“CO2 OU PIB, IL FAUT CHOISIR”, décarboner c’est décroitre

Comme je l’ai déja expliqué à des lecteurs qui m’interrogeaient, je n’écris pas sur le climat et la planète. Je n’ai aucun titre pour le faire et mon avis ne vaut pas plus que celui de tout un chacun même si j’ai une discipline de réflexion et une éthique que d’autres n’ont pas.

Comme je l’ai expliqué, en cette matière, « ma seule sertitude c’est d’être dans le doute », je suis troublé, mais pas convaincu.

Cela ne m’empêche pas que le Pari Pascalien doit s’appliquer: dans l’ignorance autant être prudent, raisonnable et responsable.

Cela ne m’empêche pas de démystifier le caractère idéologiqie et tristement malthusien des récupérations politiques et commerciales de ce thème.

J’ai honte pour les publicitaires et les entreprises qui utilisent ce thème de la façon la plus malhonnête pour vendre et polluer encore plus.

J’ai honte pour ces politiciens à la Macron qui utilisent le thème comme une construction parallèle pour hausser les prélevements sur les moins favorisés par la mondialisation, la croissance et la post-modernité

Je suis en colère quand je constate que cette idéologie est utilisée pour vendre du faux collectif, du vrai contrôle social et de la servitude béate.

Il y a une chose dont je suis persuadé, c’est que les politiciens mentent, trichent , enfument. Si ils voulaient piloter une action efficace contre le réchauffrement climatique, ils monteraitent simplement le paramètre clef de nos sociétés: le taux d’intérêt.

Le taux d’intéret est le régulateur intertemporel clef, c’est lui qui est utilisé par nos gribouilles-diafoirus pour forcer la croissance au dela de son rythme naturel. Le taux d’intérêt trace les préférences entre le présent et le futur et selon les choix de la société il peut pénaliser certaines anticipations ou au contraire en favoriser d’autres.

On le baisse pour doper et pour gaspiller plus! Non seulement les taux  sont voisins de zéro, mais on parle de les rendre négatifs et de punir les récalcitrants qui épargnent et refusent la course à la consommation imbécile!

Voila l’opérateur privilégié pour lutter contre le réchauffement climatique: le prix du crédit. Il faut qu’il soit élevé pour éviter le gaspillage, il faut cesser de le subventionner par la fiscalité et il ne faut favoriser la canalisation des ressources que pour sélectionner les types d’investissement vraiment conformes aux choix de la société.

Les taux d’intérêt bas sont une incitation à faire aujourd’hui ce que normalement on ne devrait faire que demain ou ne pas faire du tout : consommer plus, investir pour organiser les péremptions, gaspiller…

Le taux d’interêt est le régulateur de la croissance et si on a besoind’une croissance saine , non gaspilleuse, rigoureusement selectionnée alors il faut de les taux soient élévés. Il faut dissuader les anticipations d’accélération des niveaux de vie . Il faut rallonger les cycles de vie des équipements et non pas les raccourcir.

Mais hélas on ne peut le faire car si on le faisait c’est tout l’édifice des dettes et donc toute la civilisation des banquiers et financiers qui s’écroulerait. Si on avait des taux normaux alors l’ordre social inique actuel s’effondrerait.

“CO2 OU PIB, IL FAUT CHOISIR”

Précis, véhément et volontiers iconoclaste, l’ingénieur et spécialiste du climat Jean-Marc Jancovici a délivré aux étudiants de deuxième année une leçon en forme de démonstration sur l’inéluctable fin de l’âge d’or énergétique. En la matière, point de compromis possible : décarboner l’économie, c’est aussi en finir avec la course éperdue à la croissance. Retour sur les points-clés d’une démonstration salutaire, à revoir en intégralité.

“Cela fait deux siècles que nous passons notre temps à remplacer des énergies renouvelables par des énergies à stock limité”, assène l’ingénieur et spécialiste du climat Jean-Marc Jancovici en ouverture de son propos aux étudiants de deuxième année. “Pourquoi ? Les hommes ne sont pas des crétins : il y a une raison physique profonde à cela.”

Comment l’homme est devenu “Superman pour de vrai”

S’ensuite, chiffres et exemples à l’appui, le récit de la surpuissance que les ressources fossiles, et les machines qui les convertissent en énergie, a permis au genre humain de développer. “C’est bien simple, nous sommes 7 milliards d’êtres humains aujourd’hui, sur Terre, si on voulait produire autant de puissance qu’aujourd’hui sans machines, il faudrait que nous soyions 1400 milliards d’humains.” Des habits de Superman irrésistibles, qui ont démultiplié croissance, richesse…et émissions de CO2 dans l’atmosphère. De manière inimaginable, et irréversible : “on ne pourra pas épurer le CO2 déjà relâché dans l’atmosphère, dans un siècle, il restera toujours la moitié de ce que l’on a créé jusqu’à aujourd’hui”, avertit le conférencier.

“Nous ne sommes pas du tout en train de diminuer la consommation d’énergies fossiles”

Or aujourd’hui “Superman commence à se sentir à l’étroit dans sa combi”. Qui dit énergies non renouvelables, dit stock limité. “Le fameux “pic” de pétrole a déjà eu lieu en 2008 pour la plupart des formes de pétrole, et personne n’en a parlé”, déplore Jean-Marc Jancovici, qui dénonce également “l’importance démesurée accordée au développement des énergies renouvelables dans les médias », qui en réalité représentent une « infime partie » des sources d’énergie consommées actuellement. “On ne pourra pas remplacer tout cela par des énergies renouvelables à 100 % : c’est incompatible avec le fonctionnement actuel de notre système économique ».

