Récession des profits, on attend le remède: la hausse des déficits budgétaires.

En système capitaliste le moteur de l’économie c’est le profit ou plutôt, la recherche du profit.

C’est une évidence , une évidence qu’il ne faut pas dévoiler mais cela ne l’empêche pas d’agir et d’étre détermiante dans le monde réel.

Le profit produit l’incitation et les ressources pour investir, les investissements produisent l’emploi et l’emploi produit l’embauche et les revenus, les revenus produisent la demande.

Et c’est par mystification que l’on croit que c’est la demande qui est le moteur de nos économies.

Le profit est l’indicateur avancé des cycles et en particulier indicateur précurseur des récessions. C’est pour s’opposer aux effets de la baisse des profits que les banques centrales diminuent les taux,  rendent l’argent plus facile et plus abondant, ce qui se fait en ce moment.

Cette politique de stimulation monétaire fait mainteant débat.  De plus en plus d’économistes comme Lawrence Summers ou  El – Erian considèrent que les politiques monétaires ont touché leurs limites et que pour soutenir la croissance et éviter les récessions il faut distribuer l’argent directement c’est à dire augmenter les dépenses budgétaires. En clair il faut augmenter les déficits.  Ce qui n’est pas dit, c’est qu’augmenter els deficits, c’est injecter des revenus dans l »économie, des revenus qui  ne pèsent pas sur les profdits, mais les augmentent. C’est encore une chose qui est cachée,: les déficits budgétaires distribuent dans l’économie des revenus qui ne sont pas gagnés et qui, tombant du ciel contribuent à hausser les profits.

Si les grands pays se mettaient d ‘accord pour une action concertés par le biais des déficits budgétaires, cela aurait une incidence positive sur les profits des firmes et stopperait, selon nous la glissade récessionniste.

Nous recevons cette semaine les premières publications  de résultats  des sociétés américaines pour le deuxième trimestre 2019.

Il  semble qu’ils seront médiocres et qu’ils marqueront  la deuxième  baisse consécutive des résultats globaux depuis la mini-récession de 2016.

Selon FactSet  fournisseur de données, les sociétés S & P 500  devraient afficher une baisse moyenne des bénéfices de 2,8% au deuxième trimestre, après une baisse de 0,3% au cours des trois premiers mois de l’année.

Les énormes profits réalisés par les  grandes entreprises de haute technologie, les FAANGS, en constituent une grande partie ce qui cache la situation de la majorité des entreprises américaines.

Les firmes  dont la valeur de marché se situe entre 300 millions et 2 milliards de dollars devraient connaître une baisse de 12% de leurs bénéfices par rapport à la même période de l’année dernière, après une baisse de 17% au premier trimestre 2019.

Les petites et moyennes entreprises américaines subissent donc une forte baisse de leurs bénéfices.

Et même du coté  des plus grandes entreprises, les bénéfices ne sont pas aussi bons qu’ils l’apparaissent: les grandes entreprises n’ont augmenté leur bénéfice par action qu’en rachetant leurs propres actions.

Les rachats nets d’actions devraient contribuer à la croissance du BPA de 2,1 points de pourcentage au deuxième trimestre, selon les analystes du Credit Suisse. Les sociétés américaines ont racheté  plus d’un milliard de dollars de leurs propres actions l’année dernière, chiffre record, dopé par les mesures fiscales de Trump.

Cette baisse des bénéfices tient à  des coûts salariaux plus élevés, car le plein emploi force les entreprises à concéder des augmentations de salaire pour conserver les travailleurs qualifiés ;  il en va différemment des moins qualifiés en dehors du secteur des technologies.

En outre, le coût des autres imputs,  (main-d’œuvre, énergie, matières premières, etc.) augmente. Les marges bénéficiaires (bénéfices par unité de production) sont donc en baisse.

Selon les chiffres cités par les analystes de BofA, on  s’attend à ce que les sociétés non financières publient des marges nettes de 10,8% au deuxième trimestre, en baisse par rapport à 11,5% au même trimestre de l’année précédente.

