Le rendement bas des obligations pointe l’échec et l’impuissance des autorités. Le phare c’est le bund allemand.

Aucun président de la Réserve fédérale  ne peut avouer  que le QE n’a pas fonctionné. Aucun patron de banque Centrale sauf l’anglais, à mots couverts,  ne peut suggérer que les politiques non conventionnelles ne marchent pas.

Et bien sur aucun gouvernement n’ose s’exprimer sur un tel sujet, le monétaire, c’est sacré, c’est le mythe, le fétiche, le rideau de fumée supreme et ses grands prêtres sont intouchables. Même l’italien Salvini qui est pourtant en froid avec l’establishment et la penséee dominante s’abstient d’évoquer la politique de Draghi. Les gouvernements comme on dit chez les voyous « en croquent » de cette politique qui finance leurs dérives dépensières et ils ne vont pas scier la branche sur laquelle ils sont tous, absolument tous, assis!

« Mea culpa, on regrette, on s’est trompé, on n’a rien compris », ces mots ne passeront jamais  les lèvres de quiconque occupe cette position. Seul à ma connaissaznce, Hervé Hannoun qui fut Sous Gouverneur de la Banque de France et a conservé son integrité et honnêteté intellectuelle, s’exprime dans ce sens .

Les marchés obligataires mondiaux, dans leur comportement guidé par l’inconscient interessé des marchés et non par les narratives, s’efforcent toutefois de rendre la  résistance des banquiers centraux à reconnaitre leurs fautes aussi inconfortable que possible. Les marchés obligataires torturent les illusionnistes et les démasquent.

Les marchés de taux ont vu juste très tôt: en rouge le 10  ans et en vert le 1 an. Le vrai signal de l’échec a été fourni par la cassure du mois de mai, voyez l’allure de la pente s’inflêchit.  

Les marchés obligataires ont dit que tout avait échoué, que la reprise auto entretenue  et l’inflation ne seraient jamais au rendez vous! Et ils ont dit que les « green shoots » n’existaient pas et que la reprise du marché du travail avec un chomage à 3,6% c’était du pipeau, que c’était un piège pour les théories des illusionnistes comme la courbe de Phillips!

Le cuivre et le pétrole sont de bien meilleurs économistes que les économistes des banques centrales et ceux des banques commerciales; ils ont vu l’échec plus tot:

Et ils ont dit tout cela bien avant que la moindre intelligence ne se manifeste sur ce qui était en train de se passer; l’intelligence , le savoir des apprentis sorciers n’a pas encore pénétré ce mystère des raisons de l’échec.

Pourtant dés fevrier  2018, les marchés dans leur  volatilité, puis dans leur refus de faire monter les taux, puis en décembre les marchés eux ont, si on peut dire, vu juste, eux qui sont aveugles!

Il faut bien comprendre ceci: si les actions des illusionnistes , si les politiques non conventionnelles, si les baisses de taux courts, si  les achats de titres à long terme avaient eu la moindre chance fonctionner alors , les taux longs, les taux du 10 ans auraient du monter partout dans le monde et singulièrement aux USA!

Oui! Car si cela avait eu une chance de marcher, on aurait anticipé, on l’aurait inclus dans les cours et dans les taux longs et en prévision de la croissance future retrouvée ces taux longs auraient du monter, monter même fortement! Monter fortement et sortir de leurs intervalles de variation au sein de la tendance baissière.

Non seulement les taux longs  n’ont pas  réussi à sortir de leurs tendance baissière, mais leur petite remontée a  très vite buté, puis elle a viré, elle s’est invsersé , elle s’est transformée en baisse pour reprendre le chemin des plus bas. Et on parle maintenant de taux zéro, de taux négatifs et pas seulement en Allemagne! Mais l’Allemagne est le phare mondial, regardez le, il vous éclaire sur cet échec. Il pointe ses faisceaux sur la future crise.

Vous avez vu ci dessous la descente aux enfers des  taux phares mondiaux?

Je sais c’est difficile à comprendre au premier abord, mais comme je le dis souvent si les choses étaient simples les banquiers centraux et les gouvernements  ne vous tromperaient pas aussi facilemement.

Je résume :  ils font baisser les taux courts pour relancer la croissance et l’inflation, c’est à dire pour faire remonter … les taux longs et le fait que les taux longs chutent au lieu de monter c’est le marqueur, c’est le signe de leur échec. La ruée actuelle sur les obligations sures et sur les fonds d’état c’est cela, c’est la spêculation qui entérine l’échec.

L’inversion , la courbe des taux plate, le fait que les taux  courts soient plus hauts que les taux longs, c’est la honte suprême et on comprend que nos banquiers disent mais non cela ne signifie rien! Si cela signifie qu’ils se sont trompés.

