Billet. La Fed donne aux marchés ce qu’ils exigent. « Patience sur les taux et flexible sur le bilan »!

 

On the move.

 

Toute personne bon sens reconnaîtra que Powell a capitulé, d’ailleurs c’est la substance des titres de la presse américaine. Il a baissé son pantalon et même pas à moitié  sur les genoux, non ! Totalement ironise un observateur.

La réunion de la Fed ce jour tourne une page; la page du roman qui prétendait que la Fed pouvait conduire les marchés plutôt que de succomber à leurs exigences.

Vous savez que c’est ce que nous avons toujours, depuis 2009 , prétendu.

Nous n’avons jamais varié d’un pouce; « on a choisi  et ce choix est irréversible ». On a brulé les vaisseaux avons nous écrit dans Lupus et dans l’Agefi suisse.

On s’est rendu otage des marchés financiers. Les marchés dictent, les marchés commandent en raison d’un chantage implicite mais qui finira par devenir explicite: « si vous n’obéissez pas, nous vous précipitons dans une crise financière ». Vous avez dit il y a quelques années par la bouche de Bernanke  « coûte que coûte » et maintenant  il faut payer! Il n’est plus possible de retirer le bol de punch; il n’est plus possible de « laisser les conditions financières se resserrer ».

Dopage pour tous et pour toujours! C’est ma tournée  a lancé Powell.

C’est une nouvelle étape sur le chemin de la crise  que cette reconnaissance de l’impuissance de la Fed à imposer la raison et le simple bon sens; cette reconnaissance publique, mondiale,  va enhardir la communauté spéculative et ayant vérifié une fois de plus son pouvoir elle va aller de plus en plus loin et se montrer de plus en plus exigeante.

Powell n’a pas fait illusion longtemps.

Pourquoi? Parce que sa position initiale de bravache n’était pas  fondée  sur une analyse mais sur une fanfaronnade creuse; il n’avait pas  de solution de rechange pour échapper à la dictature des Bourses, tout ce qu’il avait c’est  une posture, une  image .  Et l’image n’a pas résisté à l’épreuve du réel.

La Fed n’est nullement indépendante, elle est soumise.

La Fed est apolitique certes mais elle se range aux raisons des plus forts.  Et les plus forts ce sont les marchés. Quand on a mis le crédit et tout le financement sur les marchés on a ouvert une boite de Pandore . Les crédits et le financement  étaient bien moins dangereux en banque!

La boite de Pandore est ouverte et on ne sait plus la refermer, le génie est sorti; le crédit, la valeur des actifs, tout est soumis aux animal spirits. Et eux on ne sait pas les contrôler alors que les banques, elles, on pouvait les tenir, les brider.

Une économie qui ne fonctionne que grâce à la production illimitée de dettes, une économie toute en levier, une économie soumise à la dictature de l’effet de richesse, du « wealth effect », cette économie ne se conduit pas, elle vous conduit. Et vous glissez  comme un chien crevé au fil de l’eau. On suit en croisant les doigts.

Powell a répondu « présent » et en passant Trump s’est gargarisé, lui qui ne cesse de pousser la bourse à la hausse, il s’est réjoui par Tweet des 25 000 au Dow Jones.

Powell a prononcé les paroles magiques: s’agissant des taux, « je serai patient » et s’agissant  du bilan de la Fed « je serai flexible ». Bref il n’y a plus d’autopilotage comme en  octobre dernier.  Il n’y a plus que l’éternelle navigation à vue. Une navigation à vue qui porte bien mal  son nom puisqu’en réalité personne ne sait ou on va.

Nous sommes dans le monde de Brueghel ou ce sont les aveugles qui conduisent les handicapés…dans le fossé.

Tout se passe comme prévu les actions ont monté, le dollar a baissé et les taux ont reflué.

Est ce que cela signifie quelque chose pour le moyen et long terme? Surtout pas.  Je continue d ‘affirmer  que cette fois les résultats de la pause seront médiocres encore plus médiocres que lors de la pause de 2016.

A force de jouer les prolongations et de tirer sur la corde, elle casse.

.

 

 

 

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3 réflexions sur “Billet. La Fed donne aux marchés ce qu’ils exigent. « Patience sur les taux et flexible sur le bilan »!

  1. Bien d’accord sur tout.Powell fera toujours des annonces qui plaisent aux marchés,je trouve cela normal,sinon cela serait du masochisme a la française.Personne ne veut des marchés qui s’effondrent.Mais au niveau de ses actes cela reste a voir….Il va probablement vendre chaque nouvelle hausse de taux en disant que c’est sans doute la dernière,mais la hausse aura lieu!

    Et puis peut etre que son apparent changement de direction va faire peur aux investisseurs au bout de quelques jours d’euphorie:ils se disent que cela va peut etre très mal…

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  2. Je me permets une demande en tant que lecteur. Dans la mesure de mes moyens je comprends avec vos articles bien mieux la situation, les causes et les pseudo remèdes des autorités. Mais je comprends moins les facteurs limitant l’action de ces taux bas, QT, base monétaire élargie, etc.
    Inflation des biens, services, salaires ; slack ; insolvabilités; aversion au risque et hausse des taux réels.
    Lesquels de ces facteurs limitent réellement les banques centrales ? Ne pourraient-ils pas par exemple relâcher l’inflation sachant que les populations on peut les tenir plus fort si besoin ?
    Voilà, j’aurais bien aimé une synthèse des « facteurs contraires », ceux que craignent le plus les élites, banques et gouvernement, et pourquoi.

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    1. Le facteur qui limite l’action des banques centrales c’est l’ignorance: elles utilisent une théorie monétaire fausse, celle de la monnaie exogène .

      Les banques centrales croient qu’elles créent de la monnaie c’est faux elles créent de la monnaie morte, zombie. De la monnaie qui, soit reste bloquée dans les réserves des banques soit ne sert qu’a spéculer.

      Cela fait croire aux BC que l’on peut créer des réserves aupres de la Banque Centrale, puis que ces reserves sont prêtées par les banques et qu’elles vont dans l’économie.

      C’est une imbécillité, la monnaie vivante est crée dans l’économie par les échanges et par la capacité bilantielle des banques à prendre des risques , c’est à dire de façon endogène.

      C’est donc la demande de crédit qui est première.

      Ceci a été démontré par la Banque d’Angleterre dans un note fameuse et bien expliqué par l’économiste Steve Keen dans son livre : Debunking Economics.

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