Les dépêches vendredi matin 24 Mai, la fin de la Chinamerica. L’inconnu est inconnu comme inconnu et donc radicalement non prévisible

Personne ne sait ce qui peut et va certainement se passer au terme de la guerre commerciale.

Nous ne sommes  pas dans l’évènementiel , non nous sommes dans un processus. Un processus qui a commencé il y a fort longtemps et dont le sens profond est la lutte pour la suprématie, pour l’imperium, pour le leadersship mondial.

En clair il n’y a pas de place pour deux crocodiles dans le même marigot.

L’histoire est celle de la montée d’une nouvellle super-puissance face à une puissance déja déclinante et surtout surexposée, ramollie, jouisseuse. La situation américaine est typique de ce que l’on appelle le déclin.

L’Amérique  lache la proie pour l’ombre, elle s’éparpille, elle perd sa cohésion sociale.  Elle s’auto détruit.

La recette de la puissance c’est: être peu nombreux à consommer et beaucoup à souffrir, à investir, à se sacrifier. Les USA n’épargnent plus, surconsomment et le meilleur signe de leur affaiblissement fondamental, c’est la dette. Plus de la moitié des jeunes  se disent attirés par les idées socialistes. Oui, les USA ont descendu la pente, ils sont nombreux à consommer et peu à travailler réellement.

Le travail américain est devenu abstrait, il a perdu le contact avec le réel, avec  la transformation du réel par le sang et les larmes. Les américains n’ont même plus le courage de se battre militairement directement, c’est tout un symbole.

La plus value qui fait la rentabilité du capital investi, cette plus vavlue est importée par le jeu de l’échange inégal et surtout par l’exploitation sous sa forme financière. Tout cela fait perdre le sens du réel, détruit les capacités d’adaptation. L’expression importante c’est cela: capacité d’adaptation.

La nouvelle superpuissance c’est la Chine . Elle a profité des faiblesses consommatrices de l’ancienne, elle a édifié une masse de savoir-faire, d’équipements, de fonds de commerce, d’investissements productifs , de réserves monétaires, de capacités technologiques et militaires colossales. Tout cela n’a pu être fait que grâce à la surconsommation c’est à dire grace aux déficits américains. Quand des gens lucides comme Stephen Roach l’on expliqué, on leur a ri au nez.

Ce sont les demandes des consommateurs américains et les besoins de profit du capital américain qui ont produit le miracle du développment accéléré chinois. Il a fallu que les USA  importent des marchandises, de la plus value et de la productivité pour satisfaire les besoins d’un système devenu pervers.  On ne peut mieux résumer la situation qu’en disant que les USA se sont mis sur La Pente. Ils ont descendu cette pente tandis que les Chinois la montaient.

Les Chinois ne sont devenus forts que des faiblesses coupables des Américains.  Les Américains ont donné aux Chinois eux même « la corde pour se pendre », les Americains ont, par leur demande mis au travail des centaines de millions de chinois, ils les ont mis à l’école et aux universités.

Cela a duré longtemps et c’est pour cela que cela a eu le temps de s’instaurer, de se rigidifer, de se codifier en un système: la Chinamerica.

Les uns travaillent et exportent du travail, les autres jouissent et exportent des promesses, des titres, des dettes.

La théorie néo liberale a été crée pour cela, pour répondre au besoin théoriques produits par le nouveau système. La théorie néo libérale dans la version Chicago dit qu’il n’y a rien de mal à surconsommer et à payer à crédit tant qu’il y a des gens qui acceptent d’accumuler les créances.  Elle va même jusqu’à prétendre comme le fait le sinistre Bernanke que la demande de créances, de titres, de papiers en général du reste du monde et singulièrement des Chinois est responsable de la crise de 2008 : ils épargneraient trop!!!

Bernanke est un crétin, mais il y a une chose qui est vraie et c’est que ce système des déficits americains récurreents et des excédents du reste du monde a produit une masse considérable de réserves monétaires, de masse monétaires, de « capitaux » qui comme tous les capitaux ont cherché leur mise en valeur. Les dettes des uns sont toujours le capital des autres ne l’oubliez jamais.

Donc l’accumulution des dettes US a produit la croissance du capital mondial en quête d’emploi rentable, elle a produit le recyclage à grande echelle, et elle a produit la financialisation. En passant elle a aussi produit les mega-banques comme la Deutsche Bank qui est en train de crever ce qui est un signe de la justesse  de ce que j’avance;

La mot est lancé: la financialisation.

Elle est le produit de la crise du capitalisme; produit de la tendance à la baisse du taux de profit, produit de la tendance à la suraccumaulation du capital, avatar de  sa proliferation en tant que capital fictif, produit de la surconsommation des uns et du gout pour l’épargne des autres, produit de l’ingénierie financière et de la multiplication/complexification  de l’intermédiation etc etc etc Produit aussi de la Loterie Boursière Géante qui a été greffée sur le système pour stimuler l’espri de jeu, dont on sait depuis Adam Smith que tout joueur a tendance à s’exagérer ses chances gains, ce qui veut dire que l’esprit de jeu a pour fonction de gonfler la valeur des billets de loterie, d’entretenir l’espoir,  et de forcer les joueurs a se contenter de gains modestes …ou même de risquer la ruine.

