Editorial: précision très importante sur la crise, il y a crise et Crise

Pour bien assimiler mes textes il faut toujours avoir présent à l’esprit que quand je fais référence à la Crise je fais référence à la vraie, la finale; celle qui se déclarera quand les autorités perdront le contrôle de la situation.
En 2008 nous n’avons pas eu la Crise, la vraie car elle a été repoussée dans le futur par la création de monnaie, de dettes, par la baisse des taux et le sauvetage des banques.
Tout ceci a produit une  situation de déséquilibre, dont la spéculation boursière n’est qu’un symptome.
Ce sont ces  déséquilbres qui se révèlent maintenant sous le choc de l’épidémie du virus.
L’édifice financier artificiel menace de s’écrouler.
Les autorités vont refaire la même chose qu’en 2008;  est ce que cela va marcher?
Mon pari, mais c’est un pari, est que oui cela va marcher cette fois encore.
Mais on va se rapprocher de la Crise finale car l’arsenal des armes anti-crise est quasi vide et les déséquilbres seront encore plus profonds; ici on tombe du 30e étage, la prochaine fois ce sera du 120 ème.
Donc ne confondez pas:  nous  sommes en crise mais ce n’est pas la vraie, la grande.
Rédigé par
Bruno Bertez
17 février 2020

Vous pensez qu’il existe plusieurs classes d’actifs ? Faux : de nos jours, il n’y a plus que deux  catégories – le papier et ce qu’il représente. Il est essentiel de faire la différence.

J’essaie de vous faire raisonner en dehors du cadre habituel – « outside the box », comme disent les Américains.

Vous êtes structuré par la parole des autorités et vous avez du mal à voir le monde autrement que par le prisme intellectuel que leurs récits vous impriment. Vous pensez comme si le marché était la réalité, comme s’il l’épuisait. Vous êtes dans la bulle parce que l’on vous y a mis – et vous pensez donc avec les schémas qui sont ceux de la bulle.

Ce que je dis pour la Bourse est vrai pour la politique : on vous a mis dans une bulle avec de fausses classes droite/gauche par exemple. Dans cette bulle, Emmanuel Macron est en même temps de droite et de gauche.

Vous pensez à travers les classes d’actifs que l’on vous a enseignées, vous pensez au travers des catégories et des concepts que l’on vous fourre dans le crâne, les taux, les multiples cours/bénéfices, la volatilité, le risque, etc.

On vous a mis dans l’univers des grands prêtres, l’univers monétaire, celui de la monnaie, des actions, des obligations, des fonds d’Etat, de l’or – et vous pensez que ce que votre esprit manipule, ce sont des catégories réelles. Des catégories qui reflètent le réel.

L’éléphant dans la pièce

Eh bien non, archi-non. Tout cela, tout ce que vous manipulez dans votre tête, ce sont des signes, c’est du papier – du papier dont l’origine, surtout en ce moment, c’est la planche à billets numérique, pas le réel.

C’est l’éléphant dans la pièce : il est tellement gros que personne n’y pense. C’est la lettre volée d’Edgar Allan Poe – elle est devant les yeux et personne ne la voit.

La lettre volée une seconde fois, Frédéric Théodore Lix

Tout ce dont on parle, c’est du vent, du papier. Ce ne sont pas des classes d’actifs mais une seule et même classe d’actifs : le papier. Tout comme les partis politiques sont un seul parti, celui de la reproduction du système et de l’imaginaire social qui permet de vous exploiter.

Tout comme lorsque vous pensez au prix, que vous confondez avec la valeur de cet actif, vous dites qu’il vaut 100 ou 200, vous oubliez que vous exprimez le prix de cet actif en un autre actif papier ou digital, le dollar. Vous êtes dedans ! All in, comme on dit au poker.

Jouer la faille

Je soutiens que la pensée qui sera un jour utile, celle qui fera la différence, ce sera celle-là : celle qui jouera la faille, la non-adéquation entre le monde des autorités, le monde des signes, et le vrai monde, le monde réel.

Celui qui gagnera sera celui qui se situera en dehors de la névrose ambiante, qui pensera autrement. Celui-là sera vraiment adapté à ce qui va se passer.

Ce sera celui qui fonctionnera en ayant compris que tous les actifs dont on parle ont le même sous-jacent – la monnaie.

L’univers des actifs que vous connaissez, c’est la monnaie – de la même façon que le sous-jacent de la valeur des hypothèques en 2007 était la valeur des maisons… ou plutôt la croyance en la hausse perpétuelle de leur prix. Ici, le sous-jacent de tous les marchés, c’est la monnaie, la liquidité et la croyance que plus jamais elles ne manqueront parce que la Fed l’a promis.

