Les dépêches lundi 18 mars, l’état du monde n’inspire rien de bon. Engrenage et escalade.

  • Trade is something of a focus for investors today. The central expectation of a US-China trade deal being done is not changing. Investors believe that US President Trump will reverse the existing trade taxes on US consumers of goods partially made in China.
  • Japanese trade showed the typical noise around the lunar new year holidays, but exports to non-China Asia were weaker.
  • Eurozone trade is due today.
  • Chinese President Xi will be travelling to France, Italy and Monaco on a trade-focused trip later this week.
  • Paris may not be looking its best following more protests over the weekend. The protests have negative economic costs (the economic positive was the fiscal stimulus response, the negative the impact on consumption and tourism).
  • The interminably tedious process of splitting the EU and the UK continues.
  • The UK government may not hold a meaningful vote on Tuesday, if they do not believe it can be won.

 


L’état du monde n’inspire rien de bon.

Ce qui frappe, c’est le fait que les gouvernements et les classes dominantes ne cherchent aucune solution aux dysfonctionnements, aux crises et aux colères des peuples. La seule réponse est constituée par le tryptique: mensonge, surveillance, repression.

Ainsi dans l’affaire de l’attentat en Nouvelle Zélande on interdit … les vidéos.

Ainsi en France face aux débordements du désespoir, on convoque les casseurs Blackbocks et autre Antifas et on étudie le parcours des supposés leaders.

Le risque politique et social est largement sous-évalué, sous apprécié par les marchés parce que ce sont les classes sociales dominantes qui possèdent les médias et qui administrent le savoir.

Les médias crée un imaginaire, propagent des narratives qui certes semblent constituer des pseudos solutions dans le présentisme ambiant, mais qui en même temps, masquant la réalité empêchent de la corriger. Les responsables de la conduite des affaires sont maintenant aussi aveugles que ceux qu’ils sont censés aveugler.

Désadaptation générale, les psychiatres sont aussi fous que les fous. Tous dans la bouteille.

La communication et l’autorité suffisent encore à donner l’apparence  du gérable. Mais l’apparence seulement. car le fond, lui continue de se disloquer. Les failles se creusent, elles se multiplient  et les engrenages se mettent place.

Je pense que la notion d’engrenage en matière politique et sociale est insuffisamment étudiée. L’engrenage c’est ce qui fait que ce qui, avant-hier encore était inadmissible, le devient aujourd’hui parce que  hier  on s’en est rapproché.

L’engrenage marche par proximité, par comparaison, par « anchoring »: on se rapproche à chaque fois de ce qui était impossible par petits pas, l’un entrainant l’autre par proximité. Il en va ainsi en matière sociale, politique et surtout militaire.

Engrenage et escalade sont pour moi les deux mécaniques qui sont à l’oeuvre en cette période historique.

Ceux qui sont pris dans ces engrenages ne s’en rendent pas compte car ayant le nez et les yeux dessus, ils sont incapables de discerner le chemin parcouru, the « big picture ». Ils oublient d’ou l’on vient et le parcours scélérat qui a déja été accompli.

Toute personne qui veut comprendre et toucher du droit ces deux notions d’engrenage et d’escalade doit lire, relire l’histoire de la Seconde Guerre mondiale, elle suivra les pas de Hanna Arendt et ainsi assimilera sa découverte de la banalisation du mal; de la quotidienneté du crime, même contre l’humanité.

Les deux mécaniques, celle de l’engrenage et celle de l’escalade sont en marche, elles sont lancées , elles ont leur momentum, ce sont elles qui commandent et imposent leur logique.

Il faut réflêchir sur ces petits pas, marginaux qui font que ce qui a  été fait hier apparait comme acquis et semble conduire puis justifier  un petit pas supplémentaire  aujourd’hui et un autre demain.

C’est toute une philosophie sociale que celle qui fait passer d’un état « E » deja dangereux à un Etat « E+1 » encore plus dangereux.

