Les dépêches vendredi 6 décembre, il est temps de réfléchir un peu sur la question de l’inflation.

[CNBC] US added 266,000 jobs in November, vs 187,000 expected

Il est de plus en plus clair que la conjoncture américaine n’a nul besoin de stimulant monétaire; les chiffres de l’emploi qui viennent d’être publiés en attestent si besoin en était.

La Fed assouplit sa politique monétaire en réponse d’une part aux alertes boursières de la fin 2018 et d ‘autre part pour répondre à la raréfaction internationale du « dollar ».

Ceci est manifeste dans les colossaux besoins  de refinancement au jour le jour exprimés sur le marché des repos par la communauté spéculative en levier.

Les actions de Powell n’ont pas les effets positifs espérés car elles ne semblent pas améliorer la situation des blocs en dehors des USA; qu’il s’agisse du bloc chinois ou du bloc européen; en conséquence cela entretient la fermeté non désirée du dollar; Trump n’est pas content!

Mais il y a peut être plus à creuser et à considérer à la lueur de propos , peu analysés des gouverneurs.

L’une des hypothèses que l’on peut avancer est que la banque centrale a finalement perdu sa peur de l’inflation. Elle se serait ralliée à l’idée d’une inflation durablement maîtrisée , et donc sans risque.

Les échecs répétés  de prévision d’un rebond imminent à + 2% ont fini par faire croire que la mondialisation, l’automatisation et la « dévastation du travail syndiqué » sont des mouvements séculaires qui plaident pour  une réduction tendancielle spontanée de l’inflation.

Les gouverneurs  ont maintenant compris que la lutte contre l’inflation était un combat contre les moulins à la don Quichotte, que la limite de 2% était  trop basse et ils ont défini ,sans l’exposer, une nouvelle  stratégie .

Sur le plan opérationnel, la première étape est celle que  Powell a clairement indiqué le 31 octobre: « il faudrait une inflation significative et persistante au-dessus de la cible des 2% pour justifier  une réponse« . En clair on ne montera pas les taux, même si l’inflation passe au dessus de 2%;

« Je pense donc qu’il faudrait que nous assistions à   une augmentation très significative et persistante de l’inflation  avant d’envisager  même d’augmenter les taux pour lutter contre l’inflation.  »
C’est follement « dovish ». C’est passé inaperçu. je l’ai signalé mais sans insister à l’époque.

La deuxième étape de la stratégie est encore plus dovish.

Le gouverneur Brainard a appelé il y a quelques jours  à un changement complet du cadre global de la Fed en faveur  d’un ciblage flexible de l’inflation moyenne. Qu’est-ce que cela veut dire? Elle a déclaré que l’inflation tendancielle était tombée en dessous de 2% et qu’il était nécessaire de modifier le cadre afin de  le relever.

La Fed se prépare à changer tout son cadre opérationnel et même philosophique. C’est obscur , bien sur, mais l’objectif lui ne l’est pas; car il s’agit d’accepter une inflation supérieure à 2% d’une part et pendant plus longtemps d’autre part; bref il faut ranimer les anticipations inflationnistes et les alimenter.

Donc, au lieu de viser une inflation de 2% à moyen terme ; la  Fed visera une inflation moyenne de 2% sur le long terme. .

Comme Brainard l’a dit:

Par exemple, après cinq ans, lorsque le public a observé des résultats d’inflation de l’ordre de 1-1 / 2 à 2%, afin d’éviter une baisse des attentes, le Comité visera des résultats d’inflation allant de 2 à 2,5% pour les cinq années suivantes afin d’obtenir des résultats en matière d’inflation de 2% en moyenne .

Si vous aviez appliqué  ce raisonnement  aux dernières années, la Fed n’aurait jamais relevé les taux directeurs en 2018, car ceux-ci ont connu une longue période d’inflation sous-jacente inférieure à 2% . Au lieu de cela, la fed aurait laissé courir l’inflation  à 2,5% pendant une période prolongée.

Il est important de noter qu’il ne s’agit que d’un changement proposé.

Le président de la Fed de Dallas, Kaplan, a pesé en faveur de cette révision.

« Je suis ouvert à l’idée de regarder, en ce qui concerne l’inflation, une période moyenne supérieure à 12 mois. À l’heure actuelle, l’horizon d’inflation a une durée inférieure à 12 mois. Je pense qu’une analyse qui nous donne l’occasion d’examiner l’inflation sur une période plus longue que 12 mois, et qui prend en compte les sous-emplois et les excédents, est souhaitable . Je ne suis cependant pas disposé à prendre un engagement quant à la manière dont nous allons agir – notre jugement sera fondé sur cette analyse ».

Le taux d’inflation sous-jacente moyen au cours de la dernière décennie est légèrement supérieur à 1,5%

US PCE core yy

Le marché le plus exposé dans ce scénario inflationniste est celui des obligations à  long terme. Les taux d’intérêt bas resteront bloqués plus longtemps, certes mais les perspectives d’inflation seront haussées et avec risque de dérapage.

Une fois que ce changement aura eu lieu, vous aurez essentiellement fixé un plancher aux taux à long terme, ce qui aura des répercussions négatives sur les prix des autres actifs tels que les actions  et le dollar américain mais dans un sens  positif cette fois.

À l’heure actuelle, le marché est entièrement axé sur les aspects positifs à court terme de cette stratégie, mais à un moment donné, si le succès à long terme se dessine;  la nervosité se manifestera .

Affaire à suivre de très très près.



[Reuters] Stocks jump after stronger-than-expected November jobs data

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[CNBC] US added 266,000 jobs in November, vs 187,000 expected

[Reuters] Kudlow says no ‘arbitrary deadline’ in U.S.-China trade talks

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[Reuters] Fed voters a less-hawkish bunch in 2020, lowering bar for U.S. rate cut

[AP] France on strike: Trains stuck, Versailles shut, unions firm

[Reuters] Fears grow about Sydney after Australia fires merge into giant blaze

[Bloomberg] U.S. Consumer Sentiment Hits Seven-Month High Amid Stocks Cheer

[Bloomberg] Mood Shifts in U.S.-China Trade Talks Infect Markets Far and Wide

[Bloomberg] China’s Leadership Vows to Avoid Systemic Financial Risk in 2020

[Bloomberg] Looming China Default Shines Light on New State Asset Managers

[Bloomberg] Central Banks Set to Keep Pumping Out Cash Through 2020

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