Editorial. A relire, texte modifié. Remettre les banques centrales à leur place.

Il y a fort longtemps que nous critiquons et stigmatisons les banquiers centraux.

Nous le faisons selon deux grandes lignes directrices:

1-ils ne savent pas ce qu’ils font, ils exercent leur mission à partir de théories fausses, idéologiques et l’étalon PHD est encore plus mauvais que tous les autres. Ils ont échoué et pire ils  ont trompé la confiance qui avait été mise en eux.

2- ce sont des banquiers de classe, de la classe des kleptos et des ploutos: ils sont au services des ultra riches et des dynasties  qu’ils enrichissent encore plus sur le dos des classes moyennes et laborieuses. Ils transfèrent des trillions sans mandat et sans vote. Ils font pire que du fiscal, ils font du fiscal subreptice à rebours

Les banques centrales ont produit une formidable progression des inégalités, elles ont détruit les retraites et protections sociales, elles sont responsables de la montée du populisme.

Elles ont considérablement augmenté la fragilité de nos systèmes économiques en encourageant l’explosion des dettes, du crédit et de la spéculation.

Elles ont favorisé une mauvaise allocation des ressources, elles ont mal alloué le capital et entretenu les zombies.

Elles pillent la véritable épargne. Elles ont socialisé nos systèmes et détruit le droit propriété.

Elles ont déconsidéré et délégitimé le système de production capitaliste en le financialisant.

Et si on les laisse faire ce ne sera qu’un début car ce qui nous attend, dans leur voie, ce sont les taux négatifs, la destruction des comptes bancaires, la répression sur le cash, les confiscations et la guerre sociale.

Au bout du chemin: les pertes de liberté , les contrôles, la haine de tous contre tous.

Les banques  centrales ont trahi leur mandat. Elles ne travaillent pas dans l’intérêt général mais pour une coalition d’intérêts particuliers. Elles protègent un ordre social qui est en réalité un profond désordre car il produit le chaos.

Regardez, tout se disloque.

Pourtant je ne suis absolument pas pour que les banques centrales perdent leur indépendance au profit des gouvernements. Si on allait dans cette direction le remède serait pire que le mal et ce qui nous attendrait ce serait l’hyperinflation puis la guerre civile.

Les gouvernements sont incapables de discipline et de préoccupations de long terme. Ils sont par essence et par construction, étant élus et réeligibles, ils sont enclins au court-termisme. La devise des gouvernements c’est: le long terme n’existe pas, c’est une succession de courts termes.

La situation actuelle marquée par le surendettement généralisé et l’insovabilité réelle est telle que l’on devine aisément la voie que suivraient les gouvernements si ils récupéraient la planche à billets:  c’est celle de Trump, avec le bradage encore plus grand du crédit, la monétisation des déficits et bien sur l’avilissement de la monnaie par perte de confiance.

La solution n’est ni le maintien de la situation actuelle  ni la mise sous la coupe des démagogues.

La solution c’est celle de la fin de l’arbitraire de quelques uns, la mise au point de règles à respecter, la fin de la navigation à vue  ; c’est la solution du contrôle  et même de la multiplication des contrôles, c’est la mise en place de contre pouvoirs, de contre contre-pouvoirs et de comités de sages non élus et non nommés .

L’indépendance des banques centrales est un leurre, elles sont dépendantes, dépendantes d’une classe, d’un système, de certains intérêts qui tout en étant enfouis sont partout agissants.

Les banques centrales font de la politique, au plus haut niveau.

Le mythe de l’indépendance a été inventé pour sacraliser ces institutions, pour les mettre hors de portée: de l’analyse, de la critique, du contrôle, de la concurrence, de la souveraineté populaire, de l’intérêt général. Le complément de l’indépendance c’est la technicité, l’opacité et la complexité. Tout ceci permet de les mettre hors de la vue.

Le couple banque centrale/gouvernement est un attelage dialectique, ce qui signifie qu’ils sont à la fois complices mais en même temps ennemis et rivaux.

Je soutiens même que dans une certaine mesure les gouvernements sont les fusibles des banques centrales, ce sont eux qui sautent quand la banque centrale fait des erreurs! L’échiquier politicien est en pratique, pour les banques centrales,  un clavier.

La vraie mission d ‘un gouvernement démocratique devrait être de garantir que les banques centrales travaillent dans l’intérêt general ; mais ils ne peuvent pas excercer cette mission car les Banques centrales tiennent le robinet du financement des déficits et des dépenses; les gouvernements sont les obligés des banques centrales. En Europe la banque centrale détient même la clef de la liquidité des échanges comme on l’a vu lors de la crise grecque.

Les banques centrales jouent un jeu diabolique qui consiste à gérer dans l’intérêt d’une classe particulière et en même temps à dire que « les gouvernements ne font pas ce qu’il faut » ; ainsi elles les accusent d’être responsables des maux qu’ elles même causent. Ce faisant elles affaiblissent vos gouvernements élus et les utilisent comme marche-pied pour asseoir leur pouvoir.

