Essai. Questions fondamentale sur la modernité financière. Le Réel a l’éternité devant lui pour gagner contre les sorciers.

Les autorités monétaires et financières n’auraient pu prendre le contrôle des marchés si ceux ci n’avaient pas muté, changé de nature.

Les autorités n’ont à leur disposition que des outils de court terme, essentiellement les outils des taux courts et des quantitiés de monnaie.

Les déreglemenations, les jurisprudences, les pratiques se sont conjuguées pour peu à peu donner aux « responsables  » un certain contrôle du long terme.

Parmi les éléments  qui ont permis aux apprentis sorciers d’augmenter leurs pouvoirs il y a les innovations théoriques comme les théories de la gestion de portefeuille, de la mesure du risque, la théorie des marchés efficaces, la théorie de la communication, la théorie des anticipations rationnelles etc, j’en passe beaucoup  bien entendu.

Il y a aussi les moyens techniques utilisés: les machines jouent le jeu des autorités, elles suivent des prophéties qui se réalisent parce qu’elles sont crues.

Les banques centrales ont unifié le champ du monétaire, le champ du financier, le champ des marchés. Elles rêvent , sans succés d’unifier le champ de l’économie réelle; c’est ce qu’elles veulent dire sans l’avouer, quand elles abordent la question de l’échec de la Transmission.

Eh oui le monde des signes, le monde des ombres se manipule plus facilement que celui de la réalité. En particulier celui de la réalité humaine. Les hommes resistent, ils n’obéissent pas toujours comme on le souhaite. La tentative démiurgique de reduire les hommes à leurs animal spirits caractérise la période en cours; on essaie de contrôler leur comportement par la gestion de ces fameux animal spirits. Peur et envie. On encadre l’esprit de jeu.

Il est évident que même si on croit y parvenir, ce sera , on le verra dans le futur un colossal échec.

Car le réel il est ce qu’il est, pas ce que l’on veut! Le réel est ailleurs, il est autre, il est différent du perçu. Le fameux « perception is all  » de Rubin est faux. Car ce qui domine ce ne sont pas les animal spirits, non, ce n’est pas la subjectivité, ce qui commande, c’est le poids du réel, l’objectivité du réel . Sa pesanteur. Et cela nos apprentis sorciers n’ont aucun pouvoir de le modifier. Ils peuvent le nier mais ils doivent néanmoins lui obéir. La loi de la rareté, la loi de la valeur, la finitude, tout cela finit par s’imposer. Le Réel a l’éternité devant lui pour gagner contre les sorciers.

Ils ont créée un colossal ensemble unifié en réduisant les actifs financiers à de simples paramètres dont l’essentiel est le rendement, la volatilité . Notez que dans ce réel, ils ont escamoté l’essentiel: le droit de propriété, c’est à dire le Pouvoir.

Une action ne sera jamais équivalente à une obligation. Même si vous transformez les actionnaires en actionnaires passifs, même si ils cesseent d’être actifs et deviennent passifs.

Ils ont fait en sorte que cette unification du champ des actifs se fasse sous leur pouvoir et sous leur bénédiction: on ne doit pas jouer contre la Fed. Don’t fight the Fed est la recette du succés.

Ainsi la fameuse équation de la Fed qui prétend cerner la valorisation des marchés d’action est une escroquerie intellectuelle, très efficace qui permet aux gouverneurs de piloter en jouant sur les taux de rendement des actifs sans risque et en fournissant des assurances, des guidances qui lissent la volatilité. L’escroquerie consiste à faire croire que lorsque les taux sont très bas les actions doivent valoir plus cher. Les taux bas, cela signifie que la croissance sera nulle et que par conséquent, toute la chaine des futurs bénéfices en sera affactée;  donc la baisse de taux n’implique aucune bonification aux multiples cours-bénéfices. On ne peut à la fois dire que la croissance va stagner et considérer que les bénéfices vont croitre comme dans le passé. Même à l’élargissement des marges bénéficiaires il y a une limite absolue!

Bref vous avez compris ce que j’essaie de survoler.  Il faudrait des livres pour tout expliquer mais je n’en ai ni le temps ni l’envie.

Il y a un asepct qui contribue fortement au renforcement des pouvoirs des autorités  et autres apprentis sorciers c’est l’informatisation, le recours aux computers, aux algorithmes,  la gestion quantitative, la gestion passive.

Tout cet arsenal est fondé sur des répétitions de formes, de gestalt, de comportements, de corrélations, d’ arcs reflexes plus ou moisn complexes, mais toujours simplistes dans la mesure ou ils relient du court terme, de la nouvelle, de l’instantané  à du long terme, c’est dire au prix d’un actif financier qui est une somme actualisée de cash flows longs. On fabrique du long avec du court.

