Editorial. Malaise dans la civilisation, notre avenir est le terrorisme.

The Economist est certainement le journal phare de la période.

Il est à chaque fois en plein dans le mille dans la sélection, la hierarchisation de l’infomation et dans ses choix thématiques.

Bravo.

Mais c’est aussi le journal de l’élite ouverte, globaliste  intelligente, celle qui voit les problèmes et essaie d’en trouver les solutions dans le cadre qui est le sien: le libéralisme éclairé, financialisé mais pas trop, moderne  mais pas à l’extrême.

C’est un journal éminement politique au sens ou on peut dire qu’il tient compte de  ce qui est possible; la politique dit-on étant l’art du possible. Il sait par exemple faire marche arrière sur certains sujets.

Sur beaucoup de sujets c’est The Economist qui donne le « la ». Il fait évoluer la pensée des Davos-men.

The Economist a été l’une des premières publications de poids à suggérer qu’il fallait peut être ralentir un peu le ryhtme de la marche vers la globalisation et être un peu plus « inclusive ».

The Economist pense le monde ce qui n’étonnera pas ceux qui connaissent le dessous des cartes …

Ce journal a été le premier  à saisir le coup d’arrêt à la financialisation, ce coup d’arrêt  dont personne, à part moi, n’a parlé en son temps …

Mais Macron en a parlé également plus tard dans l’indifférence générale et il a eu raison. La financialisation est dans sa dernière phase. Sa phase ultime. Mais les chants désespérés sont aussi les plus beaux ne l’oubliez pas.

Reconnaitre les mérites de ce journal en tant que patron de presse que j’ai été ne n’empêche pas de le critiquer dans ses contenus et surtout dans ses orientations: The Economist pose les problèmes et cherche les solutions à l’intérieur de l’ordre établi dont il est le porte parole. Ce n’est pas de la propagande, c’est un biais qui est inclus dans sa forme de pensée progressiste certes,  mais bourgeoise internationaliste.

Il y a beaucoup de points communs entre l’idéologie de Macron et celle dont The Economist est le véhicule; normal  c’est l’influence Rothschild. Depuis presque toujours les Rothschild sont dans la presse, ce n’est pas un hasard, tout comme ils sont dans la politque. Ils se préoccupent de l’ordre du monde.

The Economist  s’interroge pourquoi tant de pays connaissent ils des protestations de masse?

Question centrale de l’actualité, bravo au directeur.

Il répond: c’est à cause de l’économie, de la démographie , d’un certain sentiment d’impuissance et à cause des  médias sociaux.

Je laisse de cotés les évidences telles que l’économie et la démographie.

Je m’attarde sur ce qui est plus intéressant: le sentiment d’impuissance et les médias sociaux.

Les paroles exprimées sur les médias sociaux sont des appels au secours, des défoulements à la fois impuissants et inflamatoires; ils s’inscrivent dans le thème général de l’impuissance des peuples à se penser, à se construire, à se faire entendre, à se faire respecter, et surtout à se faire représenter correctement.

Ils sont liés. Réseaux sociaux et impuissance sont liés.

L’un, les réseaux sociaux  et l’autre l’impuissance étant dialectiquement, organiquement liés. Le réseau social est le mode d’expression systémique de l’impuissance.

Le réseau social ne répond pas à la question centrale de notre époque: comment s’opposer? Le réseau social est un raccourci et .. une impasse.

L’absence de médiation des paroles des réseaux sociaux par des gens raisonnables ou compétents, désinteressés, bref, par des saints, exaspère le phénomene. Il n’y a pas de « concience » des réseaux sociaux, pas de déontologie et ceci ne va faire que s’aggraver car la censure , qui joue le role de sur-moi répressif, ne résout pas le problème,  elle est imbêcile façon bourgeoise, et fonctionne comme un accélérateur de mécontentement.

