Essai : Le risque systémique continue d’augmenter de façon exponentielle.Du bruit dans les tuyauteries. Tout est financé par … le cynisme

 

Les injections de liquidité de la Fed au quatrième trimestre n’ont fait qu’exacerber la fragilité du système. Au lieu  de se féliciter d’ une stabilité apparente, la banque centrale ferait mieux de réfléchir aux risques attachés à  des flux spéculatifs colossaux motivés par l’appat du gain facile à court terme.

L’afflux de liquidités dans les ETF obligataires augmente la probabilité d’une inversion déstabilisante de ces flux et annoncent  l’illiquidité future qui en résultera.

Les liquidités de 400 milliards de dollars de la Fed ne font qu’accroître la dépendance systémique à l’égard de l’argent tombé du ciel.

La Fed a prévu un QE mensuel  de 60 milliards de dollars pour le premier semestre. Ajoutez à cela une nouvelle crise pour une raison quelconque et le bilan de la Fed va exploser  rapidement vers les 5,0 TN $.

2020 est l’année de tous les dangers, en particulier politiques avec un Trump de e plus en plus irresponsable.

Sous les apparences de la stabilité, obtenue par un couvercle de béton/sarcophage  de liquidités, se cachent les dystonctionnements en profondeur, dans la tuyauterie souterraine

Une grande attention a été accordée aux tensions potentielles sur le marché américain des pensions. Elles sont maintenant de notoriété publique .

Une plus grande attention devrait être accordée au marché peu connu des swaps de change, sur lequel les banques non américaines et d’autres entités s’ appuyent pour un refinancement à court terme en dollars américains.

Les changements récents des conditions de l’offre et de la demande de fonds en dollars américains sur ce marché pourraient le rendre plus vulnérable aux tensions.

En particulier, les banques des marchés émergents sont devenues plus exposées au risque. Pendant ce temps, les banques non américaines s’appuient de plus en plus sur ce marché des swaps de devises de 3,2 trillions  de dollars par jour. C’est un marché clef pour leur stabilité.

Selon la Banque des règlements internationaux (BRI), les banques non américaines ont environ 14 trillions  de dollars d’actifs en dollars américains, qui ne sont pas tous financés par des passifs tels que des dépôts, des prêts et des émissions d’obligations.

Bref ce que dit la BRI, c’est que ces institutions non américaines  sont en l’air, en mismatch, à la courette de trillions et de trillions! Ces institutions sont des brulots spéculatifs, elles manquent de ressources stables en dollars.

Le déficit de financement FX , estimé par le FMI à environ 1,5 trillions  de dollars , doit être couvert par « des emprunts en devises nationales qui sont nesuite  échangés en dollars américains ».

Les marchés de «repo», les marchés de «swaps de devises» et les marchés monétaires qu’ils soient domestiques ou à l’étranger  sont tous devenus colossaux. Et tout cela c’est la tuyauetrie que l’on ne voit pas. Les chiffres font peur et on  voit l’émergence de l’iceberg depuis septembre dans les sommes considérables qu’il faut injecter par les repos.

L’instabilité de 2019 a été le signe avant-coureur des problèmes plus importants à venir. Il n’y a jamais eu autant de spéculations mondiales avec  effet de levier et carry. Tout ce qui est long est financé avec du court, en mismatch de durée bien sur mais aussi de risque  et de change.

Tout est financé par … le cynisme c’est à dire que l’on sait que c’est malsain mais on se dit que les banques centrales seront là quand il le faudra.

La façon dont des centaines  de milliards de positions en titres sont financés et des centaines de milliers de milliards de dérivés sont structurés  est pure folie .

Combien de trillions de «carry trades» (emprunter à des taux bas / négatifs pour obtenir des titres à haut rendement) se sont accumulés – en yens, en euros, en francs suisses, nul ne le sait, c’est l’opacité la plus totale . Quelle est la taille du «carry» sur les  obligations chinoises? Sur la dette des émergents, sur la dette des périphériques européens? Quelles sont les monnaies utilisées? Monnaies locales? Dollars? Dans quelle mesure les transactions sur les bons du Trésor, les bunds et les JGB à faible rendement sont-elles optimisées? Quelle est la portée de l’effet de levier des dérivés sur les valeurs à  revenu fixe, avec des programmes de trading dynamiques alimentant les achats à la hausse? Quel est le risque caché dans  les comptes des « quants » qui opèrent pour les fonds passifs en  réplication? Quel est le risque réel sur la réhypothécation en chaine des valeurs du Trésor américain?

