Editorial: le mythe du « jour d’après » pour pouvoir continuer comme avant!

Je m’en voudrais de polémiquer. J’évite en général de le faire, et de me situer sur le terrain des opinions. Je vous offre ma lecture des évènements, une lecture que je prétends éclairée et ensuite je vous laisse libre, si vous en avez envie de réflêchir. Mon but se limite à inciter à reflêchir en donnant quelques outils et des points de repères. Des cailloux blancs. Si en plus cela vous motive, tant mieux. 

Les hommes voient peu de choses en une génération;  qui se souvient de ce qui s’est passé il y a 75 ans malgré les prestations mémorielles ? L’expérience concrète est limitée.

Mon opinion fondée sur l’étude historique est que les forces qui sont à l’oeuvre dans la période post-seconde guerre mondiale et qui ont conduit à la situation présente, ces forces sont toujours là, à l’oeuvre et même exacerbées.  Je suis persuadé  que les peuples n’ayant  pas le courage de faire la révolution et de modifier les règles du jeu, tout va repartir comme  avant et en pire, bien  pire.
En particulier l’erreur de l’austérité de 2009 va être renouvelée et  les surveillances, contrôles  et répressions vont être multipliés. On va de plus en plus s’écarter d’un système ou l’homme fait ce qu’il veut pour s’enfoncer dans un système ou l’homme doit faire ce que les élites exigent et dans lequel les élites elles doivent exiger ce que le système demande pour se prolonger.

Cependant l’histoire montre que les hommes n’apprennent rien, que la mémoire sociale ne dépasse pas 3 ans; ceci a été bien étudié par  Maurice Allais.  Et  les catastrophes sont vite oubliées. Les peuples n’aiment pas remuer les souffrances, et ils s’inventent des romans, des fausses mémoires collectives pour surtout « n’en rien savoir » de leurs conneries.

Après la Première puis la Seconde Guerre Mondiale, on avait dit « plus jamais cela ».

Après la crise de 1929 on avait dit plus jamais cela, on ne fera plus jamais joujou avec les dettes et le surendettement spéculatif etc

Après la catastrophe que fut Mitterrand, incapable de tenir sa promesse d’une transition socialiste, on avait compris que le changement c’était bidon… mais on a élu à nouveau Hollande! Vous savez celui qui disait « mon ennemi c’est la finance » et qui a financiarisé en accéléré.

Qui se souvient du temps ou le crédit avait un prix, ou les taux étaient à 6, voire 10%, qui se souvient de l’époque ou la France était dévorée par la hausse des prix et la dépréciation galopante  de la monnaie?

Le secret et la fonction de l’idéologie moderniste dont se réclame en particulier Macron est de faire croire que dorénavant cela ne sera plus jamais comme avant. Que le passé est révolu, et qu’il était méprisable. L’idéologie moderniste dénigre le passé; sa fonction est  de faire en sorte que l’expérienc et la mémoire soient oblitérées, dévalorisées et tenues pour des faiblesses de vieux cons ringards et nazifiants.

Le modernisme en tant qu’idéologie a pour fonction de détruire les contrepouvoirs , les références, les expériences, les vérités  qui pourraient s’opposer à la tyrannie des élites dominantes , lesquelles tirent leur force et leur fortune de la destruction du capital, de  l’energie et du génie qui étaient entreposés dans le passé.

Les élites, ceci n’est pas assez étudié, tirent leur pouvoir de l’entropisation de notre système. De sa dégradation. La globalisation est un processus d’entropisation par exemple. Tout comme la destruction de l’ordre démocratique ancien fondé sur l’existence de classes moyennes vigoureuses.

Les élites libèrent la commercialité, la mise en marchandise de tout ce qui est humain et qui prétendait être/rester  précapitaliste .

Elles mettent tout au travail pour extraire le surproduit social dont la captation assure leur prestige et leur domination politique.  Surproduit social qui est constitué non seulement de profit mais aussi et surtout de prestige et de rang afin de perpétuer la domination.

