Editorial. Le système a peur, les vieux, les morts ont peur du risque.

Je lis chez un commentateur imbécile que « les marchés sont addicts au risque. »

Comment peut-on avancer pareille idiotie: les marchés ont commencé à monter précisément la veille de Noel quand Powell a supprimé le risque!

Et ils ont accentué leur hausse quand Draghi puis Abe ont suivi et confirmé que eux aussi supprimait le risque en prolongeant les largesses monétaires.

Ils ont monté quand Powell a fait sa volte-face et supprimé le risque en réinstaurant le fameux « put ».

La hausse a signalé le retour non pas de l’appétit pour le risque, il a définitivement disparu dans sa forme authentiquement capitaliste, mais le retour de la spéculation sur les actifs monétaires et quasi monétaires.

C’est par des interprétations aussi fausses que l’on trompe le public.

Non « ils » ne sont pas addicts au risque, ils en ont une peur bleue:  ce qui les conduit n’engager leurs capitaux que quand on supprime le risque, voila l’analyse correcte.

Et c’est le fond de la perpétuation de la crise: les capitaux vont là ou ils peuvent performer sans risque, ils subissent la séduction  des marchés qui les attirent. On joue au lieu de créer. Parce que, avec le soutien des banques centrales, on sait que le risque n’est pas là: ce sont elles qui prennent en charge le risque.

Le risque est assumé par les banques centrales, par le « Put, c’est à dire par le public, par les contribuables et par  les générations futures.

Le put de Powell, de Draghi, de Abe c’est la promesse renouvelée de création de liquidités futures, c’est à dire de dilution de la monnaie détenue par les masses, car elles, les masses  ne sont pas sur les marchés, c’est trop sophistiqué.

Ce fut la découverte d’un prix Nobel il y a quelques années, vite oubliée.

La stagnation de longue durée est produite par l’atonie de l’investissement productif, grève de l’investissement productif à risque . Cette atonie s’explique par l’insuffisance des opportunités de réaliser un bon profit d’entreprise, insuffisance qui se traduit par une fuite des capitaux vers les emplois financiers.

Il faut comprendre une fois pour toutes que l’on vit dans un monde de mystification ou on vous fait passer la fuite devant le risque, le refuge dans les parking des marchés financiers et des loteries, pour de la prise de risque. Non c’est de la tonte, de la cueillette de fruits poussés,  artificiellement par l’engrais monétaire des banques centrales. C’est de la prédation.

Face à l’attrait insuffisant du capital productif neuf, on préfère acheter du capital ancien sur les marchés et enfler, inflater,  la valeur du capital fictif.

Plus on renforce l’attrait du capital ancien et du capital fictif et plus on augmente les tendances à la déflation et à la stagnation. Et vice versa car on a crée un cercle vicieux.

Les politiques monétaires des banques centrales , en protégeant le capital boursier et  le capital fictif sont des politiques malthusiennes qui s’inscrivent dans l’air du temps caractérisé par le malthusianisme culturel qui se révèle dans l’écologisme.

L’écologisme actuel, comme celui des années 80 de la croissance zéro, est une résurgence du malthusianisme. Le malthusianisme est un élément historique du cycle du capital.

Au lieu d’investir dans la croissance et la production de vraie richesse , le système investit dans son maintien, dans la reproduction de ses structures et de son ordre.

Le fond de la situation est que le système a peur.

Sa peur de l’avenir se donne à voir dans son refus de s’équiper, d’oser, de prendre le risque de mettre sur le marché des outils de production neufs qui font courir le risque, le vrai celui là, de dévaloriser les anciens outils et les anciens savoir faire et les anciennes connaissances.

Même les technologies dites nouvelles sont un moyen de bétonner, de renforcer l’ancien. Elles ne sont pas progressistes. Les technologies nouvelles sont au service du contrôle social malthusien pas au service de la production.

La lutte contre la déflation, l’objectif de 2% d’inflation  sont une lutte passéiste qui refuse que les gains de productivité balaient ce qui est dépassé, inadapté, de poids mort.

Notre système, nos politiques sont arqueboutés pour défendre le mort au détriment du vif.

Elles sont tout sauf modernes!

 

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3 réflexions sur “Editorial. Le système a peur, les vieux, les morts ont peur du risque.

  1. Monsieur Bertez,

    Ce que vous décrivez concernant le capital face au risque, me fait beaucoup penser à la peur de… mourir, et même à son refus.

    Est-ce à dire que les détenteurs du capital ne veulent pas mourir? Veulent triompher de la mort, coûte que coûte?

    Bien cordialement,

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  2. « Sa peur de l’avenir se donne à voir dans son refus de s’équiper, d’oser, de prendre le risque de mettre sur le marché des outils de production neufs qui font courir le risque, le vrai celui là »…

    Monsieur Bertez bonjour, 1000 mercis pour vos analyses qui donnent à voir notre monde dans sa réalité et permettent de mieux respirer dans cet océan d’inepties.

    Le refus d’investir dans du « vrai » capital, du neuf (des innovations, des usines, des infrastructures, de l’Education …) répond aussi à une absence d’avenir = en Economie à une absence de possibilité de retour sur investissement car il n’y a plus de demande viable -ce qui prouve l’ineptie des politiques étatiques de l’Offre qui oublient que l’Economie est circulaire et que l’Offre ne crée pas la Demande, tout au plus peut-elle la susciter-.

    Mais comment faîtes vous pour expliquer aux Entrepreneurs qu’il faut répartir différemment leur rentabilité au bénéfice des salaires dans l’espoir que cette décision leur bénéficie un jour par de meilleurs pouvoirs d’achats, et de meilleurs retours sur investissements ?

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