France d’en haut contre France d’en bas. Non la lutte des classes n’est pas morte.

France d’en haut, France d’en bas.

Fracture sociale, 1% contre le peuple, ceux qui ont contre ceux qui n’ont pas, priviliégiés et laissés pour compte… etc. On ne compte plus les façons binaires de caractériser nos sociétés.

La diversité des appellations de la cassure sociale masque une réalité qui pourtant crève les yeux: la division, la coupure, le fossé, l’antagonisme, qui en dernière analyse reposent sur le rapport à l’argent, sur le rang social, lequel repose sur les rapports de production et la répartition du surproduit.

Les uns en croquent les autres n’en croquent pas.

Tout ce fatras recouvre,  le concept de lutte des classes: nous sommes dans les avatars de la lutte des classes, elle n’en finit pas de se décliner, de muter, de prendre  différents visages depuis qu’elle a été envoyée aux oubliettes de l’histoire par ceux qui ont échoué à faire la Révolution dont les avaient engrossé les penseurs communistes. Chassez le naturel et il revient au galop disait Aristote , c’est vrai et il revient masqué.

La lutte des classes est morte sous cette appellation, mais elle s’est diversifiée, elle touche tous les aspects sociaux, politiques, sociétaux . Et au coeur de cette lutte des classes on a certes du mal à discerner les exploités , car beaucoup sont ausi exploiteurs et participent à l’exploitation d’autres plus damnés qu’eux , mais en revanche on voit toujours clairement ou se situe la bourgeoisie.

On cherche à noyer le poisson sous des faux semblants et des désignations trompeuses . Ces faux semblants ont une fonction sociale: dérouter, mystifier, masquer, enfouir  le fait que la grande, la seule, la vraie division est la division en classes sociales fondées sur les rapports de travail, sur les rapports de production.

Et c’est pour dissimuler cette vérité gênante que l’on multiplie les  mensonges,  que l’on colle les fausses etiquettes. Mal nommer est l’un des moyens utilisés pour dominer, pour perpétuer un ordre social qui a dérapé.

Lisez ce bon texte de Maxime Tandonnet intitulé :

La grande fracture

France d’en haut, celle des plateaux de télévision, des grandes écoles et des bons quartiers parisiens, de l’impôt sur la fortune immobilière et qui vote LREM/ France d’en bas, anonyme, inconnue, discrète, provinciale, qui rame pour finir les fins de mois et partir en vacances. La fracture ne cesse de s’aggraver au fil des jours.

La première s’enivre depuis une semaine, jusqu’à se rouler par terre, du lynchage – mérité – d’un « écrivain » gaucho-médiatique à la mode. Tel est le psychodrame national de la rentrée.

La seconde (la France dite d’en bas), s’incarne aujourd’hui dans le visage d’un jeune homme de 19 ans, pâtissier, issu d’un village de Savoie, passionné de musique et de nature, immolé avant-hier par un réfugié afghan à Villeurbanne.

La France d’en haut se contorsionne depuis deux jours pour banaliser la tragédie: « un fait divers », « à la mauvaise place, au mauvais moment », « un mort seulement »! Un seul mot d’ordre, élément de langage implicite, écrase toutes les réactions de la France d’en haut: accident, sans le moindre espèce de rapport avec la menace terroriste. Certes, l’homme a « entendu des voix » lui dictant de tuer des mécréants. Mais peu importe, la question ne doit même pas se poser. Fort peu d’hommage, peu de mots de compassion et de solidarité, ou du bout des lèvres pour celui qui a perdu la vie.

Pourquoi? Eviter à tout prix que l’idée même d’un lien avec les notions de barbarie, de jihadisme ou de fanatisme, ne vienne ternir l’image du « nouveau monde », tout en harmonie, dans lequel nous sommes supposés vivre depuis juin 2017.

Et puis il y a les autres, à l’inverse, les politiciens charognards qui tentent de récupérer le drame à des fins électoralistes en l’exploitant sans vergogne avant même que le sang et les larmes n’aient commencé de sécher.

Entre les deux, entre les pacifistes et les charognards, que reste-t-il de la compassion et la solidarité nationale, envers un jeune homme de 19 ans, qui n’était ni gendarme, ni prêtre, ni policier, sacrifié par une brute.

Et puis une question abominable me vient à l’esprit: si le jeune homme avait été, non pas apprenti pâtissier savoyard de 19 ans, mais un étudiant du 7e ou du 16e  arrondissement, à science po ou hec, un fils de ministre, ou de député LREM, ou rejeton héritier d’une grande boîte du CAC 40, la France d’en haut eût-elle réagi avec autant de détachement?

Ce n’est qu’une question. J’ai bien le droit de me la poser, non?

Maxime TANDONNET

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s