EDITORIAL: LA FIN DE LA MONNAIE COMME INSTRUMENT DE RÉSERVE, ACHETEZ LES ACTIONS, L’OR ET LE RÉEL! (BIEN SUR, JE SUIS PRÉCURSEUR).

Les scélératesses des gouvernements, des banquiers centraux sont précédées par les débats, faux débats bien sur, par des ballons d’essai, bref des campagnes de  formatage  des esprits; bref on trace le champ de bataille. Et si vous nous suivez vous savez que celui qui choisit le champ de bataille est le futur vainqueur.

Ne comptez pas sur « vos » médias pour les analyser, les dénoncer et les critiquer, non ils prennent sous la dictée. Et en plus gratuitement!

Ils prennent sous la dictée par incompétence et déférence: les journalistes sont tellement flattés que des puissants, des autorités leur parlent , c’est une reconnaissance narcissique.

Ici le champ de bataille c’est celui de la future lutte contre le ralentissement économique. On aborde une nouvelle ère.

La conjoncture mondiale ralentit depuis septembre 2018 malgré les 16 trillions de gonflement du bilan des banques centrales globales.

16 trillions qui n’ont pas été du financement direct des gouvernements par la planche à billets  tant que l’on avait l’espoir que les bilans seraient ensuite réduits.

Mais ils viennent de devenir un financement direct, une monétisation « inflationniste », depuis que l’on sait que les bilans ne seront pas réduits.

Je l’ai toujours su  et écrit dès l’année 2009 ou j’ai affirmé: « ils ont brûlé leurs vaisseaux; dans la voie choisie il n’y pas de possibilité de retour, c’est Hotel California , on « check-in mais no check -out », one way ticket! »

Au passage je vous rappelle que l’inflationnisme ce n’est pas la hausse des prix mais la création monétaire, la hausse des prix n’étant qu’une conséquence éventuelle de cette création monétaire.

Le ralentissement de la croissance mondiale a provoqué une forte instabilité sur les  marchés financiers pour ne pas parler crûment et dire :  une forte chute! Cette instabilité des marchés a mis en péril la stabilité financière comme on dit: 20% de chute c’est terrible!

La Fed que l’on croyait courageuse avait fait croire que cette fois elle n’interviendrait pas et qu’elle avait rangé le fameux et infame »Put » dans les tiroirs. Je n’y ai jamais cru j’ai toujours répété que la Fed n’avait pas le choix: l’inflationnisme et le « Put », c’est « marche ou crève ». C’est une Nécessité, pas un choix.

Comme moi je l’avais prévu et annoncé la Fed a capitulé, Powell a mangé son chapeau et face aux craquements sinistres qui venaient des profondeurs des marchés et des bilans bancaires, il  a annoncé l’arrêt de la normalisation, l’arrêt du resserrement monétaire. Arrêt de la hausse des taux, arrêt de la réduction de la taille du bilan, le tout hypocritement sous le couvert d’une « pause ». Ou mieux sous le couvert de « patience« .

Les marchés grâce à cette annonce ont enregistré l’une des meilleures progressions de leur histoire en janvier; ils ont voté, ils ont pris position.

Mais il est évident que faire une pause ou être patient ne résout rien, il faut maintenant « délivrer » c’est à dire préparer les mesures qui vont permettre de soutenir l’économie défaillante.

C’est difficile car les esprits ont été préparés à l’inverse, au resserrement et il faut faire le contraire, relâcher, arroser, stimuler alors que tout avait été préparé pour justifier la tentative de retrait des stimulants.

Il faut préparer à une nouvelle augmentation des déficits, à une nouvelle expansion des dettes et à une nouvelle débauche monétaire. Vous comprenez que cela nécessite que le terrain soit préparé.

L’augmentation des dépenses, le creusement des déficits vont propulser à nouveau les besoins de financement, les besoins de monétisation par la banque centrale.

Après avoir dit que tout cela était mal, il va falloir dire exactement le contraire: les déficits c’est bien, les créations monétaires, les taux zéro , les taux négatifs, le dollar faible  c’est bien!

Tout cela concerne la Fed mais aussi ses acolytes , la BCE et la Bank of Japan.

La BCE préapre une nouvelle version de ses LTRO, (long-term refinancing operations/LTRO) et la BOJ annonce un nouveau « money printing » qui va faire exploser son bilan lequel est déja de plus de 5 trillions de dollars si mes souvenirs sont bons.

On a déjà dépassé l’espoir de la pause et on est dans les mises au point des nouvelles mesures ; c’est pour cela que les Bourses se préparent à une nouvelle envolée.

La Banque Chinoise, la PBOC , elle, n’a pas attendu car elle a déjà libéré des centaines de milliards ces derniers jours pour,  dit-elle pour forcer les banques â prêter, pour tenter de pousser une nième fois sur la corde, « push on a string. »

C’est à nouveau la fête boursière, la reflation comme on l’a fait en 2016 et 2017. Et qui a été si rentable.

Ce qui compte ce n’est pas les satellites, BCE, BOJ et PBOC, non ce qui fait la différence  c’est la Fed, le système américain est leader, c’est lui qui donne le « la ».

