Essai: Les rendements actuels des actifs financiers prédisent les rendements futurs ».

« Si les prix sont élevés et les rendements faibles, cela signifie que les investisseurs sont disposés à accepter des rendements inférieurs à l’avenir. Les rendements actuels prédisent les rendements futurs ».

Je soutiens le constat de Trotsky selon lequel les erreurs théoriques conduisent aux catastrophes pratiques. Je le rappelle très souvent. Les autorités et leurs suiveurs travaillent à partir de théories fausses, c’est à dire d’idéologies  et ils en espèrent des résulats positifs.

Je prétends qu’ils se trompent et qu’ils nous trompent: dans le domaine logique, dans la Nécessité, les miracles n’existent pas . Bien entendu les apprentis sorciers peuvent faire illusion dans le court terme, ils peuvent repousser les échéances. Je précise qu’il faut entendre par court terme non pas le facteur  temps ordinaire, le temps du calendrier mais le temps logique, celui de maturation des évènements et des processus. C’est dire si nous sommes non pas à l’échelle de l’actualité mais à l’échelle de l’Histoire.

Etant materialiste je prétends que ce ne sont pas les idées, les volontés, les théories, les récits , les narratives  qui produisent le réel. Je prétends que la subjectivité est produite par l’objectivité.

Ce n’est pas la subjectivité qui produit le monde , pas même celle de Macron, non ce sont les conditions matérielles qui dictent et forment la subjectivité. Les Macron, en fait, ne sont que « agis », ils n’agissent pas.

Ce sont des tenants  lieux.

Notre macron national n’est rien d’autre que l’agent du système qui tente de réparer, de compenser la baisse du taux de profit du capital français  qui dure depuis des décennies en surexploitant les salariés par exemple. Il est dans la fatalité, laquelle est imposée par la concurrence, par la libre circulation des capitaux, par la globalisation, par l’appartenance au bloc Allemand.

D’une sertaine façon notre Macron à nous fait comme le patron de Goldman Sachs il accomplit l’oeuvre de Dieu a condition de dire comme je le fais que le dieu dont il s’agit c’est le système du capitalisme financialisé. Macron est en réalité un serviteur, un esclave , un soumis, mais  en échange de sa soumission il a l’illusion de satisfaire sa volonté de puissance à lui et celle de sa femme.

Ainsi j’affirme que c’est la tendance terrible à l’érosion du taux de profitabilité du capital qui produit les théories actuelles , ces théories qui disent qu’il faut se contenter de peu. Et que le capital qui rapporte encore un peu, lui, il vaut très cher. D’ou la hausse continue des prix du capital ancien coté sur les bourses. Une hausse de rareté du profit.

C’est la tendance terrible, systémique à l’érosion de la profitabilité du capital total productif, improductif, fictif, de poids mort qui produit les soi disant remèdes, et que cette pensée, celle des remèdes,  s’inscrivant dans la crise   en est un élément et qu’elle la produit et la renforce.

Les banquiers centraux et leurs suiveurs sur les marchés qui font inflater les bourses produisent  la crise contre laquelle ils prétendent lutter. Les théories financières actuelles qui guident les actions des soi disant acteurs sont des symptômes de la crise. Elles ne lui sont pas extérieures.

Comme le dit Stendahl que Macron prétend avoir lu: « on ne peut à la fois être à la fenêtre et se regarder passer dans la rue »; il est impossible d’être observateur , on est partie prenante.

Je vous livre ci dessous la meilleure théorisation actuelle de la bourse, de la valeur des actifs et de la formation des cours des actifs financiers. C’est la meilleure, la plus élaborée et c’est celle que j’utilise quelque fois quand je fais de la gestion c’est à dire quand je ne pense pas radicalement; car ici on fait à la fois de la gestion dans le cadre du système et en même temps on déchiffre, on critique, on démonte  le système.