Décarboner, c’est décroître

D’où la nécessité, d’après l’ingénieur, d’abandonner l’idée que la décarbonation de l’économie peut aller de pair avec la course au gain de PIB qui donne le là de notre système économique. “PIB ou C02, il faut choisir”, martèle-t-il. En cause, la théorie économique qui a diffusé une “vision fausse” dans laquelle les ressources naturelles ont été considérées comme “gratuites” – puisqu’il « suffisait de se baisser pour les ramasser »“Or, sans prix, leur destruction n’a pas de coût non plus : voilà comment le système de pensée économique se révèle incapable d’appréhender le changement en cours”. Uniques voies pour “amortir” la décroissance nécessaire selon lui : arrêter de se focaliser sur le PIB pour mesurer notre progrès, proposer des projets qui n’ont pas besoin de la croissance pour susciter l’enthousiasme, et s’appuyer, aux côtés des énergies renouvelables, notamment sur le nucléaire qui peut “amortir la décroissance et ses conséquences néfastes”.

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6 réflexions sur ““CO2 OU PIB, IL FAUT CHOISIR”, décarboner c’est décroitre

    1. Écouter JM Jancovici est indispensable pour comprendre la situation intenable dans laquelle on est.J en parle autour de moi,les gens ont du mal à comprendre que l énergie est la base du système,et je ressens qu’ils ont peur de voir la réalité.

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  1. Bonjour,
    je viens de découvrir cette vidéo:

    Pablo Servigne est parfois assez faible en tant qu’orateur mais cette présentation est une mine d’information et un modèle de pensée transverse : les photos des familles qui posent avec la nourriture de la semaine est notamment géniale.

    Cdlt.

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  2. JM Jancovici extrait:
    Peut-on analyser le mouvement des gilets jaunes sous le même prisme ?



    Jean-Marc Jancovici : En partie. Depuis 2007, les pays de l’OCDE vivent, en tendance, une décrue subie de l’approvisionnement de pétrole. Et c’est pour cette raison que les problèmes économiques se sont déclenchés au même moment dans tous les pays de l’OCDE.

    Si vous n’avez pas assez de pétrole, vous n’avez pas assez de transports, et l’économie se contracte. Les premiers à perdre leur emploi sont en général les moins qualifiés, ceux qui gagnent le moins, et ils vivent là où le foncier est le moins cher, c’est-à-dire loin des villes, où ils sont dépendants de la voiture pour se déplacer. Si l’économie se contracte par manque de pétrole, ces gens-là sont soumis à une double peine, d’abord ils sont éjectés du monde du travail avant les autres et ensuite les déplacements leur deviennent moins accessibles. Le mouvement des gilets jaunes est parfaitement cohérent avec ce qu’il se passe de manière globale. À ce titre, dès 2011, j’écrivais une tribune publiée dans « Les Échos » et intitulée Marine Le Pen, enfant du carbone.
    https://mrmondialisation.org/jean-marc-jancovici-on-ne-peut-plus-eviter-la-totalite-des-claques-interview/

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  3. Bonjour,

    Jancovici est absolument indispensable, il m’a fait comprendre 2 choses:
    – l’économie est de l’énergie transformée ce que l’on peut tous vérifier au quotidien si on en prends le temps = la taille de l’économie est un sous produit des flux d’énergie
    – nous sommes foutus: les élites dirigeantes ne comprennnent absolument pas le sujet et vont nous amener dans un effondrement, violent ou moins violent (les banques centrales ne savent pas imprimer du pétrole)

    Si on considère que le réchauffement n’existe pas, nous allons tout de même faire face à des limites de tous ordres qui sont documentées depuis des années et l’Europe : pétrole conventionnel, phosphate, sable, productivité des sols, …

    L »Europe n’a absolument pas les moyens de garantir son approvisionnement pour le pétrole par exemple: le pétrole est à la base de tout comme des fonctions critiques (agriculture et transport pour approvisionner les villes, extractions et transports des matérieaux de base).

    Même si les élites politiques comprenaient il faudrait réaliser un effort de guerre concerté pour essayer de limiter la casse, mais là ils n’ont même pas compris qu’il y avait un problème.

    Donc la trajectoire est claire : effondrement d’abord financier, puis économique avec le tarissement des flux d’énergie, puis social.

    Cordialement.

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  4. “On ne pourra pas remplacer tout cela par des énergies renouvelables à 100 % : c’est incompatible avec le fonctionnement actuel de notre système économique »
    Oui là est tout l’enjeu.
    En fait, je crois que nous sommes déjà en train de décarboner et de façon contrainte.
    Ci-joint, pour les USA (mais c’est aussi vrai pour la plupart des économies) l’évolution du GDP corrélée à la consommation d’énergie primaire.
    Jancovici le démontre parfaitement (voir son site: https://jancovici.com/)
    Depuis 2004, nous sommes dans un monde ou le GDP progresse sans consommation supplémentaire d’énergie primaire, ce qui compte tenu du fonctionnement de nos économies, est physiquement impossible.
    Cela ne fait de mon point de vue que traduire l’action des BC et du miracle de la planche à billets ainsi, comme vous le soulignez, de la course infinie vers l’endettement.

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