Donc on attend la Fed.

Et la Fed arrive:

Reuters (Howard Schneider and Jonathan Spicer): “A Fed Pivot, Born of Volatility, Missteps, and New Economic Reality: The Federal Reserve’s promise in January to be ‘patient’ about further interest rate hikes, putting a three-year-old process of policy tightening on hold, calmed markets after weeks of turmoil that wiped out trillions of dollars of household wealth. But interviews with more than half a dozen policymakers and others close to the process suggest it also marked a more fundamental shift that could define Chairman Jerome Powell’s tenure as the point where the Fed first fully embraced a world of stubbornly weak inflation, perennially slower growth and permanently lower interest rates.”

Résumé Reuters nous dit que Powell s’est rallié à l’idée d’un monde de hausse des prix faibles, de croissance durablement modeste et de taux d’intért ultra bas, plus bas de façon permanente » .

Ah les braves gens.  Ben voyons!

Et comme par hasard le Financial Times (Sam Fleming) enfonce le clou, la Fed révise sa doctrine pour adopter une nouvelle politique qui comme par hasard également nécessite des taux durablement très bas.  : “Slow-inflation Conundrum Prompts Rethink at the Federal Reserve: Ten years into the recovery and with unemployment near half-century lows, the Federal Reserve’s traditional models suggest inflation should be surging. Instead, officials are grappling with unexpectedly tepid price growth, prompting some to rethink their strategy for steering the US economy.

Traduisez, une politique de taux durablement bas cela signifie une politique de cours de Bourse durablement élevés! L’un étant la conséquence, mécanique de l’autre car qui dit taux bas dit valorisations des  actifs  financiers élevées.

Quand les taux sont bas ou négatifs comprenez bien que la valeur des actifs boursiers est mathématiquement infinie!

Les financiers savent lire et surtout ils écoutent quand on leur passe un coup de téléphone : il est temps de revenir sur les  marchés. 

Et la recession?

On s’en fiche , le système du capitalisme financier n’est pas un système de production de richesses, c’est un système de production de fortune fictive, de wealth effect,  grâce à la manipulation des données monétaires et financières.

Mais chut il ne faut le dire. On est dans un imaginaire, certes mais un imaginaire qui gonfle et enrichit.

John Williams, the New York Fed president, vendredi:  « that persistently soft inflation readings over recent years could damage the Fed’s ability to convince the general public it will hit its 2% goal. Central banks in other major economies are likely to face similar problems, he warned… Persistent shortfalls relative to the Fed’s 2% target have already helped prompt officials to shelve plans for further rate rises »… « But they are also thinking more broadly about the US central bank’s inflation mandate… Officials are debating new approaches which could sometimes lead them to deliberately aim for above-target inflation. »

En clair dit John Willams:  « on débat de nouvelles approches pour fabriquer de l’inflation délibérément »

Et écoutons  Richard Clarida vendredi,  Fed’s vice-chairman:   » the central bank will be open-minded about these new ideas…”

Traduisons : « la Fed va se montrer ouverte à ces nouvelles idées pour fabriquer de l’inflation ».
Et l’inénarable Bill Dudley, le compère de Bernanke précise et compète :

“People from across the political spectrum are challenging a bit of long-held conventional wisdom: that if the U.S. government runs big, sustained budget deficits, its mounting debts will eventually cause grievous harm to the economy. They have a point — but it is important not to push that point too far. »

Traduisons , « les gens commence à contester l’idée selon laquelle les déficits énormes causent des dégats dans l’économie »

On prépare donc à ce fameux plan : augmenter les  déficits, faire croire que cela n’est pas nocif et les financer par la monétisation même plus dissimulée.

Et notre Dudley d’enfoncer le clou: Modern Monetary Theory argue that because the U.S. borrows in its own currency, it can always just print more dollars to cover its obligations.” Bloomberg Opinion, February 19, 2019;

Traduction: les gens  de la MMT disent que les USA empruntant dans leur propre monnaie , ils peuvent toujours imprimer plus de dollars pour couvrir leurs dettes.

Résumé de l’opinion de Dudley ancien Vice President de la Fed.  Voila le champ de bataille est balisé: « les déficits ne sont plus nocifs, les marchés s’en accommodent fort bien;  il suffit de conserver les taux très bas durablement et de croiser les doigts pour que la croissance nominale, apparente ne tombe pas en dessous du taux d’accroissement des dettes ».

C’est une nouvelle doctrine et c’est celle qui va justifier  les  actions futures. 

Nous sommes dans « le coûte que coûte » pour sauver le système , coûte que coûte y compris le tuer et au passage euthanasier la société civile, les retraités, les systèmes sociaux, les épargnants .

C’est l’arrêt de mort de la monnaie en tant que réserve de valeur, ce qu’avait prédit Yellen en son temps:  la monnaie n’est plus qu’un jeton, une écriture , un instrument de circulation , un catalyseur des échanges, un outil, au service des banquiers pour assurer le mouvement perpétuel à leur profit.

[WSJ] Fed Embarks on a Rethink of Its Inflation Target

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