Vous comprenez que la soi-disant diversification pour réduire les risques est un mythe ; vous comprenez qu’il n’y a à l’intérieur des marchés, face au risque suprême, aucun refuge.

Si vous avez compris viscéralement cela, alors vous êtes prêt pour, un jour, affronter la crise. Celle-ci sera en effet la rupture de l’invariant ultime : la croyance dans les pouvoirs des apprentis sorciers et le mythe de la liquidité infinie sous-jacente.

Il n’y a que deux et seulement deux grandes catégories de classes d’actifs. Il y a le papier et il y a le réel. Il y a ce qui est imaginaire et imaginé… et il y a ce qui existe, sonnant et trébuchant.

Note : j’ai souligné en gras le « en même temps » pour faire réfléchir et vous inciter à penser que quand on utilise le « en même temps », cela signifie souvent que l’on est dans l’imaginaire, dans l’infantile – car le réel, l’adulte, sont faits de choix et… de deuils.

[NDLR : Retrouvez toutes les analyses de Bruno Bertez sur son blog en cliquant ici.]

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5 réflexions sur “Editorial: précision très importante sur la crise, il y a crise et Crise

  1. « j’ai souligné en gras le « en même temps » pour faire réfléchir et vous inciter à penser que quand on utilise le « en même temps », cela signifie souvent que l’on est dans l’imaginaire, dans l’infantile – car le réel, l’adulte, sont faits de choix et… de deuils »

    A propos du « en même temps » il y a quelques mois sur « Radio Courtoisie » Michel Maffesoli suggérait que le modèle de pensée de notre époque allait être l’oxymore. Et il citait comme exemple le « en même temps » macronien, ou l’art de lancer un concept ET son contraire.
    Maffesoli qui – sans doute comme vous – se revendique de Baudrillard…

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    1. La pensée magique du « en meme temps’ c’est a dire du refus du choix et du deuil est une pensée infantile .

      La pensée du « en meme temps est la pensée des gens qui ne branlent rien, la pensée des profiteurs par excellence, ceux qui ne se coltinent pas le réel. Un prolo ne pense jamais sous la forme du « en meme temps ». il sait que le monde est dur, qu’il a du poids et que la rareté et le choix sont obligatoires.

      C’est la pensée de la bourgeosie moderne ou plutot celle de ses enfants. Anti dialectique.

      L’enfant roi tout puissant des bobos est le contraire du prolo.

      La pensée du en meme temps c’est Deleuze, la negation de l’Oedipe: tout est possible et on peut comme Macron etre le fils et baiser la mere.

      La modernité a sombré dans la toute puissance infantile entretenue par la publicité qui vous fait croire que tout est possible.

      On peut ne pas avoir d’argent et consommer quand même et être une vedette meme si on est un minable.

      Regardez les pub pour le jeu et les paris en ligne. En particulier celle qui crie  »respect »!

      La pub survalorise les gens: « vous le valez bien » « tout est possible avec le crédit  »

      Le  »en meme temps » exprime la névrose sociale, celle qui fait vivre dans l’imaginaire masturbatoire qui convient à la reproduction de l’ordre actuel .

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  2. « Celui qui gagnera sera celui qui se situera en dehors de la névrose ambiante, qui pensera autrement. »
    J’essaye de réfléchir :
    – l’or, pas déconnecté des marchés et on l’a vu ces derniers jours, il n’a pas tenu le choc, il peut-être confisqué et sa valeur gelée par décrét,
    – l’argent, c’est pire
    – palladium, métaux préciaux, idem, pas très convainquant,
    – immobilier, pas non plus déconnecté des marchés via le crédit et la titrisation,
    – machines outils,
    – usines de fabrication de produits de première nécessité,
    – outils de fabrication,

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    1. Quand le monde entier s’appauvrit il ne faut pas se faire d’illusion, tout le monde s’appauvrit c’est ineluctable, sauf pour les bandits et les voleurs.

      La fortune, les patrimoines c’est du travail mort, cristallisé donc c’est du travail qui malheusement a une expression monétaire qui a toutes chances d’avoir une fausse valeur; La crise a pour fonction de tuer les fausses valeurs.

      En revanche il y a une chose qui est à l’abri de la devaloristaion du passé c’est le travail vivant, vos bras, votre intelligence, votre capacité à innover.

      Si la devalorisation se poursuit, ce que je n’anticipe pas, le travail vivant est le seul bien sur lequel vous pouvez compter.

      Mais comme le disait un de mes amis qui avait connu plusieurs guerres, avec un Louis d’or on peut toujours acheter un poulet!

      Ne craignez pas les confiscations, c’est bidon.

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