Cela me rappelle cette histoire  moderne, de l’imbécile bien adapté à notre époque et qui se croit tout puissant, au dessus des lois de la pesanteur: il se lance du haut du 50e étage et parvenu au troisième étage il jubile: « j’avais raison,  tout va  bien »! Avant de se fracasser sur le trottoir.

On croit que le monde est continu, dérivable , linéaire or c’est une approximation des PHD, des théoriciens, des professeurs, le monde n’est pas dérivable et un jour, c’est la rupture, c’est le temps du « tout ou rien », comme la mort: avant on est vivant, après on est mort; ou de façon plus plaisante comme le pucelage, on n’est jamais pucelle à moitié.

La philosophie politique du pragmatisme, la real politik, la pensée administrative , toutes ces pratiques intellectuelles sont des approximations qui paralysent la vraie intelliegence, celle de la compréhension organique du monde, des causes et des effets.

La folie des corrélations tue l’intelligence et produit un monde pervers, déviant; mais c’est encore une autre histoire.

Le dérivable c’est ce qui anime et sous tend les modèles.

(En passant je recommande à ceux qui se sentent intellectuels de lire le cours d’Alain Badiou sur les  modèles, ils les flingue littéralement). Je défie n’importe quel économiste dit moderne de soutenir un débat avec Badiou.

Je reprends, le dérivable  c’est ce qui sous tend les  modèles  qui ne sont jamais rien d ‘autre qu’un pari, des paris sur la répétition sous toutes ses formes, même dans les mutations.   Et c’est  ce qui sous  tend aussi la technique de gestion sociale par ce que l’on appelle  la pratique de la « boiling frog ».

Les ingénieurs  sociaux conseillent et agissent en fonction d’extrapolations des lancées qui ont précédé. Hélas pour qui fréquente l’histoire, l’extrapolation apparait comme une sérieuse infirmité de l’intelligence; celui qui gagne, celui  qui réussit, qui s’adapte c’est celui qui prévoit la rupture, un peu selon l’ancienne technique  de spéculation de Soros.

Nous sommes dans la politique de l’autruche insitutionnalisée et ceci me fait affirmer  que les autorités, les régulateurs  ayant une vision fausse et tronquée de la réalité sont de plus en plus déconnectées: les responsable de la conduite des affaires sont embarqués dans des actions qui ne sont logiques que dans leur corpus de savoir imaginé et imaginaire. Ils sont noyés dans une combinatoire, une combinaison qui se situe à l’intérieur de leur névrose, de leur vision supposée d’un réel qui, en fait, leur échappe.

D’ou les cygnes noirs, d’ou les excuses du type c’est la faute   à pas de chance, d’ou des systèmes de boucs émissaires,  d’ou mépris du peuple pour des gens comme Macron: mépris du peuple qui est empêcheur de gérer et surtout réformer en rond. L’imbécillité crasse à comprendre produit un système du bouc émissaire dont le représentant tout désigné est le peuple.

Le peuple pointé comme support du populisme est désigné comme bouc émissaire de ses échecs par la classe dominante; c’est l’inversion/projection. Ah si ces salauds de pauvres me laissaient faire disait Emmanuel Macron à Brigitte en rentrant de la Mongie.

Quelle que soit l’intelligence dont elles peuvent disposer, les classes gouvernantes sont prises dans un monde faux. Leur représentation du monde étant fausse, ils ne peuvent le gérer.

Leurs réponses sont à coté de la plaque ,  inadéquates. Il ya un défaut radical d’adaptation et c ‘est ce qui cause et donc explique l’inexorable dérive: nous sommes sur la pente.

Il y a quelques jours, la prestigieuse institution Brookings dont on peut presque dire qu’elle pilote le monde, a tenu une conférence sur l’efficacité de la politque monétaire et son échec à stimuler et soutenir la croissance économique.

Bien sur vos médias n’en ont pas parlé.

