Editorial: La prochaine crise du crédit est en route. La taupe est en train de creuser. Powell a capitulé. Le calendrier logique.

La prochaine crise du crédit est en route.

Elle est en germe dans les dernières capitulations de Powell, qui sont:  abandon de la normalisation en décembre 2018; renversement de la politique monétaire en janvier 2019 , re-baisse des taux et ré-augmentation de la taille  du bilan  de la Fed, annonce d’un objectif d’inflation de 2% symétrique.

L’annonce que c’en est fait, pour le moment, des baisses de taux  est une manoeuvre, pitoyable, un  hommage du vice à ce qui reste encore de vertu.

La prochaine crise , compte tenu de l’aggravation  de la dette publique,  de la course à l’endettement des entreprises et de l’augmentation inéluctable du leverage, sera probablement plus grave que la dernière de 2008.

Elle sera plus grave en raison de l’effet d’apprentissage: le capital, la communauté spéculative savent que c’est la fuite  en avant obligatoire et globalisée . Les détenteurs de capitaux ont compris. Le récent franchissement des records sur les marchés est un signe qui ne trompe pas.

La taupe est en train de ronger, de creuser

Notons également que tout cela se produit malgré la supposée stimulation des taux d’intérêt bas et négatifs qui touche une grande partie de  l’univers obligataire. Comme nous sommes en fin de cycle après 10 ans de cycle positif, les taux devraient être à leur maximum. C’est le contraire qui est constaté: environ 17 000 milliards de dollars d’obligations génèrent un rendement négatif

McKinsey, dans son enquête annuelle sur les banques de 2019, nous dit  que 60% des banques dans le monde mangent, détruisent  leur capital et ce, avant même un soupçon de  crise du crédit.

Le FMI a récemment averti que la dette des entreprises de 19 000 milliards de dollars était une bombe à retardement systémique. Le même FMI ajoute  que les obligations de prêt collatéralisées et l’exposition directe aux junk bonds détenues par les banques commerciales américaines correspondaient à peu près à la somme de leurs fonds propres.

Ajoutez à cela une récession en cours  en Allemagne qui devrait entraîner presque certainement le sauvetage de Deutsche Bank et de Commerzbank par le gouvernement allemand.

Nous pouvons dire avec une certaine confiance qu’une crise majeure du crédit se développe de façon souterraine et qu’elle sera  beaucoup plus grave que Lehman.

Nous pouvons également dire que les banques centrales créeront beaucoup  plus d’argent pour sauver le système bancaire et les finances publiques.

Nous pouvons affirmer que le mécontentement social, ce que l’on appelle le populisme va enfler, faire tache d’huile ce qui va obliger à concéder des dépenses sociales encore plus élevées et va creuser encore les gouffres budgétaires.

Au moindre choc, l’edifice tremblera, il a perdu toutes ses résistances naturelles, tout est malajusté, tout est synchronisé, il ne tient que par les artifices redoublés. Par les béquilles financières et monétaires. L’incertitude va devenir interdite, insupportable.

En vertu d’un hasard ou d ‘un autre,  le pouvoir d’achat des monnaies gouvernementales va vaciller. Seule l’imagination manque pour estimer d’ou cela viendra . Ce qui est sur c’est que le faible degré de confiance politique et institutionnel jouera un role déterminant. La conviction se répandra que les gouvernements ne peuvent plus contrôler leurs dépenses et que concommittament les banques centrales sont obligées de monétiser leurs  dépenses.

Les taux d’intérêt seront alors, malgré la répression forcenée,  obligés  d’augmenter à mesure que les prix commenceront à augmenter de manière incontrôlable, ou que le risk-off se developpera, risk-off qui rendra les refinancement de dettes quasi impossibles. Les finances publiques seront en crise.

Powell a capitulé.

Je pense que ces dernières semaines nous avons passé un cap, celui de la résistance à la folie inflationniste. L’analyse serrée des propos de Powell et de ses zélateurs le révèle, il y a une sorte de capitulation qui est en cours.

Je rappelle que l’inflationnisme n’est pas la hausse des prix des biens et de services, l’inflationnisme c’est la destruction des bases, des sous-bassements, des fondations de la monnaie. C’est la destruction des principes même de la monnaie saine et viable.

Les dégagements de Powell sur « inflation symétrique à 2% » sont menaçants , personne ne l’a compris, personne ne voit ce qu’il y a derrière. Il s’agit de baisser les résistances à l’inflation, voila ce qui est en jeu et voila ce qui est en cours. Sous-inflation pendant 10 ans donc on peut tolérer de la sur-inflation pendant 10 ans !

Je n’hésite pas : c’est criminel.

