Editorial. La Vérité, de la bouche du cheval!

Mon dernier éditorial traite d’un sujet qui est central mais pourtant totalement négligé par les observateurs: la progression de la prise de conscience  de la réalité de la situation dans laquelle se trouve le système mondial.

Dans un monde mystifié par la manipulation des perceptions , les prises de conscience qui dévoilent la verité-de-situation sont déterminantes Et c’est leur progrès qu’il faut suivre.

 

Un article du Financial Times cite le président de la Fed de St. Louis, James Bullard, qui a déclaré: «Il se passe quelque chose et cela a pour effet de nous forcer à repenser totalement comment fonctionne la banque centrale et toutes nos idées chères sur ce que nous pensons être en train de faire. Nous devons juste cesser de penser que l’année prochaine, les choses vont se dérouler normalement.

C’est un terrible aveu qui rejoint celui que j’ai souvent rapporté et commenté, celui de Greenspan en 2006: « nous ne savons plus très bien ce qu’est la monnaie »!

On ne sait plus ce qu’est la monnaie car elle a suivi sa vie propre au fur et à mesure de ses mutations -je dirais tripatouillages- et on ne sait plus très bien ce qu’est la Banque Centrale qui est sensée gérer les mystères de la monnaie, de cette monnaie qui lui échappe.

Les banquiers centraux feignent de gérer des mystères qui leur échappent et c’est pour cela que, comme l’a dit un ancien patron du FMI; « ils sont obligés continuent  à faire n’importe quoi pour des raisons … de crédibilité ».

je ne partage pas la réflexion du patron du FMi car la crédibilité, cela ne veut rien dire, c’est du vent: ce qui est concret, réel, vrai c’est que les banquiers centraux se sont mis dans une situation dont ils ne peuvent plus sortir.

No Exit, tout a été dit dans un de mes articles de 2010 qui portait ce titre. On est entré dans l’Hotel California, on peut check-in, on ne peut pas check-out. Je l’avais déja expliqué en 2009, »dans la voie suivie, ils ont brulé leurs vaisseaux, il n’y a pas de retour en arrière ».

La Sphere de la Finance est beaucoup trop grosse par rapport a la Sphere Réelle, elle s’en est détachée, elle a pris son autonomie, elle est maintenant un monde imaginaire et la Reconcialiation est devenue impossible sauf à courir le risque d’une crise encore plus importante que celle que l’on a cherché à éviter.
De nombreux analystes l’ont compris et un stratège de la Deutsche Bank, Alan Ruskin, l’a utilisé comme base d’une exégèse en vingt points de la politique de la banque centrale. Cette critique de la politique de la banque centrale est le thème le plus récurrent  des articles de brunobertez.com.

Je critique les théories économiques idéologiques fondées sur la demande, je critique la théorie des anticipations rationnelles, je critique tout le corpus de faux savoir des économistes classiques et de l’establishment et ce, jour après jour.

Hélas, j’ai raison car nous nous enfonçons dans la crise sans espoir de retour en arrière avec la seule perspective, chaque jour de tomber dans le grand trou, celui que nous creusons de plus en plus profond.

Tout en défendant ces positions nous n’avons jamais regagné le camp des Cassandre et autres catastrophistes car nous professons que les élites et autres apprentis sorciers, certes, ne peuvent résoudre les problèmes, mais ils peuvent sans cesse les reporter, kick the can. Je ne cesse de répéter: « vous n’imagnez pas les ressources dont ils disposent pour retarder l’inéluctable » et c’est pour cela que j’ai conseillé d’acheter le marché financier du mois de Mars 2009 au 1er Aout 2018.

Les banques centrales utilisent des modèles, des calculs avancés qui sont les refuges de leur ignorance: elles n’ont pas compris comment se déroulerait cette expérience d’assouplissement quantitatif.

Aucune voie de sortie n’a été élaborée car cette experience a duré trop longtemps: il n’y a pas eu de rebond en « V »; la reprise n’a jamais été assez forte pour permettre de stopper l’expérience et donc la Sphère Financière a continué de grossir beaucoup, beaucoup plus vite que la Sphère du monde réel et donc le gap, le fossé n’a cesse de s’élargir. Le réél n’ a jamais rattrapé la finance, la disjonction ne s’est jamais résorbée, L’ombre est définitivement séparée du corps. Le diable a gagné.

L’incapacité à planifier une sortie fiable se révèle peu à peu mais nous ne sommes pas au bout du dévoilement car il reste un mythe.

Ce mythe est celui de la sécurité, de la solvabilité, de la valeur des dettes des gouvernements.

La vraie bulle, la bulle mère de toutes les autres,  c’est celle la , celle de la dette des gouvernements car c’est elle qui stabilise le système et le fait durer par le paradigme du risk-on/risk-off.

Tant que le mythe vit , le système a des ressources: il peut créer de la dette qui est acceptée, il peut produire du crédit et des déficits, pour kick the can.

Mais déja il a du propulser les dettes des gouvernements dans la zone des rendements négitifs et c ‘est dire si le bout du rouleau se rapproche.

La fausse certitude  entretenue  par les banquiers centraux du monde et les journalistes sur la valeur des dettes des gouvernements est l’invariant majeur du système. C’est l’invariant au même titre que la valeur du logement fut l’invariant de la crsie de 2008 et qui en cédant a précipité l’effondrement.

Une crise c’est toujours une certitude qui s ‘effondre, un invariant qui devient variable. Une digue qui craque.

Le monde est dans un État fragile, avec des montants massifs de dettes mal évaluées.

Quels  ont été les plus gros consommateurs de dettes ? Quelles sont les victimes  des efforts des  banques centrales pour faire avaler les actifs les plus risqués au monde ? Quelles sont les oies qui ont été gavées, à qui on a pourri le foie? Ce sont les fonds de pension du monde entier, ils ont été nourris de force avec les vis sans fin des instruments idiots produits par les  meilleures/pires  théories universitaires des banques centrales.

Donc, si nous suivons sur le fil des propos de Bullard, il va  y avoir  des pertes massives  dans l’univers financier. Les détenteurs d’obligations, les porteurs de fonds d’état,  seront un jour aspirés dans une  terrible spirale  déflationniste auprès de laquelle celle du Japon sera perçue comme une simple promenade de santé.

 

9 réflexions sur “Editorial. La Vérité, de la bouche du cheval!

  1. « La progression de la prise de conscience de la réalité de la situation dans laquelle se trouve le système mondial. Dans un monde mystifié par la manipulation des perceptions… »

    Tout à fait d’accord avec votre constat, par exemple dans le domaine de l’éducation, de l’instruction la réalité est totalement mystifiée, déformée, travestie dans un désir d’embellissant donnant l’impression d’une maîtrise, d’un sens à celle-ci…

    Le problème est effectivement la difficulté de ramener la « réalité » et qu’il est ardu de favoriser des prises de conscience favorables à dévoiler la « vérité ».

    En 1982 déjà Michel Clouscard – Jacques Séguéla (Apostrophes) : https://www.youtube.com/watch?v=pImkO-34Dgc

    Alexandre Pouchkine :  » Un leurre qui m’exalte m’est plus cher que mille vérités « .

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  2. Bonjour , j ai une question simple. Faut il s attendre a une crise d ici tres peu de remps. Comme pourquoi pas le 31 octobre , date du Brexit, sortie du Royaume-Uni donc de la.City , jeudi noir 90 ans apres la crise de 29 ?

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