Editorial. Ne vous affolez pas, la catastrophe est inévitable. Ce titre est un titre à clef.

Le marché financier phare mondial, le marché américain est au plus haut historique alors que nous sommes en phase de stagnation, de baisse des profits,  que les incertitudes sanitaires sont élevées, que la pyramide de dettes est himalayenne et que face à tout cela les consensus sociaux et politiques sont au plus bas, partout.

La cause en est précisément dans la situation terrible  qui est décrite plus haut: c’est parce que cela va très mal que les marchés financiers sont sur des sommets.

Ils bénéficient d’un afflux considérables de capitaux, capitaux réels, capitaux d’emprunt, capitaux étrangers, capitaux fabriqués par le crédit digital.

Nous sommes en présence d’une double entonnoir qui dirige l’argent vers le Centre Americain:

-l’entonnoir des taux qui canalise vers la meilleure rentabilité laquelle est américaine

-entonnoir de la fuite devant le risque qui fait venir et revenir les capitaux globaux vers les USA.

C’est la grande migration, le grand reflux et ceci se traduit par:

une situation économique relativement meilleure qu’ailleurs aux USA, une sécurirté plus grande, une performance boursière exceptionnelle.

Les Etats Unis sont le Centre c’est dire que les impulsions, les sauvetages, les mesures destinées à tenter d ‘éviter le chaos sont prises la bas, prioritairement la bas. Les  autres  pays ne peuvent prendre des mesures que si , et seulement si les Etats Unis s’engagent dans cette voie.  Ce sont eux qui ouvrent le chemin.

Etant le Centre, les USA donnent les impuslsions et il est donc normal que ces impulsions produisent un effet plus rapide et plus fort chez eux qu’ailleurs. Le système américain est près des robinets aussi bien monétaires que financiers ou budgétaires.

Par ailleurs le système américain, malgré sa délitation washingtonienne est solide, il est puissant, et dissymétrique c’est dire à favorable aux intérêts US et défavorable aux intérêts du reste du monde

Pour toutes ces raisons , le Centre bénéfice de tout et le ROW, le reste du monde collecte les miettes.

Je soutiens que ceci présente à la fois un aspect positif et un aspect négatif;

Le positif est que la puissance, la force du système américain peut servir de parapluie au reste du monde sous tous les aspects.

Le négatif c’est que tous les risques du monde étant en quelque sorte assurés, couverts  par le système américan, celui ci est surexposé.

Ces risques remontent au Centre, c’est dire sur la banque centrale, la Fed et sur le Trésor c’est à dire sur le contribuable US.

Cela vous étonnera, mais n’étonnera pas ceux qui ont compris comment le monde global fonctionnait, si la Chine venait à subir un choc non gérable par son élite, le Yuan sauterait et c’est la Fed qui devrait sauver le système financier et monétaire mondial. Ce qui est encore à sa portée, notez le.

C’est la dialectique de l’Empire. Tout remonte à lui.

A ceux qui cherchent à inciter à la spéculation imbécile et irresponsable  je demande: Le risque systémique est-il vraiment au plus bas cette semaine depuis la crise? La réponse est non, il est à son maximum connu depuis 2008. Mais c’est parce que le mythe de l’assureur qui a les moyens reste vivace que l’on peut jouer à l’abri des parapluies. Les risques partiels peuvent être négligés, c’est notre opinion de fond, car ils sont pris en charge, mais en contrepartie le risque systémique progresse considérablement. Bientot il sera en « tout ou rien ».

Pour commencer, la Chine représente un danger clair et actuel pour l’économie mondiale et le système financier.

La Chine a ajouté un montant effrayant de dette au cours de la dernière décennie.

Son économie «miracle» est déséquilibrée, ses valeurs sont fausses, son modèle de développement est périmé.

L’inadaptation structurelle induite par l’excès de crédit est patente avec les dysfonctionnements que cela produit.

Voila pour la Chine.

La dette a considérablement augmenté à travers le monde. Bien au dela des capacités remboursemnt des débiteurs, la qualité « pourrie » touche au moins 40% de la masse de dettes.

La dette n’est pas à son prix, les primes de risque sont faibles ou quasi nulles.

Le financement est fragile, il repose non sur les capitaux longs et stables mais sur la  transformation et l’alchimie,  le levier, le carry et en dernier ressort sur le marché de refinancement en dollars de court terme.

La structure du marché mondial actuel et les excès financiers sont sans précédent.

Le risque est extrêmement élevé, masqué par la relance continue des banques centrales et l’escroquerie des dérivés qui fait croire qu’il y a une possibilité de transférer le risque à l’infini et qu’il est inutile de s ‘interroger sur la contrepartie de dernier ressort.

Les marchés sont déformés et dysfonctionnels.

La relance monétaire des banques centrales a réussi à bouleverser complètement l’analyse des risques.

Le système marche sur la tête, il baigne dans l’inversion , le  « moins » devient le « plus », le noir devient blanc, l’eau des égouts est cristalline .

Dans la folie dominante, les fragilités chinoises sont positives. Le coronavirus est probablement constructif pour l’économie américaine. Même les dynamiques politiques et géopolitiques belliqueuses risquées sont perçues sous un jour positif. Ils assurent tous une relance monétaire à perte de vue.

Le monde est vu au travers un prisme, au travers une illusion d ‘optique dont le fondement est la croyance en la toute puissance de quelques uns. Toute puissance d’un quarteron d’illuminés qui vivent dans la névrose monétaire et surtout dans la névrose du signe qui remplace la réalité. Dans la névrose faustienne. Ces zozos , sont victimes de leur soumission à un fétiche, la monnaie, qui les a dépassé, subjugé: ils sont possédés.  Ils croient que disposer d’ une printing press digitale permet de repousser les limites de l’humain et  de la nature. Hélas, Zero Hedge!