La période se caractérise par une mutation terrible qui a rendu obsoletes toutes les formes de représentaion intermédiaires et caducs tous les contrepouvoirs comme les partis politiques, les  syndicats, la presse, le parlement,  la justice .. L’art lui même s’est déconsidéré dans la recherche du pognon.

Les corps intermédiaires sont   pourris, largués ou bien récupérés par la classe dominante donc ils ne peuvent faire leur travail . Ils ne peuvent faire accoucher, canaliser, sublimer, encadrer, mettre en forme les révoltes. Bref le négatif de nos sociétés n’est plus pris en charge ni assumé, ni verbalisé, ni assimilé , ni transformé en combat social efficace, certains diraient républicains.

Les organisations du passé sont victimes du développemnt inégal c’est dire de la vitesse à laquelle le monde a évolué. Elles sont sclérosées et incapables d’accomplir leur travail systémique qui est d’être un contre-pouvoir pour empêcher le système de devenir fou, d’accélérer dangereusement et d ‘aller dans le ravin.

Un système ne peut fonctionner et se reproduire que si et seulement si,  il prend en charge ses forces de  destruction, son négatif, que si il a une opposition interne efficace. C’est ainsi que cela marche. Il faut, pour qu’une pièce existe qu’elle ait deux faces , un endroit, un envers, un côté pile, un côté face.

Je laisse de côté la fonction de la tranche pour une réflexion ultérieure

Notre période est victime de sa chute dans le relatif, de la disparition de la catégorie du vrai, de la forclusion  du symbolique et du primat de l’imaginaire émotionnel.

Dans la multiplication des mouvements de masse, c’est , ce sont les forces spontex,   presque reptiliennes qui se défoulent. La masse   ne s’exprime pas. Elle est exprimée, elle déborde et elle est debordée.  C’est ce qui est au dessous de la ceinture, dans le ventre qui s’exprime. Les digues cèdent.

Les mouvements de masse révèlent chaotiquement ce qui s e passe dans l’inconscient social et qui ne peut s’exprimer consciemment, politiquement, démocratiquement.

Tout cela est bien sur la conséquence, le résultat de la stratégie du capital  perverti , financialisé, lequel a voulu faire régresser les masses au lieu de les élever, a voulu les enfermer dans l’émotionnel, a voulu les primariser, a voulu les obscurentiser  comme il le fait avec l’arme de la  régression de l’immigration et maintenant avec l’idéologie quasi religieuse millénariste du malthusiano-climato-rechauffisme.

C’est le refoulé de la révolte qui parle parce que ce refoulé étant non-su, non verbalisé, n’accède pas à la conscience autrement que primairement.

J’ai ecrit très souvent que l’avenir de nos sociétés ainsi réprimées,  fourvoyées, refoulées etait le terrorisme, je le maintiens plus que jamais…

L’immolation d’un jeune est une forme suprême de terrorisme même si elle est contre soi.

 

 

5 réflexions sur “Editorial. Malaise dans la civilisation, notre avenir est le terrorisme.

  1. La problématique, c’est que l’on vit dans un monde de prisons, celles construites par nous ou celles construites pour nous. Voulons-nous vraiment sortir de celles-ci quand nous en avons conscience ou voulons-nous simplement les améliorer pour nous rendre la vie plus supportable à l’intérieur. Si parfois nous avons l’intention d’ouvrir la porte et de vivre, la majorité du temps, nous sortons d’une cellule pour rentrer dans une autre, où au début les barreaux sont transparents.
    Tout cela les Maîtres le savent.

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    1. Ce que vous dites contient une part de vérité mais en apparence seulement.

      Vous suggerez que la « cellule », « la prison » est extérieure , c’est une image spatiale commode.

      Mais cette façon de voir induit en erreur car la cellule n’est pas extérieure à nous même , elle nous est constitutive, nous sommes pris dans cette cellule névrotique dès notre venue au monde.