« Nous soulignons le risque de hausse des coûts des inputs pour les entreprises qui n’ont pas de pouvoir de fixation des prix, ainsi que pour les entreprises et les secteurs à forte intensité de main-d’œuvre face à la hausse des salaires, et nous prévoyons une contraction des marges nettes pour l’année complète, à 11,2% en 2019 contre 11,7% en 2018″

La vigueur du dollar américain a également joué un role négatif, les entreprises exportatrices américaines ont plus de difficultés à maintenir la croissance de leurs ventes. Les sociétés du S & P 500 ne devraient enregistrer qu’une augmentation de 3,7% de leurs revenus, ce qui constituerait la croissance la plus faible depuis le troisième trimestre de 2016.

Les sociétés de matériaux/matières premières , le secteur le plus sensible à la conjoncture de la Chine et aux  conséquences de la guerre commerciale en cours  devraient avoir connu une période plus difficile au  deuxième trimestre. Selon FactSet, DuPont et Freeport-McMoRan devraient être les principaux contributeurs à la chute des bénéfices du secteur. Le secteur devrait enregistrer une baisse de 16% sur un an de ses profits  et de 14,9% de ses revenus.

Même le secteur de la technologie devrait reculer avec une baisse de 11,9% de ses profits et de 1,1% de ses revenus.

Ceci est important car c’est principalement ce secteur qui a entraîné la croissance des bénéfices des sociétés américaines au cours des dernières années.

Si les FAANGS affichent une baisse des bénéfices, le capital américain est en difficulté.

Comme le souligne James Montier, de chez GMO, la croissance des bénéfices réels du secteur des entreprises a été inférieure au taux de croissance du PIB réel, même après le renforcement considérable de l’ingénierie financière par les rachats   d’actions. Selon Montier, lorsque vous foulliez en profondeur le marché, vous constatez que 25 à 30% des entreprises enregistrent une perte.

Selon Montier, « les États-Unis connaissent  la montée en puissance d’une économie duale , où la croissance de la productivité est raisonnable dans certains secteurs et totalement absente dans d’autres. Même dans les secteurs où la croissance de la productivité est bonne, les salaires réels sont à la traîne . Toute la croissance de l’emploi que nous observons provient des secteurs à faible productivité. En plus de cela, les maigres gains de revenus réalisés vont tous vers les 10% supérieurs. Ce n’est pas ce qui devrait se passer dans  une économie en plein essor. »

L’économie américaine est divisée  en  secteurs présentant une croissance de la productivité raisonnable et des secteurs qui  ne générent aucune croissance de la productivité.

L’industrie manufacturière  est l’un des principaux moteurs de la productivité, les activités de l’information et le commerce de gros enregistrent également des résultats respectables.

Du côté des moins productifs, on trouve  le transport, l’hébergement, l’éducation et les soins de santé.

De plus, dans le groupe à la traîne, la croissance  zéro de la productivité  va  de pair avec une  croissance des salaires réels nulle.

Selon Montier, environ 83% des entreprises qui ont été introduites   en bourse  cette année ont  des résultats négatifs. Il souligne: « C’est un pourcentage plus élevé que celui  observé au plus fort de la bulle technologique! »

C’est la même situation  en Europe et au Japon.

Si la chute des profits se matérialise et se maintient tout au long de l’année, elle entraînera une forte contraction de l’investissement, puis de l’emploi et des revenus , en dépit du boom des marchés boursiers, ce qui entraînera une nouvelle récession.

EN PRIME

 

 

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2 réflexions sur “Récession des profits, on attend le remède: la hausse des déficits budgétaires.

  1. Et donc des taux d’intérêts réels ou même nominatifs négatifs pour financer les déficits budgétaires . Si je suis votre raisonnement, le système tient jusqu’à ce que les monnaies actuelles sautent (par perte de confiance) ?

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    1. Si j’ai bien compris, au moins cet argent ne devrait pas alimenter directement la sphère financière. Ça devrait créer aussi de l’inflation des biens, services, salaires. Et gros gaspillages, inefficacités, et détournements au passage.
      Si la confiance dans les dettes d’état venait ensuite à baisser, la tentation de la création monétaire directe deviendrait forte (MMT) .

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