Editorial: sanctionner les profiteurs de guerre contre la déflation.

Ceux qui me suivent régulièrement savent que je suis pour une amputation considérable de la fortune des ultra riches. J’ai souvent exposé cette idée.

Je développe.

Elle est originale en ce sens qu’elle n’a rien à voir avec la lutte contre les inégalités , elle n’est pas inspirée par la passion de l’égalité, l’égalitarisme. Bien que non concue comme outil de lutte contre les inégalités, elle contribuerait à la lutte contre la pauvreté puisquelle réduirait le besoin d’économsier sur les services publics et de brader l’argenterie nationale par les privatisations. N’oubliez jamais que le seul bien des pauvres, c’est le bien national, le bien commun.

C’est une idée qui au départ, est économique. Cependant tout en étant  inspirée par l’économie, elle rejoint des préoccupations politiques et des objectifs sociaux .

Une telle mesure serait symbolique, elle romprait le lien de complicité entre les ultra riches et les gouvernements. Elle restaurerait la symétrie: elle montrerait que la destruction des avantages acquis périmés touche tout le monde. Pas seulement les plus faibles. Elle contribuerait à restaurer la confiance dans le caractère démocratique de nos systèmes.

Accessoirement elle dresserait la classe politique contre les ultra riches et ferait en sorte  que ces derniers cessent de les sponsoriser, cessent d’acheter les élection. Elle consacrerait un divorce salutaire.

Préoccupations politiques car il s’agit de montrer au peuple que le crony capitalisme qui protège et est complice  des ploutocrates, c’est fini; que l’intérêt public cesse d’être pris en otage.

Social  car cela permet de confisquer une masse considérable  de capital , entre 150 et 200 milliards laquelle masse va être utilisée pour réduire la dette de l’étar et donc va réduire la pression pour extraire les ressources  reclamées  par les banquiers pour honorer les dettes.

Au plan logique ma proposition est parfaitement articulée: l’inflation de la fortune des ploutocrates n’est pas liée à une utilité sociale, elle est un cadeau tombé du ciel , un profit de guerre contre la déflation; elle est le  résultat de l’inflationnisme généralisé, de la création de signes monétaires sans contrepartie, bref elle est un sous-produit de la politique désatreuse des banques centrales.

En un mot c’est parce qu’elle est, à notre époque, le résultat de politiques monétaires scandaleuses et scélérates qui constituent un impôt sur les peuples , impot invisible qui appauvrit les uns tout en rendant   les riches encore plus riches.

Si vous en doutez regardez les cours de la Bourse et comparez les à la croissance des richesses réelles produites, celle des GDP.

Confisquer , c’est une mesure de salut public, pour préserver nos sociétés.

Je défends cette idée à partir de mon cadre analytique qui repose sur une pierre angulaire: la crise est une crise de suraccumulation de capital;  il y a trop de capital qui cherche son profit, que ce soit du capital non productif, du capital fictif, du capital spéculatif, du capital de poids mort.

N’oubliez jamais que notre époque se caractérise par une explosion des dettes, or les dettes des uns sont le capital des autres.

Notre époque fait plus qu’enrichir en dormant, on s’enrichit par le jeu du multiplicateur de marché, les profits ne s’accumulent pas, ils ne s’ajoutent pas, non ils sont multipliés par le fameux multiple price- earning ratio, le PER, qui a institutionnalisé l’enrichissement magique.

On multiplie les profits d’une année par 20 ou 30 et on décrète que c’est ce que vaut dès maintenant, le capital! Ainsi se crée un capital magique que l’on solvabilise par le printing scélérat des banques centrales.

Il faut trouver un moyen intelligent de détruire ce capital.

Il faut le reinjecter dans la consolidation de nos structures sociales fissurées.

De toutes façons il est fictif, on ne pourra l’honorer sauf à détruire nos sociétés, soit par la catastrophe financière soit par la guerre. Ce qui ne peut être honoré ne le sera pas.

Il y a trop de capital qui chasse trop peu de profit et donc oblige  à baisser, en relatif, la part des  revenus salariaux, ce qui pèse  sur la demande globale, fait ressortir son insuffisance, fait ressortir un excès d’offre qui est  déflationniste.

Donc je suis pour que l’on ait le courage de confisquer le capital qui a été inflaté, gonflé par les politique monétaires de printing et de taux bas , lesquelles ont propulsé les valeurs boursières et les fortunes des ultra riches dans la stratosphère.

