Editorial. Ce que vous ne lirez nulle part ailleurs, je vais à la racine. Non le crédit ce n’est pas de la monnaie. C’est effrayant. Il faut 4 trillions de liquidités, plus des QE et 2 trillions de déficits publics!

Tout a commencé avec  Greenspan quand il a imaginé  la merveille que constitue  la finance de marché. Comme je l’ai expliqué récemment tout a commencé quand on a mis le crédit sur les marchés pour en produire plus ; avant, le crédit était en banque. Maintenant il est  soumis aux animal spirits c’est à  dire aux folies des spéculateurs et de leurs complices les banquiers centraux.

 

Le keynesianisme et en général les armes des autorités pour lutter contre les crises reposent sur un ensemble de postulats. Ce sont ces postulats qui sont en train d’être mis à l’épreuve et c’est pour cela que la Crise, la vraie se rapproche. On est au radical, au plus profond du radical, c’est à dire aux racines.

Suivez bien. C’est facile, je suis didactique,  mais il faut se concentrer. 

Quand les agents économiques ont peur, ils stockent, ils demandent de la monnaie, ils ont une préférence pour la liquidité. La demande d’encaisses  augmente. C’est la grande, la vraie grande découverte de Keynes. Quand on a peur, on ne dépense plus, on est frileux; on garde ses sous.

Il y a la monnaie, le cash sous le matelas. Il y a le « dépôt » bancaire et il y a les fonds d’état, la dette du gouvernement, « Bonds » du Trésor.

-La forme privilégiée de la monnaie ce sont les fonds d’état, les emprunts souverains car ils ont la même garantie que la monnaie,  mais en plus ils rapportent un peu, ils ont la signature des  états laquelle est meilleure que celle des banques et enfin ils sont très  liquides.

-Grace à cette demande de monnaie dans les périodes de panique on peut en émettre  beaucoup car elle va être stockée et on peut profiter du fait que les emprunts d ‘état sont de la quasi-monnaie:  ils sont demandés et donc on peut creuser les déficits, augmenter les dépenses, le financement est facile puisque les emprunts d ‘état sont demandés. On peut aussi émettre des emprunts d’état pour créer de la monnaie si les banques et les marchés financiers en manquent. C’est ce que l’on va devoir faire ces prochains jours, il y a pénurie de fonds d’état.

Nos sociétés reposent sur le crédit à la fois normalement pour le cycle des affaires, mais aussi anormalement depuis la perversion de la financialisation pour la réalisation du profit par le capital.

Les crises sont en général de crises financières, crises  du crédit: la confiance disparait parce que l’on en a abusé.

Les crises du crédit  bloquent la production de crédit nouveau et le renouvellement des crédits anciens. Plus personne ne veut prêter.

Ceci bloque le système car beaucoup de crédits ont besoin d ‘être renouvelés, « roulés » comme on dit. Par ailleurs, il faut dans nos systèmes que la bicyclette du crédit roule sinon elle tombe.

Il faut au monde global plus de $6 trillions de production de crédit par an pour tourner selon mes calculs. Et pour croitre il en faut encore plus, il faut du « credit impulse » c’est dire une accélération de la production nette  de crédit.

Une crise financière c’est une crise de la machine à produire du crédit.

Quand le crédit se bloque sur un secteur, par exemple sur la Technologie comme en 2000, alors on favorise la production de crédit dans un autre secteur comme le Logement; quand la production de crédit dans le logement s’effondre comme en 2007,  on produit du crédit banque  centrale et du crédit du gouvernement.

C’est ainsi que l’on produit ce que j’appelle le « tout en bulles » avec une bulle-mère qui alimente toutes les autres, la bulle des emprunts du gouvernement.