Sous cet aspect il est évident que « ce n’est plus comme avant » et que les fondamentalistes qui soutiennent l’idée que sous le soleil il n’y a rien de nouveau se trompent.

Tout a changé, dans une certaine perspective.

On a rendu le monde monétaire et financier dérivable au sens mathématique,  le long terme est une succession de courts termes, il  n’y a plus de fractal etc.

Bref on a maitrisé .

Ceci implique que l’on rejeté les crises, le chaos, les ruptures, la cassure des invariants  hors du champ de la compréhension et que l’on compte sur … les  apprentis sorciers, les banques centrales, les fabricants de monnaie pour toujours imposer le dérivable c’est dire pour toujours transformer les ruptures en une crise de liquidités.

C’est le sens profond, la philosophie de la gestion pratiquée par les apprentis sorciers; on ne se pose pas la question de ce qu’est la monnaie et bien sur encore moins celle de savoir si ce n’est pas un mirage, un mirage qui un jour s’évanouira quand le public aura compris que c’est .. du vent.? Et la refusera.

Les démiurges n’ont pas compris que leur « outil » reposait sur quelque chose de non-définissable: la confiance.

Il est  evident que cette pensée du «  »cette fois c’est différent » est fausse , tout a changé au niveau des apparences, en surface.  Mais fondamentalement le réel est resté ce qu’il est. Ce qui a changé c’est la façon de l’appréhender, de projeter sur lui de l’intelligibilité. Ce qui changé   c’est cette la volonté conservatrice forcenée de faire en sorte que tout se répète. On nie le changement, les contradictions, les antagonismes et on projette à l’infini la répétition. Car à quoi servent les modèles  si ce n’est à affirmer que tout se repète, tout doit être reproduit, tout doit durer.

Ô temps suspends ton vol.

En Prime, lisez ceci , extraits de the Economist, traduction libre BB

Il y a cinquante ans, investir était une affaire  humaine explique Ray Dalio, qui a travaillé à ses  débuta à la bourse de New York Stock Exchange, dans les années 1970, avant de fonder Bridgewater Associates, le plus grand fonds hedge au monde. La technologie était basique.

Kenneth Jacobs, le patron de Lazard, se souvient d’avoir utilisé une calculatrice de poche pour analyser les chiffres tirés des rapports d’entreprise. Ses collègues plus âgés ont utilisé des règles à calcul . Même dans les années 1980, «la lecture du Wall Street Journal alors que vous alliez au travail, une télévision sur la salle des marchés et un ruban à tickers» offrait un avantage informationnel important, rappelle un investisseur.

Depuis lors, le rôle des humains dans le trading  a rapidement diminué. À leur place viennent  des ordinateurs, des algorithmes et des gestionnaires passifs, des institutions qui offrent un fonds indiciel qui contient un panier d’actions correspondant au rendement du marché boursier, ou de secteurs de celui-ci, au lieu d’essayer de le battre

Le 13 septembre, un baromètre largement suivi et publié par Morningstar, une firme de recherche, signalait que pour la première fois le mois dernier, le stock d’actifs gérés de façon passive  à 4,3 trillions  de dollars, dépassait celui géré par des humains.

La montée en puissance de la robotisation financière ne modifie pas seulement la vitesse et la composition du marché boursier. Cela soulève également des questions sur la fonction des marchés, l’impact des marchés sur l’ensemble de l’économie, la manière dont les entreprises sont gouvernées et la stabilité financière.
Les investisseurs ont toujours eu recours à différents types de technologies pour glaner des informations  avant leurs concurrents. Les premiers investisseurs de la Compagnie néerlandaise des Indes orientales ont cherché des bulletins d’information sur le sort des navires se trouvant autour du Cap de Bonne-Espérance avant leur arrivée aux Pays-Bas. Les Rothschild auraient construit une grande partie de leur fortune grace à  un pigeon voyageur qui aurait transmis  plus rapidement que les navires la défaite française à la bataille de Waterloo.

Les machines ont commencé par les travaux les plus faciles . Dans les années 1970, les traders de marché  ont commencé à être remplacés par une exécution électronique, ce qui a permis à chacun de rassembler plus facilement des données sur les prix et les volumes. Cela a amélioré l’exécution en créant une plus grande certitude quant au prix.

Dans la gestion de portefeuille, les algorithmes existent également depuis des décennies. En 1975, Jack Bogle a fondé Vanguard, qui a créé le premier fonds indiciel, automatisant ainsi la répartition de portefeuille la plus simple possible.

