Etude :les revendications portées par les manifestants et soutenues au départ par 80 % des Français sont justifiées. Peur de la pauvreté.

 

Selon une étude la Drees, le moral des Français a baissé en 2018. Particulièrement celui des ouvriers et retraités qui s’inquiètent pour la pérennité des aides sociales et redoutent une dégradation de leur propre situation.

C’est en pleine émergence du mouvement des Gilets jaunesqu’a été réalisée la dernière enquête sur l’opinion des Français.

Organisée par BVA auprès de 3037 personnes entre le 15 octobre et le 1er décembre, pour le compte de l’observatoire de la Direction des études et des statistiques du ministère de la Santé (Drees), ses conclusions sont en adéquation presque parfaite avec les revendications portées par ces manifestants et soutenues au départ par 80 % des Français.

Mais la grande nouveauté de la photo de famille version 2018, c’est l’inversion de tendance chez les plus de 65 ans qui ont perdu leur optimisme légendaire. « C’est une rupture comme nous en voyons rarement », admet le directeur de la Drees, Jean-Marc Aubert.

Le pessimisme gagne

Déjà connus pour être les champions du monde du pessimisme, les Français semblent de moins en moins enclins à la satisfaction.

Un chiffre de l’étude inquiète particulièrement : pour 8 Français sur 10 les inégalités ont augmenté en 2018 et vont continuer à croître.

Entre 5 et 6 ouvriers et retraités sur dix se déclarent clairement pessimistes pour leur propre avenir.

Seuls les cadres, professions intermédiaires et employés n’évoluent pas.

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« Chez les plus de 65 ans, détaille Jean-Marc Aubert, on est même passé de 56 % d’optimistes en 2017 à 43 %, soit un recul de 13 points en un an seulement. Il semble y avoir chez eux une peur de la pauvreté. »

Les revenus, première inégalité intolérable

Jusque-là, les Français classaient la difficulté d’accès aux soins comme première inégalité intolérable. Cette année, un sur cinq continue de placer cette inégalité comme la plus injuste. Mais pour la première fois depuis vingt ans qu’existe l’observatoire, elle est dépassée par l’inégalité des revenus, citée par 22 % des sondés.

Un Français sur deux juge ainsi que les ouvriers non qualifiés doivent gagner 25 % de plus et que les PDG des grandes entreprises doivent gagner 40 % de moins.

La France se distinguait déjà sur ce point des Anglo-Saxons, plus résignés, mais cette intolérance face aux différences de salaire semble prendre un nouveau tournant.

Défense des acquis sociaux

« Les Français se sont raidis sur la défense de la protection sociale », résume Jean-Marc Aubert. On l’a d’ailleurs bien vu : la baisse de l’allocation logement a fait grincer bien des dents.

Cet attachement fort aux aides sociales est confirmé par l’observatoire, selon lequel 74 % des Français sont hostiles à une baisse des allocations familiales (+ 4 points en un an), 78 % à une réduction des APL (+ 7 points sur un an), et enfin 88 % refusent une baisse des allocations handicapés ou des pensions de retraite (+ 6 points).

De quoi inspirer  Emmanuel Macron, après le grand débat.

Une Sécu moins idéalisée, des généralistes appréciés

Dans ce contexte, l’observatoire révèle quelques points d’apparente satisfaction des Français. Ainsi, 62 % estiment encore que le système de sécurité sociale fournit une protection suffisante. « C’est pourtant 11 points de moins qu’un an plus tôt ! » glisse Jean-Marc Aubert.

Plus surprenant, 86 % sont satisfaits du service rendu par les médecins généralistes libéraux contre moins d’un sur deux pour les urgences de l’hôpital.

De quoi inspirer la future loi Santé ?

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