Vous voyez ou je veux en venir: je veux faire comprendre que ce qui se passe n’est pas un élément isolé, un fait, un accroc, un accident de parcours, non c’est un mouvement de l’Histoire. C’est une étape déterminante dans la délitation du système bidon, artificiel , menteur, trompeur qui a permis  au capital de se survivre depuis le début des années 80 malgré l’exacerbation de ses contradictions internes, malgré,  en clair, l’insuffisance du profit  pour le mettre en valeur et le maintenir en vie.

Le capital s’est délocalisé, il a mis au travail d’autres populations, il a haussé le taux d’exploitation domestique et mondial, il s’est exonéré d’impots, défiscalisé, il s’est financialisé , tout cela pour se mettre en valeur, pour continuer de s’accumuler, bref pour que l’ordre social ne soit pas remis en cause.

Les simulations économiques que l’on voit passer  sont toutes plus stupides les unes que les autres avec leurs dixièmes de points en moins sur les taux de croissance .

Toutes ces stupidités sont fondées sur des modèles lesquels  modèles reposent sur des élasticités c’est à dire sur des comportements simplistes constatés dans le passé. Les modèles parient sur ce que j’appelle les invariants. Or dans certaines périodes historiques comme celle que nous traversons, ce sont les invariants qui varient et c’est d’ailleurs pour cela que l’on apppele ces périodes: des crises.

L’indigence de la pensée ou l’absence  de pensée qui président  à ces travaux expliquent l’absence de correction sensible sur les bourses de valeur : les modèles minimisent les impacts et surtout ils sont incapables d’introduire une vision systémique avec circularité, réflexitvité, rupture . Or le monde est un système et quand vous touchez un élément eh bien il y en a une multitude d’autres qui bougent soit en surface soit en profondeur. La non linéarité s’installe .

Le système est d’une complexité extrême et l’indigence de la pensée académique, PHDique et politique  fait que cette complexité leur est étrangère. Je ne vois personne se montrer capable d’intégrer par exemple la finance et l’économique dans une seule et même prospective. C’est la division imbécile du travail.

Quand on voit des âneries qui écornent le sujet ce sont des âneries du style : et si les chinois vendaient leurs obligations du Trésor americains? Et c’est pour conclure que cela ne changerait presque rien c’est à dire à peine trois  dixièmes de points de base au niveau des rendements .

J’affirme qu’au terme de la guerre commerciale , guerre que j’ai prédit dès  2009 , tout comme j’ai prédit la guerre militaire future d’ailleurs, j’affirme que le système international dit « Bretton Woods II » est fini, archi-fini et qu’un nouveau système va s’élaborer. Il va s’élaborer ce qui signifie que ce ne sera pas la volonté consciente des hommes qui va le définir, non ce sera  la pratique. La fonction va créer l’organe, les théories et les institutions correspondantes. Le monde est trop disloqué pour pouvoir se mettre d’accord sur un nouveau système.  Et puis un système c’est un rapport de forces plus ou moins cristallisé, enraciné dans un mode de fonctionnement, or celui ci est instable. Nous sommes en mutation, en transition vers quelque chose d’inconnu.

L’inconnu, inconnu comme inconnu et donc radicalement non prévisible.

Dès 2012 le système s’est fissuré : la concertation internationale, l’intégration, l’ouverture, la fluidité,  ont recu un coup d’arrêt. La coopération a laissé la place à la compétition stratégique, avec reconstitution des clivages de l’ancienne guerre froide. La lutte pour les ressources et l’emploi, rares, ont guidé l’évolution du système avec manipulations monétaires, pillage de la demande des voisins, tricheries, embargos et finalement quasi rupture.

La confiance globale dans le système ancien a disparu et c’est le plus important.

Les USA fort logiquement ont pris conscience du fait que la globalisation dans sa version financialisée, multilatérale et coopérative ne leur était pas favorable et Trump n’a été que le pantin, la marionnette qui est venue le proclamer. C’est la situation du système qui a produit le Trump; tout comme elle produit mainteant la folie de Washington et la panique du Deep State.

Trump n’est pas un génie, c’est un guignol, il est traversé par des idées qui le dépassent. Il a simplement été le porte parole de quelque chose qui s’exprime à travers lui  à savoir qu’il est porteur  du refus d’une partie de l’Amerique de perdre son rang, ses privilèges,  et sa suprématie, Trump est traversé par des idées, des thèmes auxquels il ne comprend manifestement rien comme en témoignent ses contradictions, mais ces thèmes trouvent échos et ils sont efficients car ils sont les produits de la situation . Il y a résonnance. Ces thèmes révèlent  en quelque sorte, ce qui se passe en profondeur dans le sysème, dans son non-dit, dans son non-exprimé.

Les tweets dérisoires de Trump,  sont le signe  des mouvements des plaques tectoniques qui glissent sous la surface.

 

[Reuters] Fears of deeper U.S.-China trade war push Asian shares to four-month low

[Reuters] Oil bounces back, but markets remain fragile amid trade disputes

[Reuters] Trump says ‘dangerous’ Huawei could be included in U.S.-China trade deal

[CNBC] Trump predicts ‘fast’ trade deal with China but provides no evidence

[CNBC] The China trade war is leading to lower mortgage rates for American homebuyers

[Reuters] A pollution crackdown compounds slowdown woes in China’s heartland

[Bloomberg] Bankers Stunned as Negative Rates Sweep Across Danish Mortgages

[NYT] China’s Supply of Minerals for iPhones and Missiles Could Be a Risky Trade Weapon

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