Editorial. La hausse du prix des actifs papiers peut continuer. Il n’y a plus de limite. Le plafond a sauté. Il est temps d’acheter de l’or, sérieusement.

Voila, nous y sommes. Nous sommes au bout du chemin, nous avons dévalé la pente. c’était écrit mais bien peu ont eu l’audace de le prévoir.

Ici je vous prends la main pour vous guider dans le fatras des nouvelles et des mensonges. Je fait sauter la gangue et je vous montre le diamant, la structure pure, mais cachée.

Personnellement cela me donne une conviction.

D’un coté je pense que la hausse du prix des actifs papiers peut continuer,  il n’y a plus de limite. Le plafond a sauté.

Mais cette hausse se révèlera être de la quasi-monnaie de singe

Il est temps d’acheter de l’or, sérieusement.

Le cadre analytique dans lequel je situe mes analyses depuis le début de la financialisation néo-libérale n’a jusqu’à présent jamais été pris en défaut.

Affirmer ceci n’a rien avoir avec le narcissisme. Cela a à voir avec la confiance. C’est l’un des biens les plus précieux.

J’ai toujours eu de nombreuses années d’avance et ce, non par hasard, mais par logique, par une rigoureuse mise à jour des force organiques qui sont à l’oeuvre dans le système.

J’analyse les forces fondamentales à l’oeuvre, les forces antagoniques qui sont mises en place par les autorités pour s’opposer aux forces fondamentales et enfin j’observe et je prévois les résultantes de tout ce jeu de forces; loi du triangle, action, réaction, résultante!

Mon texte princeps  ou inaugural est un texte très ancien intitulé; « Vive  les crises, …elles permettent à ceux qui sont riches de s’enrichir encore plus ».

L’autre texte fondateur est intitulé : « la régulation par les bulles » et j’y explique la mutation du système selon laquelle on abandonne la régulation par le cycle court du credit (boom/bust) et l’on passe à une stimulation  de long terme calquée sur la Great Experiment de John Law, fondée sur la création  de monnaie/crédit  gagée sur les actifs et les effets de richesse,  ce que j’ai appelé le coup d’accordéon des dettes et des actifs. On régule en soufflant des bulles de prix des actifs, puis en faisant éclater les bulles  et en nettoyant-mopping- derrière quand elles onté éclaté. C’est le système 2000-2007.

J’ai expliqué que tout cela n’était pas répetifif, mais à sens unique. C’est une pente que l’on descend.

Pourquoi parce que chaque fois que l’on fait une bulle, bulle des technos , bulle du logement, bulle du crédit, bulle des fonds d’état on franchit une étape systémique; on se rapproche du Centre, on sollicite, on met en danger le Centre qui est le couple banque centrale/Tresor des Etats Unis.  A chaque  fois c’est ce couple qui garantit la solvabilité, qui crée les liquidites, qui promet de fournir toutes les assurances contre la dislocation produite par la pourriture qui s’accumule. .

Il y a une progression inéluctable, fatale dans le processus : il faut sans cesse baisser les taux, produire toujours plus de crédit, accumuler des créances de plus en plus douteuses, et on ne peut jamais purger! Cette progression a un point focal central: la Fed, son bilan et son seul instrument,  le dollar . C’est lui qui est utilisé donc c’est lui qui est fragilisé, qui est sapé.

Sa hausse, la hausse du dollar est en réalité sa faiblessse car elle prouve qu’il est rare, demandé par les agents économiques et institutions qui sont en difficulté; il faut en créer sans cesse plus pour assurer la solvabilité/liquidité  du monde et donc il faut le « trasher ». Ce que j’explique est fondamental. La force du dollar n’est qu’intercalaire, elle est dialectique elle oblige à en créer plus pour eviter l’effondrement du système, plus qu’il n’en faut pour une monnaie de reserve de valeur et donc elle creuse la tombe du dollar.

En tant que monnaie de réserve alimentant les liquidités internationales, le dollar creuse sa tombe en tant que monnaie-réserve de valeur.

Il n’y a pas de troisième texte fondateur de mon analyse actuelle, mais une multitude de textes qui pointent dans une nouvelle  direction. J’avance pas à pas, doucement au fil de l’actualité.

Mais je peux être plus clair, plus définitif.

