Jamais de la vie, Mélenchon ne servira a quelque chose!

La situation en France est très grave. J’ai tenté de faire la synthèse de cette situation dans un article récent intitulé « Macron n’est pas méchant, il accomplit une tache historique inadaptée ».
Dans cet article, j’explique les points suivants:
– fondamentalement, nous sommes en crise depuis au moins 2008, même si l’origine est antérieure
– cette crise est une crise du capitalisme, elle recouvre un déséquilibre dans le système entre la part qui revient aux salariés et la part qui revient au capital
– pour masquer cette crise et en repousser le dénouement, le système s’est financialisé, c’est à dire qu’il a eu recours à la dette, aux taux d’intérêts nuls ou négatifs et à la création monétaire. Cette politique monétaire tente de noyer le problème de la répartition des revenus sous un déluge de  dettes
– la dette s’accumule, sa masse met le système en danger. Les contraintes européennes s’ajoutent aux contraintes purement financières, l’Allemagne exige une réduction des dettes et des déficits.
La solution que nous qualifions de type anglo-saxon pour retarder l’éclatement de la crise s’articule autour de deux grandes branches:
– première branche: il s’agit de protéger le capital d’empêcher qu’il soit détruit en le faisant bénéficier de stimulis monétaires et budgétaires, ce qui se traduit par une hausse colossale de la bourse et en conséquence une progression fantastique des inégalités
– deuxième branche, il s’agit d’augmenter la part du capital dans le produit national en réduisant la part des salaires sous ses trois formes, salaires directs, salaires indirects, salaires différés.
La politique de Macron est exactement celle qui est décrite ci-dessus. La succession des mesures prises rentre totalement dans ce cadre et dans cette logique.
La conséquence de cette politique est évidente, c’est la paupérisation, la fracturation des consensus sociaux, la dislocation de nos arrangements politiques. Ce qui s’est révélé tout au long de cette dernière année, c’est l’inadéquation de nos structures représentatives:
– les partis sont inefficaces; ce sont des partis qui ne représentent que leurs élites dirigeantes
– les partis d’opposition, dits de gouvernement, n’existent plus
– les syndicats sont incapables de s’adapter à la nouvelle situation car ils sont pris dans la contradiction entre la gestion connivente et les impératifs de changement quasi révolutionnaires
– le peuple, à hauteur de 70%,est amorphe et ne comprend rien à ce qui se passe; 30% sont mobilisés, mais incapables d’élaborer une analyse critique cohérente, une réponse coordonnée et donc une action autre que gesticulatoire.
La seule force d’opposition qui existe se situe en bas; en bas, cela signifie au niveau des masses, au niveau des souffrances populaires et des révoltes spontanées. Les forces d’opposition se manifestent, soit dans les opérations de type gilets jaunes, soit dans les votes protestataires de type attrape-tout en faveur du Rassemblement National, soit dans des votes stériles du type La France Insoumise et Mélenchon.
A moins d’accepter le risque de mouvements sociaux désespérés ou le risque de progression du vote purement protestataire du Rassemblement National, il n’existe pas d’autre solution qu’une tentative d’unifier au moins sur les points essentiels les demandes des laissés pour comptes.
La vraie logique qui divise, qui passe le couperet dans nos sociétés, c’est la logique de la production, du travail, opposée à celle du capital. Cette formulation est adéquate puisque le problème à résoudre est celui du partage harmonieux dans le revenu national entre les revenus du travail et ceux du capital. Si le problème est là, la ligne de partage également se situe à cet endroit.
Macron choisit de laminer les revenus des salariés pour hausser la part du capital. C’est à ce choix qu’il convient de s’opposer. Non pas en niant les problèmes, mais au contraire en tentant de les dépasser par un arbitrage juste.
Globalement, à court terme, il n’est pas possible de faire progresser sensiblement le revenu national français. La croissance est difficile à rétablir. Une augmentation de la part qui revient au capital est destructrice. La seule solution, c’est un pacte social nouveau qui demande en même temps (pour une fois le « en même temps » est justifié) une discipline des revenus salariaux et une discipline aux débordements du capital.
Vous connaissez mon idée, il est impossible dans un régime de liberté de circulation des capitaux de faire baisser le taux de profit exigé. Si on le fait, les capitaux s’en vont. La seule solution consiste à s’attaquer au problème de l’excès de capital qui s’est accumulé au fil des années. Une grande partie de ce capital est dépassé, périmé, inefficace, ou fictif; il ne survit que parce que la politique monétaire est laxiste et précisément conçue pour le maintenir en vie.
Sur une telle analyse, sur une telle orientation, il est évident qu’en bonne logique tout ce qui est représentatif ou prétend être représentatif des laissés pour comptes ne peut qu’être d’accord.
Pour qu’une telle orientation puisse se dessiner, il faut évidemment, contrairement à ce que disent les Insoumis qu’une certaine convergence s’établisse entre les Insoumis et le Rassemblement National. La position de Mélenchon et de ses proches est un non-sens. ils ne servent strictement à rien; à la limite ils servent de caution aux gens comme Macron en jouant la comédie d’une opposition vociférante mais réellement impuissante.
Lisez l’article qui suit:
« Jamais de la vie il n’y aura de convergence entre les Insoumis et le Rassemblement National »
Par Le Figaro avec AFP

L’eurodéputée LFI Manon Aubry a assuré vendredi qu’il n’y aurait «jamais de la vie» de convergence entre son parti et le RN, dénonçant «une fausse polémique» après les propos de Jean-Luc Mélenchon à l’égard de Marine Le Pen la veille.

