Je me suis fatigué pour vous produire un tour d’horizon lucide de la situation. Lisez attentivement, tout est accessible avec un peu d’effort.
Lors de la réunion des ministres des Finances et des banquiers centraux au G20 au Japon, les dirigeants des finances du monde ont tenté de faire bonne figure face à la situation calamiteuse de l’économie mondiale. Cela n’a nullement retenu l’attention de vos médias: pas besoin de censure, l’ignorance suffit!
L’intensification de la guerre commerciale entre la Chine et les États-Unis a été le principal sujet de discussion lors des réunions.
Les fonctionnaires de l’illusion se sont également disputés pour le libellé d’un communiqué final sur la manière de décrire leurs préoccupations pour la croissance mondiale.
Tout en signalant que cela semble « se stabiliser », ils ont également averti que la balance des risques penchait vers la baisse.
Puis vinrent les rodomontades habituelles: «Plus important encore, les tensions commerciales et géopolitiques se sont intensifiées. Nous continuerons de faire face à ces risques et sommes prêts à prendre d’autres mesures », a déclaré le communiqué.
Mais d’où viendra l’ action pour éviter une nouvelle récession mondiale?
Des toutes puissantes banques centrales du monde, semble-t-il.
«Les banques centrales sont des héros», a déclaré le secrétaire général de l’OCDE, Angel Gurria, à Bloomberg Television lors d’une réunion au cours de ses entretiens.
« La question est: qu’ont ils dans leur d’arsenal, ont-ils encore des munitions , combien de balles, en particulier combien d’argent? »
Notez tout de suite la mystification: « combien d’argent »? Comme si les banques centrales avaient de l’argent! Elles n’ont rien du tout, elles créent de l’argent ex nihilo, « out of thin air »! La vraie question n’est donc pas celle là , mais bien sur il ne faut surtout pas la formuler, la vraie question c’est : pendant combien de temps notre magie, nos « tricks » vont ils encore marcher? Quand est-ce que les initiés d’abord puis le public ensuite vont-ils cesser de croire à notre toute puissance?
L’histoire est une sorte de processus de dévoilement.
Certes la connaissance est toujours en retard sur le réel, mais elle progresse et on comprend mainteant beaucoup mieux ce qui s’est passé lors de la crise d e 2008, on sait que les subprimes n’ont été qu’un prétexe, que le problème de fond c’est le surendettement, le système international opaque, l’ignorance sur ce qui fait monnaie ou ne le fait pas. On sait que la vulnérabilité ce ne sont pas les fonds propres ou les pertes des banques mais les refinancements et en particulier le shadow en « dollars » hors des USA.
La connaissance progresse et l’idée que les QE ont une efficacité douteuse, relative simplement parce que l’on y croyait, cette idée se répand. Le doute s’insinue. On sait aussi, les travaux le prouvent à l’évidence, que QE1 a été un peu efficace, QE2 un peu moins et QE3 pas du tout. C’est d’ailleurs la raison qui a poussé les autorités a décréter que la balance des risques/récompenses des interventions était devenue défavorable. Plus d’inconvénients que de bénéfices à continuer.
La reprise depuis la fin de la Grande Récession à la mi-2009 a atteint sa dixième année, ce qui en fait la plus longue depuis 75 ans. Mais c’est aussi la reprise la plus faible depuis 1945. La croissance tendancielle du PIB réel et les investissements des entreprises restent bien inférieurs à ceux d’avant 2007. La reprise n’a été que cosmétique, elle n’a profité qu’à une categorie bien précise de la population, les 1% et un peu aux 10% suivants. Les autres vivent plus mal. L’inflation, la hausse des prix et des revenus n’a concerné que les prix et les rendements des actifs financiers.
En son temps la Reine d’Angleterre, que les conspis considèrent comme figure de proue de la classe klepto, la Reine d’Angleterre a fait de Greenspan un Lord; Bernanke lorsque la crise a été stoppée dans ses manifestations superficielles a déclaré: « nous avons sauvé le monde » et aujourd’hui un fonctionnaire international de haut rang surenchérit sur l’emphase et tonitrue: « les banquiers centraux sont des héros ».
je pense que ce sont des héros des temps modernes, vous savez de ce temps Orwellien ou tout est inversé ou les mots disent le contraire de ce qu’ils signifient; les banquiers centraux sont les anti- héros des temps modernes. Un peu comme les jeunes des banlieues sont pour François Hollande l’avenir de la France.
Voire .