Le modernisme est un outil de domination et son fondement c’est la destruction de son ennemi: le passé.

Il faut que l’ homme soit un tableau vierge duquel on doit effacer les determinations personnelles/familiales/identitaires  afin d’y substituer les déterminations collectives qui conviennent aux puissants et à leurs larbins.

Sur ce tableau vierge  les élites peuvent ainsi écrire  ce qu’elles veulent; et il faut que ce qui est écrit sur le tableau soit ce qui convient à la reproduction,  à l’enracinement de l’ordre politique, social, économique, financier et monétaire  qui leur convient. Les élites réécrivent le passé et ainsi contrôlent les narratives du présent ce qui leur permet d’orienter l’avenir selon leur intérêt.

Je vous conseille de réécouter toutes les séquences de Sibeth, la porte parole de Macron;  vous assisterez en direct et en raccourci à la réécriture du passé, la manipulation du présent,  le tout au service d’un agenda scélérat pour le futur.

L’idéologie moderniste, dont l’autre nom est l’idéologie du changement   efface les traces dans les mémoires au fur et à mesure que l’on avance.

Il s’agit de construire un monde imaginaire comme celui de l’audiovisuel, à deux dimensions, d’en exclure l’épaisseur du temps et de la mémoire , de nullifier le long terme et de faire vivre les gens dans un présentisme . Le présentisme étant non le réel mais une présentation, une représentation. Par exemeple par un présentateur télé que l’on vous fait passer pour un journaliste par abus de langage. On colle une étiquette  sur les flacons, c’est cela le pouvoir, c’est le pouvoir de nommer;  et dans le flacon on met n’importe quoi, de la merde que l’on fait passer pour l’or de la Vérité.

Le présentisme est le domaine de prédilection des élites dominantes , avec le recours à la fausse évidence, aux sondages, avec les répétitions, avec l’aide des médias, des éditocrates, et autres fous du roi, les rebellocrates.

Les ingénieurs sociaux sont déja à l’oeuvre pour récrire le passé proche, pour déformer le présent afin de controler ce qui va se passer au sortir de la crise, au sortir des crises aigues devrais-je  préciser.

En 2008 par exemple ils ont réussi à escamoter le diagnostic sur la crise bancaire et financière, ils l’ont fait passer pour une simple crise des subprimes, une crise  de surendettement immobilier alors qu’il sagissait d’une crise du système financier mondial. Crise du refinancement des banques. Crise qui a d’ailleurs débuté, on ne le dit pas, sur le marché du Libor à Londres et non pas aux Etats Unis.

Le narrative qui a été construit puis diffusé a permis aux élites de sauver les ultra riches, les banques et tout le « clergé financier » sur le dos .. des peuples.

Les peuples ont eté victimes de la crise, de l’avidité des kleptocrates mais ce sont eux qui ont payé.

C’est cela l’enjeu de l’écriture du présent, c’est la capacité à le triturer de telle  façon que le futur  soit déja écrit par avance, au profit de quelques uns ou d’une classe et de ses alliés .

Mais pour manipuler les orientations de demain, il faut déja être en place aujourd’hui. C’est le sens  des appels au « jour d’après », au « jour qui vient », qui se multiplient dépuis le début de la crise du coronavirus. Ils consistent à baliser le champ du présent, à lui donner un sens,  à l’encadrer dans une interprétation qui bien sur n’est pas innocente car elle porte déjà en germe ce qui va être inflêchi/imposé  à l’avenir.

On va, vous allez, réclamer un monde plus respectueux de l’humain et des écosystèmes. Bien sur. Un monde ou la préocupation climatique justifiera tous les sacrifices et un monde ou bien sûr il faut retourner à l’austérité et à la frugalité malthusienne pour que les détenteurs de capitaux  ultra riches qui ont souscrit aux emprunts /dettes des états puissent faire leur plein. Si votre niveau de vie baisse alors, un surplus est secrété , surplus qui est confisqué par une minorité.

