Le syndrome du Fouquet’s

Le peuple est abreuvé de propagande insidieuse, les narratives, les faits, les images, les commentaires tout est instrumentalisé dans un seul sens, celui de l’intérêt des classes dominantes.

Ce qui aurait pu être sacré comme la catastrophe de la cathédrale de Notre Dame est immédiatement récupéré,  tordu pour influencer  les esprits. On voit se profiler immédiatement les gros sabots de Macron et des ultra riches.

Leur perte du sens  du réel est telle qu’ils ne  se rendent pas compte du fait que leurs comportements et leurs discours sont contre productifs.

Les dons chiffrés en centaines de millions  des ultra riches kleptos comme Arnault de LVMH sonnent comme des insultes aux oreilles du peuple.

Le peuple est humilié, lui qui ne peut se serrer la ceinture que de quelques dizaines d’euros. On lui vole sa solidarité, on lui crache le fric au visage. Nous sommes loin du capitalisme minimaliste qui conduisait François Michelin à la discrétion,  lui qui roulait en 2 CV ou encore Jean Marc Vernes avec son éternel imper vert qui se déplaçait en Velosolex.

Ce que les  ultra riches accomplissent c’est un potlatch!

Le potlatch est un don gratuit dont le sens a évolué depuis les pratiques primitives qui lui ont donné naissance.

Le potlatch renvoie en philosophie à la notion de dépense pure (cf. Georges Bataille et Marcel Mauss).

C’est un processus placé sous le signe de la rivalité : il faut dépasser les autres dons. Le sens actuel du potlatch n’est pas très loin de celui de rivalité dans le don ou le gaspillage.

Le potlatch (chinook : donner) est un comportement culturel, souvent sous forme de cérémonie plus ou moins formelle, basé sur le don. Plus précisément, c’est un système de dons / contre-dons dans le cadre de partages symboliques.

Une personne offre à une autre un objet en fonction de l’importance qu’elle accorde à cet objet (importance évaluée personnellement) ; l’autre personne, offrira en retour un autre objet lui appartenant dont l’importance sera estimée comme équivalente à celle du premier objet offert.

Originellement, la culture du potlatch était pratiquée autant dans les tribus du monde amérindien (les Amériques) que dans de nombreuses ethnies de l’océan Pacifique, jusqu’aux Indes.

Dans la culture occidentale actuelle, on utilise aussi la formule « briller ou disparaître », qui reflète une dynamique de type potlatch:

  • il s’agit d’obtenir  une légitimité et d’une position hiérarchique plus importante, en fonction de la qualité et de la quantité des contributions faites dans une dynamique de concurrence au sein d’un groupe. les personnes qui donnent le plus auront un accès prioritaire aux ressources collectives.

L’anthropologue René Girard identifie cette pratique rituelle à un phénomène plus large, un sacrifice permettant de désamorcer une violence collective et mimétique pouvant être déclenchée autour d’un objet de désir non partageable3.

Le mot a été introduit en anthropologie en 1924 par Mauss et Davy (note p. 72 de l’Essai sur le don de Marcel Mauss pour origines antérieures). Cependant, Marcel Mauss l’évoque dès 1905 dans son essai sur les Inuits4.

Le potlatch des ultra riches est « divisive », clivant. en effet c’est une façon de tenter, maladroitement d’améliorer son image auprès des populations. C’est maladroit car cela reflète une erreur de code social ; le peuple ne décode pas les sponsoring et les dons de ce type comme le font les puissants et les riches   entre  eux:  pour le peuple , si les riches peuvent faire du mécénat c’est parce  qu’au préalable ils ont volé! 

On sait que Louis Vuitton de Bernard Arnault a échappé à 518 millions d’euros d’impôts grâce à la Fondation Louis-Vuitton; le lien avec les Macron est vite établi puisque Brigitte Macron a sa garde robe chez Arnault, elle porte du Vuitton gratuitement lors des deux tiers de ses apparitions.