Vous comprenez pourquoi il faut toujours maintenir la confiance dans la dette des gouvernements; non seulement elle finance ses dépenses mais aussi elle est l’assise , le sous-bassement, la pierre angulaire  du système. C’est l’actif du secteur bancaire et son moyen d’obtenir toujours des liquidités, car les dettes des gouvernements sont ce que les banques doivent donner, mettre en  gage pour obtenir du cash, les dettes des gouvernements sont ce que  apppele le « collatéral-roi ».

A partir de là s’est developpée une théorie, une thèse devenue une idéologie, c’est la doctrine  de l’inflationnisme.

Cette doctrine résumée nous dit que tous les problèmes de nos sociétés, absolument tous, peuvent être réglés par la création de monnaie immédiate  ou par la création de promesses c’est à dire de crédit.

Tout peut être traité par l’inflationnisme c’est à  dire par  création de monnaie et les emprunts d’état à  10 ans sont considérés comme des équivalents monétaires, ce sont des money-like, des near-money. Les emprunts d’état sont le money like par excellence.

Etre un équivalent de la monnaie, un money-like ou un near-money c’est être considéré comme aussi bon que la monnaie sonnante et trébuchate . Nous sommes au coeur, au noeud du système et donc du probème: la croyance fondamentale que les emprunts d’état, puis les emprunts des entreprises, puis les actions etc.. ce sont des actifs qui sont aussi bons, aussi solides que la monnaie et que l’on peut les échanger contre la monnaie quand on veut, sans dégats c’est dire sans perte. On retouve ce que je décris souvent comme étant le Système, celui de John Law, qui avait adossé la monnaie aux actions de la Compagnie. La fameuse Compagnie qui a plusieurs fois changé de nom. Ici la fameuse Compagnie de John Law c’est l’ensemble du marché boursier mondial, c’est l’économie mondiale, globale.

Car depuis 11 ans la politique des autorités a fait en sorte d’ancrer cette croyance absurde, idiote, criminelle  que tous les actifs financiers constituaient une chaine d’équivalences.

Tout est ancré sur les emprunts d’état plus une prime.

Voila comment les autorités ont crée cette chaine d’équivalences, elles ont unifié le champ des actifs financiers en nous disant que tous, tous sont comme des emprunts d’état plus une prime de risque.

Mais elles ne se sont pas contentées  de cette affirmation criminelle elles ont sans cesse fait chuter, elles ont réduit  à zéro les primes de risque par des promesses que toujours l’argent coulerait à flots et que toujours les taux des emprunts d’état seraient bas, de plus en  plus bas. Elles ont non seulement fait baisser les taux des emprunts d’état , mais comprimé les primes de risque, afin de créer une dynamique perpétuellement haussière qui prouvait que ce qu’elles disaient etaient vrai ; tous ces actifs sont aussi bons que de la monnaie, mieux ils sont encore mieux que de la monnaie.

Les autorités sans scrupules ont ainsi implanté un mensonge en chaine d’équivalences:

Le signe égal  « = » signifie équivaut à

monnaie=fonds d’état=emprunts des entreprises de qualité avec  une petite prime=emprunts des entreprises de mauvaise qualité avec une plus grosse primes= actions des entreprises  avec  une encore plus grosse prime de risque.

Mais comme non seuelment on a laminé les primes de risque de proche en proche et que l’on a branché une loterie sur les actifs financiers en produisant une hausse continue sur 11 ans , alors peu à peu on a tout perverti.

On a fait croire par glissements spéculatifs successifs à la « monnaieitude » de tous les actifs financiers.

La monnaieitude, moneyness en anglais,  c’est le caractère de ce qui est équivalent à, aussi bon que de la monnaie.

Les criminels ont toujours dit que tout était à son prix. Qu’est ce que cela veut dire que dire qu’une chose est à son prix?  Cela   veut dire que l’on peut toujours l’échanger contre de la monnaie sans perdre. Avec en prime un petit rendement.

Ah les braves gens.

Que se passe-t-il en ce moment sur les marchés? C’est la révélation du Grand , du Colossal Mensonge, la moneyness disparait.

