Editorial, la finance n’est qu’une partie du Tout, mais elle le tyrannise .

Le S & P500 a ajouté 0,2% à ses gains antérieurs. La hausse depuis le début de l’année ressort mainteant à  17,5%.

Le Nasdaq100 a monté également de 0,2% portant ses gains de l’année à 23,9%. Les semi-conducteurs ont gagné 1,5% ,en hausse de 36,0% sur 4 mois..  L’indice mines d’or HUI a chuté de 4,7% .

Les rendements des Treasuries  à deux ans ont progressé de cinq points de base, à 2,33%. Les rendements des bons du Trésor à cinq ans ont progressé de quatre points de base, à 2,32% . Les rendements des Treasuries  à 10 ans ont progressé de trois points de base à 2,53%.

Pris globalement, les marchés ont eu tendance à se stabiliser cette semaine aussi bien au Centre qu’à la Périphérie.

L’évènement a été constitué les propos  confus sinon contradictoires de Powell. Visiblement il n’a pas grand chose à dire et dans ces conditions, il cafouille. Nous serions de retour dans le fameux « transitoire », cette tarte à la crème inventée par Yellen!

Lisons le FT.

Financial Times : «Après avoir déploré le faible taux d’inflation parmi les principaux défis auxquels doivent faire face les banquiers centraux aujourd’hui en mars, Jay Powell a pertubé mercredi de nombreux investisseurs par des commentaires qui semblaient minimiser la gravité du problème.

Le nouveau message du président de la Réserve fédérale, à savoir que des changements «transitoires» pourraient être la cause de  la faiblesse de l’inflation  plutôt que des problèmes plus persistants, a provoqué un réveil brutal des investisseurs qui espéraient qu’il suggérerait  une réduction des taux d’intérêt pour  cet été.

Pour les critiques, le ton radical de M. Powell rend la politique  de communication plus imprévisibles et  plus difficile à déchiffrer ».

Beaucoup considéraient  que les investisseurs avaient  pris de l’avance en considérant  une réduction de taux en 2019 comme un fait accompli, »

Le charabia du FT exprime correctement le charabia de Powell lui même.

En fait  la conférence de presse du Président Powell, était une performance lamentable. Ce n’est pas une formule de style, non elle était lamentable dans sa confusion; bien dans la ligne de celle de décembre dernier qui avait été un chef d’oeuvre d’incompétence.

La confusion des formulations est l’expression de la confusion de la pensée, des errements théoriques qui la sous tendent et en même temps du malaise provoqué par la volte face de fin d ‘année dernière.

On veut à la fois faire croire que la Fed est là pour rassurer et donc confirmer le « Put », mais en même temps on ne veut pas pousser  les  feux de la spéculation. Cela donne un méli mélo ridicule, un charabia presque risible.

Le message sur l’inflation était confus et maladroitement incohérent. Comment diable  peut-on  qualifier de «transitoire» l’insuffisance de l’inflation alors que cela fait des années que c’est ainsi! Cela fait des années que  les anticipations d’inflation sont systématiquement déçues. Cela fait des années que seules les hausses du coût de l’énergie provoquent une flambée de hausse des indices de prix.

Pour simplifier disons la Vérité , celle que Powell n’ose pas formuler:

-Il a essayé de sortir du piège des marchés, il a essayé de les laisser se débrouiller tous seuls jusqu’en Novembre 2018.

-La forte baisse Boursière de fin 2018 lui a fait peur, il a paniqué et changé de discours . il est revenu aux positions de ses prédécesseurs.

-en Janvier toute honte bue, il a mis un genou à terre , il a accepté de céder et de redevenir  l’otage des bourses.

-Mais il n’admet pas sa défaite et veut faire croire qu’il a encore une marge de manoeuvre et qu’il peut faire semblant de piloter .

-Ceci le conduit à essayer maladroitement, cette semaine de tenter de reprendre la main .

Point à la ligne.

Powell  a commis une erreur en Octobre 2018, il n’a  pas apprécié le degré de fragilité du monde global et il a du, en panique, corriger le tir lorsque les marchés ont été étaient sur le point de se disloquer quelques semaines plus tard.

Cette erreur de la rentrée de 2018 a été doublée d’une autre bévue le 20 Mars 2019 quand il s’est montré, on se demande bien pourquoi, excessivement  « dovish ». Il a suscité de nouvelles attentes.

Maintenant le vin est tiré, il faut le boire mais notre Powell le trouve amer: les actions battent de nouveaux records, les marchés obligataires et les marchés de crédit s’emballent et les conditions financières redeviennent incroyablement stimulantes.

Les  principaux indices d’actions  ont retrouvé des sommets record. La plupart des indicateurs des conditions de crédit indiquent maintenant que le contexte est le plus laxiste  depuis le début octobre . Avec 747 milliards de dollars, les émissions mondiales de dettes  de sociétés atteignent  des niveaux record (données Dealogic fournies par le FT). Les CDO synthétiques sont de retour.

