Editorial. Contre la redistribution. Le malthusianisme produit le besoin de redistribution.

Ce graphique d’Artus (voir en bas d’article)  me sert de point de départ. Mais je ne ferai que survoler cette question bien qu’elle soit fondamentale.

Attention il n’est question ici que de la part de la redistribution qui est d’origine économique, ce qui est conforme à la démarche d’Artus.

Je suis contre la redistribution et donc je partage la remarque de Patrick Artus:

au lieu d ‘augmenter la redistribution il vaudrait mieux mener des politiques qui permettent de s’en passer.

Le taux de redistribution dans un pays n’est pas un signe de prospérité ou de bon fonctionnement du système économique, social, ou politique non, le taux de redistribution mesure le dysfonctionnement  du pays.

A la limite il mesure le chemin parcouru sur la route du déclin.

C’est parce que le nombre de pauvres augmente que l’on est obligé, pour maintenir le calme social, pour apaiser les colères, pour neutraliser les révoltes de redistribuer.

La redistribution n’est pas la charité, elle est un calcul.

La redistribution est même le contraire de la charité, elle est la manifestation de l’égoïsme des classes qui exploitent, vous verrez pourquoi ci dessous.

C’est pour gagner plus que les classes capitalistes organisent un filet de sécurité, un   plancher de subsistance pour la masse des travailleurs qu’elles refusent d’employer. Quand un salarié n’est pas « rentable », on le met à la « dole », c’est à dire à la charge de la collectivité.

J’ai toujours soutenu que les cotisations-chômage devraient être beaucoup plus élevées pour les très grandes entreprises que pour les PME et TPE car ce sont les très grandes entreprises qui licencient.

Ce calcul c’est celui du coût de la capacité d’accueil du  parking des pauvres. La redistribution crée un ghetto, des ghettos,  dans lequel on parque les pauvres, dans lesquels on leur ôte toute possibilité de donner un sens à leur vie, dans lesquels on les isole, on les enferme dans l’indignité, la distraction, l’oisiveté, l’alcool, la drogue, le tabac, la pornographie, les jeux vidéos pourris, etc.

La redistribution crée et entretient la dépendance et la perte de fierté de soi.

Ce n’est pas une question de morale que je soulève, non mais une question de sens de la vie et d’achèvement personnel car à ce stade, dans nos sociétés marquées idéologiquement par le travail, on n’ a pas encore reprogrammé l’homme pour que sa vie soit pleine sans rien faire. Personnellement je ne suis pas fanatique de cette idéologie du travail je suis plutôt du côté de gens comme Raoul Vainegem (1), mais en attendant il faut bien vivre et éviter le nihilisme.

L’essence des travaux de Keynes ce n’est pas la générosité mais la recherche des moyens de dépasser les contradictions du capitalisme et en particulier de résoudre la question des crises comme celle des années 30.

Keynes n’était pas quelqu’un de généreux ou même de haute tenue morale, loin de là. C’était un bourgeois un peu vicieux.

En créant une demande financée par la dette et la redistribution, Keynes a voulu limiter  la progression du chômage, de la misère et donc échapper à la Révolution. N’oubliez pas la force des idées et la concurrence du modèle soviétique à son époque.

Le keynesianisme et ses amortisseurs sociaux sont profondément conservateurs, ils visent, malgré les contradictions du système capitaliste à faire en sorte que les pauvres et les exploités ne se révoltent pas.  Keynes a pour objectif de castrer , de désamorcer la violence, de désarmer les pauvres.

Voila le fond de la répartition dans nos pays et à notre époque . C’est le conservatisme et l’égoïsme, c’est l’hommage à la profitabilité du secteur privé.

On met en place des politiques de redistribution pour alléger les coûts des entreprises, pour qu’elles puissent licencier et ainsi hausser leur profitabilité du capital investi. La redistribution, à notre époque est un moyen de socialiser une partie des coûts de reproduction de la force de travail pour libérer les entreprises, pour leur permettre de n’employer que les plus efficaces, les moins chers et donc les plus producteurs de profit et de plus value.

Et si vous lisez les travaux de vos gouvernements successifs vous voyez la préoccupation constante qui consiste à chaque fois que l’on mène des politiques de restauration de la compétitivité qui vont accroître le chômage , vous voyez la préoccupation concomitante de désamorcer la colère. Il faut prévoir de détourner la colère  qui s’ensuivrait si on ne faisait rien. Il suffit de regarder la colère et l’indignation déclenchées par le CICE unilatéral.

Quand on donne la priorité à la compétitivité et donc au profit, -puisque les deux sont les deux faces de la même médaille- il faut des mesures d’accompagnement.

La nouveauté introduite par Macron, c’est la tentative de mener en même temps une politique de restauration de la profitabilité des entreprises et une politique de réduction des déficits publics qui s’attaque à la répartition. C’est du jamais vu cynique, ou plutôt irresponsable.

Le problème soulevé par Artus est fondamental puisqu’il dit: au lieu d’augmenter la répartition et la redistribution il vaudrait mieux mener une politique qui réduit le besoin  de redistribuer! Il a raison, ô  combien il a raison!