      Le langage nous structure et ce langage qui est celui du monde exterieur, (famille, père, mère, école, histoire , pouvoirs, etc ), ce lan,gage véhicule lui meme votre alienation c’est à dire qu’il vous rend étranger à vous meme. De là il découle que devenir soi meme est promethéen, c’est un travail de surhomme! Wo es war, soll iche werden!

      C’est par un travail considérable sur soi, le plus beau travail qui soit, que l’on peut faire advenir ses prorpes determinations et échapper aux prisons, aux cellules.

      La liberation, l’advenue de soi c’est ici et maintenant que cela commence. Et cela se fait aussi, comme R; Aron l’avait compris en luttant pour ou contre le monde exterieur: celui qui se veut libre doit etre engagé dans le combat social.

      C’est important car je ne cesse de répéter que le monde des maîtres produit les gens , les citoyens, les consommateurs qui conviennent à sa reprodcution.Je soutiens qu’un peuple, cela se produit ce n’est pas une donnée.

      Le capitalisme devenu pourri produit le peuple de moutons qui lui convient.

      SI on ne comprend pas cela on ne peut comprendre la philosophie que j’expose ou meme le positionnement politique sous jacent .

      En clair et de facon pratique, vous avez à lutter contre le monde extérieur qui vous prive du sens de votre vie, la votre; mais en plus vous avez à lutter pour vous faire émerger vous même au dessus du fatras névrotique dans lequel « ils », le grand « ILS » du système, vous a aliéné.

      La vraie exploitation, celle qui est la mère de toutes les autres c’est l’exploitation par le système du sens de votre vie.

      « Faire de la politique autrement » commence par vivre « vivre autrement ». Et vivre autrement commence par se voir soi même autrement , et se voir soi meme autrement commence par se reconstruire autrement et ce, en chaine , c’est une récurrence …le travail sur soi n’est jamais fini , c’est notre condition.

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  2. Le jeune en question n’était avant tout pas clair dans sa tête. C’est d’un psychiatre qu’il avait besoin cet étudiant en sociologie qui triplait sa 2 ème année….Allons nous dire qu’il était une victime face aux gamins que lui et nous même laissons exploiter à travers le monde ? Non, je refuse…. S’il est une victime c’est d’avoir comme religion l’égalitarisme….et de vouloir toujours plus de tutelle de l’état….
    Macron ne s’est pas immolé pour avoir raté 2 fois normal sup, …. Il semble qu’il ait pris sa revanche même s’il est au demeurant un bien piètre petit énarque comptable sans succès auprès de ses banquiers….

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    1. Il me semble, pour avoir été étudiant à la fin des années 70, que la précarité estudiantine n’était pas celle que nos jeunes rencontrent actuellement.

      Ceci est un fait, le nier, est-ce aussi se dédouaner de notre responsabilité collective ?

      De nos jours, des étudiantes se prostituent pour assumer leurs études.

      Alors, oui, la détresse étudiante, je peux comprendre et j’en ressens une honte profonde pour notre pays.

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      1. Sauf qu’en 1970 il y avait encore un baccalauréat digne de ce nom et une sélection à la fac. Le système éducatif aujourd’hui est aussi fautif d’un côté que de l’autre. Il est aussi fautif parce que tout simplement le système a besoin de moins en moins de monde dans sa trajectoire tout commerce et tout pour le commerce…. Dans sa massification, il a perdu le sens de la vie en même temps qu’il délirait à valoriser toujours plus une concentration excessive. Dans leur égalitarisme ils ne sont pas prêts pour affronter la réalité du monde où ils vivent, ils en sont encore à croire que tout tombe du ciel sans efforts et sans prix à payer. Ils sont peut être précaires, je vous l’accorde mais ils le sont avant tout parce qu’ils ont été élevés en enfants gâtés dans une réalité faussée…Sarthe disait que vaut La nausée devant un enfant qui meurt de faim. Si vous saviez comme je regrette la disparition des générations du début du siècle, celles qui ont vécue 14-18 et 39-45, celle qui a su réellement ce que fut la précarité….

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