Profit, dette, monnaie: On est toujours puni par ou l’on pêche. Vers la destruction sélective.

On est toujours puni par ou l’on pêche.

Ainsi pour dépasser fictivement les contradictions du système capitaliste marqué par la suraccumulation et la chute tendancielle de la profitabilité du capital on a produit de l’endettement.

L’endettement c’est de la distribution de pouvoir d’achat qui ne pèse pas sur les coûts, donc cela porte la demande plus haut, on vend plus et on fait plus de bénéfice.

La dette  bonifie les  profits; elle crée une demande dont le coût de production est négligeable. On ne prend pas aux uns pour donner aux autres, On ne prend pas au capital pour le forcer à distribuer le pouvoir d’achat qui fait tourner la machine économique.

C’est la fonction structurelle des déficits: produire une demande qui ne coûte rien.

Quand votre gouvernement fait des déficits, il produit une demande plus élevée, cette demande ne pèse pas sur les profits et il bonifie le rendement du capital. Sans les déficits, pour croitre il faudrait augmenter les salaires.

La dérégulation des années 80, à laquelle j’ai participé, a eu pour but de donner au système la possibilité d’augmenter sa capacité à produire des dettes en repoussant les limites de la solvabilité. Cela a débouché sur ce que l’on appelé la financialisation.

Mais en  produisant de l’endettement on accumule la dette et on « use » le capital:  il devient insuffisant. La fonction du capital, c’est de financer, mais pas que .. elle est aussi de garantir les dettes. C’est le garant du système. On « use » le capital quand on accumule trop de dettes.

Ainsi pour dépasser fictivement la contradiction interne du système capitaliste marquée par la chute tendancielle de la profitabilité du capital on a produit de l’endettement. Cet endettement pour les endettés c’est une charge, un passif, mais pour les créanciers c’est un actif,  un capital un capital fictif, du papier.

La masse mondiale de capital fictif s’est mise à galoper sous la conduite des Etats -Unis. Voir le graphique ci dessous.

Ce qui est normal puisque c’est le lieu de la production à la fois des profits , le lieu d’émission des bouts de papier, le lieu central de production des déficits.

Les USA sont devenus une machine à produire des bouts de papier, des créances et ce sont ces créances qui font marcher le système mondial par des circuits très compliqués que les élites n’ont absolument pas compris.

Le monde produit des richesses et des services réels et les USA produisent les bouts de papier, les titres, les valeurs, les promesses qui, devenant monnaie et quasi monnaie servent de catalyseur aux échanges mondiaux.

Les uns exportent de vraies richesses, les autres exportent du papier, des promesses dont l’avenir révélera qu’elles sont fictives.

L’endettement c’est de la distribution de pouvoir d’achat qui ne pèse pas sur les coûts, de la distribution à partir de rien qui complète les revenus gagnés.

Donc cela porte la demande plus haut que ce qu’elle serait spontanément  et cela bonifie les profits.

Mais il n’y a pas de free lunchs dans le monde réel, on ne rase jamais gratis et tout a un coût. Le coût de l’usage de la dette, c’est la constitution d’un stock de dettes qui s’accumule, s’accumule: il faut pour créer du GDP relativement toujours plus de dettes. C’est marche ou crève: ou bien on crée encore plus de dettes ou bien le système se grippe puis s’effondre.

Et ce que l’on appelle l’insolvabilité, l’incapacité à honorer les dettes finit par arriver.

Quand l’insolvabilité se manifeste comme cela s’est produit à plusieurs reprises depuis le début de la grande débauche des années 80, vous avez deux solutions:

-soit accepetr que les dettes qui ne sont pas honorables ne  soient pas honorées, accepter la destruction de tout ce qui est un poids mort, tout ce qui est un boulet.

-soit créer des liquidités, des liquidités qui masquent le problème en le reportant pour les années à venir.

C’est le second choix que l’on a fait tout au long des années 80 mais surtout en 2008 et 2009.

On l’ a fait dans des proportions énormes , incroyables, du jamais vu dans l’histoire. Le bilan des banques centrales, source de liquidités, puits dans lequel on va puiser les liquidités, ce bilan  a été gonflé de plus de 16 trillions de dollars. Des dollars de base qui ont éét multipliés par les banques.

On a noyé le système sous la monnaie. Il y a en a tellement qu’il y en a pour tout le monde, j’entends par tout le monde, tous ceux qui étaient près des robinets bien sûr.

En transformant les problèmes de solvabilité en simple question de liquidité on a en principe découvert le Graal, le mouvement perpétuel , mais à une condition: cette monnaie créée doit continuer de valoir comme monnaie, elle doit inspirer confiance, on doit toujours la demander. On ne peut offrir de la monnaie que si elle rencontre une demande. La poursuite du système, sa reproduction passe par le maintien à très haut niveau des profits du système américain.. Si le taux de profit venait à chuter , alors on demanderait moins de papiers US et ils pourraient émettre moins monnaie.

