Editorial: La dislocation intérieure et exterieure de l’ordre ancien se poursuit.

Souvenez vous de la fameuse réunion des « maitres du monde », les banquiers centraux.
Bernanke avait alors déclaré « nous avons sauvé le monde« ! Et je suis sur qu’il le croyait. On ne ment pas dans ces moments d’intense émotion, simplement on est victime de ses propres illusions.
Très peu de gens sont capables d’être mauvais et méchants volontairement. La plupart  le sont par ignorance. Hélas contrairement à ce que pensaient les anciens le bien, le beau, le bon, le vrai ne sont pas toujours désirables et l’homme a souvent tendance  à adorer les faux dieux.
Nous vivons dans des époques de vrais moutons et de faux bergers. Les faux bergers détiennent le monopole, ils gèrent les mystères, ils ont la parole sacrée. Mais cette parole sacrée, personne ne la détient car elle est toujours à remettre en question, à remettre sur le metier, à remettre en cause.
Les certitudes d’hier sont les erreurs d’aujourdui, le savoir ne progresse pas en ligne droite, il est bati sur des essais et des erreurs. Et au lieu de prolonger les fausses conclusions de la crise de 29, il eut fallu tout revoir de A à Z et comprendre que précisémlent nos maux sont à l’interieurs de nos pseudos savoirs.  Ils sont inclus dans nos certitudes. Comme je le dis souvent nous sommes dans la bouteille.
Le spiritualisme, la projection de l’Idée, du faux savoir idéologique, cela ne marche pas. Non la crise de 29 n’a pas été produite par le resserrement inopportun du crédit, oui elle a été provoquée par l’excès de dettes et par la grande divergence entre d ‘un coté la sphère financière et de l’autre la sphère de l’économie réelle.
L’ombre que constitue la finance peut s’allonger, paraitre s’éloigner du corps, sembler léviter,  mais elle ne peut s’en detacher pour de bon et tôt ou tard le rappel joue: il faut que l’ombre redevienne proportionnée au corps dont elle ne peut être que le reflet. Un jour l’autre vient cette question de Kant: mais cet argent l’as tu, l’as tu dans ta bourse? Un jour ou l’autre le forclos, le réferent refont surface.
Les faux prophètes confondent l’idéologie qu’il faut promouvoir pour tromper les peuples et les mystifier avec le vrai savoir qui permet de conduire le réel. Ils pilotent le Titanic non en fonction des écueils mais en fonction de ce que joue l’orchestre sur le pont. Les deux ne coincident paŝ. On peut tromper longtemps les peuples, on ne peut pas tromper le réel, il faut lui obéir.
Pour conduire le réel  il faut d’abord et avant tout penser juste. Juste cela veut dire conformement aux règles de la nature, conformément à ce qui est. Le savoir remonte du bas vers le haut, il est une production, pas une séduction monsieur Macron!.
Eux ne pensent pas « juste » ils pensent « bien » .
Penser  « bien » c’est penser comme il faut pour plaire, penser comme tout le monde, penser conformément à la doxa et conformément au politiquement correct.
Et pour nos zozos banquiers centraux, les faux dieux ce sont les faux dieux du Faux Savoir,  de la Fausse Science. De la pseudo science économique.
Ils ont cru sauver l’ordre ancien parce qu’ils l’ont noyé sous les liquidités, sous le crédit  et l’argent gratuit.
Bernanke et Draghi ont suivi la même recette, celle du coûte que coûte ; on déverse un déluge de liquidités pour submerger, noyer  tous les  problèmes, on fait monter le niveau de la mer pour que l’on ne puisse voir qui se baigne nu.
On remplace le tout ou rien de l’insolvabilité par le gradualisme infini de la liquidité. On remplace le fractal par le dérivable. Mais le monde n’est pas derivanle à l’infini, il est fractal en tout ou rien,  non linéaire; on ne meurt pas qu’à moitié! Ou un petit peu. Il n’y a pas de magicien, il n’y a que des illusionnistes. Des faux prophètes.
Tout cela a agi comme comme un corset qui a permis de tout faire tenir.
Hélas encore une fois ils n’ont pas compris que les forces de dislocation était permanentes, non cycliques, fondamentales, organiques, structurelles et que par conséquence, le corset, il fallait envisager de le maintenir pour l’éternité. Ce n’était pas un corset c’etait un sarcophage.
Ils ont commis la redoutable erreur de promettre la sortie des politiques non conventionnelles, ils ont promis de remonter les taux et de contracter le bilan de la banque centrale. Ce fut l’erreur. Ils ont promis l’impossible. Ils l’ont promis pour éviter de déclencher la révulsion de la monnaie, les anticipations hyperinflationnistes et la perte de confiance. Ils ont fait croire que c’était temporaire, qui’ils avaient la situation en mains  et que tout allait rentrer dans l’ordre, c’est bien cela: rentrer dans l’ordre.
Ils ont cru à la reprise économique en « V », ils ont cru à la sortie progressive de la crise, ils ont cru aux « green shoots », ils ont cru à la croissance lente durablement ralentie etc etc et jamais ils n’ont envisagé l’échec total.
Jamais ils n’ont admis que les remèdes monétaires étaient des incantations qui au lieu de résoudre la crise de surendettement , ne faisait que l’alourdir. Créer dess droits ne crée pas les ressources pour les satisfaire.
Jamais ils n’ont adlmis que la véritable rareté dans le système capitaliste c’était le profit, la rentabilité et, forts de cette ignorance ils ont continué l’accumulation, la sur-accumulation, l’inflation, la bullarisation  du capital attisant ainsi ses contradictions.
Ils n’ont rien compris mais leurs faux remèdes ont des consequences non voulues, inattendues , destructrices . et nous y sommes. L’heure des comptes.
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Une réflexion sur “Editorial: La dislocation intérieure et exterieure de l’ordre ancien se poursuit.

  1. D’accord sur toute la ligne excepté l’heure des comptes.

    QE4, QE5, plus de réductions de taux, au besoin ils trouveront une narrative, peut être une guerre…. vous l’avez souvent relevé, les gestionnaires du système sont excellents pour une chose au moins : la communication.

    Comme l’écrivait Taleb, une chose qui a duré X va probablement durer encore X.

    L’heure des comptes, ce sera le fait d’un cygne noir qui entraînera une réaction fractale.

    Les banques centrales ont encore des cartes à jouer.

    Moi je me gave d’actions de fabricants de missiles qui augmentent leurs dividendes chaque année (à réinvestir en or).

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