Editorial. Tout comprendre: la  crise, les dettes, le populisme

Cent fois sur le métier remettez votre ouvrage!

C’est ce que je fais.

Ci dessous vous visualisez un graphique qui retrace l’évolution d’une part des rachats d’actions des entreprises et d’autre part leurs dépenses d’équipement.

Vous constatez que les entreprises consacrent moins d’argent à investir qu’à racheter leurs actions. Clairement.

Il y a également les dividendes versés, mais comme je ne suis pas Mélenchon je considère qu’il est normal que les entreprises versent des dividendes aux apporteurs de capitaux.

Les rachats d’actions par les entreprises sont des dé-capitalisations; elles annulent du capital, elles retirent leur argent, elles cessent de le faire travailler et comme je le formule souvent: elles font la grève. Comme un travailleur qui refuse de travailler parce que l’on ne le paie assez.

C’est la version moderne du Mur de l’Argent: le capital refuse faire travailler son argent car il ne lui rapporte pas assez.

Aucun capitaliste  ne se prive de la possibilité de gagner plus, c’est la logique du système et si il met son argent au parking c’est parce que c’est plus avantageux.

Si les dépenses d’équipement sont inférieures aux rachats d’actions alors cela signifie que les occasions d’investir de façon profitable sont insuffisantes. Investir ne rapporte pas assez et le capitaliste qui n’a pas envie de s’affaiblir fait ce que l’on peut appeler du malthusianisme. Il limite volontairement ses investissements pour maintenir la profitabilité totale de son capital.

C’est cela le capitalisme: c’est le système dans lequel le moteur c’est le profit, la profitabilité.

Le moteur c’est le profit, si il est suffisant il déclenche l’investissement et l’investissement déclenche l’embauche et l’embauche déclenche  la distribution de revenus salariaux et la distribution de revenus salariaux forme le pouvoir d’achat.

Si le pouvoir d’achat distribué est insuffisant pour faire tourner la machine alors il n’y  a pas assez de demande et si il n’y a pas assez de demande les investissements perdent de la rentabilité et de la profitabilité ce qui déclenche un comportement malthusien de la part des capitalistes.

Ils ne sont pas mauvais , non ils se comportent comme ils doivent le faire tout simplement. Ce sont de bons agents du système.

Tout commence par le profit en système capitaliste: on entreprend pour le profit, on investit pour le profit on rachète les actions pour maintenir la profitabilité du capital et on réduit les investissements pour ne pas faire baisser encore plus la rentabilité.

Et si on réduit les investissements il n’y a  plus de croissance, c’est la stagnation de long terme. La longue dépression.

Pourquoi les élites ne veulent pas que cela  soit dit?

Parce que si cela était dit alors le peuple refuserait les faux remèdes actuels! Le peuple dirait comme je le dis: si il n’y a pas assez de profit pour toute la masse de capital qui prétend y avoir droit alors, il faut tuer du capital, il faut l’euthanasier. Il faut tuer le capital fictif, le confisquer en partie , réechelonner les dettes, laisser faire les faillites etc.

Les élites prétendent que si il n’y a pas de croissance c’est parce qu’il n’y a pas assez de demande , elles refusent d’aller plus loin et de reconnaître que si il n’y a pas assez de demande c’est parce qu’il n’y a pas assez de revenus, c’est dire que l’on ne donne pas assez aux salariés.

Les élites  disent il n’y a pas assez de demande de la part  des citoyens alors créons une demande supplémentaire par les dépenses de l’état!

Ah les braves gens , elle préfèrent créer une demande  qui est financée soit par les impôts sur les  citoyens soit par  les dettes ; c’est dire par la baisse du pouvoir d’achat des citoyens, par l’austérité présente ou future , ainsi cela ne touche pas les profits au contraire, cela les  bonifient.

Si vous avez compris vous avez tout compris : la  crise, les dettes, le populisme .

 

5 réflexions sur “Editorial. Tout comprendre: la  crise, les dettes, le populisme

  1. Cher Monsieur Bertez,
    Abonné à votre blog, je vous lis donc régulièrement, avec grand plaisir et – tout autant – grand « profit » personnel…
    Si je vous ai (bien) compris ici, le profit étant le moteur du cercle vertueux (profits, investissements, revenus), comment retrouver ces profits « constructeurs » alors que les « élites » ne vivent présentement que de profits « destructeurs » – et en vivent très bien sinon de mieux en mieux (pour elles!)?…
    Certainement, votre réponse m’eclairera, comme sans doute nombre de vos lecteurs.
    Avec mes remerciements anticipés – Bernard Grandchamp

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      1. L’approche qui consiste à diriger ou controler les profits est difficilement praticable sauf controle des prix et des revenus generalisé c’est à dire économie planifiée, administrée et totalement sous surveillance.

        La démarche efficace consiste à raisonner en terme non pas de profit mais de capital.

        Le capital est la relation sociale qui permet de s’attribuer une part du surproduit d’un pays.

        Vous pouvez faire en sorte que certains biens qui ont le statut de capital soient détruits, amputés, surtaxés , confisqués.

        C’est radical dans les nationalisations.

        En passant je suis pour la nationalisation temporaire des banques commerciales et d’investissement , le temps de les restructurer et de leur donner un nouveau business model.

        Je pense aux dettes de l’état, elles peuvent étre restructurées, allongées, moratoriées.

        Vous pouvez, par une politique monétaire othodoxe faire en sorte , automatiquement, que les entrerpsies zombies, celles qui ne survivent que par l’accroissement continu de leurs dettes, fassent faillite.

        Vous pouvez avoir une politique de destruction du monople de certains secteurs qui va détruire leur capital fictif et éviter qu’elles ponctionnent sur le surproduit global: là je pense, au monopole de certains groupes de technologie. ou de pharmacie.

        Vous pourvez avoir une vraie politique de service public, qui soit conçue pour satisfaire des besoins et faire en sorte qu’elle soient gérées sérieusement, durement, qu’elles ne soient pas privatisées et ainsi ne viennent pas constituer un capital supplémentaire à rentabiliser.

        Mais d’une façon synthetique si vous menez une politique monétaire très rigoureuse et une politique de crédit sévère, vous evitez la constitution de capital inefficace et la selection de ce qui est socialement utile ou inutile se fait par la rareté .

        En clair on ne peut pas diriger le profit mais on peut faire en sorte que le capital soit nettoyé, « débarrassé de la pourriture » comme disait Mellon dans les années 30.

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