Réponse à un lecteur qui croit que les actions sont une protection

Réponse à un lecteur qui croit que les actions sont une protection.

Réponse en résumé: non, sauf dans la période intermédiaire avant la dislocation, la vraie dislocation.

Les actions ne sont plus des titres de propriété sauf pour ceux qui ont le controle majoritaire du capital, c’est à dire ceux qui ont la capacité de disposer des assets.

Pour les autres une action c’est:
-un taux de rendement
_une croissance estimée du dividende
– un risque defini par la volatilité

Les actions sont désancrées comme les monnaies.

L’ombre c’est à dire le morceau de papier qui représente l’action anciennement capital s’est dématerialisé, libérée.

Elle n’est plus l’ombre portée et déformée du corps qui est le réel sous jacent.

L’action est une obligation couplée avec un warrant, c’est à dire un bon de droit à écart de cours.

Reflechissez à ce qu’est devenu l’or papier; un papier, une ombre dont on a émis une masse au moins 100 fois plus importante que le métal existant, cette masse de papier s’autodétruira quand la vraie demande d’or physique se réveillera.

Les actions ont rejoint la cohorte des promesses qui lévitent, libérées de la pesanteur et elles représentent « des bons de droit à écart de cours » si toutefois le Ponzi continue.

La rentabilité/performance des actions n’est plus intrinsèque, mais extrinsèque, elle dépend de la capacité à trouver un acheteur plus stupide que soi.

Pour alimenter le champ des gogos on a inflaté le phénomène de jeu, dopé l’espoir de gain.

On a branché une loterie sur les anciens droits de propriété.

Ce « bon de droit à écart de cours » vaut 60% moins cher en cas d’arrêt du Ponzi.

L’action est devenue detachée du monde réel au même titre que le dollar qui s’est detaché de l’or , c’est cela la modernité.

La modernité se définit par la dictature de l’abstraction, c’est dire la dictature des signes sur le réel lequel devient escamoté, forclos, rejeté comme un empêcheur de mentir en rond. Le réel se définit par la rareté, la finitude tandis que le monde des signes se définit par l’infini, l’éternel, la négation de limites.

Les signes, c’est une combinatoire infinie.

C’est l’équivalent dans la finance de la négation de la castration dans le champ psychanalytique. La modernité c’est l’anti oedipe. la transgression.

Les bourses ne sont plus le reflet et  donc la confrontation des offres et des demandes, les bourses sont des services « publics « , lieux de transmission des volontés des banquiers centraux et des élites qu’ils représentent.

« No place to hide » globalement, en tant que classe tous les joueurs seront perdants car tout le papier émis doit être détruit.

La destruction des fausses valeurs, des signes, tout cela est inéluctable. Leur destruction est inscrite dans la dialectique de leur création. Born to die!

En tant que moyen de dépasser le réel , ils n’ont aucun frein, aucune limite , plus de borne. C’est comme je le dis souvent le Pacte Faustien.

La Valeur ne dépend que de ce qui se passe dans la tête de la communauté des participants/joueurs aux marchés et ceci conduit à la destruction.

Tout ce qui dure, c’est ce qui est soumis à la dialectique de l’adaptation c’est à dire au jeu de forces contraires , on a libéré les marchés de ces forces de sens contraires, on est redevable d’analyses en terme de thermodynamique ou d’entropie.

En fait ils s’autodétruisent, ils comportent en germe leur auto-destruction aussi surement que le grain de blé comporte en germe le future épi de blé.

Il n’y a, il n’y aura, que des exceptions individuelles

Publicités

2 réflexions sur “Réponse à un lecteur qui croit que les actions sont une protection

  1. Mr Bertez,

    Le Ponzi continuera je ne sais pas jusqu’à quand. Mais il faut juste comprendre que le réel, c’est nous, c.à.d le peuple. Tant qu’il acceptera de se faire tondre son capital par le biais de son épargne et de sa retraite future, la musique continuera.

    Il faut bien comprendre le grand transfert que nous vivons en ce moment. Pour résoudre la crise de 2008, on a supprimé le rendement de l’épargne. On n’avait pas le choix, il fallait soutenir le poids de la dette qui avait explosé puisqu’il fallait maintenir nos zombies.

    Aujourd’hui, cette dette qu’il faut soutenir et qui ne cesse de peser exige un sacrifice supplémentaire, la diminution des épargnes et retraites. Regardez les rendements obligataires et la direction des taux, regardez les assurances vies dont la plupart sont gagés sur ses fonds. En réalité, l’épargne de la masse est déjà fléchée et elle est la contrepartie de nos dettes.

    Tant que la musique continuera, la hausse des indices n’aura aucune limite. La vraie limite est dans l’éveil des consciences des masses. Et cela n’est pas prêt d’arriver.

    J'aime

  2. Pour aller dans votre sens, M. Bertez, du virtuel qui l’ emporte sur le réel : le Bitcoin, monnaie virtuelle faisant l’objet d’une spéculation bien réelle… Ce monde est fou !

    J'aime

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s