Cette conférence convoquait les élites parmi les élites: Larry Summers ancien du Trésor US, Lukasz Rachel de la Banque d’Angleterre.

Voici ce que disait leur rapport:  « the major capitalist economies are locked into ‘secular stagnation’: “Our findings support the idea that, absent offsetting policies, mature industrial economies are prone to secular stagnation.”

Traduction: « les économies capitalistes majeures sont coincées dans une stagnation séculaire, nos découvertes suggèrent l’idée qu’en l’absence de politique pour contrer ceci , les économies industrielles matures sont mainteant enclines à la la stagnation séculaire ».

paper

https://www.brookings.edu/wp-content/uploads/2019/03/On-Falling-Neutral-Real-Rates-Fiscal-Policy-and-the-Risk-of-Secular-Stagnation.pdf

Terrible constat que nous répétons depuis maintenant 10 ans et quelques jours , depuis la première quinzaine de mars 2009!

Les économies capitalistes sont plongées dans une stagnation de long terme malgré les politiques monétaires de Taux zéro ou négatifs, malgré l’impression colossale de monnaie tombée du ciel, malgré la monétisation des  dettes des gouvernements et malgré les achats de titres à long terme et autre Quantitative Easing.

L’investissement productif reste faible et la croissance anémique.

Malgré une réduction apparente du chomage, l’inflation reste faible et les idées anciennes sur le lien entre l’emploi et l’inflation des prix des biens et services est brisée. La fameuse courbe de Phillips qui est à la base du travail des banques centrales depuis des décennies est inadéquate, elle ne traduit pas, n’exprime pas la réalité du monde économique.

Quelle est la substance du constat: on s’est trompé le monde n’est pas continu, pas dérivable; les théories monétaires de Keynes sont fausses et même en inventant la possibilité absurde de taux d’intérêt négatifs, on n’arrive pas remédier à cette situation.

Comme quoi même les européens s’en sont aperçus:

https://voxeu.org/article/revisiting-efficacy-ecb-s-balance-sheet-policies

“the efforts of the ECB to hit its inflation target would be more credible if there was convincing empirical evidence that its balance sheet policies are effective at stimulating output and inflation. Our recent research shows that this macroeconomic evidence is still lacking.”

Traduction rapide: les efforts de la BCE seraient plus crédibles si il y avait la preuve que ses politiques sont efficaces et qu’elles sont  capables de stimuler la croissance et l’inflation. Notre recherche montre que ces preuves ne sont pas là.

Aie, aie et c’est le célèbre Think  Tank Vox qui le dit et l’écrit.

Nos amis Summers et Rachel visent huste et ils disent:

This raises profound questions about stabilization policy going forward.” 

Traduction: cela pose en profondeur des questions sur les politiques de stabilisation qu’il faudra entreprende.

Vous les  voyez ces questions abordées par les élites, les gouvernements, les marchés, les médias? Moi pas.  Est ce que le simplet Bruno Le Maire sait même que ces questions se posent?

C’est la question centrale parce que si on ne réussit pas a relancer la croissanc et la hausse des prix eh bien le système va se gripper à nouveau, les canalisations de la finance vont se colmater, la stagnation va s’approfondir et durer, les pauvres vont être encore plus pauvres, les jeunes de plus en plus sans avenir et nos sociétés se disloquer.

Et pendant ce temps le peuple est dans les rues, la police le terrorise  et Macron est au ski.



[Bloomberg] Stocks Advance as China Paces Asia; Bonds Steady: Markets Wrap

[Reuters] Japan’s exports slump again on weak external demand, puts BOJ on notice

[Bloomberg] Federal Reserve and Friends to Sound Dovish: Global Economy Week

[Bloomberg] China’s Banks Have a Hidden Wave of Bad Debt

[Bloomberg] BOJ Gets Extra Innings Just to Hit a Single

 

 

 

 

 

 

 

Publicités

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s