La richesse est imaginaire

Nous sommes immergés dans l’Imaginaire; nous baignons tellement dedans que nous avons de la peine à admettre qu’il n’est pas le Réel. L’imaginaire n’est pas plus le Réel que l’ombre n’est le corps.
L’Imaginaire est fait de signes de toutes sortes qui se combinent un peu comme on le fait avec les mots d’un dictionnaire; le nombre de mots est limité mais les combinaisons  que l’on peut faire avec eux sont infinies.
Notre Imaginaire est un monde en soi, un ensemble qui a sa logique, logique de signes et de grammaire qui sont plus ou moins articulés à un réel qu’ils sont censés refléter mais qu’il reflètent de  moins en moins.
La modernité repose sur la libération de l’Imaginaire, des images, des signes par rapport au réel. Cela a comencé par l’art  et puis  cela a gagné tout . On a procédé à une disjonction, ce qui signifie que l’on s’est aperçu que l’on pouvait séparer les signes de ce qu’ils sont censés exprimer. On peut trafiquer les photos. On peu produire un message de pub pour influencer. Montrer du cul pour faire vendre une voiture. Par exemple on peut faire glisser les mots, truquer leur sens,  et ainsi rendre plus autonome le monde des signes.
On peut faire prendre des vessies pour des lanternes. Je pense que vous avez compris en ces temps ou Orwell est redécouvert et remis au gout du jour par Macron..
On a séparé l’ombre du corps. On a mis de l’illimité sur le limité, de l’infini sur le fini, de la toute puissance sur l’impuissance . Du positif sur le négatif. Du bien sur le mal.
La monnaie est un Imaginaire! On peut en créer autant que l’on en veut, à l’infini avec la « printing press » alors que le   réel que la monnaie permet d’acheter  est limité, borné, rare.
Les politiques monétaires actuelles sont des tentatives de mettre de l’infini sur du fini pour en faire monter le prix.
Les actions les obligations, le crédit, tout cela est une forme de monnaie puisque c’est uen mutation de la monnaie: on échange de la monnaie dont la maturité est immédiate, contre de la monnaie que l’on recevra dans 1 an, dans 10 ans si il s’agit d’une obligation et dans 50 ans si i ls’agit d’actions.
Je fixe des chiffres de 1 , 10 ou 50 arbitrairement pour illustrer bien sur, et vous faire comprendre que les  actifs financiers sont de la monnaie à terme, à venir.
Les papiers sont une  forme de  monnaie , une quasi monnaie, une money like.
La modernité, le cynisme des élites et la naiveté du public gogo , tout cela réuni a réussi à faire croire que les quasi monnaies c’était aussi bon que de la monnaie! Ce qui est bien sur faux et archi faux.
Essayez d’imaginer ce qui va se passer dans la future crise: tout le monde va vendre c’est à dire va se débarrasser de ses actifs financiers quasi monétaires pour demander en échange de la monnaie. Vendre sur le marché c’est toujours demander de la monnaie.  Et, bien sur les prix vont s’effondrer et les vendeurs n’obtiendront pas toute la monnaie qu’ils espéraient en échange de leurs titres.
Ils vont se rendre compte que la quasi monnaie, les money like,  ce n’est pas aussi bon que de la monnaie.
Et si un jour il y a une crise d’hyperinflation et que les gens veulents de débarrasser de leur monnaie qui fond, et par exemple demander de l’or en échange, ils vont s’apercevoir que les bouts de papier de toutes les couleurs qu’ils possèdent ne sont pas  de la vraie monnaie!
Si l’univers de la monnaie est infini ce qui est le cas maintenant avec la monnaie libre, flottante, déconnectée de toute détermination , si la monnaie est infinie alors les avatars de la monnaie, les quasi monnaies, les money likes  eux aussi vivent  dans l’infini.
Tout cela habite l’Imaginaire, le monde que les élites ont crée pour vous, exprès pour vous, pour vous y faire vivre votre petite vie et eux  leur grande vie.
Rédigé par 
Bruno Bertez
13 novembre 2019

La Bourse n’est qu’un monde de signes censés représenter une réalité dont ils s’éloignent pourtant de plus en plus…

Pas besoin d’être économiste, pas besoin d’ordinateur : une lecture éclairée du graphique ci-dessous permet de comprendre le monde qui a été créé depuis le début de l’année 2009.

