Editorial. Profits, dettes, stagnation, dettes et… crise. Caressez un cercle et il devient vicieux. Le rôle du malthusiano-écolo-climato-réchauffisme. Ou va-t-on.

Les dettes des entreprises des grandes économies ont augmenté considérablement depuis la fin de la Grande Récession en 2009.

Avec le ralentissement de la croissance  et la perspective d’une récession mondiale menaçante, dix ans après la dernière, les dettes des entreprises pourraient bientôt devenir un boulet .

Un nombre suffisamment grand d’entreprises pourraient être concernées, de nombreuses faillites seraient déclenchées. Les banques subiraient alors une forte augmentation des prêts non performants. Cela pourrait entraîner un nouveau resserrement du crédit, une déflation et une récession qui deviendraient vicieuse.

Un tel resserrement du crédit a brièvement éclaté le mois dernier, lorsque la Réserve fédérale américaine a été obligée d’injecter plus de 50 milliards de dollars dans le système bancaire afin d’inverser une très forte hausse des taux d’intérêt interbancaires, les banques disposant de  trésorerie refusant de venir en aide aux plus faibles. .

.

À la suite de ce choc sur les marchés du crédit au jour le jour,  la Fed est revenue sur le marché pour acheter des bons du Trésor afin de rétablir la liquidité bancaire.

Ainsi, après avoir mis fin à l’assouplissement quantitatif (achats d’obligations) et commencé à relever son taux directeur l’année dernière, la Fed a dû revenir en arrière, baisser les taux et réintroduire à nouveau le QE. Un QE qu’elle désigne, pour sauver la face comme un non-QE;

La normalisation aura été de courte durée, ce qui ne vous étonnera pas puisque nous disons depuis 2009 que le retour en arrière est impossible: ils ont brulé leurs vaisseaux!

Plus de la moitié des banques centrales sont actuellement en mode « assouplissement », c’est la proportion la plus importante depuis la crise financière.

Au cours du troisième trimestre de 2019, 58% des banques centrales ont réduit leurs taux d’intérêt.

Dans son dernier rapport sur la stabilité financière dans le monde, le FMI s’est inquiété:

«Les entreprises  des huit grandes économies contractent de plus en plus de dettes et leur capacité à  servir  ces dettes s’affaiblit.

Nous examinons l’impact potentiel d’un ralentissement économique important, mais deux fois moins grave que celui de la crise financière mondiale de 2007-08.

Notre conclusion est alarmante: la dette à risque contractée par les entreprises incapables de couvrir leurs charges d’intérêts avec un bénéfice, pourrait atteindre 19 000 milliards de dollars, soit près de 40% de la dette totale des entreprises dans les économies étudiées, ce qui inclut: les États-Unis, la Chine et certaines économies européennes « .

Global Financial Stability report

 

 

Et sur les marchés émergents:

« La dette extérieure des pays émergents augmente, car elle attire des flux de capitaux des pays avancés, où les taux d’intérêt sont plus bas. La dette extérieure médiane est passée de 100% à 160% des exportations des pays émergents en 2008. Des conditions et des coûts d’emprunt plus élevés rendraient plus difficile le service de ces dettes.  »

Tobias Adrian et Fabio Natalucci, deux hauts responsables du FMI chargés du Rapport sur la stabilité financière dans le monde, ont déclaré: « Un resserrement brutal et brutal de la situation financière pourrait mettre à nu  ces vulnérabilités et de faire pression sur les évaluations des prix des actifs. »

Bref on pourrait voir ceux qui se baignent nus.

 

 

A la dette   du logement,  prêts hypothécaires,  de 2007-2008 a succédé  la dette d’entreprise .

Notez que quasi personne à ce stade ne parle de la dette des gouvernements. Les économistes classiques n’ont pas encore compris que les gouvernements étaient des agents économiques et financiers comme les autres et qu’ils pouvaient, eux aussi, être surendettés.

Les gouvernements  ne sont pas hors du jeu, ils sont au contraire les plus gros joueurs. simplement ils sont tellement gros qu’on ne les voit pas!

Il y a une consigne du silence sur ce point, elle est tellement nécessaire que l’on essaie maintenant de dissimuler les risques des dettes d’état sous le voile de la nouvelle théorie monétaire, la MMT.

La popularisation de la MMT n’est que la tentative de désamorcer de façon préemptive le débat qui va s’ouvrir bientot sur le financement des nouveaux déficits qui vont être créés pour amortir la récession. 

La seule différence réelle entre les mesures de relance keynésiennes et celles concernant la MMT est que les partisans de la MMT  pensent que le financement peut être fait sans émettre d’obligations : «imprimer de la monnaie», suffira..

