Les dépêches vendredi 22 Mars, les marchés sont too big to fail.

L’inflationnisme est la doctrine qui prétend que tous les problèmes réels peuvent être traités par le fétiche de la monnaie. C’est le Cargo Cult qui croit qu’en rajoutant des zéros dans les livres de comptes, on transforme le réel. 

« Au lieu de transformer le réel, l’inflationnisme au contraire l’enracine, il dissuade de le changer, il le pérennise ». (Bruno Bertez en Avril 2009)

L’inflationnisme est une incantation qui fonctionne non par jeu organique, par causalité concrète,  mais par illusion et perception. Avec l’inflationnisme nous sommes dans le domaine de la magie.

Les illusions se dissipent au fur et à mesure que l’on use de l’inflationnisme, il s’use quand on s’en sert. Il y a effet d ‘apprentissage et mémoire inscrite dans les stocks, dans les actifs et passifs des bilans du système.

A partir d’un certain point et quand il n’y a pas auto-destruction des dettes par l’inflation des prix des biens et des services, l’inflationnisme c’est Hôtel California, la porte se referme et on ne peut plus sortir, no check out.

L’erreur de nos dirigeants  est une erreur intellectuelle colossale provoquée par la pensée de groupe et le monopole d’autorité des économistes de banque, de gouvernement et de banque centrale: ils n’ont pas compris la différence radicale entre la liquidité et la solvabilité.

La liquidité a à voir avec les perceptions et les illusions des participants d’un marché tandis que la solvabilité est ancrée dans le réel, dans les cash flows qui servent à assurer le remboursement du capital et  le paiement des intérêts. La solvabilité s’ancre dans le réel, elle est la statue du commandeur qui toujours rappelle the day of reckoning. La solvabilité c’est la faille du système imaginaire crée par les banques centrales. La solvabilité c’est comme la mort, le Zero Hedge, la certitude de la Grande Réconciliation. La création de  liquidité surtout quand elle ne provoque pas l’inflation  nominale du GDP, la création de liquidité agit comme un chasse neige, elle repousse les problèmes devant soi. C’est un mur de plus en plus haut et fragile. 

L’autre erreur capitale vient loin, elle a consisté à, progressivement faire passer les fonctions bancaires de création et de mobilisation de crédit sur les marchés. On a mis du fixe contractuel, sur du variable capricieux.

Une banque c’est de la compétence, de l’expérience; la banque juge de la valeur du crédit en soi, en fonction de ses critères et de ses grilles testées historiquement. Mais quand vous mettez le crédit neuf et le stock de crédit sur le marché alors il change de nature, sa valeur ne dépend plus de sa réalité, de sa qualité, mais elle dépend des animal spirits qui animent les marchés. On change de monde.  On passe d’un monde rationnel gérable à un monde dominé par l’irrationnel quand le crédit est mis sur le marché. De proche en proche toutes les valeurs de marché des actifs financiers en deviennent  dépendantes, c’est le crédit de  l’état par exemple qui est l’ancre de toutes les valeurs; en clair, vous mettez toutes les valeurs à la merci du caprice, du jeu et des illusions.

L’erreur criminelle qui a consisté à mettre le crédit sur les marchés a été révélée en Mars 2009 , jour ou il a fallu jeter l’éponge et dire au monde entier, nous suspendons la règle comptable FASB 157 qui oblige les institutions à porter leurs valeurs d’inventaire au prix du marché. ona du renoncer au Mark to Market. On a du abandonner ces valeurs de marchés , on a mis une bache solide sur le gouffre, on a mis de côté les valeurs  capricieuses pour entrer de plein pied dans un autre caprice de degré supérieur, le caprice des dieux pervers. On est entré  dans un autre arbitraire celui des tricheries comptables bénies par les pouvoirs en place. Le fameux « mark to fantasy ».

En faisant du crédit et des taux  le « lieu » de la valeur en chaîne de tous les actifs financiers, certes vous libérez les prix, mais vous libérez les excès, les aberrations.

Les marchés fixant la valeur  de tous les actifs et passifs du système, les marchés deviennent « too big to fail ». Trop gros pour tomber.

Et c’est ce que personne n’a compris depuis 2009, les marchés ont succédé aux banques:  ils sont « too big to fail ». Les régulations imbéciles continuent de croire que c’est au niveau des banques que cela se passe, elles fixent des normes! C’est au niveau des marchés que cela se passe , voila le grand secret. Les banques sont prisonnières des marchés. Et avec elles, leurs mères à toutes, les Banques Centrales et avec elles, la mère de toutes les Banques Centrales, la Fed.  

La capitulation de la Fed était prévue et prévisible depuis le premier jour, car l’inflationnisme, la création de monnaie non gagée par quoi que ce soit, l’inflationnisme est un aller simple. Et au contraire, au lieu d’être réversible,  l’inflationnisme devient de  plus en plus exigeant; c’est un ogre qui a chaque cycle exige toujours plus .

Lors de la prochaine récession les montants que l’on a connus seront pulvérisés, explosés, exponentialisés.

[Reuters] Asian shares hit 6-1/2-month high on tech hopes, U.S. data

[Bloomberg] Trump Aides Play Down Odds of Swift China Deal Ahead of Talks

[Bloomberg] Trump Said to Consider Stephen Moore for Federal Reserve Board

[Reuters] Japan’s slowing inflation leaves BOJ fighting tough price battle

[CNBC] As Brexit remains in limbo, Yale’s Stephen Roach says the ‘imperfect’ EU may not survive

[AP] Trump blames Fed for holding back economic growth in 2018

[WSJ] A Growing Problem in Real Estate: Too Many Too Big Houses

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