Dans les années 1980 et 1990, des produits automatisés plus sophistiqués ont vu le jour, tels que les hedge funds quantitatifs, appelés fonds «quant», et les fonds négociés en bourse (etfs), respectivement.

Certains etfs suivent les indices, mais d’autres obéissent à des règles d’investissement plus sophistiquées en automatisant les décisions longtemps élaborées  par les humains, telles que l’achat de titres dits de « valeur »; bon marché par rapport aux actifs de la société. Depuis leur création, de nombreux fonds quantitatifs ont mis au point des algorithmes capables de parcourir les données du marché, recherchant des actions présentant d’autres caractéristiques attrayantes choisies par l’homme, appelées dans le jargon «facteurs».

L’idée des facteurs est venue de deux économistes, Eugene Fama et Kenneth French, et a été mise en pratique par Cliff Asness, élève de M. Fama, qui a fondé en 1998 AQR Capital Management, une société d’investissement qui gère l’un des plus importants fonds hedge au monde. . Les fonds quantitatifs, tels que les algorithmes de programme, permettent de choisir des actions en fonction de facteurs obtenus par la théorie économique et confirmés par l’analyse de données, tels que le momentum (hausse récente des prix) ou le rendement (dividendes élevés). Au début, seuls quelques gestionnaires de fonds disposaient de la technologie nécessaire pour calculer ces chiffres. Maintenant tout le monde le fait.

De plus en plus, les stratégies des investisseurs qui utilisent  des machines «basées sur des règles»  changent.

Certains fonds quantitatifs, tels que Bridgewater, utilisent des algorithmes pour analyser les données, mais font appel à des personnes pour sélectionner des transactions. Cependant, de nombreux fonds, tels que Two Sigma et Renaissance Technologies, poussent encore plus loin l’automatisation en utilisant l’apprentissage automatique et l’intelligence artificielle (IA) pour permettre aux machines de choisir les actions à acheter et à vendre.

Cela laisse entrevoir la possibilité que les ordinateurs prennent en charge la tâche finale des investisseurs humains: analyser les informations afin de concevoir des stratégies d’investissement. Si tel est le cas, cela pourrait permettre de mieux comprendre le fonctionnement des marchés et la valeur des entreprises.

L’exécution des ordres sur le marché boursier est maintenant dominée par les traders algorithmiques. Moins de transactions sont effectuées sur le sol bruyant  de la Bourse et davantage le sont sur des serveurs informatiques qui ronronnent dans le New Jersey.

Selon Deutsche Bank, 90% des transactions sur actions à terme et 80% des transactions sur actions / liquidités sont exécutées à l’aide d’algorithmes sans aucune intervention humaine. Selon Larry Tabb de Tabb Group, une firme de recherche, les marchés de produits dérivés sur actions sont également dominés par l’exécution électronique.
Chaque jour, environ 7 milliards d’actions d’une valeur de 320 milliards de dollars changent de mains sur le marché boursier américain. Une grande partie de ce volume est constituée de transactions à haute fréquence, dans lesquelles les positions  sont rapidement inversées afin de capturer des gains fugaces. Les traders à haute fréquence, jouant le rôle d’intermédiaire, interviennent dans la moitié des volumes de transactions quotidiens. Même en excluant les traders et en ne regardant que les investisseurs, les investisseurs basés sur des règles effectuent maintenant la majorité des transactions.

Il y a trois ans, les fonds quantitatifs sont devenus la plus grande source de volume de transactions institutionnelles sur le marché boursier américain . Ils représentent 36% du volume institutionnel jusqu’à présent cette année, contre seulement 18% en 2010, selon le groupe Tabb.

Dubravko Lakos-Bujas de JPMorgan Chase explique que seuls 10% des transactions institutionnelles sont effectuées par des gestionnaires de fonds d’actions traditionnels.

Les machines achètent de plus en plus de choses pour l’investissement. La valeur totale des actions américaines est de 31 trillions  de dollars, telle que mesurée par le Russell 3000. Les trois types de fonds gérés par ordinateur (fonds indiciels, etfs et fonds quantitatifs) représentent environ 35% de ce montant . Les gestionnaires humains, tels que les fonds spéculatifs et autres fonds communs de placement, ne gèrent que 24%. Le reste, environ 40%, est plus difficile à mesurer et se compose d’autres types de propriétaires, tels que des sociétés détenant beaucoup de leurs propres actions.

