Editorial. Les dieux se vengent de ceux qui les défient. A lire et relire jusqu’à ce que ce soit assimilé.

Il y a quelques semaines, les mesures du risque utilisées dans les modèles par la Communauté Financière étaient au plus bas des plus bas. Le risque valait zéro, rien. De risque il n’y avait pas, il n’y avait rien à craindre.

Son prix n’avait pas cessé de chuter.

Cette mesure du risque autorisait toutes les imprudences, toutes les audaces spéculatives et donc tous les enrichissements fondés sur le jeu et la négation du risque: il n’y avait qu’à…

Il n’y avait rien à craindre.

Pourtant quelques jours plus tard nous étions au bord du précipice. Nous sommes passés d’un record d’optimisme historique, d’un plus haut de toujours, de tous les temps, à un gouffre de pessimisme comme si le monde allait arrêter de tourner.

Nous étions au bord de trois  précipices:

-le premier était le corona virus,

-le second était la crise pétrolière et

-le troisième la crise financière d’insolvabilité généralisée.

Je ne vais pas plus loin , je ne vais pas déja ajouter que nous sommes au bord de deux crises  supplémentaires, ce serait de la prospective; or je me borne à lire et à déchiffrer le présent:

-une crise monétaire

-une crise sociale.

Je ne m’attarderai pas sur la stupidité de la communauté spéculative et encore moins sur celle des banques et institutions financières: elles sont chroniques et incurables.

La surestimation personnelle propre aux imbéciles, l’appat du gain facile et l’avidité sans borne suffisent à expliquer un comportement myope, toujours inadapté qui se pare de la fameuse  rationalité mathématique qui met  les sots à l’abri des critiques.

Non ce que je veux dire et souligner c’est que les mesures du risque, comme les cours de bourse , comme les indices et comme tout ce que vous pouvez imaginer comme dérivées sont des signes, des symboles que l’on colle sur une réalité mouvante, bien vivante: l’activité des hommes.

Je veux marquer  que ces signes ont inadéquats. Ils ne reflètent pas le réel, ils ne permettent aucune prévision. Ce sont des projections d’un faux entendement. d’une fausse science. Ils ne sont pas des produits de l’intelligence scientifique, ils ne sont que des trompe l’oeil idéologiques au service d’une caste et de  ses maîtres. Leur savoir n’est pas un savoir de gestion du monde, c’est un savoir destiné à asseoir une domination.

Il ne sont pas utiles pour  gérer le monde et le piloter puisqu’ils n’en expriment pas la logique interne, les articulations complexes, ses passions  et ses caprices.. C’est pourtant, ce sont pourtant ces signes que les autorités utilisent pour la conduite des affaires qu’ils se sont donné le droit de réaliser.

Ils se servent d’outils, d’instruments qui ne reflètent pas la réalité comment voulez vous qu’ils s’y retrouvent. Tout se passe comme si ces navigateurs naviguaient au plus près des rochers, frolaient les écueils sans sonars , sans instruments pour les répérer. Ils sont depuis longtemps, depuis au moins 30 ans en terre inconnue. Ils n’ont ni carte, ni boussole ni outils de détection ni expérience et ils prétendent naviguer à vue dans un monde incertain.

Ils vous ont embarqué dans une Grande Aventure, une Grande Experience, celle de déjouer la rareté, celle de nier la finitude et l’imperfection des choses humaines, celle de Promethée qui vole le feu aux Dieux, et ils l’ont fait en se prétendant tout puissants, compétents; en prétendant dominer les forces du hasard, les secrets  divins. Ils font comme si le monde fonctionnait à la perfection, comme si eux étaient capables d’imposer cette perfection comme dans leurs  modèles et  ils plantent le Titanic mondial.

Ils se sont autorisés eux même, quarteron d’imbéciles cooptés et auto proclamés, sans rendre de compte à qui que ce soit, ils se sont autorisés à braver les incertitudes du monde en vous faisant croire comme John Law, qu’ils détenaient le Savoir. Le secret des statitiques et probabilités.  Et vous découvrez que c’est un faux savoir, même pas gai.

Leur entreprise  Prométhéenne, car c’en est une de vouloir conduire le monde et gouverner la richesse, sa production et sa répartition, leur entreprise  promethéenne a tourné au cauchemar et c’est nous qui sommes punis.