L’autre tentative hypocrite pour préparer le public à un surcroit d’endettement des Govies, c’est la dette verte. Les banquiers centraux et la presse mondialiste comme The Economist, étudient les moyens de monétiser les soi disants investissements verts, c’est à dire les dépenses liées à la reconversion malthusiano-écolo-climato-rechauffiste par la planche à billets. C’est la raison pour laquelle vous voyez circuler, tout à fait innocemment n’est ce pas, des chiffres  de centaines de trillions -600 – à titre d’évaluation de ces dépenses. 

Comprenez la chose suivante: nous sommes en  situation de pré-guerre.

Comme  dans les années  30 car c’est la même déflation, la même surproduction, le même excès de capital avec la même concurrence féroce entre les Nations  pour s’en sortir sur le dos des voisins.

Si nous voulons sortir ou traiter les contradictions/antagonismes de cette sitauation qui met en peril l’ordre social et politique, il faut à la fois détruire beaucoup de capital et créer beaucoup de nouvelles dettes, puis finaliser le tout par une bonne réforme monétaire qui détruit/efface les traces du passé et permet de repartir pour un tour.

Je soutiens que les élites, une partie des élites souhaiteraient que l’on évite la guerre et sa fonction sanglante de remise à zéro des compteurs et préfèreraient monter en épingle l’affaire climato-réchauffiste afin d ‘avoir un prétexte pacifique pour détruire du vieux capital, créer  de nouvelles dettes et ensuite faire la réforme monétaire.

Voila pourquoi on monte peu à peu au premier rang de l’idéologie mondiale le  malthusiano-écolo-climato-réchauffisme.

Notez cette analyse, je prends date.

L’éléphant dans la pièce, c’est la dette des govies:

Image 

Revenons au plus terre à terre.

L’ancien économiste en chef de Goldman Sachs  chroniqueur pour le FT, Gavyn Davies, craint lui aussi le poids des dettes des entreprises:

Davies :

« J’ai soutenu en mars que ce problème n’était pas encore dangereux, mais c’était probablement trop complaisant. » … « Mais maintenant la situation des finances des entreprises américaines est devenue plus préoccupante. Comme dans d’autres grandes économies, les marges bénéficiaires subissent une pression à la baisse croissante, les coûts salariaux des producteurs augmentant plus rapidement que les prix de vente au consommateur« .

 

En raison de la réduction des marges bénéficiaires et du ralentissement de la croissance des revenus,  les bénéfices des sociétés du S & P 500 ont baissé au cours des 12 derniers mois, contre une hausse apparente de 20% en 2018.

Par ailleurs il faut savoir que la performance  des bénéfices des grandes entreprises cotées dans le S & P 500, est bien supérieure à celle de l’ensemble de l’économie nationale. Le secteur non coté enregistre des bénéfices beaucoup plus mauvais. Il est en plus mauvaise posture que le secteur coté.

Pour les petites entreprises, les bénéfices sont en baisse de plus de 10% par rapport à l’année dernière et les revenus en hausse de 2,2% seulement, ce qui signifie qu’ils  stagnent après inflation. En excluant le secteur financier, les bénéfices seraient en baisse de 21%.

Même les secteurs tels que la technologie ont enregistré une baisse de 6,3% de leurs bénéfices.

Davies estime que:

«La détérioration de la croissance des bénéfices s’est accompagnée d’un comportement financier plus agressif des entreprises, tandis que l’investissement en capital réel destiné à accroître la capacité de production a été réduit.

Selon le rapport de stabilité du FMI, les rachats d’actions, les dividendes et les activités de fusions et acquisitions, financés par des emprunts à effet de levier et des obligations à rendement élevé, ont augmenté en 2019.

Ces activités se sont étendues aux petites et moyennes entreprises, que le FMI considère particulièrement vulnérable sur le front des profits.  »

Alors que la rentabilité diminue, les entreprises se laissent donc tenter  par la spéculation financière. Comme nous le disons elles font la grève de l’investissement. Le Mur de l’Argent. Mais ce faisant elles se fragilisent et perdent du répondant, elles se désolvabilisent.