Sur les 18 à 19 trillions  de dollars d’actifs gérés comptabilisés, la plupart sont gérés par des machines. Les fonds indiciels gèrent la moitié de ce total , soit environ 9trillions $. Selon Bernstein, une firme de recherche, d’autres gestionnaires d’actions quantitatives représentent  10 à 15%, soit environ 2 milliards de dollars. Les 35 à 40% restants, d’une valeur de 7 à 8 trillions  de dollars, sont supervisés par des humains.

Les hedge funds constituent un bon moyen de  suivre l’évolution des investissements algorithmiques. Quatre des cinq plus grandes firmes  du monde – Bridgewater, AQR, Two Sigma et Renaissance – ont été créées spécifiquement pour utiliser des méthodes quantitatives.

Man Group, un hedge fund britannique, a fait  exception en rachetant Numeric, un gestionnaire d’actions quantitatives basé à Boston, en 2014. Plus de la moitié des actifs sous gestion de Man Group sont désormais gérés de manière quantitative.

Il y a dix ans, un quart du total des actifs sous gestion des hedge funds se trouvait dans des quant funds; il est maintenant de 30%, selon HFR, un groupe de recherche. Ce chiffre sous-estime probablement le changement étant donné que les fonds traditionnels, tels que Point72, ont adopté une approche en partie quantitative.

Le résultat est que le marché boursier est maintenant extrêmement efficace. Les nouveaux marchés robotisés entraînent des coûts bien moindres. Les fonds passifs facturent 0,03-0,09% des actifs sous gestion chaque année. Les gestionnaires actifs font souvent payer 20 fois plus. Les fonds spéculatifs, qui utilisent un effet de levier et des produits dérivés pour améliorer leurs rendements, se voient imposer 20% des rendements sous forme de commission de performance.

Le coût moins élevé de l’exécution d’une transaction signifie que les nouvelles informations sur une entreprise sont immédiatement reflétées dans son prix. Selon M. Dalio, «l’exécution des ordres est incroyablement meilleure». Les commissions pour échanger les actions à la bourse sont minimes: 0,0001 USD par action pour l’acheteur et le vendeur, selon des universitaires de l’Université de Chicago. Les frais les plus bas sont  transférés aux clients . Le 1er octobre, Charles Schwab, l’un des principaux sites de courtage en consommation, et td Ameritrade, son rival, ont annoncé qu’ils allaient réduire leurs frais de négociation à zéro.

Des commissions moins chères ont amélioré la liquidité, la liquidité c’est ce qui mesure  combien un opérateur  peut acheter ou vendre avant de faire bouger  le prix d’une action. Plus de liquidité signifie un écart plus faible entre le prix auquel un opérateur peut acheter une action et le prix qu’il peut en vendre.

Mais de nombreux critiques soutiennent que cela est trompeur, car la liquidité fournie par les traders à haute fréquence n’est pas fiable par rapport à celle fournie par les banques. La liquidité  disparaît dans les crises.
La domination des machines sur le marché est appelée à s’étendre davantage. La stratégie de « facteurs » que l’homme a conçue lorsque la technologie était plus élémentaire est maintenant largement disponible via les ETFs. Certains ETFs recherchent des actions avec plusieurs facteurs. D’autres suivent une «stratégie de parité des risques», une approche mise au point par Dalio qui équilibre la volatilité des actifs de différentes classes.

Chaque niveau de complexité ajouté laisse moins de choix aux gestionnaires  humains. «Il y a trente ans, le meilleur gestionnaire de fonds était celui qui avait la meilleure intuition», déclare David Siegel, co-président de Two Sigma. Maintenant, ceux qui adoptent une «approche scientifique», utilisant des machines, des données et des outils informatiques, peuvent avoir un avantage.

Les fonds quantitatifs peuvent être divisés en deux groupes: ceux comme Stockfish, qui utilisent des machines pour imiter les stratégies humaines; et ceux comme AlphaZero, qui créent eux-mêmes des stratégies.

Pendant 30 ans, l’investissement quantitatif a commencé par une hypothèse, explique un investisseur quantitatif. Les investisseurs  compareraient cette hypothèse à des données historiques et jugeaient si cela pouvait être utile. Maintenant, l’ordre a été inversé. «Nous commençons avec les données et cherchons une hypothèse», dit-il.

Les humains ne sont pas complètement exclus.

Leur rôle est de choisir les données à alimenter dans la machine. «Vous devez indiquer à l’algorithme les données à consulter», déclare le même investisseur. «Si vous appliquez un algorithme d’apprentissage automatique à un ensemble de données trop volumineux, il a souvent tendance à revenir à une stratégie très simple, telle que le momentum».

