Ce dessin de Wolinski résume des années de travail. Des années de travail passées à comprendre et analyser le système.
Note le dessin qui se place en « Une » n’est pas le dessin que je commente.
C’est vers le milieu des années 80, en participant aux travaux sur la dé-régulation en France, que j’ai compris la logique du système dans lequel nous nous enfoncions.
J’ai compris, en travaillant sur ce que l’on a appelé la dé-régulation, que cette nouvelle étape du capitalisme était une parade à la loi intrinsèque de l’érosion du profit en système capitaliste.
Le progrès des techniques produit la sur-accumulation, la hausse de la composition organique du capital et donc une tendance à l’érosion de la profitabilité du capital . Ceci ralentit la croissance par baisse de l’investissement . Cette tendance à l’érosion n’est corrigée que par les destructions de capital socialement dépassé, inefficace, de poids mort.
Le régime dit keynésien, en lissant les conjonctures , empêche les destructions de capital inefficace , il empêche la destruction de la pourriture. L’auto rééquilibrage du capitalisme entre profit-capital-salaires ne se fait plus car la dette s’y oppose. La dette masque les insuffisances. Les gouvernements refusent les nettoyages et destructions pour des raisons politiques de complaisance à l’égard des riches.
J’ai compris alors que la financialisation était le peudo-remède du système capitaliste devenu pervers, pour lutter contre la baisse tendancielle du taux de profit. La financialisation est, avec l’impérialisme, un outil du système pour se reproduire et se survivre malgré ses contradictions.
J’ai compris que la dé-régulation du début des années 80 avait pour but de compenser l’érosion de la profitabilité du capital et que l’on complétait l’exploitation directe du travail par l’exploitation financière.
L’exploitation financière des salariés allait se doubler des délocalisations laquelle était un transfert du lieu de l’exploitation traditionnelle.
j’ai compris que plus le capitalisme allait s’enfoncer dans la crise plus il allait avoir besoin de la finance et se financialiser tant au niveau des théories, des produits , des techniques et des organisations: les fonctions créent les organes.
En 2000 j’ai tout résumé par un article publié dans l’AGEFI intitulé: Vives les crises .
En substance je disais que dans l’état actuel du système, les crises allaient se multiplier, se rapprocher et que le seul remède qui allait être utilisé, compte tenu de la disparition du modèle communiste et de la chute du socialisme réel , le seul remède serait l’inflation de monnaie, l’inflation de crédit, la baisse tendancielle des taux et que tout ceci allait non pas profiter aux consommateurs, inflater les prix des biens de consommation, mais faire « boomer » les marchés boursiers.
Cet article expliquait que plus les crises allaient se multiplier et s’approfondir plus les deja riches allaient devenir ultra-riches car le seul remède pour les gouvernements et les banques centrales était la fuite en avant dans le laxisme monétaire, la fuite en avant dans la dévalorisation de la monnaie en regard des actifs financiers. Car n’oubliez pas la hausse exprimée en monnaie des indices boursiers traduit une dépréciation de la monnaie qui sert à acheter les actifs fianciers.
La hausse boursière est une dépréciation de la valeur d’échange de la monnaie du secteur financier. Monnaie piégée dans le secteur financier et dont il ne faut surtout pas qu’elle sorte! C’est pour qu’elle ne sorte pas que Powell s’est décredibilisé en Decembre 2018.
J’ai expliqué que la politique menée allait rendre, monétairement, nominalement les riches encore plus riches et les pauvres encore plus pauvres.
J’ai expliqué que l’inflation du prix des actifs financiers allait augmenter la contrainte de profit dans les économies et conduire à exploiter encore plus les salariés pour extraire un profit suffisant pour justifier les cours de Bourse. Il faut « délivrer » c’est a dire faire en sorte que les cours de bourse soient justifiés.
La part des salaires dans les produits nationaux allait connaître une baisse inexorable en conséquence du gonflement considérable de la masse de capital à rentabiliser conjugué à la prise de pouvoir politique cynique des classes privilégiées.

En 2008 face à la crise financière j’ai compris que les élites choisissaient non pas de corriger les folies mais de les multiplier et les amplifier . Et j’ai écrit un article qui résumait tout et proclamait: « Dans la voie choisie il n’y a plus de retour en arrière possible, ils ont brûlé les vaisseaux ».
Et les années suivantes j’ai développé le thème qui m’est cher du « No exit », les sorties des politiques monétaires non conventionnelles sont impossibles.
La crise du capitalisme est bien réelle, trois ouvrages viennent d’ailleurs de sortir sur ce thème aux USA. Bien entendu ils sont produits par le système c’est à dire qu’ils restent à l’intérieur de la bulle, de la névrose produite par le système mais ils décrivent bien le phénomène et ses limites. Un bon article de J K Galbraith les éclaire.
Capitalism’s Great Reckoning

Au coeur de la crise: la tendance à la chute de la profitabilité du capital, mais chut il ne faut pas que cela se sache. Le capital se suraccumule.


Quand le capital attaque la « rule of law » en privatisant les tribunaux,la est la limite.
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