Il suffit de lire sans idée préconçue les résultats des consultations électorales, de descendre dans les rues, de lire les médias non aux ordres et, en France de se promener le samedi pour constater en quoi les banquiers centraux sont des héros: ils sont les héros du conservatisme de l’ordre ancien, de cet ordre devenu illégitime, devenu cynique et surexploiteur, de cet ordre qui a glissé dans la perversion, de cet ordre hyper inégalitaire qui est un pur désordre dont ils ne se rendent même pas compte qu’ils le détruisent plus lentement certes mais plus surement. Plus lentement mais plus surement que si ils avaient laissé la crise faire son travail d’assainissement en 2008.
En d’autres termes, quelles armes de politique monétaire les grandes banques centrales ont-elles encore à leur disposition après dix ans de maintien des taux directeurs près de zéro, voire au-dessous de zéro, et après des injections massives d’argent par le biais d’un «assouplissement quantitatif», par le rachat de toutes les dettes des gouvernements et des entreprises auprès des banques afin de les encourager à prêter pour investir?
Certains vont vous donner des réponses abstraites, mathématiques; on peut faire plus c’est à dire inventer les taux négatifs, mettre en place l’argent fondant , supprimer le cash, doubler les achats de titres longs, passer des achats de dettes aux achats d’actions , imposer la fameuse MMT sans dire son nom …
Je soutiens que l’épuisement des munitions n’est pas mathématique, il est psychologique, sociologique , politique et surtout moral.
On a fait un grand chemin dans la destruction, dans le contrôle, dans le mensonge et ce qui est fait, on ne peut le refaire, on ne peut repartir à zéro: les amortisseurs sociaux , les vrais qui se définissent en terme de seuils de tolérance sont usés.
Nos systèmes s’auto-détruisent à certains endroits silencieusement et à d’autres comme aux USA dans le fracas, car il y a quelquefois des coincidences c’est à dire des Trump ou des Macron qui viennent à point pour accélérer les chaos en cours.
Les apprentis sorciers héroiques ont ils encore un tour dans leur manche? Peuvent ils produire un rideau diafoirique de fumée monétaire, peuvent ils prononcer quelques incantations mystérieuses dignes des fameux mystères des temps anciens?
Nous sommes sur le point de le savoir aux États-Unis.
La Réserve fédérale dirigée par Jay Powell, qui a progressivement relevé son taux directeur ces quatre dernières années, indique maintenant qu’elle renversera cette politique et qu’elle abaissera son taux afin de relancer l’économie américaine et mondiale.
Powell a déclaré aux marchés et aux ministres du G20 que la Fed était prête à baisser les taux d’intérêt, affirmant qu’elle « agirait de manière appropriée pour soutenir l’expansion ».
Notez bien le « approprié »! C’est un mot d’expert! Un mot de Powell, vous savez celui qui avant d’être nommé était humble et doutait des experts et de leurs modèles? Mais c’était avant comme le dit la pub de l’opticien.
Powell a réinstauré le « PUT », lui qui avait laissé croire aux naifs commentateurs qu’il ne céderait pas et qu’il résisterait aux pressions de marchés boursiers. J’ai démontré en son temps que cétait une erreur de croire que Powell avait le choix, le vin est tiré et il faut le boire, on a brulé les vaisseaux et il faut suivre la route et aller là ou c’est depuis longtemps tracé; on ne peut résister aux marchés, on a ouvert la boite de Pandore; quand les ogres ont faim il faut les nourrir; toujours plus.
Un PUT c’est du jargon financier pour dire qu’une fois de plus on va parier sur une augmentation des prix des actifs financiers sur les marchés à terme. On va souffler dans la bulle.
Au milieu des années 90, Alan Greenspan, alors président de la Fed, le fameux Lord Greenspan, a réduit les taux d’intérêt afin de stimuler les marchés boursiers et immobiliers. Le «put» de Greenspan a propulsé le marché boursier à un nouveau sommet en 2000 (mais il a été suivi par l’énorme effondrement de 83% des «dot.com»). Nous sommes sur le point de demander à Powell de faire la même chose.
Les marchés financiers parient maintenant sur le fait que la Fed réduira les taux et maintiendra le coût de l’emprunt à un niveau très bas afin d’inciter à spéculer davantage sur les marchés financiers.
Jay Powell est sur le point d’être le nouveau héros. Il va porter la planète financière sur son dos, la maintenir, que dis-je accélérer la lévitation. Il va une nouvelle fois défier les lois de la gravitation, il va renouveler le Pacte Faustien qui consiste à libérer les ombres des corps
Ainsi, le monde imaginaire des marchés financiers va être étendu.