Mais, tout comme AlphaZero a trouvé des stratégies qui semblaient nettement inhumaines, Jacobs de Lazard a déclaré que les investissements algorithmiques  identifiaient souvent des facteurs que les humains ne reconnaissaient  pas . Les humains peuvent chercher à comprendre ce que la machine a repéré pour trouver de nouveaux facteurs «explicables». Ces nouveaux facteurs finiront par rejoindre les facteurs actuels. Mais pendant  un certain temps, ils donneront un avantage à ceux qui les détiennent.

Beaucoup d’observateurs sont prudents. Bryan Kelly de l’Université de Yale, responsable de l’apprentissage automatique chez AQR, a déclaré que la société avait découvert des facteurs purement dérivés de la machine qui semblaient surperformer pendant un certain temps. « Mais à la fin, ils se sont révélés être faux. » Il ajoute que combiner l’apprentissage automatique avec la théorie économique donne de meilleurs résultats.

D’autres sont sceptiques, parmi lesquels Ray Dalio. Aux échecs, fait-il remarquer, les règles restent les mêmes. Les marchés, en revanche, évoluent, notamment parce que les gens apprennent et que ce qu’ils apprennent est incorporé dans les prix. «Si quelqu’un découvre ce que vous avez découvert, non seulement cela ne vaut rien, mais les cours montent  et la stratégie  produira des pertes. Rien ne garantit que les stratégies qui ont fonctionné auparavant fonctionneront à nouveau », a-t-il déclaré. Une stratégie d’apprentissage automatique qui n’utilise pas de logique humaine est «vouée à l’échec si elle n’est pas accompagnée d’une compréhension profonde».

Les données disponibles ne sont pas non plus aussi utiles qu’on pourrait le penser initialement. Les gestionnaires analysent maintenant toutes sortes de données pour éclairer leurs décisions en matière de sélection de valeurs : des enregistrements de cartes de crédit aux images satellites des inventaires, en passant par les chartes de vol des jets privés. Mais cette prolifération de données ne permet pas nécessairement aux machines de découvrir  de nouveaux facteurs d’investissement.

 

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Une réflexion sur “Essai. Questions fondamentale sur la modernité financière. Le Réel a l’éternité devant lui pour gagner contre les sorciers.

  1. « Car ce qui domine ce ne sont pas les animal spirits, non, ce n’est pas la subjectivité, ce qui commande, c’est le poids du réel, l’objectivité du réel . Sa pesanteur. Et cela nos apprentis sorciers n’ont aucun pouvoir de le modifier. »
    Vous mettez l’accent sur un élément fondamental qui est le rapport de force entre la manipulation de l’environnement par les démiurges usant de la parole, jouant sur des leviers techniques aux fins de maintenir dans un coral mental les moutons pour qu’ils pensent le monde comme une prairie herbeuse alors même que l’herbe est frelatée et que son gout est faite d’arômes synthétiques et qu’elle packagée avantageusement. Le poids du réel c’est que le corps, l’organisme, n’en pourra plus de supporter ces nutriments. Nutriments contre nature, ils agiront comme ils se doivent d’agir dans ce cas, il finiront un jour de révéler la maladie au grand jour non pas en émergeant comme une génération spontanée dans toute sa laideur mais révélant aux aveugles que les symptômes étaient déjà bien présents, quelques douleurs par ci par là mais jamais rien de vraiment alarmant et la potion simili-herbeuse d’être toujours consommée en abondance, et la prairie toujours perçue comme verdoyante. Quand vient la douleur infernale que fomente la maladie, les mauvaises manies s’arrêtent et la perception du monde change, les voiles tombent et les mensonges apparaissent dans leur nudité, leur crudité comme une vérité de situation implacable et chacun alors de réaliser que le poison était bien là mais que l’appât du profit facile en quantité infinie n’existait que dans leur tete… le corps s’est rappelé à eux et les a fait redescendre du monde imaginaire.
    Enchaîné par le désir mimétique et par les facilités du confort obtenu pour un prix dérisoire, ils découvriront le coût effroyable de leur aveuglement pour avoir suivis activement une mécanique scélérate… le solde de tous comptes se résume à la déchéance des perceptions anciennes quand le poids des réalités vous font chuter de l’imaginaire d’Alice au pays des merveilles… l’herbe ressemblait à de l’herbe mais ce n’était que de la junk food savoureusement gorgée de saloperies et la prairie n’en était point une, juste l’univers de « Tricastel » (dans « l’aile ou la cuisse ») distribuant des bons d’achat pour refiler sa me..e!

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