On me demande souvent mon opinion sur ce que devrait ou devra valoir l’or

Voici ma réponse :

Désolé mais pour avoir une fourchette de prix pour l’or il faudrait avoir un instrument de mesure de la connerie humaine et surtout de celle de nos dirigeants. Rien qu’avec les mesures décidées cette semaine un marché libre de l’or le propulserait près de $5000 l’once ! Donc vous voyez!

L’or est un invariant clef du système et les niveaux actuels sont à interprêter comme l’était le niveau de 35 dollars l’once de 1934  fixé par Roosevelt.

La rupture des invariants dans l’histoire coincide toujours,  cause ou conséquence, avec une crise.

Lisez, cela vous aidera à comprendre le présent; un besoin considerable de créer de la monnaie pour liquéfier les marchés va affecter l’or et son prix.

Si le prix du metal ne bouge pas , il sera rationné.

Il faudra ensuite  soutenir l’économie et les échanges mondiaux. Les masses monétaires vont exploser.

Mais l’histoire est lente, il faut laisser le temps au temps.

Avec les dépenses considérables engendrées par la guerre du Viêt-Nam, la compétitivité accrue des pays européens et celle du Japon, le gouvernement américain réalise en 1971, pour la première fois au XXe siècle, un déficit commercial. Le 15 août 1971, le président Richard Nixon change complètement la donne du système monétaire international en annonçant la fin de la convertibilité du dollar en or.

En 1944, les accords de Bretton Woods établissent le Gold Exchange Standard dans le but d’assurer la stabilité des taux de change. Cela place le dollar américain au coeur du système monétaire international, la convertibilité en or du dollar étant fixée au taux de 35 $ l’once.

Le système monétaire de Bretton Woods connaît plusieurs difficultés dès son adoption, difficultés intimement liées à sa structure.

D’ailleurs, l’économiste Robert Triffin est l’un des premiers à s’interroger sur sa viabilité et à prédire même sa chute (voir dilemme de Triffin). C’est ce qui se produit en 1971.

La masse de dollars dans le monde atteint alors 53 milliards de dollars, ce qui constitue plus de cinq fois les stocks d’or du Trésor américain. La quantité de dollars détenus dans le monde ne peut augmenter que si la convertibilité est abolie. 

Nixon, conscient des difficultés américaines à maintenir la confiance dans le dollar, annonce en août 1971 la fin de la convertibilité et, en quelques sorte, la fin du système monétaire de Bretton Woods (voir Accords de la Jamaïque de 1976).

Parallèlement à cette décision, et pour faire face à la récessionNixon annonce également un gel des salaires et des prix, ainsi que des réductions d’impôt et une surtaxe sur les produits importés.

Cette décision stimule la consommation, mais après approbation du Congrès, Nixon doit quand même procéder à une dévaluation de 7,9% du dollar en décembre. Une deuxième dévaluation de 10% est également nécessaire en février 1973, ce qui affecte l’économie de manière globale. Le premier choc pétrolier est directement lié à ces dévaluations du dollar.

Dans les médias…

Jacques Mornand, « Le casseur et les payeurs »

«…En fait, on assiste à une redistribution complète des mises sur l’échiquier monétaire international. Mais elle n’a pas le sérieux qui convient à ce genre d’opération. C’est une empoignade, avec tous les risques que cela implique. Washington veut maintenir à tout prix son leadership économique et financier à l’échelle de la planète. C’est ce qu’affirme le président Nixon au lendemain de Camp David. Peut-il atteindre cet objectif aujourd’hui, où le potentiel américain reste le premier du monde mais se trouve relativement amoindri par rapport à ce qu’il était dans les années 1950 ? C’est là une des questions essentielles. Mais si les pays qui sont placés par Nixon devant le fait accompli continuent à s’entredéchirer comme ils l’ont fait à la conférence de Bruxelles, alors le président des États-Unis aura les mains libres. Le Dollar gagnera sur tous les tableaux. De nouvelles crises monétaires encore plus graves que celles d’aujourd’hui se produiront immanquablement. »

Le Nouvel Observateur (France), 23 août 1971, p. 20.

S.A., « La balle dans le camp européen »

«…Le paradoxe de la situation créée par les initiatives annoncées par M. Nixon, dimanche dernier, est que la balle est maintenant dans le camp européen. Le dollar est malade, mais c’est finalement aux principaux partenaires commerciaux des États-Unis de pendre les dispositions qu’appelle la décision de suspendre la convertibilité de la monnaie américaine en or. Afin que nul n’en ignore, M. Paul Volcker, sous-secrétaire au Trésor des États-Unis, a dit et répété, depuis son arrivée lundi à Londres, aux hauts fonctionnaires des principaux pays européens, conviés pour s’entendre expliquer la nouvelle politique des États-Unis : « Nous ne sommes pas là pour négocier. » C’est qu’à Washington on voit les choses de manière bien différente que de ce côté-ci de l’Atlantique. Pendant de nombreuses années, les Européens ont fait valoir les dangers inhérents au déficit de la balance des paiements des États-Unis et à l’inflation monétaire provoquée par la politique des autorités fédérales. Voilà le moment arrivé, dit-on à Washington, où enfin les Américains prennent le problème à bras le corps. Que faire de plus que ce qu’a annoncé le président Nixon ? Aux Six, maintenant, d’en tirer les conséquences. »

Le Monde (France), 18 août 1971, p. 1.

Claude Lemelin, « Le coup de Washington »

«…Pendant que ce train de mesure restaurera la position concurrentielle de l’économie américaine et que le jeu de l’offre et de la demande rajustera les parités entre les grandes monnaies, les grands argentiers de l’Occident pourront envisager plus sereinement la réforme du système monétaire international qui s’impose. On sait déjà dans quelle voie Washington voudrait que cette réforme s’engage : abandon progressif de l’or comme instrument de réserve au profit des droits de tirage spéciaux ou de quelqu’autre forme de monnaie de papier et élargissement des marges de fluctuations entre monnaies avec rajustements fréquents de leurs parités fixes pour éviter que ne réapparaissent les disproportions excessives qui sont causes de la débandade d’aujourd’hui. Ces propositions sont judicieuses et devraient être appuyées par plusieurs grandes puissances monétaires, dont l’Allemagne fédérale, l’Angleterre et le Canada. Quant aux récalcitrants, ils n’ont qu’à bien se tenir : grâce au geste spectaculaire du président Nixon, les États-Unis tiennent le gros bout du bâton; et pour une fois, on n’a pas trop à le regretter. »

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