Des commentateurs alternatifs n’ont pas manqué de faire le rapprochement: Arnault de LVMH a vu sa fortune doubler depuis 2016 pour atteindre plus de 70 milliards grâce à la politique scélérate de la BCE (et la politique fiscale de Macron) qui fait monter les cours de Bourse. 100 millions, ce  n’est rien quand on a gagné sans rien faire plus de 30 milliards!

La France ou , même à droite on récuse l’ordre social et le mode de partage des revenus et des riches , la France a un rapport très particulier avec l’argent.

Les amis oligarques qui ont porté Macron au pouvoir se donnent des verges pour se faire fouetter et surtout ils compromettent l’image de leur protégé comme dans le cas du don de 1000 euros au salariés  lors des révoltes décembre 2018.

On est dans ce que j’appelle le syndrome du Fouquet’s de Sarkozy.

Des erreurs de code considérables; Les communicants du gouvernement  ne se rendent même pas compte du caractère indécent de ces récupérations. C’est un symptome du mal dont soufre le régime. Comme le dit Ruffin, « la France c e pays que tu ne connais pas ».

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7 réflexions sur “Le syndrome du Fouquet’s

  1. surtout que 75% de ces sommes sont déductibles des impots:donc celui qui prétend donner 200 ne donne que 50.Ces 50 seront vite récupérés grace a certaines friandises accordées par le gouvernement a ces généreux donateurs et a la belle publicité qu’ils se sont fait.Une très bonne affaire,ce qui explique l’empressement simultané de tous ces capitaines d’industrie.Ils ont probablement les memes conseillers fiscaux.

    Par contre je suis très déçu par les artistes.Certes ,ils ont un peu moins d’argent,mais il y a de quoi faire.

    Finalement c’est l’état qui va payer le plus gros(grace aux déductions d’impots).Mais cela ne coute rien ,c’est l’état qui paye comme le disait FH!

    Je serais curieux de voir quel sera le montant payé par les assurances,dans le cas d’un « accident »,puisque nous en sommes maintenant tous surs.

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  2. Le balloon dog de jeff Koontz s’est vendu 58 millions de dollars. On peut prendre cela comme étalon de la générosité artistique des super riches, car ce sont eux qui achètent des baudruches à ce prix. Et c’est indicatif de leur goût en matière d’art.
    Donc la famille Pinault donne 2éq balloon dog ( baudruche à chien en français) , Total aussi.
    Les champions du cosmétique sont à 4éq. balloon dogs et LVMH aussi!
    Voilà! les hyper fortunés de France ont donné l’équivalent de 12 balloon dogs. C’est bien, c’est beau; nous devrions tous nous incliner un peu en tirant not’ chapeau, façon l’Angélus de Millet…Devant nos yeux ébaubis, les chiens en baudruche rose métallisée descendent se poser sur la carcasse fumante de Notre Dame pour lécher ses plaies. On entend le Te Deum.

    En 2018 le budget du ministère de la culture pour les monuments historiques a été revu en baisse à 332 milions d’euros pour toute la France.
    Et si on vendait les « merdes d’artiste  » de Manzoni, exposées à Beaubourg et estimées à 40 000 € pour acheter des nouvelles alarmes incendies pour quelques cahédrales?

    Cordialement

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  3. L’époque est à la vulgarité. Entre concours du plus riche et achats d’indulgences l’indécence vient de finir ce qu’il restait d’âme à Notre Dame de Paris, sa seule valeur. Jeter un milliard pour achever la restauration au pas de charge pour qu’elle puisse faire partie du circuit des visites pendant les jeux olympique de 2024 au même titre qu’Eurodisney, c’est porter le coup fatal que l’incendie n’a pas donné… Je n’ai plus de mots pour le dégoût que je porte à mon siècle..

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  4. Parfaite illustration de votre propos. Arnault est tellement déconnecté du réel qu’il trouve consternant de critiquer ses dons !

