Résistez aux sollicitations de vos banquiers et assureurs Suite

Mon cher lecteur,
En effet, comme l’indique Hugues Aubry, membre du comité exécutif du groupe :
« Jusqu’à présent, le marché baissait par des petites marches de 10 ou 20 points de base. Nous irons bien au-delà. C’est une question de responsabilité et de pédagogie vis-à-vis de nos clients. Les points de repère ont radicalement changé.»
Merci Monsieur Aubry de faire preuve de tant de responsabilité et tant de pédagogie auprès des pauvres hères que nous sommes.
Voyez-vous Monsieur Aubry, j’ai connu il y a bien longtemps un communiquant fort comme pas deux, de ceux que je respecte. Il m’a appris la notion de « dette » en communication : cette dette, c’est ce qui est dû à votre interlocuteur : une forme de courtoisie, de la bienveillance, sincérité, transparence…
Tenez, par exemple la responsabilité et la pédagogie envers vos clients font partie de la dette. Personne n’imagine que vous revendiquiez être irresponsable ou jargonnants (oh que vous le soyez, certes, mais que vous vous en vantiez… Cela ne s’est jamais vu).
Ce qu’il y a avec cette dette en communication, c’est que vous n’avez pas le droit de vous en prévaloir : cela éveille la suspicion. Si vous sentez le besoin de le rappeler, c’est que cela ne va plus de soi. Ce qui était acquis est ébranlé.
Ainsi vous vous vantez de faire preuve de responsabilité et de pédagogie ? C’est probablement que vous êtes en train de faire l’inverse.
Malheureusement, je ne crois pas que vous soyez un mauvais communicant Monsieur Aubry : je crois que vous faites l’inverse de ce que vous déclarez.
Je vous imagine face aux gestionnaires de vos fonds euros Monsieur Aubry. Que leur dites-vous ? Attention, vous gérez trop bien l’épargne de nos clients, vous ne faites pas preuve de responsabilité, ni de pédagogie : gagnez donc moins d’argent je vous prie.
Bien sûr que non, vous ne leur dites pas cela… Mais que se passe-t-il entre les résultats de gestion et les intérêts que vous servez à vos assurés ?
Il se passe bien évidemment la forêt de tous vos frais qui fait que les assureurs mais il se passe également quelque chose de beaucoup plus vicieux : la PPB, Provision pour Participation aux Bénéfices.
Cette provision semble tout d’abord de bon sens : les assureurs gardent une partie du rendement en matelas en cas de pépin ou de sous-performance les années suivantes. C’est une manière de lisser les rendements. D’ailleurs, la loi oblige l’assureur à rendre cette provision à ses assurés dans les 8 ans qui suivent. Cet argent est bien le vôtre.
Fin 2017, selon le site goodvalueformoney.eu, ces provisions étaient de 3,58% des encours sous gestion pour l’ensemble des fonds euros. Elles n’étaient que de 1,43% en 2012 et elles continuent d’augmenter.
Cela signifie que depuis 2012, au moins, votre assureur ne vous donne pas tout le rendement qu’il pourrait (même après tous ses frais) et en met de côté pour les jours difficiles. Mais votre assureur est obligé de vous rendre cette provision sous 8 ans. Les 3,58% de réserves des assureurs font en moyenne 0,45% de rendement annuel potentiel que vous doit votre assureur.
Ces prochaines années, les rendements des fonds euros devraient être augmentés de ces provisions à redistribuer… Ou tout du moins ne sert-il plus à grand chose de continuer à augmenter ces réserves.
Alors pourquoi Generali estime être une preuve de responsabilité et de pédagogie en faisant artificiellement s’effondrer les rendements des fonds euros ?
Il y a un loup.
Rien ni personne ne précise comment les assureurs doivent reverser leurs provisions. Ils n’ont même pas besoin de les redistribuer au sein du fonds où elles ont été prélevées !
Cela signifie qu’ils ne vous rendront pas ces provisions : ils les donneront à de nouveaux clients pour les attirer, aux clients investissant plus en unités de comptes risquées mais rémunératrices pour l’assureur, ou encore aux clients de fonds eurocroissance dont seulement 80 à 90% du capital n’est garanti et seulement au bout de 8 ans.
Ces réserves sont des mannes pour les magouilles (il n’y a pas d’autre mot) des assureurs.
C’est à se demander si de tels comportement sont ne serait-ce que légaux, sans même parler de morale. Car dans notre pays, la Déclaration des Droits de l’Homme à valeur de constitution est celle-ci protège la propriété privée. Ces provisions vous appartiennent et cette manière de les reverser ressemble plutôt à du vol.
Normalement, une saine concurrence devrait rapidement disqualifier Generali face à de tels traitements. Mais il se trouve que Generali ne fait qu’appliquer vigoureusement les instructions politiques : « Il y a 1 600 milliards d’euros dans les assurances vie… la bonne nouvelle, c’est que si vous êtes intermédiaire financier, vous savez où est l’argent ».
La concurrence est faussée.
Le piège se referme.
Accrochez-vous à vos anciens fonds euros garantis. Résistez aux sollicitations de vos banquiers et assureurs : ne passez rien en unité de compte, ne versez plus rien sur une assurance vie. 
À votre bonne fortune,
Guy de La Fortelle
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