 

Donc, Davies conclut maintenant exactement dans le droit fil sur lequel je tire depuis longtemps:

«Prises isolément des autres chocs économiques, de telles faiblesses financières des entreprises ne risquent pas de déclencher une récession, mais elles pourraient certainement exacerber les effets d’autres chocs . C’est ce qui s’est passé en 2008, lorsqu’un choc de taille moyenne sur le marché des prêts hypothécaires  a provoqué un ralentissement considérable de l’activité économique. L’impact de la guerre  commerciale sur la confiance des entreprises, constitue la menace la plus évidente à l’heure actuelle. Elle  s’est effondré au cours des derniers mois,  »

Les crises sont toujours surdéterminées avec une cause principale; les profits; et des causes annexes comme la conjoncture mondiale, la Trade War, l’empeachment, les incertitudes politiques, les chocs pétrolièrs, les pertes de moral du public, les crises de confiance, etc etc . Il y a une cause fondamentale et dessus des causes plus ou moins circonstancielles que l’on à tendance à confondre avec les fondamentales.

Mais jamais , au grand jamais il ne faut reconnaitre que le système est le système de la production pour le profit, il faut entretenir l’illusion que l’on produit pour les besoins,  car si on le reconnaissait on alimenterait les solutions radicales , celles des révolutionnaires qui veulent modifier les rapports sociaux.

Stephen Gallagher, économiste en chef américain à la Société Générale, affirme que « les récessions aux États-Unis sont généralement précédées par une érosion des marges bénéficiaires des entreprises …. Les coûts augmentent généralement vers la fin du cycle tandis que les ventes se stabilisent. Il y a un cycle de profit »

Gallagher souligne que les marges bénéficiaires américaines ont été réduites depuis 2016.

« L’érosion des marges est la clé de la dynamique du cycle économique », déclare Gallagher.

«Si les États-Unis entrent dans une récession en 2020, il est fort probable que l’histoire la considère comme une récession liée à la guerre commerciale. Mais les tensions commerciales ne sont que le catalyseur, pas la cause principale », a-t-il déclaré. «Compte tenu des faibles attentes en matière de bénéfices, l’incertitude liée aux échanges commerciaux pose de sérieux problèmes pour la planification des activités», affirme M. Gallagher. « Dans un environnement de marges bénéficiaires beaucoup plus fortes, la même incertitude commerciale aurait probablement un effet moins dissuasif. »

Dans un discours prononcé le 25 septembre, le gouverneur de la Fed, Lael Brainard, a déclaré que

«La prise de risques financiers par les sociétés américaines sous forme de paiements et de fusions et acquisitions a augmenté, contrairement aux  dépenses en immobilisations qui sont modérées.

Les prises de risques financiers précèdent généralement les périodes de ralentissement économique.

Au fur et à mesure que les pertes commerciales s’accumulent et que les impayés et les défauts de paiement augmentent, les banques sont moins disposées ou moins capables de prêter. Cette dynamique se nourrit d’elle-même. »

«La Fed doit donc adopter un nouvel assouplissement monétaire: La Fed décidera d’activer ou non son coussin de fonds propres anticyclique en novembre. Ce mécanisme permet à la Fed d’imposer aux plus grandes banques du pays d’augmenter leurs réserves de fonds propres au moment où les tensions économiques se font jour. »

Lors de la récente réunion du FMI l’ ancien gouverneur de la Banque d’Angleterre pendant la grande récession, Mervyn King a estimé que:

«L’économie mondiale somnanbulise  vers une nouvelle crise financière parce que l’économie traditionnelle et les institutions officielles n’ont toujours pas changé leurs idées complaisantes et erronées d’avant le dernier krach. Nous somnambulons vers cette crise.»

King poursuit:« la résistance à une nouvelle façon de penser pourrait signifier  une répétition du chaos de la période 2008-09  ».

King a déclaré que l’économie mondiale était bloquée dans le «piège de la  faible croissance» et que la reprise après la crise de 2008-09 était la plus faible enregistée depuis  la Grande Dépression. « Après la Grande Inflation, la Grande Stabilité et la Grande Récession, nous sommes entrés dans la Grande Stagnation ». King soutient la thèse de Larry Summers, un des grands leaders keynésiens mondiaux, thèse  de stagnation séculaire, une période permanente de faible croissance.

Pour l’instant les faits ont donné raison à Summers, mais on peut arguer comme je le fais que la stagnation ne tombe pas du ciel , ce n’est pas une malédiction divine , elle est causée, produite, par les hommes et singulièrement par les faux remèdes qui consistent au faire face à une crise de surendettement en .. augmentant les dettes.

On peut se demander pour quoi les responsables, conscients de la faible croissance qui se profile à long terme acceptent d’augmenter considérablement le fardeau des dettes alors que le vieillissement  des  populations  se précise!

Le passage à des taux très négatifs pour rendre les dettes supportables est inéluctable. Il bouleversera nos sociétés. Et détruira peut être cet ordre que les élites essaient de préserver à leur profit .

Comprenne qui pourra! Gribouille est parmi nous.