Cochrane subjectivise, il croit que ce sont les intervenants des marchés, les analystes qui font le marché! Il n’a pas encore compris que le discours des économistes, ceux des analystes ne sont que des produits d’un marché qui leur échappe, ils sont le jouet, les jouets des marchés. Ce type de discours est une rationalisation d’un mystère qui échappe à tout le monde mais tant que cette rationalisation est partagée, cela marche!

Lisons Cochrane, traduction BB

En 2011, John Cochrane, professeur à la Booth School of Business de l’Université de Chicago, a exposé  un travail fondamental  sur les «taux d’actualisation» à l’American Finance Association.

Il a été publié sous forme de papier quelques mois plus tard.

Dans une vision radicale, M. Cochrane a expliqué comment les universitaires ont changé de mode de compréhension de la manière dont les prix des actifs se sont déterminés au cours des cinquante dernières années.

Beaucoup de papiers sont décrits comme des « points de repère »; celui-ci mérite plus  le droits a cette appelation  que la plupart.

La ligne de base  qui sous tend son travil («Les prix des actifs doivent correspondre aux flux de trésorerie actualisés qui sont prévus») indique que les prémisses fondamentales  de l’analyse financière n’ont pas changé.

Il y a toujours deux aspects:

-dabord l’estimation des flux de trésorerie et ensuite

-l’actualisation de ces flux.

Mais beaucoup a changé par ailleurs .

Dans les années 1970, la finance universitaire mettait l’accent sur la partie «attendue» (expected) de cette équation – et donc sur l’efficacité avec laquelle les marchés tenaient compte de toute nouvelle information pertinente pour les futurs flux de trésorerie.

L’accent a changé.

La partie « actualisation », ou les préférences des investisseurs en matière de risques, est devenue le principal principe d’organisation de la recherche, a déclaré M. Cochrane.

Selon la vieille école, lorsque les cours des actions sont élevés par rapport aux bénéfices ou aux dividendes (c.-à-d. lorsque  les rendements sont bas), cela signifie que les flux de trésorerie devraient augmenter rapidement à l’avenir. Cela signifie que l’on anticipe une croissance forte.

La nouvelle école affirme que ce sont les variations de l’appétit pour le risque c’est à dire le taux d’actualisation que les investisseurs appliquent aux bénéfices futurs , qui expliquent en grande partie la variation des prix des actifs.

Si les prix sont élevés et les rendements faibles, cela signifie que les investisseurs sont disposés à accepter des rendements inférieurs à l’avenir. Les rendements actuels prédisent les rendements futurs.

Il y a des implications pratiques.

Il y a une génération, un investisseur aurait peut-être cherché dans l’historique un guide des rendements attendus. Maintenant, les rendements présents, actuellement pratiqués sont considérés comme un outil plus utile.

Cela est plus clair avec les obligations du gouvernement. Le rendement annuel réel des obligations du Trésor américain était de 1,9% entre 1900 et 2018, selon le Global Investment Return Yearbook du Credit Suisse. Mais l’histoire est passée par là. Il ne serait pas sage de s’attendre à un rendement de 1,9% lorsque le rendement à l’échéance des obligations du Trésor protégées contre l’inflation est égal à zéro, comme c’est le cas actuellement.

Les flux de trésorerie futurs provenant des actions ne sont pas aussi certains (assurés)  que ceux des obligations d’État. Mais M. Cochrane a fait valoir qu’un principe similaire s’applique aux actions  sur le long terme. «Les prix élevés, comparés aux dividendes, ont précédé de manière fiable de nombreuses années de rendements médiocres. Les prix bas ont précédé les rendements élevés », a-t-il déclaré. Les prix bas annoncent des rendements élevés.

Ce que nous disons sous une autre forme; si vous achetez bas vous avez une chance de realiser une performance satisfaisante , si vous achetez cher vous devrez accecpter des rendements médiocres. Le rendement que vous pouvez espérer depend du prix auquel vous réalisez votre investissement.