Je suis aussi pour la restructuration des dettes, pour les moratoires, pour les rééchelonnements, pour les conversions qui diminueront le poids du boulet dans nos systèmes. je suis pour le Jubilé.

Tout cela à voir avec la logique et le diagnostic qui est le mien. Il y a eu un enrichissement indu, sans cause, tombé du ciel , cet enrichissement asphyxie nos systèmes et les délégitimise, il faut oser agir. L’enrichissement sans cause des uns oblige à serrer la ceinture des autres, à casser les services publics, à des-investir dans les structures de nos sociétés.

Je ne soutiens pas l’initiative hypocrite des ultra riches qui voudraient s’acheter une vertu façon protestante en réclament de payer plus d’impôts. Non. La réduction bidon des inégalités que l’on laisse en place, se produire et se reproduire ne m’intéresse pas.  Elle est cosmétique et dilatoire.

Ce que je propose ce n’est pas un impot, c’est une confiscation, une nationalisation du capital excédentaire comme on en a deja fait dans le passé après les guerres pour sanctionner les profiteurs de guerre.

 

 

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5 réflexions sur “Editorial: sanctionner les profiteurs de guerre contre la déflation.

  1. Que cet article est salvateur et je souscris à 100% à cette analyse.

    L’imposition n’est effectivement pas la solution et n’aurait d’efficacité que temporaire, une simple piqure de moustique.

    Réclamer le retour à l’ISF est une erreur de jugement, d’autant plus qu’un seuil à 1,2 million € n’est même pas la valeur d’une « croûte » que les ultra riches peuvent avoir accroché sur le mur de leur chambre à coucher, de leur WC !

    Confisquer ce qui a indûment été accumulé, racketté sur le dos des peuples, oui c’est la solution.

    La question est de savoir comment procéder et plus encore comment l’imposer.

    Comment détruire ce capital excédentaire génocidaire de nos sociétés ?

    Le capital des uns est la dette des autres, alors un jubilé, oui mais il faudra également assainir, dératiser totalement, sauf à repartir dans les mêmes excès.

    À part redécouvrir une monnaie saine qui n’aura pas la préférence des uns au détriment des autres, je ne vois pas.

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    1. Le lien avec une réforme monétaire est incontestable. tout comme le serait le lien avec une révolution fiscale.

      S’agissant de la réalisation pratique d’un Jubilé qui ne détruirait pas les systèmes de retraites, j’ai des idées et elles sont raisonnables.

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      1. Que pensez-vous des solutions suggérées par Maurice Allais dans son livre « La crise mondiale d’aujourd’hui. Pour de profondes réformes des institutions financières et monétaires » et notamment articulées autour des réformes suivantes:
        – réforme du système du crédit
        – stabilisation de la valeur réelle de l’unité de compte
        – réforme des marchés boursiers
        – réforme du système monétaire international

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      2. Un jour peut etre je répondrai de façon méthodique à votre question car elle est passionnate ; mais sachez que j’ai passé beaucoup de temps à m’en impregner.

        Si vous me la posez c’est parce que vous avez du remarquer que dans ma trousse à outils j’utilise quelquefois et même souvent des idées de Allais.

        C’est le cas dans les domaines suivants:

        le commerce mondial, le libre échange , je suis anti Ricardo grace a lui
        la monnaie et la banque mais c’est plutot grace aux autrichiens qu’à lui
        le temps, la memoire et les taux
        le refus de libéralisation des marchés boursiers
        le refus de la financialisation et du capitalisme anglo saxon fondé sur l’arbitrage des valeurs et des prix et non sur la production

        Je ne partage pas son idée de tout indexer, mais je la partage en partie

        Allais était libéral et social , je suis libertaire et social c’est assez différent mais cela se recoupe.

        Son idée de libéralisme dans un espace limité plutot homogene est fondamentale.

        Je défend le lien entre liberté et propriété alors qu’Allais le relativise.

        Je ne projette pas d’outil mathématique sur le réel alors qu’Allais le fait.

        Je projette des concepts sur le réel, et c’est pour cela que j’accorde une importance centrale à la formation du profit, à l’exploitation, à la théorie de la Valeur alors que celle ci n’est pas centrale chez Allais.

        Pour résumer disons , à la hache, que Maurice Allais n’a pas la place qu’il mérite et que si un gouvernement se décidait à bien penser, à penser un peu comme Allais le faisait, nous serions plus heureux.

        On devrait faire du Allais plus souvent!

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