La réduction des taux d’intérêt évitera-t-elle une récession de l’économie «réelle»?
Partout, les «données chiffrées» montrent un net ralentissement de la croissance économique, un effondrement de l’industrie automobile mondiale et un effondrement total de nombreuses grandes économies dites émergentes. Et puis surtout, il y a une terrible contraction du commerce mondial.
La croissance économique des États-Unis s’était accélérée (de 2% à 3% par an) en 2018 après la réduction des impôts des sociétés Trump sur les bénéfices. Le chômage est tombé à son plus bas niveau de l’après-guerre. Mais les chiffres de la croissance de l’emploi de mai dernier étaient les plus bas depuis des années et la croissance des salaires qui s’était accélérée a maintenant diminué. Il y a des signes incontestables que l’effet des Trumponomics est épuisé. Trump presse Powell de prendre le relais.
Ailleurs deux économies clés du G7 continuent d’afficher un ralentissement important de la croissance économique.
La production industrielle allemande a plongé de 1,9% par rapport au mois d’avril. Il s’agit de la plus forte baisse de production depuis août 2015. En glissement annuel, la production industrielle a reculé de 1,8% par rapport à avril 2018, après une baisse de 0,9% en mars. La production manufacturière a chuté de 3,4% sur l’année! Les exportations et les importations allemandes ont chuté. La croissance allemande est maintenant la plus lente des cinq dernières années. En conséquence, la banque centrale, la Bundesbank allemande a abaissé ses prévisions de croissance du PIB pour cette année à seulement 0,6%, contre 1,6% au début de 2019.
Dans le même temps, le Japon, pays hôte du G20, a annoncé que les salaires avaient baissé pour le quatrième mois consécutif et que les dépenses globales des ménages avaient fortement ralenti. Le chômage, actuellement au plus bas historique, va maintenant augmenter.
Le taux de croissance économique de la Chine est à son niveau le plus bas depuis plus de 10 ans, même si le taux de 6% et plus est environ trois fois supérieur à la moyenne des autres économies du G20.
Dans son rapport semestriel sur les perspectives économiques mondiales, la Banque mondiale a abaissé ses prévisions de croissance économique mondiale (tous les pays, y compris la Chine et l’Inde) pour cette année de 0,3% à 2,6%. «La confiance des entreprises, le ralentissement du commerce mondial et les investissements lents dans les économies émergentes et en développement ont chuté, a déclaré le nouveau président de la Banque mondiale David Malpass,« L’impulsion reste fragile ».
La croissance du commerce mondial devrait tomber à son niveau le plus bas depuis le krach financier de 2008. La banque a également averti que les risques étaient «fermement» baissiers , citant des tensions commerciales réitérées entre les États-Unis et la Chine, des turbulences financières sur les marchés émergents et une faiblesse plus marquée que prévu des pays avancés, en particulier de l’Europe.
Les économistes de la Banque mondiale estiment qu ‘«un ralentissement plus marqué que prévu de l’activité dans les grandes économies systémiques – telles que la Chine, la zone euro et les États-Unis – pourrait également avoir de vastes répercussions. La probabilité d’une croissance en 2020 inférieure d’au moins 1 point à la projection actuelle est estimée à près de 20%. Un tel ralentissement serait comparable à la crise mondiale de 2001. ».
Parmi les soi-disant BRICS (Brésil, Chine, Inde, Russie et Afrique du Sud), la situation semble encore pire.
L’économie sud-africaine subit actuellement la pire récession de sa décennie. Dans le pays le plus industrialisé d’Afrique, la production a chuté de 3,2% en rythme annualisé au premier trimestre. Il s’agit de la plus forte baisse trimestrielle depuis 2009. Les industries à forte intensité énergétique, telles que les industries manufacturières et minières, ont enregistré les plus fortes baisses d’activité au cours du trimestre. L’activité minière a diminué de plus de 10%, tandis que le secteur de la fabrication a reculé de 8,8%.
La Turquie est entrée en récession plus tôt cette année . L’Argentine était déjà en crise en 2018 sous la gouvernance du président Macri. Le pays connaît actuellement des mesures d’austérité draconniennes à la demande du FMI, qui renfloue le pays avec les plus gros prêts de son histoire.
Mais le déclencheur probable d’une nouvelle récession est la guerre en cours et la guerre technologique et commerciale en intensification entre les États-Unis et la Chine.
Aucune des deux parties ne semble prête à faire machine arrière et, par conséquent, la croissance du commerce mondial est en train de chuter, tandis que des perspectives de hausse des tarifs douaniers et de mesures protectionnistes vont frapper la croissance mondiale.