Cette expression d’inflation symétrique à 2% est terrible et surtout volontairement ambigue.

L’inflationnisme  c’est la doctrine qui prêche et affirme que tous les problèmes peuvent se résoudre par l’augmentation de la taille du bilan des banques centrales. Ce que l’on appelle à tort mais par facilité le money printing.

La résistance à l’inflationnisme est en train de se fracasser. Vous devez interpreter la progression chez les gauches politiques, des idées MMT, des tentations chartalistes de Kapp comme une progression masquée de l’inflationnisme.

Cette doctrine de l’inflationnisme sème les graines de l’inflation future des prix des biens et des services car elle réduit la résistance à la facilité: elle lève les barrières du bon sens. On descend la pente qui conduira à tout lâcher, à augmenter simultanément les déficits, les tailles de bilans des banques centrales,  les dettes des gouvernements, le leverage des entreprises, le capital boursier fictif et même les redistributions sociales.

L’appétit de l’ogre financier n’a aucune limite, il exige sa nourriture et sa nourriture c’est : de plus en plus de crédit sinon c’est le chaos dit-il. Si l’ogre n’a pas sa ration croissante, il dévore ses enfants, c’est à dire il détruit tout l’argent qui a été crée pendant le cycle de facilité. L’ogre c’est le toujours plus. On ne peut même plus freiner.

L’ogre a le pouvoir, si on le rationne, de détruire tout l’argent, tout ce qui a été accumulé pedant la période ou on l’a gavé. C’est ainsi que l’argent, la monnaie meurent dans l’histoire. L’argent meurt quand on en a créé beaucoup et que l’on veut arrêter. Et la monnaie, elle ne va pas au paradis, non elle file droit en enfer.

Suivre la pente,  c ‘est la recette pour , un jour, précipiter la catastrophe.

Un jour, la banque centrale ne peut plus choisir, elle n’a plus le choix, elle est obligée de fournir l’argent, le crédit sinon tout s’effondre.

Et aucune banque centrale ne prendra jamais le risque d’être responsable de l’effondrement par crise du crédit donc elle en fournira du crédit, autant qu’on lui en demandera.

Elle en fournira alors que précisement il fallait avoir courage de refuser de le faire .

Et alors ce sera le début  de la fin.

Regardez ce qui s’est passé avec les besoins de crédit au jour le jour, avec les repos ces dernières semaines, : la Fed a cédé, elle a servi les demandes, elle a obéi aux exigences ,  elle a donné tout ce qui était demandé. Non seulement la Fed a donné, mais elle a du promettre de donner encore plus si nécessaire! Par peur du chaos. ce qui est le chantage suprème de la finance, du monde kleptocratique et des politiciens qui les représentent. . 

C’est le schéma de ce qui va se passer un jour de plus en plus proche, car on s’habitue. C’est cela qui est important: on s’habitue.

Les citoyens sont lents, très lents à réaliser  sur quelle pente nous sommes, ils leur faut des années et des années . Cela peut durer 10 ans! Puis d’un seul coup la prise de conscience s’effectue et elle galope, comme le feu et elle dévaste tout.

Pour comprendre la pente sur laquelle nous sommes, les théories ne servent à rien , seule l’Histoire enseigne le futur.

Sans vanité aucune, je suis persuadé que les dès sont jetés. Je n’ai aucune gêne a être  en avance, trop en avance. 

Les étapes logiques : Nous entrons dans la deuxième phase du processus historique.

1 D’abord une régime monétaire adossé aux actifs qui servent de collateraux et permettent de masquer l’excès de dettes; destruction des principes et des valeurs sociales. c’est la similitude John Law de la Great Experiment.

2 Ensuite et c’est la phase actuelle, une obligation de créer du crédit rien que pour soutenir l’édifice ainsi créé et éviter son effondrement, c’est ce qui a débuté en septembre 2019 et a été confirmé par Powell et Kashkari la semaine dernière.

En terme historique on entre dans une autre période plus directement assimilable à celle qu’ont connus les Allemands de 1915 à 1920.  Socialement, periode de cynisme, de répression et de violence sociale

3 Enfin période mécanique d’enchainement dans laquelle la dialectique -déficits de l’état- besoin de crédit des entreprises – enclenchement de l’échelle de perroquet prix salaires se met en place, enrichissement sans cause, trafics, marché noirs, certains secteurs sont très prospères d’aurtes périclitent. On adpote plus ou moins le chartalisme.

4 Prise de conscience populaire, fuite devant la monnaie. Les autorités au lieu de serrer les freins solvabilisent la fuite devant la monnaie., elles accomodent par peur de l’effondrement total et des révoltes sociales

5 réforme monétaire pacifique et maitrisée /ou /guerre

 

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