Ils se sont comportés ni plus ni moins comme ces grands prêtres d’antan qui géraient les Mystères,  qui exploitaient la crédulité des peuples pour attirer à eux la part maudite de la société, pour écrémer le surproduit, les richesses, les honneurs, les femmes et maintenant ne l’oublions pas, les hommes. Ils ont prétendu gérer des mystères qui les dépassent , voila ou nous en sommes.

Qu’est ce que la science économique? C’est un ensemble de mots, de concepts , un corpus de signes plus ou moins adéquats organisés entre eux selon des lois supposées plus ou moins adéquates, au service d’une élite qui se protège par des rideaux de fumée pour ne pas être démasqués. La sophistication diaforique de ce corpus ne sert qu’à une chose masquer l’ignorance réelle, et la volonté de tirer avantage  de ceux qui sont encore plus ignorants.

L’ignorance est telle qu’elle conduit à abandonner la recherche des causalités pour se réfugier dans l’opacité des corrélations et des régressions; comme si elles étaient stables et fixes et traduisaient des lois du monde alors qu’elle ne font que singer caricaturalement des comportements .

Comment peut-on faire croire que l’on peut conduire le monde sans le comprendre, c’est un grand mystère que celui la. Ah le mystère de la domination par les Experts!

Alors vous savez ce qu’ils disent pour s’exonérer? Toujours la même  chose: c’est le hasard on ne pouvait pas le prévoir, c’est un choc exogène!!!

Il a bon dos le choc exogène à notre époque. Le choc exogène sachez-le c’est le refuge leur ignorance et le revélateur de leur mauvaise foi. Même le virus Cofid 19 est endogène et nous en sommes responsables.

Ecoutons un bon, un vrai penseur de l’économie, Michel Aglietta, je l’écoute depuis les années 80:

« La crise actuelle est un avertissement pour l’avenir.

Ce n’est pas un choc exogène car elle n’est pas sans lien avec la dégradation de la biodiversité dont nos sociétés capitalistes sont responsables.

Elle vient frapper une économie mondiale où se sont accumulées les vulnérabilités financières héritées de la crise précédente.

Dans ce contexte, la baisse du prix des matières premières et la course à la liquidité, qui s’est amorcée depuis l’extension de la pandémie à l’ensemble de la planète, pourraient bien venir retourner le cycle financier.

L’endiguement de cette pandémie globale réclame une coopération internationale des politiques publiques qui ne reproduise pas les erreurs de 2008 : créer plus de dettes pour résoudre une crise financière provoquée par un excès de dettes.

Au lieu d’ajouter à l’excès de dettes, mieux vaudrait protéger les citoyens par des apports directs de monnaie et les entreprises par un moratoire temporaire . »

Tout est dit.

Je terminerai ce billet par cette reprise  d’un de mes correspondants  favoris  qui,  comme moi dénonce la gestion par les bulles depuis des diazines d’années, Noland.

« Assis à la table du dîner, notre fils de onze ans a demandé: « Si un gros météore était sur le point de frapper la terre, combien d’argent la Fed imprimerait-elle? » J’ai complimenté mon fils pour son sens de l’humour. Pourtant, c’était un triste témoignage du fiasco monétaire historique qui hantera sa génération….

Les actifs de la Réserve fédérale ont dépassé 6,0 TN $ pour la première fois, après avoir gonflé 272 milliards de dollars supplémentaires pour la semaine (à 6,083 TN $). Les actifs déténus par la Fed  ont  gonflé de  1,925 $ Trillions , ou 46%, en seulement six semaines.

Cette semaine, des analystes de la Bank of American ont suggéré que le bilan de la Fed pourrait atteindre 9,0 TN $ d’ici la fin de l’année.

Il y a des  choses qui devraient rester sacro-saintes. L’argent en fait absolument partie. L’argent est spécial. L’argent sain est précieux – à convoiter et à protéger. En tant que réserve de valeur stable et liquide, l’argent est le fondement du capitalisme, de la cohésion sociale et de la démocratie stable. La société fait confiance à l’argent – et cette confiance entraîne de grandes responsabilités et de grands risques. »

 

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