C’est la non-hausse des taux longs qui est le symptôme, le marqueur de l’échec des banquiers Centraux. Dans ce monde inversé, leur objectif réel n’est pas de faire baisser les taux, non cela c’est pour les taux courts, non leur vériatble objectif, leur but, leur Graal ce serait de réussir à faire remonter les taux longs!

La finance c’est paradoxal et c’est pour cela que bien peu gagnent de l’argent en Bourse.

En surface, en apparence une banque centrale a  un énorme  potentiel, et si elle commence  à acheter des dizaines de milliards de dollars d’obligations par mois, puis des centaines pourquoi les taux ne devraient-ils pas baisser? Avec cette « demande » suppémentaire , les prix des obligations devraient  monter et donc les taux devraient chuter, telle est la logique apparente. Mais cette logique n’est pas celle des marchés car ils savent que la baisse des taux courts n’est qu’un moyen de relancer l’économie et donc qu’elle est un moyen au service d’un but qui est de faire remonter les anticipations d ‘activité et d’inflation et donc un moyen au servcie d’un objectif qui est la  remontée des taux longs. Et si les marchés doutent, si ils ne croient pas en la magie des banques centrales et à la reussite des moyens mis en oeuvre alors au lieu de faire remonter les  taux longs, ils prennent acte de la baisse des taux courts et de la surabondance de l’argent oisif et ils laissent baisser les taux longs!

L’expérience pratique montre que c’est uniformément l’inverse et que les choses se passent comme je les décris. Et pas seulement ici ou là, ou dans un cas ou deux, mais partout, partout.

L’assouplissement quantitatif a été le programme monétaire le plus expérimenté de l’histoire – et je ne prends  même pas en compte le Japon ici-. Il a été prouvé de manière concluante et incontestable qu’il a été un échec total.

Pour cette raison, plus tôt cette semaine, le président Powell a déclaré  à Chicago:

“… Les points de vue diffèrent quant à l’efficacité de ces politiques.”

Si l’achat d’obligations à long terme par la banque centrale fonctionnait, alors les rendements des obligations  devraient augmenter pour refléter les attentes plus élevées du marché en matière d’inflation, de croissance et ensuite de remontée des taux à courts terme.  La reprise recherchée est, une accélération  inflationniste et une accélération économique.

Toutefois, si les rendements obligataires au lieu de monter sont en train de baisser, alors les banques centrales doivent alors « rationaliser », inventer des narratives  en avançant des arguments bidons. Les banques centrales sont obligées de mentir et d’inventer n’importe quoi pour masquer leur impuissance; mais le roi est nu;

Nulle part l’échec n’est peut-être plus évident qu’en Europe.  Tout ce que la BCE a réussi à produire comme résultat de son action c’est ce graphique misérable de l’évolution des taux des bunds allemands. Ce graph des Bunds nous dit qu’il y a des gens qui sont très très pessimistes.

Les rendements des obligations allemandes ont atteint un nouveau niveau record de plus bas la semaine dernière. Tout le monde se demande  qui achète ces choses financières, ces papiers  avec une garantie de perte d’argent intégrée dans les cours  et pourquoi.

C’est le système bancaire qui le fait.  Les banques ne considèrent pas ces titres comme des investissements. Ce sont des outils de bilan, rien de plus; ce sont des  instruments pour des bilans complexes comportant des risques intrinsèquement complexes. L’utilité de détenir ces instruments c’est la liquidité, ils sont la reserve suprême de liquidité. Pour les banques le refinancement ou l’environnement monétaire sont primordiaux. Risque de liquidité.

En finance dis-je tout est paradoxe à décoder.

Et le taux très négatif pratiqué sur les Bunds Allemands signifie que les banques ont peur pour la liquidité… donc elles font provisions d’instruments qui sont de la liquidité cristallisée. Les banques savent que les risques de crise systèmique ne sont pas disparus , ils sont là, ils se rapprochent non résolus … quel que soit le niveau des réserves bancaires augmentées par les QE , produits de l’imaginaire des banquiers centraux qui croient encore que les QE  fabriquent de la vraie monnaie .

Accessoirement si le rendement bas des obligations, des fonds d’état et des Bunds allemands pointent l’échec des autorités et si la hausse des actions est causée ou justifiée par les bas rendements des fonds d’état alors la logique implique que la hausse des actions soit le produit de l’échec des banquiers centraux, réflechissez y!

Taux obligataires bas= échec des autorités

taux obligataires bas = hausse des actions

impliquent:

hausse des actions = échec des autorités.

 

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4 réflexions sur “Le rendement bas des obligations pointe l’échec et l’impuissance des autorités. Le phare c’est le bund allemand.