Depuis le début du confinement nous n’entendons plus parler que du monde d’aprés; il  sera différent, forcément différent dit-on avec unanimité.  C’est un point qui traverse tout l’échiquier politique. C’est donc celui que l’on retrouve chez les éditocrates des médias des 7 grands milliardaires français internationalisés et financiarisés.

Les ingénieurs sociaux qui ont trahi le peuple et mis leur savoir au service des puissants pour dominer les serfs savent  que le monde d’hier est invendable à l’opinion publique. Donc il faut vite prendre les devants et imposer un nouveau modèle  qui sera la réplique de l’ancien mais avec des bretelles et des moustaches.

Le monde d’après a de grandes chances de ressembler fondamentalement, radicalement  à celui d’avant: l’idéologie de l’économisme- économie et pognon d’abord-  qui a accompagné celle du modernisme a la vie dure.  On ne peut échapper aux chaînes du   « business as usual » pour la bonne raison que l’on a déja choisi: en choisissant la fuite en avant dans la dette, on a implicitement et sans en débattre, de continuer le business comme avant, pour secréter/dégager les ressources du remboursement aux créanciers et éviter la faillite du gouvernment, celle des banques et le chaos social.

Déja le traitement de la catastrophe sanitaire a été guidé par l’économie, le déconfinement également s’est placé sous le signe de la priorité à l’économie!

Le choix du business as usual a été fait, mettez vous cela dans la tête et souriez quand on vous dit le contraire:  dans un système fondé sur l’accumulation, sur le profit et sur les dettes, faire de nouvelles dettes équivalait à fixer le chemin du futur.

Nous allons reprendre  la course effrénée vers l’abîme, les peuples étant « guidés » par des aveugles et des borgnes qui n’ont qu’une préccupation: « pourvou qué çà doure »!. C’est évidemment le scénario le plus probable.

Les causes, les forces  qui nous ont conduit à la situation que nous connaissons depuis le début des annqées 80, sont matérielles. Elles ne tombent ni du ciel, ni de la volonté consciente des hommes. La volonté que l’on prête aux hommes est produite par les situations.

Ces forces matérielles sont les  forces d’accumulation et de recherche  du profit soit pour rentabiliser les capitaux propres soit pour honorer et servir  les dettes. Ces forces produisent un ordre social et politique qui ne veut pas lacher prise. Ces forces confèrent un droit à prélever considérable qui s’est fortement aggravé avec la montée des bourgeoisies de hauts fonctionnaires nationaux,  européens et internationaux .

Ces forces se sont considérablement renforcées au cours des 12 dernières années et elles viennent d’acquérir une dimension colossale car on vient de créer des trillions de dettes et ces dettes produisent un système social, un système de contrôle social un système de sur-exploitation obligatoire. Le système social est produit, il  est façonné par l’accumulation et sa nécessité , il produit les idées, la culture,  les discours, ses outils de répression, il produit sa propre oppostion et ses propres illusions. Comme celles d’un « jour d’après » qui serait meilleur que les jours d’avant.

Alors que le  très grand capital financiarisé demande déja l’intensification du travail, une hausse du taux d’exploittaion des salariés et une nouvelle vague de régressions sociales, Macron lui, vend la mystification cosmétique  qui va accompagner « le jour d’après »; il promet le « retour des jours heureux »  allusion évidente au programme du Conseil National de la Résistance.

A gauche on va vous chauffer, vous parler de changer de système, de sortir de la dictature du capital. On va vous faire prendre comme à l’habitude les vessies de l’utopie  pour les lanternes  de la socialisation, de la collectivisation avec de grandes envolées tribunitiennes, romantiques et des grands  coups de menton.