Le chef de file de La France insoumise avait déclaré jeudi que la présidente du Rassemblement national faisait «un progrès en direction de l’humanisme» en soutenant la mobilisation contre la réforme des retraites. «Même Mme Le Pen dit qu’il faut manifester, c’est un grand progrès, d’habitude elle passe son temps à chercher pouilles aux Arabes et aux musulmans», avait-il affirmé, déclenchant des critiques dans la classe politique.

Ces propos, «c’est ironique», a assuré Manon Aubry vendredi sur BFMTV en dénonçant «une fausse polémique». «Marine Le Pen, vous l’avez vue combien de fois en mobilisation sociale aux côtés des grévistes ? Entre La France insoumise et le Rassemblement national, qui est du côté des travailleurs, qui est du côté des ouvriers, qui est du côté des mobilisations sociales? Moi je n’ai jamais vu Marine Le Pen», a-t-elle lancé.

«Par ailleurs Marine Le Pen est contre l’augmentation du Smic», et «on ne sait pas du tout ce qu’elle pense et ce qu’elle propose sur les retraites», a-t-elle fait valoir.

Elle a ainsi dénoncé «l’espèce d’hypocrisie de l’extrême droite qui se réveille au moment où les mobilisations sociales marchent comme par hasard et est vaguement de leur côté alors qu’en réalité ils ne font rien pour le mouvement social».

«Jamais, jamais de la vie» il ne pourra y avoir de convergence entre les deux partis, a insisté Mme Aubry, car «notre engagement politique est même né pour certains d’entre nous et des gens comme moi d’une mobilisation contre l’extrême droite».

Sur Cnews, Olivier Faure, le premier secrétaire du PS, a dit vendredi n ‘être «pas d’accord avec Jean-Luc Mélenchon qui décerne des brevets de respectabilité à Marine Le Pen».

«Marine Le Pen, on le sait, c’est depuis toujours la même chose: une couche de vernis social, sur dix couches de racisme. Donc je ne validerai jamais l’idée qu’elle est le moins du monde humaniste», a ajouté M. Faure.

3 réflexions sur “Jamais de la vie, Mélenchon ne servira a quelque chose!

  1. Vous dites « Vous connaissez mon idée, il est impossible dans un régime de liberté de circulation des capitaux de faire baisser le taux de profit exigé. Si on le fait, les capitaux s’en vont. »

    Mais ces capitaux, on peut imaginer les empêcher de partir. On peut penser qu’une fois fait, il sera difficile d’en attirer de nouveaux. Sauf qu’un pays souverain fonctionnant sur des bases rationnelles et saines avec une vraie stratégie ancrée dans le principe de réalité finira inévitablement par attirer de nouveau des investisseurs. Le comportement des capitalistes actuels est le pillage et non pas la consolidation et le développement, et plus nous attendons, plus nous nous affaiblissons.

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  2. MLP et M. Mélenchon sont précisément là pour empêcher toute convergence des mécontentements et des luttes. Ce sont des « barons » au service du système. L’une brame contre les étrangers sans s’attaquer à l’UE, qui a les clés des flux migratoires, l’autre condamne les « racistes » et la réforme des retraites sans vouloir sortir de l’UE, origine de cette dernière mesure servilement mise en œuvre par M. Macron, tout en affichant des prises de position d’une démagogie à pleurer. Le paysage politique est bien verrouillé. Voter RN ou FI est se faire couillonner. Qui le sait?

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  3. Au sujet de la libre circulation des capitaux, le sujet est bétonné par le Traité sur le Fonctionnement de l’Union Européenne.
    Asselineau et l’UPR ne cessent de le décrier depuis plus de 10 ans.

    La libre circulation des capitaux est l’une des quatre libertés fondamentales du marché unique de l’Union européenne. C’est non seulement la plus récente mais aussi la plus large, car elle a la particularité de concerner aussi les pays tiers. La libéralisation des flux financiers a progressé graduellement. Depuis le traité de Maastricht (1994), les restrictions aux mouvements de capitaux et aux paiements ont été levées, à la fois entre les États membres et entre les États membres et les pays tiers. Ce principe est d’effet direct et ne demande donc pas de nouvelle législation, ni au niveau européen ni au niveau national.
    https://www.europarl.europa.eu/factsheets/fr/sheet/39/la-libre-circulation-des-capitaux

    Article 63 du TFUE
    (ex-article 56 TCE)
    1. Dans le cadre des dispositions du présent chapitre, toutes les restrictions aux mouvements de capitaux entre les États membres et entre les États membres et les pays tiers sont interdites.
    https://eur-lex.europa.eu/resource.html?uri=cellar:88f94461-564b-4b75-aef7-c957de8e339d.0010.01/DOC_3&format=PDF

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