En Chine, le ralentissement du crédit observé pendant la majeure partie de l’année dernière s’est inversé, comme en témoigne une expansion record au premier trimestre.

Après un effondrement au quatrième trimestre à 43 dollars, le produit de base le plus important, le pétrole brut est revenu à 62 dollars  en 2019.

Un taux de chômage  à 3,6%, soit son plus bas niveau en 49 ans alors que les conditions financières sont redevenues incroyablement stimulantes illustre parfaitement l’absurdité de la situation

Cours des  actions records, marchés obligataires en ébullition et retour à des conditions financières ultra  souples , notre Powell est à nouveau pris à contre pied et il doit, croit-il, jeter un peu d’eau froide, doucher les attentes en faisant croire qu’il va peut être remonter les taux!

Ah les braves gens!

Tout cela est idiot, absurde et suggère soit que les théories sont fausses soit que les hommes qui les appliquent sont fous … ou peut être bien les deux à la fois.

Nous vivons à une époque où des marchés financiers mondiaux capricieux,  instables, désancrés,  produisent  les conditions financières et ou les conditions financières produisent les performances économiques.

L’ordre du monde est un sous produit  des plus grandes bulles financières et boursières de l’histoire. Lesquelles bulles, nos zozos banquiers centraux ne l’ont pas encore compris, lesquelles bulles ont leur dynamique propre. Dynamique intrinsèque de plus en plus exigeante.

À ce stade final après 10 années de folie monétaire,  les  bulles gonflent ou se contractent, elles vacillent, elles se déplacent, elles se transmettent  et plus elles gonflent longtemps, plus elles deviennent sensibles. La bulle mondiale était menacée en décembre 2018 comme en 2015/2016, les banquiers centraux mal préparés sont venus fébrilement à la rescousse des marchés.

La prochaine fois , il faudra boire la coupe jusqu’à la lie, il faudra mettre en place  des politiques  de sauvetage encore plus désespérées. Mettre en place ces politiques qui spolieront encore plus les peuples et surtout les classes moyennes; il faudra passer aux taux négatifs scélérats.

En attendant on refait un round d’élargissement des inégalités!

Ces politiques affaibliront encore plus les tissus sociaux.

Je soutiens vous le savez qu’il n’y a de vérité que du Tout.

Et c’est pour cela que je traite aussi bien de la finance, que de l’économie, que de la politique, que de la société.

La finance fait partie du Tout cela tout le monde le sait, mais ce que bien peu savent c’est que dans ce Tout, la finance est devenue prédominante; c’est elle qui dicte les choix , c’est elle qui imprime les orientations qui lui conviennent. La finance est un système qui a sa logique propre.

Et maintenant qu’elle est devenue folle et  tyrannique, elle détruit nos arrangements sociaux.

 

 

 

2 réflexions sur “Editorial, la finance n’est qu’une partie du Tout, mais elle le tyrannise .

  1. @NiFuNiFa,

    « mais rarement un outil n’aura autant bouleversé le monde actuel. »

    Oh que oui, est c’est peu de le dire !

    Dans un monde normal en paix, l’informatique devait être une opportunité extra-ordinaire pour une évolution incroyable et harmonieuse. Mais nous sommes dans un monde malade et en guerre et nous ne mesurons plus les multiples destructions qui commencent à se voir un peu beaucoup… Cela devrait nous mettre la puce… à l’oreille, mais non ! Pas ça! Et si…

    Wkileaks, NSA, GAFAM, …/… tous écrabouillés et ils en veulent encore et encore, tous des malades, je vous dis, du chinois, du ricain, du russe, …/…, sortir du Réel et plonger dans un Virtuel qu’ils font semblant de contrôler. Attention, ça va faire Boum…

    C’était l’histoire d’une cerise devenue cent mille fois plus grosse que son sublime gâteau…reste plus que la chantilly, et plus personne pour faire miam-miam !

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  2. Travaillant dans l’informatique, il m’arrive souvent de penser à ce que serait devenu la finance sans la possibilité de créer du crédit et des zéros en 2 clics de souris (pour exagérer), en somme si le réel n’avait pas cédé si facilement sa place au virtuel (au sens propre du terme).
    Quand on y penses, les réseaux informatiques sont une brique dont on ne parle jamais mais pourtant c’est une brique essentielle de la mondialisation post WWII, l’élément commun facilitant le développement de toutes les mondialisations diverses (mondialisation financière, mondialisation du commerce (transnationales), mondialisation de l’information, …).
    Ces processus étaient déjà probablement enclenchés avant (dans ce cas il faut plutôt le voir comme un accélérateur) mais rarement un outil n’aura autant bouleversé le monde actuel.

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