Les dépêches. Le seul pouvoir des autorités est de retarder l’inéluctable.

Powell s’est exprimé hier; comme on pouvait s’y attendre, il a parlé pour completer l’action monétaire de soutien c’est à dire qu’il s’est exprimé pour dire qu’il continuerait sa politique, qu’il la continuerait longtemps, que les taux resteraient bas et que la fed continuerait d’enflater la taille de son bilan. Il faut que les porteurs d’actifs financiers sachent qu’il n’y a plus de raison de se précipter pour vendre car ils trouveront toujours contrepartie. 

Bref il y aura des taux bas, des achats de titres et de la création de monnaie de base pour ceux qui en veulent. Le « run » , la fuite sur les marchés a éré stoppée , interrompue, les animal spirits ont été calmés , les spéculateurs ont acqui la certitude qu’ils seraient sauvés, qu’il y en aurait pour tout le monde et c’est l’essentiuel en terme de stabilité systèmique. Peu importe la nouvelle couche de fragilité qui a été rajoutée. On n’en est  pas ou plus là.

Comprenez bien ce qui s’est passé, les porteurs de dettes , les détenteurs de créances ont eu peur que les débiteurs ne puissent honorer leurs agios et leurs remboursements, ils se sont précipités pour vendre leurs créances et ont fait s’effondrer les cours; et qu’est ce que c’est que ce mouvement de vente? Vendre c’est demander du cash, de la monnaie de base, de la monnaie banque centrale c’est  vouloir exiger la monnaie que l’on vous a promis. Donc c’est exactement ce que l’on appelle un « run ».

Ceci me permet de vous faire comprendre que les actifs financiers en général dès lors qu’ils sont cotés sur un marché constituent un « claim à vue », un droit immédiat à recevoir de l’argent de base de la banque centrale , c’est un droit sur le bilan de la banques centrale! C’est, sans qu’on le dise, une épée de Damoclès, une création potentielle de monnaie-banque centrale , ce potentiel se manifestant brutalement lors des chocs mais progressivement en temps normal.

En mettant le crédit et les dettes sur les marchés au lieu de les laisser en banques on a pu en émettre plus certes, mais on les a rendu instables, fragiles, soumises aux animal spirits, aux chocs et ainsi on s’est condamné à devoir faire face à chaque besoin par la création de monnaie banque centrale .

Ceci signifie et implique qu’au fur et amesure que le temps passe on « use » le bilan de la banque centrale. 

On use ce bilan chaque fois qu’on s’en sert. On le dégrade.

Présenté autrement, les autorités monétaires ont un stock d’armes en réserve qui sont la taille de leur bilan  et les taux mais au fur et à mesure que la masse de dettes et d’actifs financiers s’accumulent ils les utilisent pour stabiliser cette masse pyramidale .

Ils baissent les taux, les mettent à zéro en réel, puis en  négatifs absolu et ils remplissent leur bilan de pourriture. C’est ce que fait en ce moment Powell lorsqu’il augmente ses achats en montant dans l’écehelle du risque et qu’il fera encore plus quand il en sera à l’achat d’ETF d’actions. 

Les limites à la production de crédit que l’on rencontrait au niveau des bilans des banques commerciales avant les années 80 existent toujours bien sur mais elles sont repoussées, reportées au niveau du  bilan de la banque centrale.

Autrement dit au niveau du couple Banque Centrale-Trésor Public, ce que l’on voit bien ces jours ci aux USA;  Banque Centrale et Trésor Public sont en fait une seule et même entitié qui met en jeu le crédit de la nation c’est dire les contribuables. 

On peut augmenter la taille du bilan de la Banque centrale comme le dit Powell: il n’y a pas de limite mais .. mais d’abord il y a une limite aux taux d’intérêt c’est la limite du zéro et il y a une limite à l’acceptation de la monnaie créée par  la Banque Centrale, c’est la confiance. 

Peu à peu quoi qu’elles fassent, quels que soient les innovations, astuces et subterfuges, les banques centrales sont démunies. C’est la fin du cycle long du crédit et je ne crains pas de dire que nous y sommes.

Je décrète la fin objective du cycle long du crédit .

Cela ne veut pas dire que l’on ne peut pas jouer les prolongations, mais cela veut dire que c’est retarder pour mieux sauter. Le cycle long du crédit a débuté après la guerre en 1945 et nous sommes en 2020, c’est une longévité exceptionnelle, le cycle  a fait son temps et on joue les prolongations déja depuis 2006! 

Je dis souvent les autorités n’ont aucun pouvoir de traiter les problèmes qu’elles créent mais j’ajoute vous n’imaginez pas les ressources qu’elles ont pour retarder les échéances. C’est une de mes premières découvertes quand je suis entré sur les marchés financiers.

Le seul pouvoir des autorités à part celui de vous mentir est de retarder l’inéluctable. 

J’en prodfite pour insister sur cette remarque que je fais souvent: dans les temps anciens les »runs », les attaques financières , se faisaient sur les banques; et la banque centrale fournissait la monnaie de base quand les gens refusaient les actifs bancaires et voulaient de la vraie monnaie; à notre époque les runs se font sur les marchés , qui sont fonctionnellment de colossales banques!  Les porteurs de dettes et d’actifs financiers ont peur et ils vendent sur les marchés et ils réclament de l’argent de la Banque Centrale. Et les vendeurs font baisser les cours jusqu’à ce que la Banque Centrale prenne peur. Rien n’a changé si ce n’est que les fonctions des banques commerciales ont été remplacées par la fonction des marchés. Un marché agit comme une colossale banque il fait la transformation de durée et de risque, il est soumis aux mêmes risques de « run » .

Voila l’enseignement que je vous demande de conserver présent à l’esprit; cela reservira. Et vous permettra peut être d’échapper à la ruine dans un an… dans 5 ans…

Powell ne s’est exprimé que sur le présent, il colmate et n’a rien à dire sur le futur; il a été d’ailleurs très clair:  le futur, la taille du bilan, les taux, l’inflation , la sortie, le long terme tout cela, ce n’est pas le moment d’en parler. 

Pour cela il y a deux raisons :

-la première est que l’on ne sait pas ou on va et jusqu’ou le système va se fissurer 

-la seconde est que l’on n’a aucune idée ni du chemin que l’on va suivre, ni de l’endroit ou il va nous mener. 

Gagner du temps est plus que jamais la priorité.

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