Editorial: peux-t-on stimuler à l’infini? La marche vers le chaos.

Il est toujours possible de produire du stimulus, aussi bien monétaire que fiscal, tant que la monnaie, la fausse monnaie bien sur, est acceptée.

C’est à dire tant que l’on croit que le gouvernement est solvable; et ici le cours des emprunts d’état nous indique que le public et les institutions n’ont pas encore commencé à contester le crédit/la solvabilité des gouvernements.

Donc on peut inflater la monnaie et les dettes.

Keynes a découvert, justement que l’on pouvait d’autant plus créer de monnaie et de dettes que la demande d’encaisses etait forte c’est à dire tant que la peur , l’angoisse du public sont grandes. 

Mais il y a des limites, meme si ces limites sont inconnues! Ces limites ne sont pas subjectives, elles sont organiques objectives mais il leur faut un déclencheur, un catalyseur pour qu’elles se manifestent, avant le déclenchement elles  ne sont que latentes.

On ne pourra pas toujours pratiquer ce que je désigne sous le nom d’inflationnisme car contrairement aux illusions tout stimulus a un coût, voire plusieurs coûts.

On doit concevoir les stimulus comme des amortisseurs, ou des marges de manoeuvre qui s’usent quand on s’en sert et que l’on ne les reconstitue pas. Ce qui est notre cas depuis de nombreuses années.

Les stimulus ne sont pas gratuits, ils ont un coût qui se manifeste de façons multiples, complexes et différées.

Je laisse de coté le cout systémique, c’est dire ce cout que l’on voit pas mais qui est bien réel, et qui est le coût de la destruction des structures fondamentales de nos systèmes: la marche vers la socialisation est un aspect de ces coûts cachés.

Voici donc quelques couts: 

-le stock de dettes s’accroit et avec lui le boulet qu’il faut trainer, « le mort » peu a peu engloutit « le vif » et le paralyse; nos sociétés perdent leurs capacités d’adaptation et leur flexibilité.

-le bilan de la banque centrale se gonfle et même si on oublie que c’est une banque un jour ou l’autre on s’en souvient et la confiance peut disparaitre

-les taux bas qui favorisent la production de dettes et leur « sustainabilité » ne peuvent le rester éternellement, car les taux bas détruisent nos systèmes fondés sur l’épargne et par ailleurs ils  empêchent le prix du risque de se manifester, tout devient mal alloué, tout peu à peu dysfonctionnne, le système devient un casino cynique.

-C’est deja le cas par exemple en Chine, tout est ingérable, toutes les valeurs relatives sont fausses et nécessitent de plus en plus d’autorité et de controle/repression  pour se maintenir

-les stimulus volent de la demande future c’est dire qu’ils ne cessent d’anticiper ce qui signife qu’ils obligent à chaque fois anticiper toujours plus, on doit taper dans la boite de plus en plus  fort et loin. Les stimulus d’aujourd’hui créent les insuffisances de la demande de demain quand ils ne financent pas des investissements productifs qui créent les richesses pour leur remboursement, ce qui est le cas de nos systèmes depuis longtemps.

-les sitmulus produiesnt automatiquement, mécaniquement des fausses valeurs boursières, ils inflatent la valeur des actifs financiers anciens mécaniquement par ajustement des taux historiques a des valeurs de rendement de plus en plus basses. Quand on baisse les taux on revalorise automatiquement les actifs anciens ce qui produit de la fragilité financiere et developpe les comportements spéculatifs. La richesse tombe du ciel. Elle détourne de la production.

-Peu a peu les opérateurs s’enhardissent s’endettent pour spéculer et ils s’endettent de plus en plus court pour bénéficier des taux les plus bas. tout devient désajusté, on finance le long avec des fonds courts et avec des ressources instables.

-les stimulus créent une addiction aux déficits bien sur mais aussi une addiction à la dette et une addiction aux taux bas. Les dettes augmentent, le système se décapitalise et la fonction capacité d’endettement du capital propre est érodée. Les retours en arrières sont de plus en plus impossibles à réaliser, on ne peut retirer les béquilles, les corps économques sont trop affaiblis, trop gras  et trop désequilibrés.

Bien sur les différents coûts listés ci dessus sont redondants, ils se complètent et se recouvrent partiellement mais à chaque fois ils contribuent à augmenter l’addition.

Pour me résumer, les stimulus lorsqu ‘ils ne peuvent être résorbés et remboursés, produisent des coûts qui en derniere analyse sont des :

-besoins de cash flows et de profits de plus en plus grands , ce que j’épingle en disant que le mort, le stock, dévore le vif c’est à dire les flux 

et/ou 

-des besoins de faillites ou de destruction de la pourriture accumulée.

La pratique du stimulus est une pente, une mauvaise pente dont nos systèmes ne reviennent plus, on est allé trop loin.

On s’est enfoncé dans les artifices et on ne sait meme plus distinguer ce qui est sain de ce qui est pourri.

Le refus des crises de destruction n’est rien  d’autre que le refus de détruire ce qui est pourri, inadeéquat, ce qui ralentit la production de richesse et de bien etre.

Le refus des crises, refus des nettoyages, refus du progres qui devalorsie tout sur son passage, ce refus  rend le besoin de crise de plus en plus colossal  et de moins en moins gerable . 

Pour retarder les processus , nos societes s’enfoncent dans ce que l’on appelle la répression, la repression  n’est pas une solution, c’est simplement un moyen de gagner du temps, un moyen de repousser la statue du commandeur. 

La marche sera peut etre encore longue, mais c‘est une marche vers le chaos.

 

 

 

 

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