C’est cette croyance, cette illusion qui constituent le vrai point d’ancrage de nos systèmes, le vrai invariant sur lequel tout se construit.

Dans les années qui ont suivi la première guerre mondiale, nous avons cru en un invariant, celui du Progrès, plus jamais cela n’est ce pas? Et puis    39-45 est venu fracasser ce mythe et nous rappeler que les hommes non seulement ne progressent pas mais qu’avec leurs outils et leurs techniques  de plus en plus en plus puissants et sophistiqués, ils peuvent détruire beaucoup mieux et plus qu’avant.

Ne vous affolez pas, la catastrophe est inévitable.

Ce titre se lit comme suit:

Ne vous affolez pas sur les crises intermédiaires, elles sont contenues; elles construisent en s’accumulant la vraie, la future, la Grande Crise Systémique.

 

 

 

2 réflexions sur “Editorial. Ne vous affolez pas, la catastrophe est inévitable. Ce titre est un titre à clef.

  1. S’affoler ne rend pas service puisque cela suggère que l’événement que vous craignez n’a pas été anticipé ou, le cas contraire, qu’il arrive plutôt que le temps nécessaire dont vous auriez eu besoins pour y faire face.
    Il n’empêche, sans être tout à fait sur des modalités concernant les stades et amplitudes réelles de la prochaine crise d’effondrement global, nous savons qu’elle sera puissante et qu’elle emportera sur un échéancier inconnu, à la fois les illusions collectives du passé par contraste du vécu illuminé du présent et qu’elle jettera aux oubliettes nombre d’espérances folles car il sera évident qu’à l’inverse de ce que nous raconte philosophiquement les taux négatifs -à savoir que l’avenir est plus sur que le présent- le futur pressentis matérialisera les angoisses anciennes qui maturaient dans l’inconscient collectif et aux quelles on refusait d’en ressentir et interpréter l’intuition.
    Beaucoup de gens se mentent à eux-mêmes mais les élites et les politiques, plus encore que du reste des castes dominées. Ces élites « dia-foireuses » sont noyées dans leur imaginaire collectif à vocation réflexive et mimétique. Elles entretiennent le feu sacré, le Prytanée de la toute puissance enivrante et sécrétrice des ombres cavernicoles que leur caste réticulée en jeu d’influences réciproques entretient avec dévotion. Ici, la dévotion vaut aveuglement fanatique pour l’idole du désir: la monnaie Frankenstein sortie du chaudron magique de la « printing press ».

    Certainement, pressentent-ils ce jeu infernal dont l’issus souhaitable doit leur être toujours profitable car je pense que comme vous dites: « ils ont brûlé leurs vaisseaux », « c’est marche ou crève » et ils marchent sur nous pendant que nous crevons.

    Le Peuple est certes ignorant mais son instinct, s’il ne lui permet de mettre en mots la trahison qui s’affaire en coulisse médiatique ou encore face à lui comme on déroule une série TV décousue dont il ne peut comprendre le vrai sens. Si le sens lui échappe, il conçoit de mieux en mieux qu’une logique supérieure unifie la tendance de ce monde dont il n’est point le héros mais le sempiternel cocu (Il l’a compris lui qui porte le « gilet jaune »). Il ne peut certes réaliser pleinement la vérité de situation par les voies sensitives et imaginatives que confesse la connaissance des réalités derrière les tombereaux de propagande, Il vit dans une réalité anthropologique ou règne la déraison cornaquée par l’idéal de puissance de quelques uns… et pourtant, il pressent la lourde sentence du pugilat et du sacrifice qui fond sur lui, elle n’a pas encore de formes concises et précises mais elle traduit une sensation de malaise par une enveloppante défiance croissante face au Système et ses faux-prophètes: ses zélotes et sicaires du vice et du mensonge. Le jusqu’au boutisme déraisonné des médias est le symptome saillant qu’une immense fêlure/failure se répand sur le miroir des écrans, elle fend le mensonge et révèle le monde Potemkine pour ce qu’il est et quand ce mirage s’effondrera, une haine sociale jaillira et les gilets jaunes des cocus deviendront rouges de rages.

    Alors, oui ne nous affolons pas de ce qui doit advenir, le monde est devenu une fosse d’aisance pour l’inversion et le mensonge et ce que l’on gagne par le mensonge on le perd par la vérité… Il en est des lois naturelles qu’elles sont comme le feu sacré qui réchauffe, protège et « éclaire le monde et soi-même, elles doivent être comprises, suivies et transmises… le cas contraire? Allumez votre TV, vivez dans et par la technologie et « vivez pour vivre » comme des zombis! Eux aussi ont l’apparence d’être vivant et humain, ils bougent, grognent, mangent et vivent une logique existentielle qui infirme pourtant la notion de vie humaine car ils n’ont point de conscience ni d’ancrage et n’agissent que par automatismes… Symptômes d’un invariant qui n’est que celui de leur nature. Le zombis est un simulacre d’Humain et le Système comme « technosphère » n’est qu’un simulacre d’écosystème vivant.

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  2. Monsieur Bruno Bertez… comment pouvez-vous analyser si clairement les « fonds des problèmes » ?

    C’est sûr, « on » aurait déjà dû supprimer votre site…

    En attendant essayons d’être intelligent en vous lisant. Et merci.

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