C’est comme si les marchés mondiaux tiraient en raccourci et en accéléré  les leçons  de la dislocation du marché obligataire de 1994, de l’effondrement de la bulle asiatique de 1997, du fiasco russe / LTCM de 1998 et du krach boursier de 2008 – et les synthétisaient en une semaine d’instabilité et de dysfonctionnements  du marché mondial.

Les actions de la Grande Compagnie de John Law s’effondrent!

La non monnaieitude de l’édifice se révèle , et pour sauver cette pyramide il faut , il n’y a qu’une chose à faire : c’est créer la vraie monnaie que les gens  exigent quand ils vendent leurs actifs financiers.

Car vendre, personne ne le dit c’est demander de la monnaie, de la vraie monnaie . Vendre des actifs c’est d’un seul coup supprimer l’illusion de monnaieitude de ces actifs et demander de la vraie monnaie. Deja on a injecté $1,5 trillions, je dis qu’il en faut entre 4 ou 5 trillions dans les prochains jours pour simplment stabiliser et encore plus pour relancer le système économique et éviter la Dépression. A mon avis 6 trillions au moins. Au moins.

Jeudi a été une journée extraordinaire de panique sur les marchés mondiaux – Le «pire jour depuis le crash du marché de 1987» – «le plus grand choc VaR de l’histoire». V@R c’est la valeur soumise à risque. Un choc  de v@R c’est un choc qui d’un seul coup met les valeurs des actifs là ou elles devraient être, fait ressortir le vrai risque et décapitalise tout le système financier car les actifs du système financier sont fondés sur ce mythe que j’ai décrit. Le mythe de la monnaieitude.

Le système se retrouve nu, il se baigne nu, il faut remonter le niveau de la mer de liquidités pour le dissimuler.

Ajoutez ce que personne ne dit:  » ce fut   la pire semaine pour le crédit en une décennie». C’est un épouvantable épisode mondial de réduction des risques , de désendettement. C’est épisode  de liquidation synchronisée, d’illiquidité de tous  les marchés  bref un épisode de  dislocation.

Les marchés mondiaux – actions, obligations, crédit, produits dérivés, devises et matières premières – sont tous en convulsion.

La monnaieitude s’éavanouit. Le pilier du système mondial, le pilier des emprunts US vacille.

12 mars – Financial Times : «Les investisseurs et les analystes mettent en garde contre l’aggravation des fissures sur le plus grand marché mondial d’obligations d’État. Des anomalies  étranges  commencent  à émerger, tels que les baisses de prix des bons du Trésor américain:  c’est un refuge  traditionnel quand les actifs plus risqués tels que les actions sont bradées  en raison de  la crainte que l’épidémie de coronavirus déclenche une récession mondiale. Certains avertissent que ces tendances pourraient entraîner le dénouement de l’une des stratégies de négociation les plus populaires du marché – avec des conséquences potentiellement graves. »

Un bref survol que personne ne vous fera:

Le Dow Jones a chuté de 2 353 points, soit 10,0% jeudi, le S & P500 baissant de 9,50%.

L’indice MIB italien s’est effondré de 16,9%, le DAX allemand de 12,2%, l’IBEX espagnol de 14,1% et le CAC40 français de 12,3%.

Les principaux indices boursiers ont baissé de 14,8% au Brésil, 12,7% en Pologne, 11,5% en Hongrie, 8,3% en Russie, 8,2% en Inde et 10,8% en Thaïlande.

Le Nikkei japonais a baissé de 10% dans les échanges du vendredi avant de terminer la session avec une perte de 6,1%.

Les marchés actions sont apparus presque ordonnés par rapport au chaos du marché du crédit.

Aux USA un indice des assurances contre les défaillances sur le  haut rendement a bondi de 92 points de base à 685 points de base, clôturant ainsi une hausse de 317 points de base en six sessions!

