Editorial: c’est lundi on a encore le temps de réflechir un peu sur les marchés!

Un marché, cela n’existe pas, c’est un mot, un concept, une réification, un signe qui recouvre une réalité complexe et irréductible .

Et cette réalité est constituée par l’interaction de comportements humains ou quasi humains comme les algos, les machines et les modèles. C’est dire si rien n’est figé, tout est à la fois répétitif et perfectible.

Les maîtres mots sont: répétition et apprentissage.

Les marchés ne sont plus seulement lieux de confrontation, ils sont lieux d’instrumentalisation et de transmission des impulsions nées de  la volonté des régulateurs.

Je dis ceci car manifestement, beaucoup  de gens  l’oublient et n’en ont pas  conscience: les marches ont changé de nature, ce sont en quelque sorte des services publics non plus au service du public mais au service des élites qui gouvernent. Les marchés étant dirigés, pilotés, agendés,  ne sont plus espace de liberté et de définition de valeurs communes à la société , non ce sont des lieux  de servitude :

dont’ fight the Fed!

C’est la raison pour laquelle j’ai cessé d’être libéral soit dit en passant. Il n’y a plus de marché d’aucune sorte ni en matière financière, ni en matière politique: tout est fait à la main, à la main des maîtres du moment.

Le système produit une illusion de marché un faux marché, biaisé, tronqué et c’ est pour cela que je le qualifie de la façon suivante: économie de marché dirigé, monopolistique, de gouvernement et de banques centrales réunis.

C’est une forme de socialisme pervers, détournée au profit de groupe sociaux qui ont compris  que l’on pouvait faire coexister le capitalisme apparent pour les  uns avec le socialisme réel pour les  autres, profits privés pour les uns avec socialisation des pertes et des coûts pour les autres .

Ceux qui pilotent les marchés tiennent compte de tout cela ; ils préparent et annoncent leurs actions en tenant compte des réactions modélisées,  prévues ou prévisibles.

On le sait peu mais Bernanke a été l’un des premiers à systématiser l’étude des réactions des marchés et à mesurer l’impact en durée et en ampleur des nouvelles .

Je suis persuadé que c’est une branche cachée de l’activité des services des banques centrales que d’étudier tout cela.

Comme le disait Greenspan, il faut mieux connaître la carte, le territoire et .. les animal spirits. Les animal spirits ce sont les comportements humains et des quasi humains. On ne peut en matière de marchés se contenter de l’hypothèse imbécile des économistes de comportements rationnels.

Au passage je vous indique qu’il y a également des services de recherche et de détection  qui se consacrent à l’examen de big datas , examens bien plus vastes que celui des réseaux sociaux car les banques centrales et les services de renseignements ont branché des services de collecte très décentralisés dans le cadre d’une future guerre soft des monnaies et des quasi monnaies. Les Services prennent la guerre soft des monnaies au sens large très au sérieux.

Tout ceci pour vous dire que maintenant quand on réfléchit sur les bourses il faut tenir compte des algos , des titres des dépêches, et de l’effet d’apprentissage et aussi de la théorie des jeux laquelle consiste à intégrer les réactions possibles, supposées des autres participants..

Trump l’ a bien  compris qui soutient la Bourse en la tenant un peu grossièrement en haleine avec ses tweets qui ne cessent  dire qu’un  accord est proche avec les Chinois. Trump a  compris cette évidence fausse que les clients de la Bourse n’ont toujours pas assimilé: le long terme se présente comme une succession de courts termes! On va, d’optimum quotidiens en optimum quotidiens tranquillement vers la catastrophe de long terme!

Ici on a monté depuis fin décembre sur des titres de dépêches qui disaient que la hausse des taux administrée est en mode « pause » et que l’on examinait l’hypothèse de l’arrêt de  la contraction des bilans des banques centrales.

Je dis bien ce que je veux dire: on parle de   « pause », de « patience », on parle d’examiner et de cesser de resserrer.

Tout cela est précis on en parle mais cela demande confirmation puis mise en application ce qui implique que si on a une confirmation alors il y a place pour une nouvelle étape de hausse, c’est ainsi que les régulateurs raisonnent croyez moi.

Et cette nouvelle étape, la confirmation, constitue une arme, une cartouche dans l’arsenal. Ils en optimisent l’utilisation car elles sont comptées, nous sommes à la « zero limit; les autorités ont intégré les actions, les nouvelles, les promesses, les guidances, les confirmations, les faits accomplis dans leur panoplie de manipulation. Elles  ont inventé les salves de nouvelles à répétition et c’est terriblement efficace, cela vous tue son vendeur à découvert à coup sur!

Sur les marchés, dans cet univers imaginaire et névrotique de plus en plus disjoint du réel:

1- « Perception is all »!

2-  Et quand   tout est en levier, fragile, les effets des perceptions sont démultipliés, on sur-réagit toujours.

Nous sommes en guerre pour maintenir  l’ordre social contre les  barbares, contre les révoltés, contre les populistes, contre les isolationnistes, contre les nationalistes, contre les  empêcheurs de profiter- au sens de faire des profits-  en rond, nous sommes en guerre contre les … masses.

C’est une guerre soft, sociale, entre l’imaginaire d’un coté géré par les élites et le réel qui lui n’est géré par personne. L’ordre imagianire des uns contre le poids du chaos des autres.

Le réel est symbolisé par  la pesanteur, la rareté, la Loi  de la Valeur, le  sang, les larmes, la sueur, tandis que l’imaginaire est lévitant, bullaire, peuplé de rêves , exempt de contradictions,  rempli d ‘illusions, combinable à ‘l’infini, reportable, extensible.

Bref la guerre c’est celle de  l’illusion de la toute puissance des uns contre la réalité de la finitude et de la souffrance des autres.

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Une réflexion sur “Editorial: c’est lundi on a encore le temps de réflechir un peu sur les marchés!

  1. « Bref la guerre c’est celle de l’illusion de la toute puissance des uns contre la réalité de la finitude et de la souffrance des autres »

    Très belle chute…, un peu binaire, mais bien résumée. L’accident était inévitable, prévu, auto réalisable, destructeur, lent, violent, stupide, inutile…

    Un serpent peut-il digérer sa tête ? Réponse: Oui, sinon nous n’aurions pas oublié des pyramides au fond d’un désert, ici ou là.

    J’entends des pleures inutiles alors que la souffrance n’est pas encore complètement là…

    Chut ! Les guerres ne font plus de bruits ! Les Algorithmes Interactifs (I-A) sont des maths qui tuent, oui les maths, ce langage incompris, l’Art détaxé, dédouané dans sa splendeur qui pointe toutes nos erreurs sans palabres inutiles. Les Chiffres ont parlé, la Formule est sans appel. Une nouvelle fois la poésie a œuvré , le sage se retire, les hommes implorent l’hypothétique pardon, les femmes prient inutilement, les enfants sont livrés a eux-mêmes.

    Nous sommes toujours dans l’Après, mais qui veut encore un Avant ?

    J'aime

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