf du dollar.

Nous en sommes là.

Après la forte chute de fin 2018 et la reprise qui a suivi, les marchés sont dans l’incertitude ils aimeraient que leurs espoirs soient confirmés.

Si leurs espoirs sont confirmés alors il y aura poursuite de la reprise  , si les  espoirs ne le sont pas il y aura rechute.

Beaucoup de gourous tentent de peser sur la décision de la Fed afin qu’lle fasse une pause dans normalisation monétaire comme cela s’est fait en 2016 quand la Chine a craqué.

Parmi ceux là des noms prestigieux comme Gundlach de DoubleLine Capital , il prétend que ce que la Fed a fait jusqu’à présent équivaut, excusez moi du peu, à  15 hausses de taux!

Le prestigieux Stanley Druckenmiller déclare que ce que la Fed a fait c’est une guerre éclair, un blitzkrieg, “double-barreled blitz” qui constitue un erreur majeure de politique.

Scott Minerd de Guggenheim Partners dit que la Fed a réduit les liquidités au point que l’on risque la crise systémique.

Ci dessous l’évolution du bilan de la Fed

After peaking at around $4.5 trillion, the Fed has started shrinking it

Les autres, qui sont en sens inverse,  récusent les alarmes; ils  font remarquer que le lien entre les politiques monétaires et les marchés n’est pas aussi fort et étroit qu’on le dit et que la croyance, la psychologie jouent beaucoup. Ils considèrent donc que les alarmes sont surfaites.

Moi qui suit la crise depuis le premier jour et même bien avant je dis que de toutes façons cela n’ a pas beaucoup d’importance car le choix de la politique monétaire inflationniste, laxiste, easy,  qui a été il y a des décennies par Greenspan , est irréversible et qu’on pourra tenter plusieurs fois de normaliser, on n’y parviendra pas.

je soutiens que le vin est tiré il faut le boire. On peut tenter  de sevrer mais on échouera. Le système , malade et drogué, ne peut supporter une vraie normalisation. Si on tente il fera une crise et en catastrophe on fera machine  arrière.

Et si ce n’est pas cette fois que cela craque, si la Fed se couche encore, les problèmes ne seront que reportés et les solutions resteront à inventer. On est dans la  seringue de l’inflation des signes monétaires, de temps à autre on peut essayer de se montrer un peu rigoureux, mais ce sera  un simulacre.

On ne peut pas, on ne peut plus!

Tout est faux et toutes les valeurs sont faussées, elles doivent continuer à léviter pour reporter le plus longtemps possible l’échéance, le jour des comptes. The day of reckoning.

L’une des propositions pour reporter les échéances est de recreuser les déficits budgétaires et d ‘abandonner toute prudence.

C’est la campagne que mène actuellement Lawrence Summers et les tenants de la MMT, la Modern Monetary Theory,  vous savez ces gens qui prétendent qu’un pays ne peut faire faillite quand il détient sa propre imprimerie/souveraineté  monétaire.

Le Federal Open Market Committee  tient son premier meeting de l’année ce mercredi.

Le consensus des économistes indique que la plupart des gens interrogés ne s’attendent pas à ce que la Banque Centrale  ralentisse ou stoppe la politique de réduction de la taille de son bilan, et qu’elle monter  ses taux encore deux fois cette année. Les paris sont ouverts.

Depuis octobre 2017 la réduction de la taille du bilan de la Fed est en place, il est effectif  et le rythme actuel est de 50 milliards par mois.

Je n’ai pas pronostic sur ce qui sera dit, mais tout ce que je sais c’est que les déclarations, les fuites ne peuvent avoir qu’un objectif, préserver la crédibilité de la Fed tout en suscitant des espoirs, des doutes.

Il faut qu’un marché ait deux sens pour fonctionner et ne pas devenir désordonné.

On finassera.

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3 réflexions sur “Editorial sur la politique monétaire de la Fed, comment on en est arrivé , à quoi faut il s’attendre. A lire, synthèse indispensable

  1. Juste ceci je ne suis pas d’accord avec vous ( si j’ai bien compris le concept de profitabilité).
    Je vous cite : « Pendant ce temps, les taux d’intérêt nuls ou bas ont permis aux entreprises de faire de l’ingénierie financière: elles ont racheté leurs actions en s’endettant, inflatant ainsi facialement et artificiellement leur profitabilité. Et donc les cours de Bourse. » pour moi l’ingénierie financière n’a pas inflater leur profitabilité (car racheter des actions sans que le résultat lui ne bouge vraiment ce n’est pas à mon sens avoir un bon rendement ) mais par contre ça offre la perpective d’une plus value à la revende ou à l’utilisation pour leverage plus …peut être que dans cet leverage on peut à la manière des poupées russes ramasser un peu de profitabilité ???

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