12 mars – Bloomberg : «Les ETF obligataires mettent en évidence des signes de stress de liquidité sur des marchés plus larges, les prix au comptant s’échangeant à des remises persistantes et importantes par rapport à la valeur des actifs sous-jacents.

Le FNB iShares iBoxx $ Investment Grade Corporate Bond ETF de 31 milliards de dollars a clôturé avec une décote de 3,3% par rapport à sa valeur liquidative le 11 mars, la plus grande divergence de ce type depuis 2008 …

Pendant ce temps, le prix du fonds d’obligations du Trésor iShares 20+ ans de 23 milliards de dollars a baissé 5 % au-dessous de sa valeur liquidative, du  jamais vu. Et même le marché municipal américain est sous pression: le FNB VanEck Vectors High Yield Municipal Index s’est négocié mercredi avec une décote  record de 8,3%. »

12 mars – Bloomberg : «Libor-OIS passe à 61,1 pb, le niveau le plus large depuis mai 2009, contre 52,6 pb la session précédente alors que les pressions de financement sur le marché du crédit continuent de s’intensifier.»

L’iShares High yield ETF (HYG) a chuté de 4,0% jeudi et de 5,9% pour la semaine.

Après avoir  terminé la semaine dernière à un niveau record, le FNB iShares Investment Grade (LQD) a chuté de 4,8% jeudi et de 8,4% au cours de la semaine.

Quelques titres de Bloomberg: «Un jour d’enfer: le pire jour du marché Muni dans l’histoire moderne» et «Pour le marché Muni-Bond, c’est la pire semaine depuis 1987».

Sur les marchés des produits dérivés, c’était un véritable chaos.

Les obligations des pays  émergents ont été ravagées.

Les rendements des obligations à 10 ans en monnaie locale du Brésil ont bondi de 125 points de base à 8,29% dans les échanges de jeudi.

Les rendements ont bondi de 98 bps en Hongrie (à 2,97%), 76 bps en Russie (7,98), 71 bps en Colombie (7,65%), 55 bps en Afrique du Sud (9,81%), 44 bps au Mexique (7,72%) et 39 bps en Roumanie (4,52%).

Pour la semaine, les rendements à 10 ans en monnaie locale ont bondi de 292 bps en Ukraine, 127 bps au Mexique, 113 bps au Brésil, 107 bps en Turquie, 95 bps aux Philippines, 92 bps en Russie, 88 bps au Chili et 84 bps en Indonésie.

L’ingenierie financière, les «Carry trades» explosent.

Les devises devissent: la couronne norvégienne a perdu 4,7%, le dollar australien 3,8%, le dollar néo-zélandais 2,9%, la couronne suédoise 2,4%, la livre britannique 1,9% et le dollar canadien 1,1%.

Pour la semaine, le peso mexicain a chuté de 8,3%, la couronne norvégienne de 8,1%, le dollar australien de 6,5%, la livre britannique de 5,9%, le real brésilien de 4,3%, le rand sud-africain de 3,7%, le dollar de Nouvelle-Zélande de 3,4%, le Couronne suédoise 3,2% et dollar canadien 2,8%.

13 mars – Financial Times : «Steven Mnuchin, le secrétaire au Trésor, a déclaré que les autorités américaines feront« tout ce que nous devons faire »pour augmenter la liquidité sur les marchés financiers et aider l’économie américaine à surmonter le coronavirus. .. «Il y aura des liquidités disponibles, quoi que nous devions faire, quoi que la Fed doive faire, quoi que le Congrès doive faire. Nous fournirons des liquidités », a déclaré M. Mnuchin…

M. Mnuchin a déclaré qu’il était en contact constant avec Jay Powell, le président de la Réserve fédérale, ainsi qu’avec des chefs d’entreprise américains, pour atténuer l’impact de la propagation de la maladie.»

Vendredi on a commencé à pomper , on mis $1,5 trillions à disposition.

 

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