Editorial Boursier, le point après notre conseil du siècle .

De nombreux observateurs, même parmi les plus compétents prennent le risque de décréter que le Top du marché boursier a été fait. Ils diffèrent sur la date selon les critères qu’ils utilisent. Ils diffèrent aussi selon les marchés et les indices qu’ils retiennent.

Personnellement je ne vais pas dans cette direction: dire que le marché a fait un Top historique cela signifie que maintenant on est sur l’autre versant, le versant baissier. On peut vendre en toute sécurité, les yeux fermés.

Je prétends que le comportement des marchés ne se devine pas. Ou en tous cas  ne se devine plus, il n’y a plus d’initiés. Il n’y a plus d’initiés car on improvise.

Les marchés ne sont plus des lieux de confrontations d’opérations et d’opinions atomistiques, individuelles, mais des champs de bataille, des lieux d’affrontement entre d’un coté le poids du réel, de l’autre la volonté des autorités de s’y opposer et au milieu des intervenants qui sont versatiles, prédateurs, ils cherchent à profiter de la situation tantôt en étant du coté  des autorités;  de l’autre  en se mettant coté de la  masse, du public. C’est un jeu complexe subtil et la balance est instable avec un biais en faveur des autorités: « dont’fight the Fed ».

J’ai fait vendre, en fondamental, en investissement séculaire, patrimonial, générationnel, le 1er  AOUT 2018, si je me souviens bien, par un texte intitulé « Le conseil du siècle ».

Je l’ai fait parce que, à cette époque j’ai considéré qu’il y avait beaucoup plus de risques à envisager que de récompsenses à espérer. Je n’ai pas cherché à toucher le Top des marchés parce que le Top n’existe pas, ce qui existe c’est un processus de formation d’un Top avec des zigs et des zags d’ou émerge finalement, presque rétrospectivement,  la baisse et le changenement de régime. On peut commencer à perdre beaucoup d’argent dans un marché qui reste haussier mais qui produit une formation de top.

Dans une perspective longue, les marchés sont soutenus , artificiels, depuis mars 2009 date ou pour moi on est entré dans un monde « fake », un monde de fantaisie et d’arbitraire. Ce monde de fantaisie s’est montré comme tel en 2011 et 2012 quand on a raté l’Exit et qu’au contraire il a fallu multiplier les QE et autres soutiens. Le réel n’a jamais rattrapé la fantaisie et au contraire il a fallu pomper de plus en plus pour gonfler l’imaginaire bullaire .

J’ai tendance à penser que le Marché en tant qu’abstraction pour le raisonnement a fait une sorte de plus haut fin 2017/début 2018  puis qu’il a joué les prolongations grace à la rotation en faveur de l’Amérique  jusqu’en septembre 2018 et que depuis, il n’y a plus de tendance.

On est dans ce que l’on appelle lors des tremblements de terre, on est dans des répliques.

Mais tout cela n’a pas vraiment d’importance car les mots ne comportent aucune magie, ce qui compte c’est la conviction qui guide l’action.

Ma conviction au dela des qualifications est qu’il ne faut pas, dans les circonstances actuelles, être exposé au risque, au risque des marchés. Il faut se mettre en risk-off et même plus que le risk-off classique, il faut se mettre hors du risque, hors jeu .

« Tout ce qui est soutenu finit toujours par baisser » et « il est plus facile de tenir la bouche ouverte que le bras tendu ». Je n’ai jamais cru à la reprise mondiale synchronisée de 2017, en revanche j’ai cru à la contraction de la liquidité globale, à l’éclatement inéluctable de la bulle chinoise, et au plafonnement des bénéfices des sociétés.

La seule vraie inconnue était l’évolution de l’appétit spéculatif, l’appétit pour le jeu.

L’appétit spéculatif, c’est ce qui s’oppose aux forces de pesanteur, je veux dire au jeu des valorisations. Un Capital ce n’est rien d’autre qu’une somme de cash flows et de revenus à venir et si ils ne sont pas au rendez vous, le capital doit être déprécié.

Le joueur lui, joue tant qu’il estime que ses chances  de gagner au jeu sont fortes et il se fait toujours des illusions, il se surestime toujours.  Il faut donc attendre que ses illusions tombent.

A mon sens les illusions sont tombées en début 2019 , en janvier ou février.

C’est  de cette date que je pointe les divergences à Wall Street c’est  à dire la disparition de l’unanimité spéculative. Quand l’appétit pour le jeu est fort on achète tous les billets de loterie, mais quans l’appétit faiblit alors on devient sélectif, on en vend certains pour se concentrer sur les autres. Toujours,  comme on dit en Bourse; « on se concentre sur les chevaux qui galopent le mieux ».

La vraie divergence mondiale avait débuté en début 2018, observez l’indice monde MSCI ci dessous. Le marché US est encore dans les plus hauts , mais 80% des indices n’ont pas fait de nouveaux sommets depuis le début 2018 et ils sont plus de 10 pour cent en dessous de ces sommets.

Je n’ai pas changé d’avis malgrés les soubresauts et les valses hésitation  depuis mon conseil du siècle. 

Malgré les illusions indicielles il n’a pas été possible de gagner de l’argent sur les marchés. Nous sommes comme je le dis régulièrement dans des périodes de transition et dans ces périodes tout est reversible, c’est leur caractéristique.

On est en transition vers un autre régime financier et  donc boursier.  Lequel ? Personne ne  le sait et visiblement pas les Powell et autres, lesquels ne font que patauger et  se contredire piteusement.

Les forces de la pesanteur me semblent se renforcer tandis que les forces de lévitation  me semblaient devoir faiblir. Le plus grave est que les invariants varient, se fracassent; les grands sous jacents des marchés, l’ordre mondial, se disloquent.

 Quelques graphiques:

 

 

 

 

 

3 réflexions sur “Editorial Boursier, le point après notre conseil du siècle .

    1. je vais vous répéter ce que je dis depuis 20 ans: rien n’est bon en soi, c’est une question de moment et de prix.
      Ce qui est la base de la proetcion c’est:
      -reduire son train de vie
      -son logement pour l’usage
      -les moyens de l’autosuffisance
      -un bon fusil avec permis de préference
      -une PME ou TPE avec peu de salariés
      -du cash pour les dépenses courantes sur une durée longue

      au niveau patrimonail la seule parade c’est la mobilité et la maitrise du temps, du calendrier:

      -fonds d’état actuellement
      -puis tout vendre et faire cash et or , devises, dollars et francs suisses
      -avec le cash racheter quand tout aura chuté de 40% minimum, ne rien faire avant

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      1. Merci pour votre réponse. Voilà qui est clair !
        Pour l’or (métal évidemment !) et les francs suisses, c’ est fait pour avoir un petit matelas de sécurité.
        Pour les dollars, je suis réticent… peut- être par rejet du Système américain !
        Bien à vous.

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