Le pouvoir prédictif des rendements est valable pour les obligations et les actions, mais également pour d’autres actifs, tels que le logement. Et les évaluations basées sur les bénéfices globaux ou sur la valeur comptable confirment et  prédisent le rendement des actions au même titre que le rendement en dividendes.

Beaucoup de gens préfèrent les revenus distribués.

Le rachat d’actions est devenu un moyen  populaire de restituer du capital aux actionnaires plutot que de verser des dividendes. Le rendement calculé sur les bénéfices (earnings)  peut être un meilleur guide pour les rendements attendus.

Certes, les bénéfices de la société ne sont pas tous distribués aux actionnaires sous forme de dividendes ou de rachats; certains sont utilisés pour financer  les investissements qui vont  générer une croissance future des bénéfices.  Cette croissance devrait également être considérée comme faisant partie des rendements attendus.
Si les rendements actuels prédisent les rendements futurs , cela pourrait impliquer que les investisseurs avisés doivent vendre des actions lorsque les rendements (et les rendements attendus) sont faibles et les racheter lorsque les rendements sont élevés.

Malheureusement en pratique, le signal de rendement est trop faible pour que l’on puisse compter sur les points de retournement.

Si les rendements actuels prédisent les rendements, cela pourrait impliquer que les investisseurs avisés peuvent vendre des actions lorsque les rendements (et les rendements attendus) sont faibles et les racheter lorsque les rendements sont élevés. En pratique, le signal de rendement est trop faible pour que l’on puisse compter sur les points de retournement.

Mais ce qui compte pour beaucoup d’investisseurs, ce n’est pas tant le rendement des actions proprement dit que  le montant supplémentaire qu’elles rapporteront par rapport aux obligations sûres à long terme.

Cette prime supplémentaire correspond à la prime de risque sur actions – et, selon la façon de penser de M. Cochrane, le taux d’actualisation, la prime de risque et le rendement attendu des actions «sont la même chose».

Une mesure prospective de la prime de risque sur les actions montre de  grandes variations dans le temps (voir graphique).

Les investisseurs qui ont  un veritable horizon de long terme pourraient utiliser à bon escient ces variations pour décider de la composition des actions (à risque) et des obligations (sûres)  à conserver dans un portefeuille.

Plus la prime de risque sur les actions est élevée, plus les probabilités sont favorables aux investisseurs qui détournent leur portefeuille des obligations.

Une question qui se pose aux chercheurs universitaires est de savoir pourquoi les rendements exacts attendus (ou, si vous préférez, les taux d’actualisation) sur les actions varient tellement.

Une des explications est que, à mesure que les souvenirs du krach précédent du marché s’effacent, les gens se sentent plus à l’aise de posséder des actions – jusqu’à ce que le prochain marché baissier les incite à repenser. Il y a aurait un aspect mémoire, qui interviendrait.

Dans son allocution, M. Cochrane a affirmé que, dans un marché en crise, un investisseur-type , professionnel est enclin à ignorer les primes élevées offertes par les actions, car il craint pour son emploi. Son statut de professionnel l’empeche de profiter des opportunités.

C’est en quelque sortre la corrélation entre le revenu procuré par l’emploi et le prix des actions qui est à blâmer.

Les rendements futurs sont remarquablement difficiles à prévoir. Les rendements actuels  ne peuvent être qu’un  guide pas facile a utiliser ; mais ce  sont les meilleurs que nous ayons. ■

Une réflexion sur “Essai: Les rendements actuels des actifs financiers prédisent les rendements futurs ».

  1. Au cours actuel de LVMH une petite activité qui mobilise 200k euros de capital pour 12k euros de résultat annuel devrait valoir 12000 x 28 = 9 408 000 euros….

    Et avec 9 408 000 euros de valorisation combien puis je emprunter à 0.3% ???? pour acheter x petites entreprises qui rapportent encore un petit 6%

    Il y a deux mondes celui qui profite à la source et celui qui subit d’autant plus que la source coule plus fort.

    J'aime

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s