Les économistes de Bloomberg estiment que si les droits de douane augmentaient pour couvrir l’ensemble du commerce américano-chinois dans les prochains mois, le PIB mondial subirait une perte de 600 milliards de dollars en 2021. Avec 25% de droits de douane sur l’ensemble des échanges bilatéraux, le PIB diminuerait de 0,8% pour la Chine: 0,5% pour les États-Unis et 0,5% pour l’économie mondiale par rapport à l’absence de guerre commerciale. Cela entraînerait une récession mondiale. Ces chiffres sont très sous évalués, il sont sortis de modèles faux qui sont fondés sur des calculs d’élasticité inadéquats.
Et Trump semble vouloir élargir la guerre commerciale à d’autres économies. Il vient de retarder temporairement l’introduction d’une gamme de droits de douane sur les importations mexicaines, y compris les importations de voitures et de pièces d’automobiles fabriquées par les entreprises américaines à la frontière mexicaine avec les États-Unis.
L’industrie automobile mondiale traverse déjà une crise majeure provoquée par la fin du diesel et le ralentissement colossal de la demande en Chine, en Europe et au Japon.
Maintenant, les constructeurs automobiles américains sont confrontés à de nouveaux problèmes avec les plans de Trump.
Les marchés financiers sont sur le point de connaître un boom en anticipation de l’action de Powell, cela aura probablement peu d’effet réel sur l’économie mondiale en difficulté. Cependant cela aura un effet de dopage sur les marchés financiers, ce qui accroitra les divergences entre les valeurs fondamentales raisonnables et les valorisations boursières. Ce qui préparera le terrain de la prochaine crise… et du prochain pseudo sauvetage.
La guerre du commerce et de la technologie s’installe durablement. Il est probable que la guerre commerciale ne sera pas résolue à l’amiable pour éviter une récession mondiale. La bataille entre les États-Unis et la Chine ne consiste pas uniquement en un « commerce injuste », mais bien en une tentative des États-Unis de maintenir leur position technologique mondiale. Les USA veulent maintenir leur supériorité face à la montée rapide de la Chine . L’attaque contre Huawei, organisée globalement par les États-Unis, n’est que le début.
Goldman Sachs a noté que, depuis 2010, le seul endroit où les bénéfices des entreprises ont augmenté est aux États-Unis. Et ceci, selon Goldmans, est entièrement dû aux entreprises de super-technologie. Les bénéfices globaux hors technologie ne sont que modérément plus élevés qu’avant la crise financière, tandis que les bénéfices des technologiques ont fortement augmenté Et maintenant, ce secteur qui va souffrir de la guerre technologique.
Le rendement des obligations d’État américaines de référence a atteint un nouveau plus bas en 2019 près de 2% avant la réunion du G20. Les rendements des obligations à 10 ans en Allemagne et au Japon ont été inférieurs à zéro! Plus de 11 trillions de dollars d’obligations dans le monde, offrent des rendements négatifs, ceci représente maintenant environ 20% de la dette totale dans le monde.
Soyez vigilants, quittez toute complaisance. Peut-être bien que les héros des banques centrale peuvent sauver la situation, peut être bien aussi qu’ils sont fatigués!
@ FRAAANÇOOOOIS : « Tout dépend la grille de lecture… », ça veut dire que tout se vaut ?
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Beau résumé de cette démoralisante semaine… Celle à venir devrait être tout aussi prometteuse, si j’ose m’exprimer ainsi. Il y a comme une course à la montre dans la sur-enchère de la stupidité. Les sujets ne manquent pas et les tensions sont diverses et variées.
Ce qui inquiète, c’est le niveau des discours de Poutin, comparés au néant de nos « dirigeants » Occidentaux qui feraient bien de réfléchir deux fois, de tourner la langue trois fois et d’ouvrir les yeux mille fois avant de partir en guerre sur des positions erronées.
Les pièges numériques se referment gentiment, et là ou nous avons besoin de cohésions dans une logique infaillible, nous affichons des positions intenables, révélant la profondeur de nos dérives Étatiques et commerciales . Il serait temps que de hauts fonctionnaires commencent à redescendre sur terre. De nos jours, l’info circule à la vitesse lumière et sans radio-télé-commandées.
Vos articles devraient inspirer quelques réflexions avant que les digues ne cèdent.
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« Un peu comme les jeunes des banlieues sont pour François Hollande l’avenir de la France ».
Il a dit la vérité. Pourquoi lui reprocher ?
Tout dépend la grille de lecture…
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