C’est un monde imaginaire.

Je vous rappelle que le monde de la Bourse est un monde en lui-même : un monde de signes. Les cours de Bourse que vous voyez sur votre écran ou dans les journaux sont des signes, exprimés en monnaie.

Un prix, c’est un signe qui est accolé à une réalité ; ce n’est pas la réalité.

Ce monde de signes a sa vie propre en fonction de sa logique interne, des théories, des nouvelles, des volontés des autorités.

Et cette vie propre a été déconnectée de la vie réelle.

De plus en plus de monde à table

La richesse boursière ne reflète pas la richesse réelle, elle reflète le « passif » – c’est-à-dire les droits que les participants au jeu boursier croient détenir. Et ces droits rapportés, mis en perspective avec la production réelle de richesses, sont fortement réduits. Ils sont dilués.

Présenté de façon triviale, il y a de plus en plus de monde à table pour un plat qui n’a pour ainsi dire pas progressé. J’appelle cela la disjonction : on a beaucoup plus de promesses de repas que l’on a de nourriture à offrir aux convives.

La Bourse n’est pas la richesse réelle. Non, la richesse réelle ce sont les biens, les services. La Bourse n’est que la sommation, la masse de bons, de droits émis sur cette richesse réelle.

Je dis que le monde boursier est un monde en soi, un monde imaginaire.

Il faut préciser que c’est un monde dans lequel on échange de la monnaie élastique contre des promesses. Si la masse de monnaie enfle sans cesse comme c’est le cas depuis 2009, alors le monde imaginaire reflète cette inflation de la monnaie : il se déconnecte peu à peu et de plus en plus du monde réel.

La valeur est de moins en moins dans le monde vrai et de plus en plus dans la tête des gens. Ce qui signifie qu’ils se paient les uns sur les autres.

Depuis 2009 les autorités luttent, disent-elles, pour faire monter les prix des biens et services du monde réel.

Elles créent de la monnaie pour cela.

Hélas, elles ont échoué à produire l’inflation tant désirée. L’inflation ne s’est manifestée que dans les prix de la Bourse, dans le monde de l’imaginaire, dans le monde des promesses, créant une disproportion sans précédent.

Cette disproportion – dont le nom technique est « valorisation boursière excessive » – signifie que la fragilité financière est extrême.

C’est pour cela que ces mêmes autorités sont obligées de répéter sans cesse : non, il n’y a pas de bulle, tout est normal.

[NDLR : Retrouvez toutes les analyses de Bruno Bertez sur son blog en cliquant ici.]

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Une réflexion sur “La richesse est imaginaire

  1. « Et si un jour il y a une crise d’hyperinflation et que les gens veulent se débarrasser de leur monnaie qui fond, et par exemple demander de l’or en échange, ils vont s’apercevoir que les bouts de papier de toutes les couleurs qu’ils possèdent ne sont pas de la vraie monnaie!

    Si l’univers de la monnaie est infini ce qui est le cas maintenant avec la monnaie libre, flottante, déconnectée de toute détermination , si la monnaie est infinie alors les avatars de la monnaie, les quasi monnaies, les money likes eux aussi vivent dans l’infini.

    Tout cela habite l’Imaginaire, le monde que les élites ont crée pour vous, exprès pour vous, pour vous y faire vivre votre petite vie et eux leur grande vie »

    Un résumé éloquent , clair et VISIONNAIRE !

    La partie visionnaire, ce qui a contrario nous manque tellement de la part de nos politiques et de leur tête de gondole , car ce n’est plus que du marketing…voire du tenant-lieu comme vous l’énoncez.

    Dans ce chemin d’avenir , d’advenir, celui de demain, entre nuit et brouillard , vous nous éclairez de votre analyse , de votre culture, de votre large connaissance et de votre expérience !

    Car il en faut du temps, des coups, des erreurs dans la vie pour affirmer avec conviction, sagesse et justesse ses positions .

    Recevez ici mes plus sincères remerciements pour la main que vous nous tendez et nous offrez !

    Vincent

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