Je suggère maintenant que les autorités ont même abandonné la régulation par les bulles et quelles ne peuvent plus utiliser la technique de l’accordéon ( je gonfle, je dégonfle, je nettoie) non, elles sont dans une nouvelle phase historique, celle du marche ou crève.

je suis le seul à expliciter la situation de cette facçon mais cela ne veut pas dire que d’autres n’ont pas une vision voisine, simplement ils formulent leur conviction d’une façon moins détaillée et plus pratique.

Ecoutons cet entretien  avec Prince, Co-CIO de Bridgewater Associates (dans une interview sur Bloomberg Television de Davos).

Lisez  en entier, relisez pour assimiler, c’est important.

Bob Prince «En 2018, je pense, une leçon a été apprise. …Je pense que des leçons  ont été tirées. Et je pense que c’était vraiment un marqueur que nous avons probablement vu la fin du cycle de boom et de récession. « 

En clair dit Prince c’est la fin d ‘une époque, on a compris que l’on ne pouvait plus resserrer. C’est la fin des cycles du crédit traditionnels avec booms et busts.

C’est encore plus clair dans la suite de l’entretien.

Tom Keene de Bloomberg: « Est-ce la fin de l’activité des fonds spéculatifs dans la modélisation des portefeuilles à partir des estimations de ce que les banques centrales feront? »

Prince: « Cela ne jouera pas beaucoup plus qu’aujourd’hui. Vous vous souvenez des années 80 lorsque nous attendions  les chiffres de la masse monétaire. Nous avons parcouru un long chemin depuis lors… Maintenant, nous parlons de +25 plus bps et de  – 25 . …et nous aurons des rendements négatifs.

Cette idée du cycle boom / bust  dans laquelle nous vivons depuis des décennies est morte. Mais vous êtes maintenant dans une situation où la Fed est dans une boîte. Ils ne peuvent ni se resserrer, ni  relâcher – pas plus que les autres banques centrales.

Jonathan Ferro de Bloomberg: « Bob, tu viens de le dire deux fois – et je suis toujours surpris. Et tu l’as dit avant le début de l’interview … C’est la fin du cycle boom / bust? « 

Prince: « Nous le savons. »

Ferro: «Il y avait un homme appelé Gordon Brown, ancien chancelier du Royaume-Uni, et une scène célèbre au Parlement il se lève et dit:« C’est la fin du régime boom / bust », et il le disait  juste avant la crise financière. C’est la fin du cycle boom / bust? Qu’est-ce que ça veut dire? »

Prince: «Les cycles de croissance sont causés par l’essor et l’effondrement du crédit. Expansion du crédit, contraction du crédit. Et ces expansions et contractions du crédit sont largement motivées par des changements de politique monétaire.

Nous sommes  dans une situation où, avec des taux d’intérêt proches de zéro et des forces déflationnistes séculaires , vous ne pourrez plus faire de  resserrement de la politique monétaire.

Ils ont appris cette leçon l’année dernière et en ont tiré les conséquences  inattendues. Vous n’obtiendrez plus de resserrage, et l’une des raisons pour lesquelles vous n’obtiendrez plus de resserrage est qu’ils ne peuvent plus  désserrer.

Si vous ne pouvez plus vous assouplir , vous ne pouvez  pas non plus vous resserrer  vous n’allez pas vous causer un problème que vous ne pouvez pas résoudre.

Par conséquent, vous êtes dans une boîte; vous ne resserrez pas, et vous ne desserrez pas.

Je pense que vous avez compris.

On ne peut plus arrêter et on ira jusqu’au bout: parce que l’on a atteint le dernier retranchement, le Centre et que derrière, dans l’état  actuel des institutions il n’y a pas d’autre  dernier ressort. Il faut faire avec celui que l’on a et aller jusqu’au bout de sa solidité, de sa force. Jusqu’au bout de la confiance qu’il inspire. Il faut épuiser le capital confiance de l’empereur-dollar.

Plus la pyramide monte , plus la masse des valeurs d’actifs progresse, plus le système devient instable, fragile, moins on peut supporter d’alertes, moins on peut supporter de corrections et donc plus il faut solliciter la pointe en bas de la pyramide, cette pointe en bas c’est le dollar.

Souvent pour faciliter la compréhension et surtout pour bien nouer et renouer le fil, je résume comme on dit les chapitres précédents. Allons -y .

Ce n’est pas seulement pour un obejctif de  crédibilité, c’est pour bien faire toucher du doigt la logique, la cohérence, la nécessité  du développemnten continu de la crise que j’expose sous vos yeux.

