Un texte pour les idiots qui veulent s’opposer aux cycles et pousser les feux de la croissance envers et contre tout

137 – Dépression et stagflation

Lisez ce texte, il rejoint par un biais plus fondamental, le cadre analytique qui est le mien depuis … le debut des années 80! C’est a partir  de réflexions de ce type que je me suis spécialisé dans l’analyse des crises.

Il est clair que nos gouvernements ignorent tout des cycles économiques. Conformément au principe de dissipation maximale d’énergie, leur but est de maximiser la croissance économique. Or ceci n’est possible que durant une phase très particulière des cycles économiques: la phase d’expansion. Que faire durant les autres phases?

En dehors des phases de crises sur lequel je reviendrai, on constate une simple stagnation de l’économie. Cela se produit durant deux cas très différents que beaucoup d’économistes ont tendance à confondre: les phases de dépression et les phases de stagflation.

Le cas des phases de dépression est aujourd’hui le mieux compris grâce à l’analyse qu’en a fait l’économiste anglais John Maynard Keynes. L’explication en est très simple. Les phases de dépression suivent les phases de crise, comme la dépression de 1929 a suivi la première guerre mondiale. Un simple examen de la figure du billet 107, reproduite ici, montre que la demande économique y est forte mais, du moins au départ, l’offre y est faible.

L’explication qu’en a donnée Keynes est que, traumatisés par les crises qui ont précédé, les investisseurs hésitent à placer leur argent dans de nouveaux développements qu’ils jugent toujours risqués.

Le remède proposé par Keynes est d’encourager les investisseurs, notamment par les actions gouvernementales. Cette politique, dite keynésienne, a facilité le passage de la phase de dépression d’avant guerre à la phase d’expansion observée après la dernière guerre mondiale.

Depuis 1978, l’économie stagne de nouveau. Certains économistes ont proposé d’appliquer à nouveau une politique keynésienne, mais on s’est vite aperçu que cela ne marchait plus.

Un simple coup d’œil à la figure ci-jointe montre que la situation est en effet très différente. Nous ne sommes plus dans une phase de dépression, mais dans une phase de stagflation. L’offre y est importante, mais la demande est en chute libre.

Inutile donc d’encourager l’offre: le problème vient de la demande.

Celle-ci ne cesse de diminuer parce qu’une partie grandissante de la richesse est capitalisée par une fraction de plus en plus faible de la société.

C’est le résultat de ce qu’on appelle le capitalisme financier.

La richesse s’accumule comme le sable sur le tas de sable de Per Bak ou la neige en montagne. On sait comment cela se termine: le tas de sable ou de neige fini par s’effondrer.

C’est la phase de crises que nous traversons maintenant. Les montagnards disent que le temps est propice aux avalanches.


Il est curieux de voir que nos gouvernements, comme les économistes qui les conseillent, sont totalement inconscients des processus que je viens de décrire.

On ne peut qu’en prédire les conséquences, d’où le sujet de mon billet précédent.

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5 réflexions sur “Un texte pour les idiots qui veulent s’opposer aux cycles et pousser les feux de la croissance envers et contre tout

    1. Non elle vient de l’incapacité du système (qui souffre d’une crise de profitabilité) de distribuer aux salariés les revenus qui seraient nécessaires pour faire touner la machine économique.

      L’insuffisance de la profitabilité de tout le capital existant, (le productif, le fictif, le périmé, le capital de poids mort) oblige à comprimer les revenus des salariés et ceci pèse sur la demande; les déficits et les dépenses des gouvernements essaient de compenser l’insuffisance des revenus gagnés par le travail.

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  1. De plus en plus de capital fictif avec le QE des banques centrales et la création monétaire débridée des banques commerciales et de moins en moins de capital productif. Comment générer assez de profit avec ce dernier pour rentabiliser le tout ( capital fictif + productif ) ?
    That’ s the question .

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  2. Il est curieux de voir que nos gouvernements, comme les économistes qui les conseillent, sont totalement inconscients des processus que je viens de décrire.

    ben non,c’est voulu et delibere. Les riches n’ont plus besoin des pauvres. L’arme nucleaire et les gains de productivite ont rendu les masses obsoletes. Plus besoin de soldats et d’ouvriers.
    Le risque d’une innovation technique ou scientifique est la derniere chose qui justifie les masses. Il ne faut pas passer a cote du prochain einstein ou il faut etre capable de le produire. Ou d’elever le niveau moyen du troupeau,ce qui ne favorise pas son controle…

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