Didactique. Faire et défaire c’est toujours travailler, les autorités sont dans l’impasse. Bientot le G7!

Ce petit texte se veut didactique, il explique. C’est assez rare, en général je ne suis pas didactique, par choix. C’est un choix délibéré.

Ce texte est didactique mais il traite de l’actualité, il saisit l’opportunité de la situation présente pour expliquer des choses que tout citoyen devrait connaitre au terme de ses études républicaines.

Hélas même ceux qui s’arrogent le droit de prétendre guider et fabriquer l’opinion sont ignorants de ce minimum de savoir économique. Pour cirer les pompes ils considèrent que seul le cirage est indispensable.

Les marchés boursiers mondiaux jouent au yo-yo ou à l’escarpolette.

Les médias financiers se demandent si une nouvelle récession mondiale se prépare.

Les autorités prévoient déja d’y faire face par des politiques monétaires stimulantes.

Les experts financiers scrutent  les indicateurs économiques ou financiers qui pourraient les guider.

L’indicateur  préféré est la «courbe des rendements obligataires». Autrement l’inversion de la courbe des taux.

Il s’agit de la différence entre le taux d’intérêt annuel que vous obtenez si vous achetez un emprunt d’État ayant une durée de vie de dix ans  et le taux d’intérêt obtenu par l’achat soit de titres à trois mois, soit de titres deux ans.

Quand le rendement de l’obligation à 10 ans est inférieur à celui de l’obligation à deux ans, voire à trois mois,  vous avez une courbe de rendement inversée.

Pourquoi cela arrive-t-il?

Parce que les investisseurs financiers, banques, fonds de pension, entreprises et fonds d’investissement sont tellement inquiets pour l’économie qu’ils ne veulent plus courir de risque, il se mettent en position risk-off , au parking.

Les investisseurs préfèrent donc conserver des actifs considérés comme très sûrs comme des obligations d’État, ils croient que  les gouvernements de l’Allemagne, du Japon, des États-Unis et du Royaume-Uni ne feront pas faillite comme peuvent le faire des  entreprises ou des banques.

Si les investisseurs achètent davantage d’obligations d’État, ils font monter le prix de ces obligations sur le marché. Le gouvernement verse un intérêt annuel fixe sur cette obligation jusqu’à son échéance. Par conséquent, si le prix de l’obligation continue d’augmenter, le rendement de cette obligation  continue de baisser. Et donc  la courbe de rendement des obligations peut s’inverser.

L’histoire montre que chaque fois que cela se produit pendant une période de quelques mois,  une récession économique se produit.

Quelle est la fiabilité de cet indicateur de récession à venir?

Elle est normalement bonne . Je dis bien normalement.

Une courbe inversée annonce  des récessions certes  mais les investisseurs peuvent très bien se tromper. Surtout dans les périodes anormales, non conventionnelles comme celles que nous connaissons maintenant. Tous les siganux économiques sont faussés, pourquoi pas ceux là.

La bourse a eu un accident fin 2018, elle est fragile surévaluée, en bulle et la banque centrale américaine a pris peur, elle a dit qu’elle arrêtait les hausses de taux et au contraire qu’elle allait les baisser. Les taux longs ont chuté, peut être bien que c’est une erreur.  Une erreur provoquée par la Fed et sa panique. On ne peut exclure une bévue de la part de Powell qui n’aurait pas eu les nerfs assez solides et se serait fait bluffer par la bourse.

Les États-Unis affichent  toujours la meilleure performance économique du G7, avec une croissance du PIB réel d’environ 2,3%. Partout ailleurs dans le G7, en Europe, en Asie, ainsi que dans de nombreuses grandes économies dites émergentes, la croissance économique est en train de chuter rapidement vers zéro et moins. On peut soit imaginer que les USA resteront « résilients » soit qu’ils seront contaminés.

Le reste du monde, le ROW est en grand ralentissement :

Canada: 1,3%; France 1,3%; Japon 1,2%; Royaume-Uni 1,2%; Russie 0,9%; Brésil 0,5%; Allemagne 0,4%; Italie 0,0; Mexique -0,7%; Turquie -2,6%; Argentine -5,8%. Seules la Chine, l’Inde et l’Indonésie  enregistrent encore  des taux de croissance décents mais même chez eux   le ralentissement est rapide.

Selon  les indices d’activité manufacturière et industrielle  le monde est déjà en récession seuls les «secteurs des services» tels que la santé, l’éducation, le tourisme, etc. maintiennent l’économie mondiale à flots .

Les revenus ne progressent pas, les  taux d’épargne sont  bas . Il faut recourir au crédit et aux dettes. Pour cela il faut les rendre encore plus attrayants et donc bon  marché. C’est ce qu’anticipent logiquement les marchés puisqu’on leur dit que c’est comme cela que l’économie fonctionne!

Les taux sont bas et on dit qu’ils vont encore baisser. Nous sommes maintenant dans le monde des taux d’intérêt négatifs, où les emprunteurs sont payés pour emprunter et les prêteurs paient pour prêter. Au Danemark, un prêteur hypothécaire propose des prêts à -0,1%.

Les investisseurs en obligations savent tout cela et en plus ils savent que les dangers sont grands que l’on ne puisse maitriser la situation. Le lieu perçu comme le plus sûr pour protéger  l’ argent est donc  les fonds d’état.