Il y a deux ans, l’élite de l’argent réunie pour le Forum économique mondial dans les Alpes croyait fermement à la croissance mondiale synchronisée avec reprise de l’inflation.

Elle avait complétement  tort.

Il y a un an, les mêmes élites, presque les mêmes personnes étaient inquiètes, et encore une fois elles se trompaient lourdement.

Les marchés ont monté en flèche. L’activité économique s’est stabilisée.

Les  valorisations boursières extrèmement élevées sont considérées comme anticipant une reprise économique et surtout une remontée des profits.

Tout cela est fondé sur une seule chose: une politique monétaire ultra facile et surtout la promesse que cela va continuer. L’argent facile en effet ne suffit plus, il faut promettre qu’il restera toujours facile.

Il y a beaucoup de gloses et de commentaires, sur l’épisode temporel que nous venons de connaitre et  je le résume pour la compréhension :

-menace d ‘éclatement de la bulle chinoise en 2015/2016, crise du Yuan

-reflation très intelligente en catastrophe sous la conduite de Yellen

-enclenchement d’un mini cycle de reflation synchronisée dans le monde

-croyance par les élites que ca y est c’est reparti, on se prépare à devoir lutter contre l’inflation

-on monte les taux et on met la réduction de la taille des bilans des banques centrales en auto-pilote

-ce cycle plafonne au bout de 14/18 mois, personne ne s’en rend compte

_un krach boursier en décembre 2018 fait chuter les marchés de 20% et disloque l’obligataire et le crédit, l’ombre de la Crise se profile.

-en panique, deuxième, quinzaine de décembre, Powell annonce une pause dans la normalisation

-toujours en  panique en janvier 2019 il suggère  le retour au laxisme monétaire, la Fed s’oriente vers un troisème mandat; maintenir la stabilité financière mondiale

-les autres pays suivent, un cycle d’assouplissement de cette politique monétaire qui n’a jamais été dure se remet en place

-déchainement de la spéculation boursière sur tous les actifs , chute des primes de risque

-septembre 2019 accident grave sur le marché des refinancements courts c’est à dire sur les repos, il faut injecter des centaines de milliards en catastrophe pour éviter les liquidations

-il apparait que la communauté spéculative en levier a du mal à se refinancer malgré des réserves officielles oisives de monnaie considerables,  et la Fed doit envisager d’ offrir à la Communauté spéculative un traitement spécial direct pour son refinancement

Ma synthèse est la suivante: la communauté spéculative mondiale a enfin pris conscience de ce que j’ai annoncé, écrit, répeté et archi-répété: dans la voie qui a été suivie en 2009 , il n’y a pas de possibilité de retour en arrière, les autorités ont brulé leurs vaisseaux, c’est Hotel California, on peut check-in mais on ne peut jmais check -out.

Cela a déclenché le « all in », ce « all in » c’est la perte de toute retenue.

Il lui a fallu du temps à cette communauté spéculative  pour comprendre! Pourquoi? Parce que cette communauté, tout comme ses maitres, les banquiers centraux n’a jamais fait un diagnostic correct de la situation, du problème initial et donc elle s’est fourvoyée dans l’interpreétation du mal et le choix des remèdes;

Est ce que maintenant cette communauté spéculative en symbiose avec les banques centrales, les PHD , les gourous et les médias a enfin compris? Non , archi non.

Pourquoi? Parce qu’elle ne peut pas comprendre, elle a des présupposés théoriques qui sont faux, elle croit que la crise  est financière, elle croit que la crise est une crise qui a pris naissance dans la sphère financière par ses excès et elle croit par  conséquent que l’on peut la traiter, cette crise, par des mesures à l’intérieur de la sphère financiere: par la politique monétaire et par les mesures prudentielles. On a même ressorti le bon vieux Minsky.

La communauté spéculative et ses grands prêtres  restent dan la bouteille névrotique qui fait voir le monde à   travers le verre de la finance.

Dans la bouteille, on est dans l’imaginaire financier et bancaire. Or le problême qu’il s’agit de résoudre, celui qui est à la racine de la crise et de ses répétitiosn, le problème qu’il s’agit de résoudre c’est celui qui a présidé à la financialisation,  c’est à dire celui qui a obligé à recourir au crédit sans limite.

