Humeur. Je m’interroge sur l’impuissance.

Je m’interroge sur l’impuissance.

J’ai quelque fois l’impression que jamais la révolte n’a été aussi présente et qu’en même temps jamais elle n’a été aussi impuissante.

Je reviens  sur cette question au lendemain de la manifestation monstre du 17 décembre contre la réforme des retraites  et alors que je me dis:

oui, magnifique mais et après?

Est ce que défiler dans les rues change quelque chose dès lors que l’on a en face de soi un pouvoir qui a compris que les balles tirées par le peuple sont des balles à blanc et que ce peuple n’est qu’un tigre de papier qui joue à rugir.

Avant,  il y avait une convention, un  code, un code de transmission: si on réunissait 1 million de personnes dans les rues, le pouvoir cédait et baissait son pantalon. Mais que faire quand le pouvoir ne respecte pas ce code?

Que faire face au cynisme qui dit , méprisant; « ils ne sont pas contents, oui et après! Qu’ils viennent me chercher ».

Le pouvoir fait vivre les gens dans un monde imaginaire dominé par les médias, par les écrans, les images et les narratives, dans un spectacle, dans une pièce, dans un théatre, dans un cirque  mais lui se situe en dehors de ce théatre et donc il ne respecte pas le scénario.

Les citoyens, lesquels n’en sont plus tout à fait , ces citoyens vivent dans un monde à plat, à deux dimensions alors que les détenteurs du pouvoir, eux vivent dans le monde à trois dimensions, celui des larmes, celui du  vrai sang, celui des authentiques souffrances qu’ils imposent aux autres.

Le peuple vit dans un monde parallèle et c’est ce qui n’a pas encore été compris, pas encore été assimilé par ceux qui prétendentt jouer le role de Spartakus et gacher le spectacle. C’est, je le  dit souvent un monde structurellement masturbatoire, phantasmé,  immature ou la finalité de l’acte a disparu et est remplacée par la jouissance de l’impuissance déculpabilisée. On a déchargé et cela suffit. Pendant   ce temps, les maitres se tapent les filles et les mignons. Eux, ils baisent et vous baisent.

La règle du jeu intégrée dans le scénario c’est l’exhibition, la monstration, la démonstration de force (devant le miroir de la télé?)  mais sans usage de la force!

Et le pouvoir qui fait vivre les gens dans cette pièce plus ou moins porno, lui ne respecte pas les règles, il refuse de céder aux simples exhibitions, monstrations et démontrations, il cogne!   Car lui, il sait, il a compris que tout cela n’était que gesticulation qui dispensait d’agir, de bouger vraiement. Celui qui se masturbe a peur des femmes et souvent  de l’autre sexe , il a peur d’affonter l’altérité conflictuelle; ici c’est similaire, on se masturbe mais on crève de peur -ou plutot on est angoissé à l’idée- d ‘affronter l’autre, ce petit « autre » pourtant minable qui veut usurper la place du grand « Autre ». Affronter le maitre qui se prétend le chef.

On se  défoule, on déclame, tonitrue mais rien qu’en se défoulant ou en tonitruant on se couche. On s’envoie en l’air dans la jouissance de la sublimation qui permet remplacer le réel par ses signes. Les corps par les ombres; les ennemis par des fantômes auto-sacralisés, hors d’atteinte… protégés qu’ils sont, eux par les bons gros blindés, les tanks ..canons chargés.

Révolte et démission, rebellion et soumission sont les deux faces d’une même  médaille, ou d’une bande Moebius,  en ce monde ou les uns sont dans l’imaginaire et les autres cyniques sont aux vrais leviers de commande.

 

3 réflexions sur “Humeur. Je m’interroge sur l’impuissance.

  1. Manifester n’a jamais été un acte concret puissant,c’est juste un exutoire comme les séances collectives de haine dans 1984 d’Orwell.Macron s’en fout des manifestations,au contraire il y est favorable.

    Les gens ne sont pas impuissants,ils sont juste suffisamment bien traités pour ne pas atteindre un seuil de violence.

    Ce qui compte c’est les actes:le mode de vie,le métier,le vote,le comportement individuel général vis a vis des autres ,la vraie révolte se situe la pour moi.

    Ce qui fait peur a Macron:le blocage des camions(donc de la nourriture),les coupures d’électricité,le saccage de l’arc de triomphe,le blocage d’internet.Macron s’en fout que les gens soient bloqués par les trains ou que les profs fassent grève.

    Les grèves d’aujourd’hui sont juste des congés par procuration.L’exemple de radio France en grève est édifiant:il suffit qu’un syndicat représentatif(FO ou la CFTC ou un syndicat encore plus petit) soit en grève pour annuler les programmes.Exemple,un des 10 techniciens qui bossent pour une émission fait grève,alors le reste du personnel ne peut plus travailler soit disant.Mais comme ils sont non-grèvistes,ils sont payés.

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