L’avenir ce n’est pas de hausser la redistribution au point d’aller vers le Revenu Universel, non l’avenir c’est de restaurer le lien entre les revenus et la production de richesses, le lien entre le travail et la rémunération.

C’est un vaste  programme qui va au delà de l’économie, c’est un choix de société que celui de recoller la production de richesse à la génération des revenus. C’est un choix de sociétés car il pose la question de la mise à l’écart des parasites, n’est ce pas monsieur Ghosn?

Cela pose les questions de la division du  travail, les questions des inégalités, les questions des valeurs sociales,  les questions des rapports entre le travail manuel et le travail intellectuel, les questions des répartitions de la valeur ajoutée entre le capital, le travail et l’état etc.

Mais en attendant et pour rester terre à terre on peut avance l’idée suivante: l’économie est à deux faces, comme une médaille. D’un côté c’est une machine à produire des biens  et services et de l’autre une machine à distribuer des revenus.

Les maillons de cette chaîne à distribuer les revenus sont les entreprises.

Si le revenu distribué par l’ensemble des entreprises est insuffisant, alors il faut recourir à la redistribution. Mais si on augmente la capacité des entreprsies a distribuer des revenus alors on réduit le besoin de redistribuer.

Comment augmente-t- on la capacité des entreprises à distribuer des revenus? En augmentant la valeur de ce que l’on produit par: la sélection des entreprises les plus adaptées,  par l’innovation, par l’investissement, par  la formation , par le progrès des savoir-faire.

Tout ce que j’ai énuméré constitue le contraire de la politique qui est menée:

-on crée de la fausse monnaie pour créer une fausse demande

-on met les taux à zéro pour gaspiller le capital et en inflater le prix

-on maintient en vie les zombies par les subventions et avantages crony

on mène une politique qui favorise la spéculation tous azimuts, en particulier en Bourse et dans l’immobilier

Bref le sens général de la politique suivie c’est le malthusianisme.

(1) « Le travail est partout où l’on ne fait rien de sa vie ».

 

 

 

*

 

 

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5 réflexions sur “Editorial. Contre la redistribution. Le malthusianisme produit le besoin de redistribution.

  1. Oui, et l’on crée une classe de pervertis, à la recherche d aides sociales, de combines pour avoir l’apl, l’aide la mére celibataire etc.

    Mais les ultras riches veulent tout, même la dignité de savoir que l’on peut faire vivre sa famille dignement par la seule force de son travail. Ils arrachent la dignité, mais ils créent la révolte feroce.

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  2. La redistribution est surtout fondamentale pour le clientélisme,une manière d’assoir son pouvoir pour les hommes politiques.C’est pour cela qu’ils rechercheront par tous les moyens a augmenter la redistribution.Un exemple caricatural :la construction de HLM dans les villes communistes de la banlieue parisienne.Ceux qui avaient la chance d’en bénéficier votaient massivement pour le maire.D’ou un taux record de HLMs.

    La redistribution est dévoyée dans les pays du style France,mais elle fonctionne bien dans un pays du style Danemark.Autres moeurs,autres moralités.

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  3. Merci Mr Bertez

    Y-a-t-il un complexe d’infériorité chez nos élites pour mener des politiques absurdes et y croire dur comme fer, comme E Philippe qui est fan de Hayek (hallucinant !). Ou sont-ils bassement cupides et serviles ?

    Comment les élites peuvent oublier que la France a réussie par la force de l’Etat : Alcatel, EDF, Areva, Airbus, Ariane, Thomson…etc etc etc… sans parler du poids de la commande publique et de l’ingérence dans les boites privées (Elf, Total, Thales, Dassault…). Comment peuvent ils affaiblir le système qui les a fait ?

    A mois que les français soient devenus aveugles. Je n’aime pas énormément Montebourg, mais quand j’ai vu que les socialos lui ont préféré l’idiot Hamon les bras m’en sont tombés. Je préfère penser que les pseudo-socialos ont bourrés les urnes comme d’hab’. Dommage car Montebourg s’est perdu depuis et au delà de sa capacité d’agir il me semblait avoir les capacités à être un chef d’Etat honorable.

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    1. Philippe n’a pas lu Hayek il a lu des quatrièmes de couverture!

      Quand au debat sur l’utilité de l’état et ses limites, , je n’ai pas décidé de l’ouvrir.

      Mais en deux mots il y a des temps pour tout selon les situations historiques.

      A certains moments il faut plus d’état et à d’autres moments il faut moins d’état.

      A certains moment il faut plus de societé et à certains moments plus d’individuel.

      Ceci tient à notre dualité d’êtres à la fois singuliers mais pris dans le social.

      A certains moment il faut plus d’inégalités et a d’autres plus d ‘égalité.

      On ne juge pas dans l’absolu mais en fonction des contraintes de l’histoire et de l’environnement.

      Le secret, le moteur, de l’action de tout ensemble vivant c’est l’adaptation. Persister dans l’être et si possible dans son rang. D’ou d’ailleurs la profonde justesse du syndrome de la reine rouge..

      Nos sociétes ont developpé une singulière pulsion de mort , le mort enveloppe le vif.

      Mais tout cela c’est pour plus tard, beaucoup plus tard.

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