L’économisme est une idéologie qui consiste à tout voir au travers du prisme de l’économie, et singulièrement au travers des performances macro économiques comme si elles exprimaient toute la réalité de la vie d’une société ou de ses membres.
C’est une idéologie réductrice qui trace une fausse équivalence entre le bonheur et les richesses materielles. Elle est tyrannique car elle est partie intégrante de l’ordre social , et de sa reproduction.
Ainsi l’école est devenue un « lieu ou la société et l’individu optimisent leurs capacités économiques par la mise en valeur de leur capital cognifif utile » . Lequel a pour objectif conscient ou inconscient de tout organiser autour de la croissance c’est à dire de l’accummulation, c’est dire de l’investissement, c’est à dire du profit.
L’économisme est l’idéologie qui, dans un monde ouvert à la concurrence, justifie croissance, compétititvité, extorsion par l’exploitation directe, indirecte et financière.
Le quantitatif seul prime, le qualitatif n’existe pas et bien sur les destructions et externalisations de coût, comme la destruction de l’environnement ou le mal de vivre ne sont pas déduits des données qui mesurent « les succès économiques ».
Sous cet angle économiste, l’Italie, a deux décennies perdues derrière elle.
Depuis l’introduction de l’euro en 1999, l’économie Italienne a stagné., alors que l’Allemagne a réussi un redressement historique grâce aux réformes Harz et à l’Agenda 2010.
Les reformes Harz;
Le 14 mars 2003, le gouvernement fédéral allemand, emmené par le chancelier Gerhard Schröder, lançait officiellement son Agenda 2010.
L’objectif affiché de ce programme de réformes était de donner un nouveau souffle à l’économie outre-Rhin, en agissant en particulier sur le marché du travail.
Les « réformes Hartz », votées de 2003 à 2005, ont été les plus emblématiques d’entre elles : assouplissement des licenciements, libéralisation du travail atypique, mise à plat du système d’assurance-chômage, refonte du régime
d’assistance sociale…
Dix ans après, leur bilan prête toujours à débat. Pour les uns, elles
expliquent le regain de compétitivité de l’Allemagne et ont permis à ce pays, encore désigné comme « l’homme malade de l’Europe » vingt ans plus tôt, de sortir du chômage de masse.
Ce qui est évident c’est que les Allemands en sont fiers et qu’ils voudraient avec l’aide des élites européennes imposer ce modèle de réformes à tous les autres pays , en particulier à ceux qui sont structurellment déficitaires commes les pays du Sud et la France.
Cette volonté allemande, qui constitue le socle de l’action de Macron ne s’embarrasse ni des spécificités de chaque pays, ni de la logique: pour que certains soient excédentaires comme l’Allemagne, il faut bien que d’autres soient déficitaires comme les pays du SUD!
Le modèle allemand n’est pas valable pour tout le monde, la recherche de la competitivité est une chimère, une course sans fin vers le bas. c’est un modèle de paupérisation continue complémentaire de celui de la recherche de la profitabilité maximum en régime de libre échange.
La réalité est que l’agenda 2010 et les réformes Harz fragilisent le modèle social allemand , fragilisent la construction européenne et n’apportent qu’un
bénéfice économique limité à l’ensemble européen . L’économisme a tué l’idée européenne; les peuples sont plus divisés que jamais.
Encore faudrait -il analyser sérieusement les causes et moteurs de l’activité économique européenne depuis 1999 et cesser de vouloir tromper les citoyens en attribuant tout ce qui est bon à l’action des élites européistes et tout ce qui est mauvais à la ringardise des peuples.
En passant vous constaterez l’absence de résulats produits par la politique monétaire de la BCE; malgré les trillions de fausse monnaie zombie, malgré la croissance des inégalités, malgré la paupérisation et la précarisation, la croissance n’est toujours pas au rendez vous.
S’agissant de la Grèce et de l’Italie, ces pays n’ont pas été ruinés par leur modèle social ou économique, ils ont été ruinés par l’excès de dettes, l’excès de crédits accordés par les banques allemandes et francaises pour financer une consommation non gagnée par les revenus .
L’austerité imposée à ces pays a pour finanilté de leur faire rendre gorge en tant que débiteurs.
Performances des GDP eurozone depuis 1999:

Comment penser pouvoir réaliser une union monétaire avec autant de disparités !!

https://ec.europa.eu/eurostat/fr/web/products-datasets/-/TEC00114
J’aimeJ’aime