La solution miracle passe par la création de monnaie d’une part et la conservation du statut de  monnaie d’autre part. C’est un processus dialectique.

la contradiction interne, émission de monnaie excessive ne joue pas et tant qu’elle ne joue pas on construit la contradiction externe on la renforce puisque la disproportion entre la monnaie émise et la richesse réelle ne cesse de croitre; c’est la grande divergence, celle qui a été fatale à John Law.

Le fossé entre d’un côté la masse de monnaie et quasi monnaie  émise et de l’autre les richesses réelles qu’elles peuvent acquérir ne cesse de s’élargir; c’est normal, elles progressent à des ryhmes très différents en raison de la tendance à la baisse d’efficacité de la dette pour produire du GDP. Il faut de plus en plus de dollars de dette pour produire un dollar de GDP.

Ou on meurt par la contradiction interne qui conduira à ne plus accepter cette monnaie et à s’en méfier, c’est l’hyper inflation par fuite devant la monnaie.

Ou bien on meurt par la disproportion entre les promesses de pouvoir d’achat, les contreparties  lesquelles deviennent trop insuffisnates, c’est l’hyperinflation par pénuries  des contreparties monétaires.

Attention! Entre temps on peut survivre par la formation de bulles financières: les excès de monnaies vont se loger dans les Bourses et gonfler les bulles car les contreparties rentables qui sont offertes sur les marchés sont insuffisantes; trop  d’argent pour trop peu de titres attrayants.

N’oubliez jamais: on est toujours puni par ou l’on pêche:  on a abusé de la création de liquidités, on a découvert le Graal des liquidités-miracle, solutions à tous les problèmes et on sera puni par ces liquidités.

Mais il y a une solution tierce et c’est celle qu’ont à mon sens choisi les autorités, créer des liquidités autant qu’il en faudra puis quand le système donnera des signes d’épuisement procéder à la  grande neutralisation sélective de la monnaie et des liquidités excédentaires, les votres. Celles que vous, vous détenez.

Ce sera le temps de la grande spoliation,  le grand ratissage, la grande confiscation.

 

All Sectors, Debt Securities and Loans, Liability Level 1960 – 2018

All Sectors, Debt Securities and Loans, Liability Level 1960 - 2018

 

 

 

Publicités

6 réflexions sur “Profit, dette, monnaie: On est toujours puni par ou l’on pêche. Vers la destruction sélective.

  1. Bonjour Mr Bertez,

    En somme, la fin de l’histoire, c’est normalement l’hyper-inflation (tout le monde est puni des excès de création monétaire), mais les responsables (dans tous les sens du terme) essaient de nous faire payer, nous les petites gens pour sauver le système, leurs places et les ultra-riches.

    Du style : pour rembourser les dettes de la France, puisons dans les comptes bancaires des Français … Ensuite, ils pourront de nouveau faire des promesses payées avec le fruit de notre travail (vive le socialisme) …

    Mais alors où devons nous nous réfugier ?
    – Actions : la grande gamelle à venir.
    – Obligations: la répression financière, taux négatifs …
    – Liquidités: ponctions à venir
    – Immobilier: opération taxation à tous les étages
    – Or : dans son jardin …

    J'aime

    1. No place to hide,

      Tous les actifs papier doivent bien etre détenus par quelqu’un tant qu’ils sont émis et pas retirés de la circulation.

      La normalisation monétaire c’est une tentative de retirer de la monnaie et des quasi monnaies dela circulation, mais c’est deja fini les BC ont fait volte face , terrorisées par la catastrophe de décembre 2018.

      J'aime

    1. C’est écrit dans le texte on ne peut être plus explicite;

      « à la grande neutralisation sélective de la monnaie et des liquidités excédentaires, les votres. Celles que vous, vous détenez.

      Ce sera le temps de la grande spoliation, le grand ratissage, la grande confiscation ».

      J'aime

  2. Ils ont crée des wagons de transport pour stocker ce trop ce fut par exemple les produits dérivés, ils peuvent encore en créer d’autres le virtuel de la monnaie permet à l’imagination de s’exprimer, tant que ces masses monétaires restent à l’intérieur de ces produits et ne viennent pas chercher leurs contre parties réelles, la cavalerie peut encore continuer mais c’est vrai que « sauver le climat » et les taxations diverses qui en découlent sont les prémisses à beaucoup plus d’imagination à nos dépends, aidés qu’ils sont par tous les idiots utiles du système qu’ils en profitent ou qu’ils fassent simplement le sale boulot pour la gloire…

    J'aime

  3. Les USA sont devenus une machine à produire des bouts de papier, des créances et ce sont ces créances qui font marcher le système mondial par des circuits très compliqués que les élites n’ont absolument pas compris.

    La Russie, pays du « très méchant Vladimir Poutine et gros ogre mangeur d’enfants au petit déjeuner », l’a je pense bien compris !

    J'aime

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s