Personne n’en  a la moindre idée!

Le risque systémique continue d’augmenter de façon exponentielle.

 

2 réflexions sur “Essai : Le risque systémique continue d’augmenter de façon exponentielle.Du bruit dans les tuyauteries. Tout est financé par … le cynisme

  1. « L’afflux de liquidités dans les ETF obligataires augmente la probabilité d’une inversion déstabilisante de ces flux et annoncent l’illiquidité future qui en résultera. »
    Nous avons là le prérequis d’une fuite sur le cash, dernier maillon de la chaîne du risque dans la Pyramide d’Exter pour qu »apparaissent les effets conjugués des NIRP et QE en version Risk off. La fuite sur la monnaie appellera des solutions monétaires sous l’angle de la théorie foireuse type MMT… dernière ligne droite pour l’hyperinflation. C’est comme vous le dites si bien: « kick the can ». On y va comme on peut.
    Au dessus de l’opacité des positions spéculatives mondiales ou règne l’incommensurable, apparaissent, comme érigée au delà des eaux noires de la « shadow finance », la pointe émergée de la soufrière financière, Elle est dressée fièrement en une phallique et érectile pyramide de Ponzi; toujours active à fournir la semence de l’extase et tout comme le Vésuve est prête malgré tout à céder à tout instant aux forces intestines qui la dominent. Pourtant, malgré ses annonces répétées, les Pompéi et autres Herculanum de la sphère spéculative continuent de vivre en ignorant le danger. Ce n’est pas qu’ils ignorent tous le danger mais que chacun a en vue le port et leurs vaisseaux salvateurs. La bêtise humaine est ainsi faite à l’image de leur orgueil… sans bornes. Le moment venu, ils courront en une pagaille désordonnée vers un corridor étroit. Chacun pour soi et nul dieux pour tous, car ils tenaient pour vrai les idoles façonnées dans leur tète et de misérables fétiches de papier dont ils tiraient avantage sur les dieux qui, à leurs yeux, ne furent autrement qu’ invisibles et inaudibles.

    Ce qui est tragique chez les aveugles et les sourds, c’est le solde de la tragédie qui pointe son aiguillon à l’horizon et doit en tous temps les frapper! Et, pour qui contemple au loin le spectacle d’un dénouement aussi pitoyable, il n’y aurait qu’un mot pour nommer l’épitaphe, diagnostiquer un delirium tremens collectif: Bêtise!

    Si les dieux d’hier condamnent historiquement les êtres pour leur transgénérationnelle mégalomanie et leur raison ainsi subvertie par l’hybris, nous convenons alors comme par respect et révérence pour une mécanique implacable et attendons que s’exerce une loi de Nature, une loi d’airain et que toute sentence ontologique vienne à s’abattre comme une épée de Damoclès sur leur tète. Cela sera significativement la pleine mesure sacrée d’un retour à l’ordre autant que la puissance de ses effets sera l’inverse de la cause de la démesure profane dont ils firent le lit de leurs futiles actes/pensées.

    Il n’est alors d’attendre patiemment; l’œil avertis, l’intuition aux aguets, le coup de semonce qui annoncera le dernier acte pour les dernières scènes…. Et le rideau se baissera. Il en est des cycles dans les cycles comme des ronds dans l’eau qu’en s’effaçant sur la berge, de nouveau une pierre est jetée à la face de l’Histoire et les ondes, alors, reprennent la voie qu’on leur eut connu… Mais entre temps, des générations passeront, on aura oublié et on dira: « Cette fois, c’est différent! ». Il est vrai que le decorum du théatre sera différent mais on produira par les causes ontologiques atemporelles des effets phénoménologiques qui colleront à leurs temps techniques et mirifiques et c’est ainsi qu’ils masqueront aux idiots d’un jour, les erreurs commises depuis toujours.

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  2. on pourrait également ajouter à ces questionnements, quid de la qualité du bilan de la FED ?

    vous aviez publié il y a quelques mois un graphique représentant une partie de son bilan, et sauf erreur de ma part, la part des titres hypothécaires immobiliers était très importante, ces titres n’ayant cependant pas la même assise de solvabilité que les T-bonds.

    si le jeu des dominos venait à se matérialiser, les pertes financières et de confiance seraient également au cœur de l’institution mondiale du dernier ressort…

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