Tout cela est absurde mais logique et rationnel dans un monde qui marche sur la tête. Ce sont les états et les gouvernements qui sont surendettés mais on considère que ce sont eux qui sont surs! Qu’on peut leur faire confiance!

Si une récession est imminente, que peut-on faire pour l’éviter?

Les autorités dominantes connaissent  deux solutions.

La première consiste à injecter plus d’argent dans le système financier dans l’espoir que les milliards  de dollars, d’euros et de yens conduiront les entrepries et les ménages à dépenser. On agite les signes en espérant qu’ils vont influencer le réel. On ajoute des zéros dans les livres de comptes.

Les banques centrales des principales économies  réduisent leur taux directeur, ce qui entraîne une baisse généralisée des taux d’intérêt et donc une réduction du coût des crédits.

L’expérience des dix dernières années  révèle que cela ne fonctionne pas.

Les gouvernements et les banques centrales ont   eu recours à une «politique monétaire non conventionnelle» selon laquelle les banques centrales achètent des milliards d’obligations d’État et de sociétés à des banques commerciales. C’est ce qu’on appelle l’assouplissement quantitatif (QE). Cela  entraîne une forte augmentation des réserves bancaires. Les banques sont  censées prêter cet argent aux entreprises pour qu’elles investissent mais cela ne  fonctionne pas non plus. Elles ne prêtent pas et conservent ces réserves ou bien s’en servent pour spéculer.

Ces illusions procèdent de schémas théoriques faux et archi faux. Les banques ne prêtent pas à partir de reserves, elles prêtent à partir de demandes solvables de crédit, si il y en a ; je dis bien solvables.

Tous ces fonds ont donc fini par être investis dans des actions et des obligations.  Cela fait boomer et buller les  marchés financiers, ils   montent en flèche, mais l’économie «réelle» a stagné.

La politique monétaire a échoué, qu’elle soit conventionnelle ou non.

Reste la seconde solution, la politique budgétaire.

Dans les années 1930,  Keynes  a fait le même constat que celui que nous faisons  et il s’est rendu compte  que l’assouplissement monétaire ne fonctionnait pas. La politique monétaire fut incapable de  mettre fin à la dépression. Il opta dans différents articles   pour les dépenses publiques d’investissements par le biais de déficits budgétaires courants . Cela s’appelle stimuler la «demande effective» , hausser la demande globale  pour obtenir une relance  des investissements et de la consommation.

Cette politique est connue sous le nom de politique keynésienne. La théorie monétaire moderne (MMT)  estime qu’il n’est même pas nécessaire d’émettre des obligations à cette fin. Les gouvernements peuvent simplement imprimer l’argent puis le dépenser pour des projets « utiles ». Souvent politiquement utiles!

Tous ces gens s’accordent à dire que la « dépense fiscale» est la solution pour restaurer la croissance, l’investissement, l’emploi et les revenus dans une économie languissante.

Le gouvernement emprunte ou imprime de l’argent et les capitalistes et les travailleurs le dépensent. Une fois que la croissance est rétablie, que le plein emploi et les revenus croissants sont atteints, le service de la dette peut être financé et vous pouvez fermer  le robinet d’argent du gouvernement.

C’est un schéma théorique car la part des dépenses des états en économie capitaliste est trop faible pour entrainer durablement le reste.

La preuve: il a fallu la guerre pour rétablir la situation;  seules les dépenses de  guerre et les destructions sont efficaces.

Pendant des années, on vous a dit qu’il fallait lutter contre les  déficits, attendez vous à ce que d’ici quelque temps on vous dise le contraire.

Faire et défaire c’est toujours travailler n’est ce pas!

Ice age, l’age de glace du célèbre Albert E.

 

 

 

2 réflexions sur “Didactique. Faire et défaire c’est toujours travailler, les autorités sont dans l’impasse. Bientot le G7!

  1. G7 G8

    Poutine fait partie du système, c’est un oligarque comme les autres qui joue la comédie pendant que les siens s’en mettent plein les poches au détriment du peuple russe. Il distrait , en fait ils sont tous bien copains entre eux même si parfois ils ont des intérêts qu’on peut croire divergents. En réalité c’est faux !!! Poutine ne pourrait pas exister dans une véritable démocratie pas plus que Trump pas plus que Macron, ce que l’on nous sert dans les médias c’est la comédie qu’ils jouent aux peuples alors qu’ils ne travaillent que pour enrichir les leurs. La rivalité us russie permet à Poutine et les siens de se maintenir, la rivalité us russie permet à l’état profond us de s’en mettre plein les poches au détriment du peuple américain. Tout est comédie..cinéma pour les masses. et l’Europe joue les figurants depuis 1945, ses peuples comptent pour du beurre ou pour le lieux le plus rentable à la prochaine guerre qui relancera la croissance pendant que toutes ces belles personnes seront à l’abri.

    J’aime

  2. Il me revient tous les jours à la mémoire la grande propagande de l’indépendance des banques centrales qu’on nous a servi avant 1992, la grande propagande qui disait que les états font tourner la planche à billets mais jamais les banques centrales ….. L’Europe 30 ans après va se réveiller sans industrie sans production, un musée et des faux monnayeurs.

    J’aime

Répondre à lisa194 Annuler la réponse.