Tout ce qui ne va pas  disent les Draghi et autres , « c’est de la faute des gouvernements ils n’osent pas faire les réformes », les fameuses  réformes destinées assouplir les échines, les réformes qui permettraient  de dégager un surproduit plus important pour solvabiliser les dettes et améliorer la profitabilité du capital.

Il faut se protéger  aussi  bien des banques que des démagogues.

Mais quand un démagogue se dresse contre les banques centrales, le mieux est de le soutenir, au moins temporairement. Les alliances ne sont toujours que ponctuelles.

A méditer.

Le journal phare mondial d’un certain capitalisme, le FT prend la tête d’une croisade pour sauver les banques centrales. Son objectif n’est pas de corriger le système mais de le protéger en la forme actuelle. 

Lisez l’article ci dessous publié par le FT.

Les banquiers centraux sont sous le feu.

Donald Trump a qualifié le président de la Réserve fédérale, Jay Powell, d’ennemi de la politique monétaire américaine, elle serait trop contraignante pour le président.

Certains députés britanniques ont attaqué le gouverneur de la Banque d’Angleterre, Mark Carney, pour son opposition présumée au Brexit, tandis que le gouverneur de la Reserve Bank of India, Urjit Patel, a démissionné l’année dernière après s’être heurté au gouvernement de Narendra Modi.

Matteo Salvini, président de la Ligue d’extrême droite italienne, a appelé à la suppression complète de la Banque d’Italie.

La politique est délicate pour les technocrates lorsque leurs pays sont divisés et que les partisans souhaitent les écarter. Les fonctionnaires sont des boucs émissaires commodes pour les mouvements populistes. Si les banquiers centraux veulent  éviter la politique, ils doivent faire preuve de perspicacité politique.

Pour être efficaces, ils doivent obtenir un large soutien pour leurs décisions, protéger leur légitimité et être attentifs aux pressions de la population.

Pour la Fed, il existe une complication supplémentaire: la banque centrale doit réagir à la guerre commerciale de l’Administration avec la Chine et élaborer  une politique visant à atténuer ses effets sur les États-Unis.

M. Powell a abordé tout  cela de manière un peu oblique le week-end dernier, en affirmant que la politique commerciale était «l’affaire du Congrès et de l’Administration, pas de celle de la Fed».

Cependant, réagir à toute perturbation risque d’encourager M. Trump, qui souhaite voir des taux plus bas et un dollar plus faible.

Bill Dudley, ancien membre du comité de fixation des taux de la Fed, a suggéré dans une colonne de Bloomberg cette semaine que les responsables américains devraient riposter.

Il a ajouté que les responsables monétaires pourraient « déclarer explicitement que la banque centrale ne renflouera pas une administration qui continuerait  à faire de mauvais choix en matière de politique commerciale ».

Il a laissé entendre que le résultat des élections de 2020 relevait de la compétence de la banque centrale puisqu’un second mandat de Trump constituerait une menace pour l’économie américaine. Les personnes qui fixent les taux devraient donc examiner en quoi leurs décisions pourraient affecter le résultat.

Ce serait une erreur.

Il n’y a pas de moyen simple de traiter avec M. Trump, mais la Fed devrait vivre avec sa déconfiture. La Fed a deux objectifs: stabiliser l’économie et préserver l’indépendance de l’Institution. Ni l’un ni l’autre n’est servi par un conflit direct avec le président. Les banquiers centraux sont, en fin de compte, des fonctionnaires et ne devraient pas utiliser leur contrôle des taux d’intérêt pour faire pression sur les élus.

Les commentaires de M. Dudley risquent d’alimenter des délires complotistes au sujet de fonctionnaires non élus tirant les ficelles dans les coulisses.

Les banquiers centraux devraient plutôt rester calmes, s’en tenir à leur mandat et dire la vérité.

M. Powell a raison de dire que la politique monétaire ne peut pas compenser les dommages causés par la guerre commerciale, qui affecte à la fois la demande de biens et de services et la capacité de les fournir.

Mario Draghi, président de la Banque centrale européenne, a géré avec habileté la controverse entourant l’assouplissement quantitatif, réagissant franchement aux critiques et soulignant la nécessité d’une réforme structurelle.

Il est juste de s’attendre à ce que les banques centrales expliquent publiquement leurs choix et justifient leurs politiques.

Les politiciens ont à leur tour un rôle légitime dans le contrôle de leurs décisions. La politique monétaire affecte la répartition de la richesse et des revenus. Les banquiers centraux détiennent un pouvoir énorme sur les marchés et le destin de milliards de personnes.

La rhétorique des politiciens peut toutefois aller trop loin.

En plus de qualifier M. Powell d’ennemi, M. Trump s’est servi de la tribune  tyrannique de Twitter pour le comparer à un golfeur qui ne sait pas « putter » et pour remettre en question sa nomination. De telles remarques ont pour but de faire pression pour  que la Fed soutienne l’agenda du président. La meilleure réponse est de l’ignorer. La banque centrale doit faire le meilleur travail possible dans des circonstances difficiles.

Le peuple américain va bientôt apprendre que même la Fed ne peut pas sauver les États-Unis des folies de M. Trump.

 

 

8 réflexions sur “Editorial. A relire, texte modifié. Remettre les banques centrales à leur place.