    « Notre-Dame : Bernard Arnault juge « consternant » d’être critiqué pour ses dons »
    https://www.lexpress.fr/actualite/societe/notre-dame-bernard-arnault-juge-consternant-d-etre-critique-pour-ses-dons_2073732.html

    Par ailleurs, une précision de taille que les médias MSM ont volontairement omis de communiquer : JJ Aillagon, qui dès le 15 avril à 21 h 21 demandait dans un tweet une réduction d’impôt de 90% dans le cadre de la reconstruction de ND, est directeur général de Pinault Collection !

    Comme par « hasard » le 17 avril, avant que cette information ne fasse scandale, Pinault annonce qu’il renonce à la réduction d’impôt sur son don de 100 millions !

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    1. Au soir du 15 avril, durant son intervention filmée, Macron se marre intérieurement mais n’arrive pas à le dissimuler ni à le réprimer complètement et cela se voit très clairement. (A partir de 2 ’50 » ).
      Que pouvait-il bien y avoir d’aussi drôle, à un tel moment, pendant l’incendie de Notre Dame ?

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  5. liturgie et évergetisme.

    Fut un temps pendant lequel le « riche » devait dépenser une partie de sa fortune afin de sacrifier au bien de la communauté. Ce temps s’estompa avec le crépuscule de l’empire. L’Eglise prit en charge cette liturgie; l’Économie de l’empire déclinant fit l’économie de cette charge. Il est remarquable de constater qu’à cette époque les évergètes potentiels devaient compter avec les frais d’entrée en charges des magistrats. Les frais de fonctionnement devenaient trop important pour que le bien commun puisse encore profiter à la base. Les principes communautaires avaient été oubliés. L’énergie était consommée afin de faire tourner la structure; ayant oublié l’intérêt originel de cette machine. Les bandes dessinées avaient perdu leur bulles, l’image seule comptait.

    Il est possible de comparer notre dame de Paris avec la sagrada familia de Barcelone. Qu’est il possible de voir et comprendre dans cet édifice à la gloire de la Sainte Famille; mais où est donc passé l’esprit de la myriade de touristes dont le but est d’inscrire son passage gràce à des selfies sur les réseaux virtuels.

    Si je puis m’introduire personnellement, il me semble qu’il ne faille pas blâmer les dons des grands timoniers entrepreneuriaux français. Je trouve cela bien. Certes il peut être étonnant de constater que l’argent coule à flot dans des fondations artistiques dont les œuvres se moquent ostensiblement du public ignorant cependant rien n’empêche quiconque de bouder ces lieux de l’art du rien et de se pencher sur les œuvres fondatrices qui pullulent partout.

    Que dire de ces temples de l’art moderne que sont le MOMA, MUMOC, et autres clones du même acabit. Rien n’empêche de bouder les pseudo fondations artistiques actuelles et visiter les petites églises vides par exemples à Venise et contempler tranquillement les vestiges d’une civilisation magnifique dont le feu intérieur ne demande qu’à redonner vie et lumière à l’extérieur.

    eh oui notre dame a brulé et peut être n’est ce qu’un symbole de la crise de la féminité moderne dont le but foncier est de s’annihiler en devenant une pièce maitresse de la structure déliquescente actuelle. Ni douce ni ferme… rien irresponsable du mal actuel. La femme n’est en rien responsable du déclin actuel, elle attends comme Sainte Anne le preux chevalier. Esmeralda serait elle pyromane?

    Notre dame de Paris. Quel notre, quelle dame, quel Paris?

    Sans l’un et sans l’autre il ne reste que l’esprit vagabondant dans les nuees tel un spectre à la recherche d’un corps à investir. ET comme le dit Platon l’idée se doit de prendre forme mais cela nécessite une pauvreté d’esprit que la modernité offre paradoxalement.

    Plein espoir je suis.

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