  1. Je suis parfaitement d’accord avec cette analyse. La hausse des actions et la baisse des taux longs (grâce aux QE) traduit la recherche de sécurité pour les investisseurs. Ce qui est vraiment trompeur, c’est la hausse des actions, car elle ne reflète en rien des cash flows futurs prometteurs. Les boîtes qui se portent bien sont assis sur des matelas de cash, rachètent leurs propres actions et elles n’investissent pas vu que les conditions économiques sont moroses. L’embellie économique s’adresse surtout au téléspectateur passif du 20h. Quand à la baisse des taux longs, elle reste vitale pour financer l’assistanat public, la kleptocratie et pots de vin qui vont avec. Je pense, mais je peux me tromper que la vraie limite du système actuel qui n’est ni plus, ni moins qu’un système de cavalerie réside dans un actif qui commence à rentrer en concurrence avec les emprunts d’état. Cet actif, c’est l’or. L’or est intéressant pour ceux qui recherchent la sécurité, mais il a l’avantage par rapport aux taux négatifs de ne pas générer justement d’intérêts négatifs. Or plus on s’enfonce dans les taux négatifs pour financer la dette nouvelle qui doit rembourser la dette ancienne, plus l’or redevient attractif alors même que paradoxalement, il n’y a quasiment pas d’inflation. L’une des raisons de la hausse du métal jaune, c’est justement l’accélération de la baisse des taux longs et si ces taux vont franchement en territoire négatif, il ne faudra pas s’étonner de voir la répression financière devenir encore plus féroce et dure, de voir également, l’or atteindre des niveaux plus importants . Vu que cet actif peut driver à la hausse les matières matières, il pourra de facto remettre en cause la politique des banquiers centraux. L’or en hausse surtout s’il dépasse très nettement les niveaux de 1400-1500 dollars va surtout marquer le top départ du retour de l’inflation car s’il en est l’extincteur, c’est aussi un détecteur.

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  2. la logique devrait être que si les actions montent , le taux des obligations doit monter aussi ? Car si les taux descendent c’est parce que beaucoup de gens ont peur et préfèrent perdre de l’argent avec des taux négatifs plutôt que perdre leur capital ?
    Si j’ai bien compris taux obligataire bas ne devrait pas être synonyme avec hausse des actions

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  3. Les Qe sont des échanges achat de papiers, tandis que la monnaie la vraie est échange achat de production.
    Il n’y a pas eu de sursaut de production depuis 2008 car le politique prêche l’inverse depuis la fable du réchauffement climatique du à l’humain, en passant par les hausses d’impôts et de taxes en tout genre pour récupérer les largesses consenties à quelques uns sur le dos des autres au lieu de laisser le système faire son auto wash.
    Ils nous considèrent comme des ânes, malheureusement pour l’Elite, les mules sont nombreuses et pas aussi bêtes qu’ils ne le croient et quand bien même la mule ne pige pas tout, elle est tellement surchargée qu’elle ne peut plus avancer dans leur sens. La limite c’est l’endettement de la mule.
    Le mulet migrant est très recherché pour soutenir le Ponzi mais son rendement à ce petit jeu ne semble ni assez rapide ni assez conséquent. Et puis et puis en ce XXIème les Elites sont loin de mériter leurs noms…Elles font tout et son contraire.
    Ayant achetés Hier avec Demain, que reste t il pour Après Demain ???
    La réponse c’est la barbarie des hommes puisque le jubilé me semble surhumain au milieu des antagonismes et des manipulations diverses. Comment accroire à un autre dénouement ?

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  4. Pour une fois, mon avis diverge du vôtre qui présuppose qu’il y ait encore un marché pour les obligations souveraines…
    A mon sens, l’objectif des BC est atteint avec la baisse des rendements des obligations qui permet de financer les états en faillite et la répression financière imposée aux épargnants.
    Les QE mis en place avaient effectivement pour objectif de baisser les taux longs, a priori non maîtrisables comme les taux courts par les BC.
    Mais c’est une victoire à la pyrrhus pour nos zozos car elle a, malgré les apparences, détruit les marchés et accentué les déséquilibres et donc les fragilités (actions, obligations et immobilier qui est lui ancré dans le réel, à savoir les salaires) par une mauvaise allocation du capital phénoménale.
    Pour moi, les banques centrales ont également grillé leurs cartouches car nous avons moins affaire à un problème de stock (de dette) que de flux (la plus value lorsque l’on achète un actif se réduit avec la hausse du prix d’achat) et que les baisses de taux sont maintenant impossibles (BCE, BOJ) ou limitées (FED) à moins de briser les consensus sociaux (comment voteront nos retraités gavés d’assurance vie avec des taux nominaux négatifs?), les taux négatifs révèleront l’escroquerie de l’illusion monétaire… en détruisant en plus retraites et banques.
    Je vous rejoins sur le fait que nos systèmes sont tellement instables, qu’ils ne peuvent tolérer ni inflation, ni déflation.
    Pour la suite, je pense qu’il suffit de relire l’histoire…

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