King affirme que le problème est «une structure déformée de la demande et de la production», à savoir que nous avons des investissements excessifs en Chine et en Allemagne et des investissements insuffisants ailleurs.

Pour King il faudrait un changement global de l’épargne et de l’investissement. Ce qui implique une concertation et une coopération mondiale et un retour au multilatéralisme: or la crise a détruit le multilatéralisme en exacerbant les égoismes. Solution naive que celle de King,  qui ne tient compte ni du réel,, ni de la nature humaine: la rareté crée toujours l’agressivité.

En attendant comme c’est l’impasse et comme  dans le court terme il va falloir agir, la meilleure voie sera considérée comme celle du retour aux bons vieux stimulus.

Partout dans le monde, qu’il s’agisse d’économistes traditionnels ou d’institutions officielles, on appelle maintenant à un «stimulus fiscal». Par exemple, Laurence Boone et Marco Buti, des économistes de l’OCDE, lancent un appel en ce moment: à la recherche d’un « policy mix » plus équilibré.

Ecoutons les :

«Bien que la politique monétaire soit largement reconnue comme faisant face à des contraintes croissantes, la politique budgétaire et les réformes structurelles doivent jouer un rôle plus important.

En particulier, la politique budgétaire pourrait devenir plus favorable, notamment dans la zone euro.

Réaliser le bon type d’investissement public maintenant , dans les infrastructures, l’éducation ou pour atténuer les changements climatiques ,  stimulerait nos économies et contribuerait à les rendre plus fortes et plus durables.  »

https://voxeu.org/article/right-here-right-now-quest-more-balanced-policy-mix

Voila le type de discours que vous allez entendre, il vient d’un soi disant progressiste, Weeks:

Market economies require policy management: What Keynes taught us

Weeks affirme:  «les économies capitalistes souffrent périodiquement d’une extrême instabilité, l’exemple le plus récent étant la Grande crise financière de la fin des années 2000. Ces moments d’instabilité extrême, de récessions et de dépressions, résultent… des «échecs» de la demande privée; en particulier, la volatilité de l’investissement privé et, dans une moindre mesure, de la demande d’exportation.

Il suffit d’analyser la structure logique de cette affirmation pour se rendre compte que c’est du Diafoirus, de la tautologie sans pouvoir explicatif:  qu’est ce qui cause l’instabilité, qu’est ce qui cause l’incertitude ? La subjectivité? Les caprices?

Ne vous attendez aps à des débats ou même à des mesures claires malgré la gravité de la situation: c’est que le système ne peut se les permettre. Il doit continuer de mentir sur sa nature elle même, il doit nier qu’il est un système d’accumulation pour le profit, il doit nier que son moteur c’est la production de bénéfices.

Nous ne cessons de répéter que nous sommes dans une authentique et très puissante crise de reproduction du système,

C’est dans ses fondements qu’il est attaqué; mais le fondement,  c’est l’ignorance.

Le système dit rester non-su, inconscient de son propre mode de fonctionnement,  On ne doit jamais mettre à jour ses ressorts. Il ne survit que de l’ombre, que de l’obscurité, du silence et des mensonges de la propagande. Tout comme vous, vous  ne survivez en tant que sujet social que d’ignorer votre inconscient.

Les élites vont donc continuer à répéter que la crise c’est un problème de demande; la demande est insuffisante , Et elles vont agir comme si cela était vrai, prisonnières de leur mensonges.

Et la crise va durer, s’installer, la taupe va creuser.

 

 

 

 

 

 

3 réflexions sur “Editorial. Profits, dettes, stagnation, dettes et… crise. Caressez un cercle et il devient vicieux. Le rôle du malthusiano-écolo-climato-réchauffisme. Ou va-t-on.

  1. Oui, l’urgence climatique sera le prétexte du futur « Whatever it takes » monétaire, budgétaire, fiscal….
    Je ne suis pas climato-sceptique, juste réservé sur l’origine strictement anthropique qui nous est présentée. Climat n’est pas pollution, qui elle nous est 100% imputable.
    Il est vrai que cette présentation rend l’action devant l’urgence plus socialement acceptable que le fait d’avouer que nous sommes face à une contrainte sur la disponibilité de pétrole, et que de fait, nous n’aurons pas le choix de changer notre modèle économique, notre qualité de vie, assez futile par ailleurs.
    Nous n’avons encore rien vu, l’argent coulera à flot de la corne d’abondance monétaire. Ce sera pour la bonne cause, sauver la planète et pour cela la monnaie, ou supposée telle, ne sera pas une contrainte.
    Nous sommes au pied d’une montagne sans aucune idée de ce qui se trouve sur l’autre versant.
    No choice and no place to hide.

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