La pression sur les salaires est réelle, mais elle ne suffit pas

J’ai déjà passé ce graphique plusieurs fois, mais celui-ci est actualisé. Ce graphique met en regard 2 courbes: la 1ère est celle de l’évolution des salaires par tête, la 2ème est celle de l’évolution de la productivité par tête.

Ce document parle de lui-même. on constate qu’à partir du même point remis en base en 1998, la productivité et les salaires ont fortement divergé.

La productivité a augmenté selon une pente assez forte malgré une tendance au tassement.

Les salaires par tête, eux, n’ont connu qu’une évolution très lente et finalement très modeste.

On peut en tirer les remarques suivantes:

  • il y a un déficit de pouvoir d’achat des salaires qui est considérable
  • ce déficit, il faut bien le combler pour faire tourner la machine économique puisque tout ce qui est produit doit finalement trouver acheteur
  • pour combler ce déficit de revenus gagnés il a été de plus nécessaire de produire de la dette, il a fallu forcer les agents économiques à s’endetter. Le pouvoir d’achat tombé du ciel s’est substitué au pouvoir d’achat gagné par son travail
  • tout ceci a fait progresser la masse d’endettement du système et par conséquent l’a fragilisé: on a en quelque sorte mangé l’avenir par anticipation.

Du côté des entreprises, on peut noter que la pression sur les salaires et la hausse du taux d’exploitation de la main d’oeuvre n’ont pas suffi à restaurer la profitabilité et à rendre le capital suffisamment rentable pour qu’il accepte d’investir.

J’ai passé à d’autres moments les graphiques de l’évolution de la profitabilité du capital; ils confirment très nettement la tendance de long terme à l’érosion de cette profitabilité, malgré la hausse du taux d’exploitation.

 

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2 réflexions sur “La pression sur les salaires est réelle, mais elle ne suffit pas

  1. Il faut détruire les valorisations excédentaires du capital pour sauver le pouvoir d’achat par la revalorisation des salaires mais en même temps il faudrait produire à nouveau en Europe. Par ailleurs détruire les valorisations excédentaires de l’occident s’est montrer à quel point l’occident est en mini jupe vis à vis de l’asie car à mon sens ces valorisations fictives ces bilans truqués sont aussi là pour gonfler la grenouille vis à vis du boeuf…. Le nombre est la vraie richesse…

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