La gauche, comme souvent, ce sera la meilleure défense de l’ordre ou plutot du des(ordre) établi. Une gauche bidon, qui comme le Rassemblement National, fourvoie les peuples dans  les impasses de l’espoir imbécile, constitue la meilleure  alliée du Très Grand Capital.  La gauche cornaque, encadre et conduit les gens vers nulle part. Aucune gauche n’a réussi a concilier production et répartition, n’a réussi à concilier   Nomenklatura dirigeante et démocratie.

Ces  gens fourvoient le peuple car au lieu de dépasser les contradictions et de s’élever au dessus des antagonismes, ils les exacerbent; pour changer vraiment il faut sortir du monde actuel, du marché européen et mondial, s’isoler! Faire le choix que Mitterrand n’a jamais osé faire parce qu’il avait compris que le peuple n’en voulait pas.

Le peuple veut en effet une chose et son contraire. Le peuple, infantilisé veut le positif et le négatif, « en même temps ».

 

 
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5 réflexions sur “Editorial: le mythe du « jour d’après » pour pouvoir continuer comme avant!

  1. Bonjour Mr Bertez,

    Je réagis à votre article. Vous avez raison, on va de plus en plus vers un système répressif. Mais il faut comprendre que c’est une conséquence. Je m’explique, le système pour continuer à tourner ne doit jamais s’arrêter de s’endetter.

    En 2008, on avait supprimé le rendement de l’épargne, en 2020 et dans les années futures, ce sera l’épargne qui sera grignoté par les taux négatifs. Et pour y parvenir le système doit être répressif sinon il court le risque d’une perte de confiance dans la monnaie.

    Es ce que le système y parviendra? Pour moi la réponse est oui, parce que les peuples ont depuis fort longtemps abandonné leur souveraineté. Nous préférons rester passifs, ne pas regarder la réalité en face et agir en responsabilité. Donc oui le tout répressif se fera avec une simplicité déconcertante ( la mort du cash arrivera et avec elle le confinement de votre argent)
    et le système repartira avec des inégalités encore plus grandes. C’est le sens de l’histoire

    Cette répression, je la vois arriver dans les pays européens. Eh oui, il n’y a pas que les pays émergents qui vont souffrir comme c’est le cas en ce moment avec les attaques spéculatives sur leurs devises. Parmi les maillons faibles de la zone euro, l’Italie pose un gros problème. D’un côté grâce à l’euro, elle est préservée des requins qui pourraient l’attaquer, mais le problème, c’est la dette. Et en face, on a l’Allemagne qui pour l’instant laisse faire au niveau des QE, mais jusqu’à quand? Jusqu’ici ce qui a permis de sauver l’euro, c’était surtout à mon sens le fait que les allemands y trouvaient leur compte avec une monnaie faible au niveau de leurs exports.

    Mais aujourd’hui, il y a un effondrement de la demande, les pays du club med (France compris) vont moins consommer Allemand, s’ajoute à ça le commerce international qui va un recul avec le regain de protectionnisme qui arrive. Jusqu’ici les allemands acceptaient de rogner sur l’épargne pour aider les pays du Sud, mais ils avaient des revenus. Mais si leurs revenus se tarissent, je parie que le souvenir de Weimar ne sera pas très loin et les allemands contrairement la majorité des peuples ont de la mémoire.

    L’euro n’est pas le dollar, même s’il est monnaie de réserve, il ne peut pas jouer dans la même division. La quasi totalité de la planète est endetté en dollars, donc la FED peut faire ce qu’elle veut. Ce n’est pas le cas de l’euro et quand on voit le sort réservé au devises émergentes, je me dis que l’euro risque d’avoir à minima quelques secousses. Personne ne sait au final ce que feront les allemands. Peut être mangeront-ils leur chapeau, mais peut être pas?

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  2. Vous avez lâché le maître mot, « infantilisé ». C’est voulu, travaillé et accepté.
    Les trois mois passés de cours collectif d’hygiène de base (lavez vous les mains!) symbolisent parfaitement la situation.

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