Le problème à résoudre, il est dans l’articulaltion entre la Sphère Financière  et la Sphere Réelle. Ou plus exactement le problème est dans la sphère réelle, c’est la tendance  à l’érosion du taux de la profitabilité du capital et dans la solution « bidon » qui y a été apportée: la financialisation.

Faute de profits réels suffisants et de revenus gagnés distribués en quantité suffisante, pour pallier la tendance à la stagnation, on a eu recours au crédit. Le crédit pe rmet de tout faire en reportant le cout au futur.

Face à l’érosion inéluctable, dramatique de la profatibilité du capital qui a démarré au milieu des années 60,   face à l’épuisement du stimulus de la Seconde Guerre Mondiale, on a été obligé de développer une superstructure financière, un monde parallèle,  avec l’illusion que l’on pourrait compenser la perte de profit réel par le profit financier.  Ce que l’on a oublié au passage c’est que cette financialisation produit un capital nouveau, fictif qui s’accroit indépendament de la production des vraies richesses et uniquement en fonction des donnés/inputs monétaires et que ce capital fictif vient faire concurrence, vient phagocyter le capital réel.

Au lieu de pallier  l’érosion du taux de profit de l’économie productive,  la financialisation vient la parasiter! On a ouvert la boite de Pandore, laissé sortir Ugolin l’ogre  financier et il dévore ses enfants pour se maintenir en vie.

La production de vrais profits , de vrai surproduit ne va pas accélérer, elle va décroitre à cause du renchérissement séculaire de l’energie, des dépenses de  reconversion climatique , des besoins de protection sociale, des dépenses colossales de sécurité provoquées par la nécessité de défendre le système contre la violence interne et externe, les invasions…

En sens inverse le besoin de financialiser, de produire du crédit, d’émettre des promesses, de les faire  avaler aux populations et de « trasher », avilir  la monnaie va progresser de façon accélérée.

Il va falloir trouver l’argent pour les dépenses nouvelles, financer les nouveaux déficits, se réarmer.

Vous avez compris maintenant?

5 réflexions sur “Editorial. La hausse du prix des actifs papiers peut continuer. Il n’y a plus de limite. Le plafond a sauté. Il est temps d’acheter de l’or, sérieusement.

  1. Acheter de l’or, oui. Beaucoup de gens y ont pensé.
    Sauf que les autorités contrôlent le prix de l’or, notamment via le Comex.
    Bien sûr, ils le laissent un peu monter… Mais c’est une montée très très lente … qui ne correspond pas du tout aux montages d’argent papier qui sont imprimées par ailleurs.
    Voici la courbe du Rhodium : http://www.infomine.com/investment/metal-prices/rhodium/5-year/ … qui ne présente pas de marché papier. Sur cette courbe, on ne traite que le réel.

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    1. Je vient de lire votre théorie et vos échanges, une grande partie de vos pensées correspond à des analyses que j’avais acquis par réflexion autodidacte mais qui sont restés dispersés.
      Pour cela j’ai rapidement intégré votre théorie en construisant un puzzle avec mes analyses dispersées. Je suis heureux de vous découvrir ce soir, vous êtes une mine de logiques ( ou une mine d’or puisque la logique est aussi une valeur sûre et réel).
      Je souhaite partager avec vous cet article publié sur Forbes le 28 Mars 2012 , dans le premier point il explique le plus et le moins de l’investissement dans l’or en période d’inflation.

      Mon domaine d’activité depuis 15 ans est le point 5 de l’article, la vente de voitures de collections.

      Je vais imprimé vos articles pour mieux les comprendre.

      Merci

      https://www.forbes.com/sites/investor/2012/03/28/five-ways-to-protect-yourself-from-the-coming-financial-crisis/#6de80ada332f

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  2. on peut même s’interroger légitiment sur la FED, elle qui est le préteur en dernier ressort a plutôt agi depuis septembre en préteur en première ligne , et à des taux de marchés bas plutôt que de demander une prime de risque pour requérir ses fonds et son intervention …

    qu’elle joue les pompiers…. soit ! qu’elle ne demande pas de prime de taux pour son offrande, c’est une perte d’autorité, de statut , peut être une forme de complicité…

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  3. Plus je vous lis, plus je suis convaincu que la chute de la profitabilité du capital, la financialisation qui a été un cataplasme nécessaire pour y pallier, l’addiction junky au crédit, ne sont que conséquences de la chute de l’ERoEI, ou taux de retour énergétique du sang de l’économie.

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