  1. Audition de Christine Lagarde par le Parlement Européen sur sa candidature proposée pour succéder à Super Mario.
    CV détaillé de CL + « Entretien d’embauche » sous forme de questions-réponses.

    DRAFT REPORT
    on the Council recommendation on the appointment of the President of the European Central Bank.
    PROPOSAL FOR A EUROPEAN PARLIAMENT DECISION
    on the Council recommendation on the appointment of the President of the European Central Bank.
    http://www.europarl.europa.eu/doceo/document/ECON-PR-639816_EN.pdf

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  2. Stabilité des prix par ici, Stabilité des prix par là, elle n’a que ça à la bouche.
    Stabilité vis à vis de quoi, de l’or par exemple ? Nul doute l’euro est stable divisé par 4 bientôt 5 depuis 2002… et tous ces bonimenteurs passent d’un organisme à un autre avec gros salaires et avantages en tout genre, tous ces parasites qui se la jouent au dépend des peuples alors qu’ils ne sont qu’une bande d’incapables et de comédiens mis là pour faire croire qu’ils savent ce qu’ils font pour faire accroire aux veaux qu’ils ont un berger.

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  3. quelque soit le taux d’intérêt (positif, négatif ou nul) la capacité de remboursement de l’emprunteur est primordiale si il ne veut pas que son prêteur s’approprie les gages qu’il détient.
    .
    Le banquier, de façon traditionnelle , s’approprie une partie de vos revenus à travers l’intérêt qu’il perçoit.
    Mais comment se rémunère-t-il quand le taux réclamé est nul, voire négatif ?
    Tout simplement en s ‘appropriant une partie de votre patrimoine…

    Il faut être d’autant plus prudent que le banquier est généreux en subventionnant votre prêt.

    Les Taux zéro ou négatifs pratiqués par les banques centrales actuelles vont conduire à un transfert de richesses important et elles s’y préparent.
    La ponction sur nos dépôts est inéluctable et cela ne suffira pas !

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    1. Les banquiers vivent de commissions sur vos operations et sur votre patrimoine , ces commissions sont en realité les equivalents d’impots car sans rapports avec les couts. C’est un droit de vous taxer.

      Par ailleurs les banques vivent de plus values réalisées sur les marchés d’actifs, ces plus values proviennent de la dilution de vos patrimoines par l’effet Cantillon élargi aux actifs financiers en général et non plus seulement reservé à la dilution monétaire.

      Je reviendrai un jour sur ces questions que vous soulevez, elles sont mal connues.

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      1. Vous dites souvent que le système s’est heurté à la profitabilité.

        Je suppose que c’est pour cette raison que les Usa sont allés chercher les petits chinois dans les années 70. Dumping pour restaurer le profit pour les entreprises tout en asservissant leur peuple à plus de crédit pour dissimuler. Les autres suivront …

        Il faut croire aussi que le marché du pétrole en dollar ne suffisait pas à alimenter un ogre comme les Usa.

        Puis ensuite ça n’a pas suffit, l’ingénierie financière a pris le relais, à mon avis par facilité d’abord pour créer la fameuse plus value dont les marchés raffolent et qui ne les a pas calmés bien au contraire puisque l’appétit a grandit avec Wall street jusqu’à s’étendre au monde entier.
        Je me souviens des années 80, ce n’était pas la propagande alors pour le climat mais pour les traders de Wall street .

        Le système créait tous les jours des milliards à travers le crédit à travers le monde et ça ne suffit jamais, ça ne suffit jamais parce que la vitesse de création monétaire est intenable vis à vis de la cadence des êtres humains .

        Ils veulent tout et son contraire : de la consommation de masse et de l’écologie.
        Ils sont fous.

        Rajouter des milliards supplémentaires ne fera que rendre la vie des humains de plus en plus intenable. Les Trump comme les Macron n’ont aucun pouvoir sauf de vouloir faire croire le contraire et de profiter de l’instant pour se la jouer maître du destin de leurs pays…

        Le système est en roue libre…………..et nous sommes dans la roue…

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  4. Les BC sont des institutions qui échappent à tout contrôle. Un Contre-Pouvoir Civil doit impérativement se constituer, pour informer, alerter, contrôler, les objectifs des résultats et du bilan de ces organismes bancaires, ceux en places étant inopérants.

    Le BC actuellement couvrent les faillites des Banksters qui transposent leurs pertes sur les comptes clients, avec la bénédiction des parlements et des organismes de surveillances.

    Les Intérêts négatifs sont inacceptables dans une société civilisée digne de ce nom. De plus, transposer une faillite devient La norme. Cela est bien plus qu’intolérable, c’est inique, condamnable et nos gouvernements parlementaires coupables et responsables des dérives actuelles n’ont aucune chance de retrouver un équilibre de fonctionnement, vu de la taille des bilans.

    Quant à utiliser ces pertes pour « réformer », c’est tout simplement criminel…

    Cela ne peut que mal finir. D’où la montée du Dollar, la chute de l’Euro, ce qui précipite encore plus ce désordre. Messieurs les Anglais, tirez les premiers ! l’intendance suivra …

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